Le chou pommé, blanc ou rouge, est une Brassicacée de saison fraîche appréciée pour son rendement, sa robustesse et surtout sa bonne aptitude à la conservation. La rentabilité dépend du nombre de pommes fermes, lourdes et commercialisables : une irrigation irrégulière peut provoquer l’éclatement, tandis qu’un excès d’azote, les pucerons ou certaines maladies peuvent dégrader rapidement la qualité.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Pour la gestion de l’eau, le guide Brassicacées de Utah State University insiste sur une humidité régulière, particulièrement pendant la formation de la pomme ; la stratégie doit ensuite être adaptée au sol, au climat et au système d’irrigation.
Qu’est-ce qu’un chou pommé ?
Le chou pommé appartient à Brassica oleracea var. capitata.
Son produit commercial est constitué par une succession de feuilles étroitement imbriquées autour d’un axe court. À mesure que ces feuilles internes se développent, elles forment une tête ou pomme compacte.
Dans cet article, nous distinguons principalement :
- le chou blanc, souvent vert à l’extérieur et blanc à vert pâle à l’intérieur ;
- le chou rouge, dont les feuilles présentent des teintes rouges, pourpres ou violettes dues principalement aux anthocyanes.
Il ne faut pas les confondre avec :
- le chou-fleur ;
- le brocoli ;
- le chou de Bruxelles ;
- le chou kale ;
- les choux chinois.
Chou blanc ou chou rouge : lequel choisir ?
Les deux appartiennent au même groupe cultural, mais le marché peut être très différent.
| Critère | Chou blanc | Chou rouge |
|---|---|---|
| Débouché | Très large | Plus spécialisé |
| Consommation | Frais, cuisson, salade, fermentation | Salade, cuisson, fermentation, transformation |
| Couleur recherchée | Vert clair à blanc | Rouge à violet homogène |
| Composés pigmentaires | Pas d’anthocyanes rouges dominantes | Anthocyanes abondantes |
| Critère commercial majeur | Poids, compacité, conservation | Poids, compacité, couleur, conservation |
Le chou blanc possède généralement le marché le plus large. Le rouge peut obtenir une valorisation différente, mais il serait incorrect de supposer automatiquement un prix supérieur : cela dépend du débouché réellement disponible.
Le chou rouge est-il simplement un chou blanc coloré ?
Non.
Les variétés rouges possèdent une génétique propre et peuvent différer par :
- précocité ;
- vigueur ;
- poids de pomme ;
- densité de la tête ;
- forme ;
- couleur ;
- aptitude au stockage.
Un essai variétal de LSU AgCenter sur le chou rouge a d’ailleurs montré des différences de poids moyen entre cultivars dans les conditions de Louisiane.
La leçon n’est pas de copier l’une de ces variétés, mais de retenir que le choix variétal influence fortement le calibre du chou rouge.
Pourquoi cultiver du chou pommé ?
Cette culture possède plusieurs atouts économiques :
- produit connu du consommateur ;
- vente possible à la pièce ou au poids ;
- bonne densité de rendement par hectare ;
- transport relativement simple ;
- bonne aptitude au stockage pour certaines variétés ;
- possibilité d’échelonner la commercialisation ;
- débouchés en frais et transformation.
Le chou peut également être valorisé :
- en salade ;
- cuit ;
- fermenté ;
- transformé en choucroute pour les types adaptés ;
- prédécoupé, sous réserve d’une chaîne du froid maîtrisée.
Pourquoi la conservation peut-elle changer la rentabilité ?
Une variété de conservation permet potentiellement de ne pas commercialiser toute la production immédiatement après récolte.
Cela peut apporter :
- plus de souplesse commerciale ;
- meilleure gestion des volumes ;
- possibilité d’approvisionner le marché plus longtemps.
Mais le stockage ajoute aussi des charges :
- chambre froide ;
- électricité ;
- caisses ou palettes ;
- tri préalable ;
- pertes de poids ;
- parage après stockage ;
- risque de pourriture.
