Le radis noir est un légume-racine de saison fraîche cultivé surtout pour l’automne et l’hiver. Contrairement au radis rose primeur, son intérêt repose moins sur la vitesse du cycle que sur la production de grosses racines fermes, régulières et aptes à la conservation. Un sol compact, des à-coups d’irrigation, une densité excessive ou les larves de mouche du chou peuvent cependant rendre une partie importante de la récolte invendable.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Un essai APREL consacré au radis noir montre notamment l’importance de la densité sur le calibre et les déchets, tandis que le guide d’Oregon State sur les légumes d’hiver confirme l’intérêt des types Black Spanish pour les récoltes hivernales.
Qu’est-ce que le radis noir ?
Le radis noir appartient à l’espèce Raphanus sativus et est souvent désigné Raphanus sativus var. niger. Il appartient à la famille des Brassicacées, comme le chou, le brocoli, le navet et le radis rose.
La partie commercialisée est une racine charnue caractérisée par :
- une peau noire à brun-noir ;
- une chair blanche ;
- une texture ferme et croquante ;
- une saveur naturellement piquante ;
- une forme ronde ou allongée selon la variété.
Les types longs peuvent former des racines nettement plus volumineuses que les radis roses de printemps. Le produit doit donc disposer d’un volume de sol meuble suffisant pour se développer sans déformation.
Radis noir rond ou radis noir long : quelle différence ?
| Critère | Type rond | Type long |
|---|---|---|
| Forme | Globuleuse à légèrement ovale | Cylindrique à allongée |
| Préparation du sol | Sol meuble indispensable | Profondeur meuble encore plus importante |
| Risque de déformation | Compaction et pierres | Compaction, pierres et obstacle en profondeur |
| Conditionnement | Facile en caisse | Calibrage sur longueur et diamètre |
| Marché | À vérifier avant semis | À vérifier avant semis |
Le choix doit d’abord correspondre à la présentation demandée par l’acheteur.
Pourquoi cultiver du radis noir ?
Le radis noir peut compléter une gamme de légumes d’hiver grâce à :
- sa récolte automnale ou hivernale ;
- sa bonne aptitude à la conservation par rapport au petit radis primeur ;
- son positionnement comme légume-racine spécialisé ;
- sa vente possible en frais ;
- sa transformation éventuelle lorsque le débouché est contractualisé.
Il peut notamment intéresser :
- marchés de produits frais ;
- circuits courts ;
- épiceries spécialisées ;
- restauration ;
- transformation alimentaire.
Le marché reste généralement plus étroit que celui de la carotte ou du navet. Il faut donc éviter de planter une grande surface uniquement parce que la culture est techniquement possible.
Pourquoi le débouché doit-il être sécurisé avant le semis ?
Un guide de production biologique québécois consacré au radis noir rapporte une situation instructive : des rendements élevés avaient été obtenus, mais le débouché commercial était insuffisant pour absorber le volume produit.
C’est un rappel important :
un bon rendement sans acheteur n’est pas une bonne rentabilité.
Avant le semis, précisez :
- quantité que l’acheteur peut absorber ;
- forme ronde ou longue ;
- calibre ;
- conditionnement ;
- racines lavées ou non ;
- calendrier de livraison ;
- durée de stockage nécessaire.
Quel climat convient au radis noir ?
Le radis noir est une culture de saison fraîche.
Le guide québécois utilise comme référence une plage approximative de 10 à 18 °C favorable à la croissance végétative et au développement de la racine dans ses conditions.
Cette plage ne constitue pas une exigence absolue, mais illustre clairement sa préférence pour des températures modérées.
Une chaleur excessive peut provoquer :
- levée moins homogène ;
- croissance irrégulière ;
- saveur plus piquante ;
- montaison selon la variété et la saison ;
- dégradation de la qualité des racines.
Le froid améliore-t-il le radis noir ?
Oregon State classe les radis Black Spanish parmi les radis d’hiver et indique qu’ils peuvent être récoltés pendant la saison froide dans ses conditions climatiques.
La même référence observe que des radis noirs récoltés en hiver peuvent présenter une saveur moins piquante que ceux récoltés en été.