Il faut donc comparer la valeur supplémentaire obtenue avec le coût réel de conservation.
Quel climat convient au chou pommé ?
Le chou est une culture de saison fraîche.
Il supporte généralement mieux le froid que les Solanacées ou Cucurbitacées estivales, mais sa qualité reste sensible aux températures extrêmes.
Une chaleur importante peut :
- ralentir la formation de la pomme ;
- réduire le calibre ;
- favoriser certains désordres physiologiques ;
- augmenter les besoins en eau.
Le froid modéré est beaucoup mieux toléré, particulièrement par les variétés sélectionnées pour les productions d’automne et d’hiver.
Pourquoi la date de plantation est-elle stratégique ?
Le calendrier doit permettre au chou de former sa pomme dans des conditions suffisamment fraîches.
Il faut donc raisonner :
date de récolte souhaitée → durée variétale → date de plantation.
Deux variétés portant simplement l’étiquette « chou blanc » peuvent avoir des cycles très différents.
Quel sol privilégier ?
Le chou pommé préfère un sol :
- fertile ;
- bien drainé ;
- structuré ;
- capable de conserver suffisamment d’humidité ;
- non salin à un niveau pénalisant.
Les sols plus légers peuvent convenir aux productions précoces à condition de disposer d’une irrigation précise.
Les sols plus lourds possèdent souvent une meilleure réserve hydrique mais nécessitent :
- un drainage correct ;
- une bonne structure ;
- l’absence d’engorgement prolongé.
Pourquoi le drainage est-il important ?
Une saturation prolongée du sol peut :
- réduire l’oxygénation des racines ;
- limiter l’absorption des nutriments ;
- favoriser certaines maladies racinaires ;
- augmenter le risque de hernie des crucifères lorsqu’elle est présente.
Un sol fertile mais asphyxiant peut donc produire moins bien qu’un sol moins riche mais correctement structuré.
Quel pH rechercher ?
Le guide de fertilité des Brassicacées de Utah State University utilise dans ses conditions une zone de pH autour de 6,5 à 7,5.
Cette plage n’est pas une prescription universelle.
Le pH doit surtout permettre :
- une disponibilité correcte des éléments minéraux ;
- une bonne activité racinaire ;
- une gestion cohérente du risque de hernie.
Une analyse du sol reste donc indispensable avant toute correction.
Semences et variétés : quels critères avant achat ?
Pour le chou blanc comme le rouge, vérifiez :
- précocité ;
- forme de la pomme ;
- poids moyen ;
- compacité ;
- résistance à l’éclatement ;
- uniformité de maturité ;
- résistances génétiques disponibles ;
- aptitude au stockage ;
- destination marché frais ou transformation.
Variété précoce ou variété de conservation ?
Une variété précoce permet :
- un cycle plus court ;
- une commercialisation rapide ;
- une libération plus précoce de la parcelle.
Une variété tardive de conservation peut présenter :
- une pomme plus dense ;
- une meilleure aptitude au stockage ;
- un cycle plus long ;
- davantage de temps d’occupation de la parcelle.
Le rendement maximal n’est donc pas toujours le critère prioritaire.
Comment produire les plants ?
Le repiquage à partir de plants de pépinière est très fréquent.
Un bon plant doit être :
- trapu ;
- bien enraciné ;
- non étiolé ;
- de couleur normale ;
- sans pucerons ;
- sans symptômes bactériens ou fongiques ;
- endurci avant transplantation.
Des plants trop âgés ou stressés reprennent moins régulièrement et augmentent l’hétérogénéité de la parcelle.
Pourquoi la santé des semences est-elle essentielle ?
Certaines maladies importantes des Brassicacées peuvent être transportées par la semence.
C’est notamment le cas de la pourriture noire bactérienne.
Utiliser des semences et plants sains constitue donc un véritable outil phytosanitaire, pas simplement un critère de germination.
Quelle densité adopter ?
La densité influence directement :
- nombre de pommes par hectare ;
- poids moyen ;
- calibre ;
- aération ;
- uniformité ;
- temps de récolte.
Les références de production indiquent fréquemment des espacements de l’ordre de 30 à 45 cm entre plants pour différents choux frais, avec des rangs adaptés au matériel.
Ces valeurs sont seulement des repères.
Un marché recherchant de petites pommes peut accepter une densité plus élevée qu’un marché demandant de gros choux lourds.
Pourquoi une densité trop élevée peut-elle être coûteuse ?
Elle augmente la concurrence pour :
- lumière ;
- eau ;
- azote ;
- potassium.
Elle peut également créer :
- des pommes plus petites ;
- un couvert plus humide ;
- une pénétration plus difficile des traitements lorsque ceux-ci sont nécessaires.
Irrigation : le chou est-il vraiment rustique ?
Le chou peut supporter certains déficits temporaires mieux que des cultures très sensibles, mais cela ne signifie pas qu’un stress hydrique soit sans conséquence.
Un déficit peut réduire :
- surface foliaire ;
- vitesse de croissance ;
- poids de la pomme ;
- rendement commercialisable.
Le principal objectif est de maintenir une humidité suffisamment régulière pendant le cycle.
Quelle phase est particulièrement sensible ?
La formation et le grossissement de la pomme constituent une phase critique.
Un déficit hydrique pendant cette période peut réduire fortement le poids final.
Mais le problème inverse existe également :
une forte arrivée d’eau après une période sèche peut faire éclater une pomme déjà presque mûre.
Pourquoi les choux éclatent-ils ?
Après une période sèche, une pluie importante ou une irrigation excessive peut provoquer une absorption rapide d’eau.
Les feuilles internes se développent alors plus rapidement que les feuilles externes déjà serrées.
La pression augmente jusqu’à provoquer une fissuration de la tête.
Les facteurs aggravants comprennent :
- irrégularité de l’eau ;
- pomme très mûre ;
- excès d’azote ;
- variété sensible ;
- récolte retardée.
Pourquoi le goutte-à-goutte est-il intéressant ?
Il permet :
- un apport régulier ;
- un fractionnement précis ;
- une réduction du mouillage foliaire ;
- une meilleure maîtrise du volume appliqué ;
- l’utilisation de sondes pour ajuster le déclenchement.
Il n’est toutefois performant que si :
- le débit est homogène ;
- le réseau est entretenu ;
- le pilotage tient compte du sol et de la météo.
Fertilisation : pourquoi le chou est-il exigeant ?
Produire une pomme lourde nécessite auparavant un appareil foliaire important.
Les besoins concernent particulièrement :
- azote ;
- phosphore ;
- potassium ;
- soufre ;
- ainsi que certains oligoéléments selon le sol.
La fertilisation doit commencer par :
analyse du sol + précédent cultural + matière organique + objectif de rendement.
Pourquoi fractionner l’azote ?
Les jeunes plants utilisent relativement peu d’azote immédiatement après plantation.
La demande augmente avec :
- développement foliaire ;
- fermeture du couvert ;
- début de formation de la pomme.
Le fractionnement peut donc améliorer la synchronisation entre disponibilité et besoin.
Le guide commercial Mid-Atlantic 2026-2027 rappelle également l’intérêt du raisonnement par analyse pour l’azote et les oligoéléments des Brassicacées.
Pourquoi l’excès d’azote peut-il devenir coûteux ?
Un excès peut favoriser :
- croissance trop rapide ;
- pommes plus souples ;
- retard de maturité ;
- éclatement ;
- augmentation des pertes d’azote ;
- charges inutiles.
La bonne stratégie n’est donc pas de produire le maximum de feuilles, mais de transformer la nutrition en pommes denses et commercialisables.
Quel rôle joue le potassium ?
Le potassium intervient notamment dans :
- régulation de l’eau ;
- fonctionnement stomatique ;
- transport des assimilats ;
- qualité des tissus.
Une correction éventuelle doit être basée sur l’analyse du sol.
Pourquoi le soufre est-il important ?
Les Brassicacées présentent des besoins significatifs en soufre.
Il intervient :
- dans certains acides aminés ;
- dans le métabolisme de la plante ;
- dans la formation des glucosinolates caractéristiques de cette famille.
Le niveau nécessaire dépend cependant du sol, de la matière organique et du rendement visé.
Bore et molybdène : faut-il les appliquer systématiquement ?
Non.
Le guide commercial Mid-Atlantic 2026-2027 classe le chou parmi les Brassicacées pouvant nécessiter une attention particulière au bore et au molybdène.
Mais les doses publiées sont liées aux méthodes d’analyse et aux sols de cette région.
La bonne démarche consiste à vérifier :
- analyse du sol ;
- pH ;
- symptômes ;
- historique de la parcelle.
Le bore possède notamment une marge étroite entre insuffisance et excès.
Qu’est-ce que le tipburn interne ?
Le tipburn correspond au brunissement ou à la nécrose de certains bords de jeunes feuilles à l’intérieur de la pomme.
Il est associé à une alimentation insuffisante en calcium des tissus jeunes, mais cela ne signifie pas nécessairement que le sol manque de calcium.
Des facteurs comme :
- croissance très rapide ;
- irrégularité de l’eau ;
- fortes températures ;
- déséquilibre nutritionnel
peuvent perturber le transport du calcium vers les tissus internes.
Le puceron cendré du chou : pourquoi est-il particulièrement gênant ?
Brevicoryne brassicae forme des colonies gris-vert couvertes d’une cire blanchâtre.
Le problème économique devient particulièrement important lorsque les colonies se retrouvent dans les feuilles qui commencent à former la pomme.
Le guide UC IPM consacré au puceron cendré du chou souligne qu’il peut pénétrer profondément dans les pommes.
Une infestation tardivement découverte peut donc provoquer :
- contamination du produit ;
- déclassement ;
- difficulté d’accès des auxiliaires ;
- difficulté de couverture par les traitements.
Pourquoi intervenir avant que la pomme soit complètement fermée ?
La surveillance doit commencer sur les jeunes feuilles internes.
Lorsqu’une colonie est enfermée dans une pomme compacte, elle devient beaucoup plus difficile à atteindre.
La protection intégrée repose sur :
- plants indemnes ;
- surveillance régulière ;
- élimination de foyers précoces lorsque possible ;
- gestion des Brassicacées adventices ;
- préservation des auxiliaires ;
- intervention ciblée seulement lorsque nécessaire.
Quels auxiliaires peuvent contribuer au contrôle ?
UC IPM cite notamment :
- parasitoïdes ;
- coccinelles ;
- larves de syrphes ;
- agents pathogènes naturels des pucerons.
Leur présence doit être prise en compte avant une intervention susceptible de les éliminer.
Quels autres ravageurs surveiller ?
Selon la région et la saison :
- teigne des crucifères ;
- piérides ;
- noctuelles ;
- altises ;
- limaces et escargots dans certaines conditions ;
- autres pucerons.
Le principal risque commercial des chenilles n’est pas seulement la perte foliaire : elles peuvent aussi souiller ou pénétrer la pomme.
Pourriture noire : pourquoi faut-il commencer par les semences ?
La pourriture noire est causée par Xanthomonas campestris pv. campestris.
Les symptômes classiques comprennent :
- lésions jaunâtres en forme de V depuis le bord des feuilles ;
- brunissement progressif ;
- noircissement des nervures dans certains cas ;
- atteinte vasculaire sévère.
Le guide UC IPM sur la pourriture noire précise que la bactérie peut être introduite par les semences et se propager par les éclaboussures d’eau.
Comment réduire le risque de pourriture noire ?
- semences saines ;
- plants sains ;
- rotation avec des non-Brassicacées ;
- élimination des repousses et adventices crucifères ;
- gestion des résidus infectés ;
- réduction du mouillage foliaire lorsque possible ;
- bonne hygiène de pépinière.
Pourquoi la hernie des crucifères doit-elle être prise au sérieux ?
Plasmodiophora brassicae provoque des déformations importantes du système racinaire.
Une plante atteinte peut présenter :
- flétrissement ;
- mauvaise croissance ;
- petite pomme ;
- absence de production commercialisable.
Les spores de survie peuvent persister longtemps dans le sol.
Il faut donc privilégier :
- rotation longue hors Brassicacées ;
- drainage ;
- éviter le déplacement de terre contaminée ;
- gestion raisonnée du pH ;
- variétés présentant une résistance lorsqu’elles sont disponibles et adaptées.
Pourquoi chou-fleur, brocoli et chou ne constituent-ils pas une rotation ?
Parce qu’ils appartiennent tous à la famille des Brassicacées.
La séquence :
chou → brocoli → chou-fleur → chou rouge
peut maintenir ou augmenter plusieurs risques communs.
Une véritable rotation doit introduire des familles botaniques différentes.
Avant tout traitement : vérifier l’ONSSA
Une référence universitaire étrangère peut aider à identifier un ravageur ou comprendre son cycle. Elle ne doit pas servir directement à choisir un produit commercial local.
Avant toute intervention phytopharmaceutique, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.
Vérifiez :
- culture ;
- bioagresseur ;
- produit homologué ;
- dose ;
- conditions d’emploi ;
- délai avant récolte.
Quel rendement peut produire le chou pommé ?
Il serait trompeur de présenter un chiffre universel.
À titre de repère contextualisé, Michigan State University Extension classe, dans ses systèmes, le rendement du chou frais autour de :
- 10 t/acre pour un rendement faible ;
- 15 t/acre pour un bon rendement ;
- 20 t/acre pour un excellent rendement.
Cela correspond approximativement à :
- 22,4 t/ha ;
- 33,6 t/ha ;
- 44,8 t/ha.
Ces valeurs sont des références d’Extension nord-américaines, pas des objectifs universels ni des moyennes marocaines.
Quelle formule utiliser sur sa propre parcelle ?
La méthode la plus fiable est :
Rendement commercialisable = nombre de pommes commercialisables/ha × poids moyen de la pomme.
Exemple méthodologique :
Si une parcelle possède un grand nombre de plants mais que 20 % des pommes sont :
- éclatées ;
- petites ;
- attaquées par les pucerons ;
- pourries,
le rendement brut ne représente pas la véritable performance économique.
Quels indicateurs suivre ?
| Indicateur | Pourquoi le mesurer ? |
|---|---|
| Plants établis/ha | Contrôler l’implantation |
| % pommes formées | Mesurer la réussite du cycle |
| Poids moyen/pomme | Évaluer le calibre |
| % pommes éclatées | Évaluer l’irrigation et la maturité |
| % infestées par pucerons | Mesurer les pertes phytosanitaires |
| % premier choix | Mesurer la valeur réelle |
| kg commercialisables/ha | Calculer le rendement économique |
| Pertes après stockage | Évaluer la rentabilité de la conservation |
Quelles sont les principales charges ?
- semences ;
- production ou achat des plants ;
- préparation du sol ;
- matière organique éventuelle ;
- fertilisation ;
- irrigation ;
- eau et énergie ;
- désherbage ;
- protection intégrée ;
- récolte ;
- parage ;
- tri ;
- caisses ou palettes ;
- transport ;
- chambre froide lorsque utilisée.
Comment calculer le coût de revient ?
Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.
Lorsque la vente se fait principalement à la pièce :
Coût de revient/pomme = charges totales ÷ nombre de pommes commercialisables.
Les deux indicateurs sont utiles lorsque les calibres diffèrent.
Comment comparer chou blanc et chou rouge économiquement ?
Créez deux colonnes distinctes avec :
- coût des semences ;
- durée de culture ;
- densité ;
- poids moyen ;
- % premier choix ;
- prix réellement obtenu ;
- durée de stockage ;
- pertes après stockage.
Le chou rouge n’est intéressant que si sa valeur supplémentaire éventuelle compense :
- une production éventuellement plus faible ;
- un marché plus étroit ;
- un cycle différent ;
- des exigences de calibre spécifiques.
Comment calculer la marge ?
CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement obtenu.
Marge = CA – charges totales.
Si le chou est vendu par calibre ou par couleur :
CA total = somme des quantités de chaque catégorie × prix réellement obtenu pour cette catégorie.
Quand récolter ?
La maturité commerciale est principalement déterminée par la compacité.
Une pomme prête à récolter doit être :
- ferme ;
- dense ;
- lourde pour son volume ;
- de couleur typique de la variété ;
- avant l’éclatement.
Une pomme encore très souple est immature.
Une pomme extrêmement dure laissée longtemps au champ risque davantage d’éclater.
Comment récolter sans dégrader la conservation ?
La tête est coupée proprement en conservant généralement quelques feuilles externes protectrices.
Évitez :
- chocs ;
- écrasement ;
- coupes inutiles ;
- blessures importantes des nervures.
Ces blessures augmentent :
- brunissement ;
- pertes d’eau ;
- risque de pourriture.
Pourquoi le chou se conserve-t-il beaucoup mieux que le brocoli ?
Le chou pommé possède une respiration post-récolte relativement faible et une structure compacte.
La fiche post-récolte de UC Davis consacrée au chou recommande :
environ 0 °C et plus de 95 % d’humidité relative.
Dans ces conditions :
- les choux précoces peuvent être conservés environ 3 à 6 semaines ;
- certains cultivars tardifs peuvent atteindre plusieurs mois de conservation.
UC Davis indique que certains cultivars tardifs peuvent aller jusqu’à environ six mois dans des conditions optimales.
Peut-on conserver n’importe quel chou pendant six mois ?
Non.
L’aptitude au stockage dépend énormément :
- du cultivar ;
- du stade de récolte ;
- de l’état sanitaire ;
- de la température ;
- de l’humidité ;
- des blessures ;
- de la ventilation.
Une variété précoce destinée au marché frais ne doit pas être traitée comme une variété spécifiquement sélectionnée pour le stockage hivernal.
Pourquoi surveiller l’éthylène en chambre froide ?
Le chou est sensible à l’éthylène.
Une exposition peut favoriser :
- jaunissement ;
- chute de feuilles ;
- vieillissement du produit.
Une bonne ventilation et la séparation de sources importantes d’éthylène améliorent donc la conservation.
Quels défauts peuvent apparaître en stockage ?
- décoloration ;
- pourritures ;
- taches noires ;
- perte de feuilles ;
- développement interne de la tige ;
- dessiccation ;
- dégradation de feuilles externes.
Le coût économique ne correspond donc pas seulement aux kilogrammes entrés en chambre froide.
Il faut mesurer :
kg commercialisables à la sortie ÷ kg stockés à l’entrée.
Le chou rouge possède-t-il une particularité nutritionnelle ?
Oui : sa couleur est principalement associée à des anthocyanes, notamment des dérivés de la cyanidine.
Une revue scientifique consacrée aux anthocyanes du chou rouge confirme la richesse et la diversité de ces pigments.
Cette caractéristique permet de différencier nutritionnellement le rouge du blanc sans en faire un aliment médicinal.
Valeur nutritionnelle du chou blanc et rouge
Les deux types contribuent notamment aux apports en :
- fibres alimentaires ;
- vitamine C ;
- vitamine K ;
- vitamine B9 ;
- potassium ;
- différents composés phénoliques ;
- glucosinolates caractéristiques des Brassicacées.
Le chou rouge apporte en plus ses pigments anthocyaniques caractéristiques.
La base officielle USDA FoodData Central référence séparément les choux vert et rouge crus et permet de vérifier leur composition nutritionnelle.
Pourquoi le chou est-il particulièrement intéressant en transformation ?
Sa structure permet plusieurs usages :
- salades fraîches ;
- cuisson ;
- fermentation lactique ;
- choucroute ;
- préparation de chou rouge fermenté ;
- produits prêts à consommer.
Cette diversité peut augmenter les possibilités commerciales, mais toute transformation ajoute :
- main-d’œuvre ;
- hygiène ;
- conditionnement ;
- traçabilité ;
- contraintes réglementaires.
8 erreurs coûteuses avec le chou pommé
1. Choisir uniquement selon le rendement annoncé
La saison, le calibre, la couleur et l’aptitude à la conservation peuvent être plus importants.
2. Utiliser des plants infestés ou malades
Les problèmes phytosanitaires peuvent entrer dans la parcelle dès la pépinière.
3. Irriguer irrégulièrement
Un retour brutal de l’eau après sécheresse peut provoquer l’éclatement des pommes.
4. Continuer à pousser fortement l’azote pendant la formation des pommes
Une croissance excessive peut favoriser des pommes plus souples et l’éclatement.
5. Attendre que les pucerons soient enfermés dans la pomme
Le contrôle devient alors beaucoup plus difficile.
6. Enchaîner plusieurs Brassicacées
Chou, brocoli et chou-fleur peuvent partager les mêmes maladies et ravageurs.
7. Récolter trop tard
Une pomme très mature devient plus exposée à l’éclatement et à certains défauts.
8. Considérer le stockage comme gratuit
Électricité, pertes de poids, parage et pourritures doivent entrer dans le calcul économique.
Checklist avant de se lancer
- [ ] Le marché est défini : blanc, rouge ou les deux.
- [ ] Le mode de vente est connu : pièce, poids ou transformation.
- [ ] Le calibre recherché est défini.
- [ ] La variété est adaptée à la saison.
- [ ] La durée du cycle est compatible avec le calendrier.
- [ ] L’aptitude au stockage est connue.
- [ ] Les semences sont de qualité professionnelle.
- [ ] Les plants sont sains et homogènes.
- [ ] Le sol est correctement drainé.
- [ ] Le pH est connu.
- [ ] Une analyse de sol est disponible.
- [ ] L’azote est raisonné selon le stade.
- [ ] Phosphore et potassium sont adaptés à l’analyse.
- [ ] Soufre, bore et molybdène sont évalués lorsque nécessaire.
- [ ] L’irrigation peut maintenir une humidité régulière.
- [ ] Les fortes variations d’eau sont évitées pendant le pommage.
- [ ] Le puceron cendré est surveillé avant fermeture des pommes.
- [ ] Les chenilles sont surveillées.
- [ ] La pourriture noire est prise en compte dès les semences et plants.
- [ ] L’historique de hernie des crucifères est connu.
- [ ] La rotation comprend de vraies cultures non Brassicacées.
- [ ] Les produits éventuels sont vérifiés auprès de l’ONSSA.
- [ ] Le stade de fermeté recherché est défini.
- [ ] Les pommes éclatées sont comptabilisées séparément.
- [ ] Le pourcentage de premier choix est enregistré.
- [ ] Le poids moyen est mesuré.
- [ ] La capacité de stockage est adaptée aux volumes.
- [ ] Les pertes après stockage seront enregistrées.
- [ ] Le coût de revient sera calculé sur les kilogrammes réellement vendables.
Conclusion : blanc ou rouge, c’est la pomme commercialisable qui compte
Le chou pommé combine rendement, robustesse et aptitude à la conservation, mais le choix entre chou blanc et rouge doit d’abord répondre au marché. La réussite repose sur une variété adaptée, une nutrition équilibrée, une irrigation régulière, la protection de la pomme contre les ravageurs et une récolte avant éclatement.
Les indicateurs essentiels sont : nombre de pommes commercialisables, poids moyen, pourcentage de premier choix, pertes de stockage et coût de revient par kilogramme vendu.