Il ne faut cependant pas confondre :
bonne adaptation au frais et résistance illimitée au gel.
La tolérance dépend de la variété, du stade de la racine, du sol et de l’intensité du froid.
Quel sol donne les meilleures racines ?
Le radis noir préfère généralement un sol :
- profond ;
- meuble ;
- bien drainé ;
- sans semelle superficielle ;
- pauvre en grosses pierres ;
- capable de conserver suffisamment d’humidité ;
- riche en matière organique bien décomposée.
Les loams sableux ou sols de texture intermédiaire correctement structurés sont particulièrement adaptés.
Pourquoi les sols asphyxiants sont-ils problématiques ?
Une racine volumineuse reste directement en contact avec le sol pendant plusieurs semaines.
Un sol saturé d’eau favorise :
- manque d’oxygène autour des racines ;
- croissance irrégulière ;
- blessures et altérations ;
- pourritures racinaires ;
- difficultés de récolte ;
- terre collée aux racines.
La bonne gestion de l’eau consiste donc à maintenir un sol frais sans le maintenir gorgé d’eau.
Pourquoi faut-il travailler suffisamment profondément le sol ?
Une variété longue rencontre rapidement les obstacles présents dans le profil.
Une motte compacte, une pierre ou une semelle peut provoquer :
- racine tordue ;
- racine fourchue ;
- racine courte ;
- calibre irrégulier.
Le guide québécois souligne que le lit de semence doit être fin et que le travail doit être plus profond pour les variétés longues.
Le but n’est pas de pulvériser excessivement le sol, mais d’obtenir :
un horizon suffisamment meuble pour permettre une racine droite et homogène.
Le radis noir peut-il décompacter le sol ?
Sa racine pivotante peut exploiter des fissures et contribuer à structurer localement un sol déjà pénétrable.
Mais il serait excessif de présenter une variété alimentaire de radis noir comme un outil capable de casser à elle seule une véritable semelle de labour très compacte.
Les radis fourragers sélectionnés comme couverts de décompaction constituent un autre usage agronomique.
Pour produire des racines alimentaires de qualité, il est préférable que la compaction soit corrigée avant le semis.
Quel pH rechercher ?
Le guide de production québécois utilise une plage d’environ pH 6,0 à 6,8 dans ses conditions.
Oregon State utilise également environ pH 6 comme minimum indicatif pour les radis d’hiver.
L’analyse de sol reste la base de décision.
Le pH possède également une importance phytosanitaire lorsque la parcelle est contaminée par la hernie des crucifères.
Quelles variétés choisir ?
Parmi les types connus figurent notamment :
- Noir gros rond d’hiver ;
- Noir gros long d’hiver ;
- Long Black Spanish ;
- Nero Tondo ou Nero Tundo selon les catalogues ;
- différents types professionnels ronds ou longs.
Le choix professionnel doit être basé sur :
- cycle ;
- forme ;
- longueur ;
- diamètre ;
- poids moyen ;
- homogénéité ;
- résistance à l’éclatement ;
- aptitude à la conservation ;
- tolérances ou résistances génétiques disponibles.
Pourquoi la densité est-elle un critère majeur ?
La densité influence directement :
- le nombre de racines récoltées ;
- leur diamètre ;
- leur longueur ;
- leur poids ;
- la proportion de déchets.
L’essai APREL conduit en Provence en 2022 constitue un exemple particulièrement utile.
Trois espacements sur le rang ont été comparés :
- 7,59 cm ;
- 8,5 cm ;
- 9,4 cm.
La récolte expérimentale a été réalisée 82 jours après le semis.
Qu’a montré l’essai APREL ?
Dans cet essai précis :
- le poids moyen des racines commerciales allait d’environ 317 à 373 g selon la modalité ;
- la modalité à 8,5 cm présentait le poids moyen le plus élevé, environ 373 g ;
- elle atteignait environ 150 000 racines commercialisables/ha ;
- le taux de déchets en nombre restait néanmoins autour de 28 % dans cette modalité.
Les déchets observés comprenaient notamment :
- petites racines ;
- racines fendues ;
- racines tordues ;
- racines fourchues ;
- racines tachées ;
- racines présentant des défauts internes.
APREL précise que ces tendances devraient être confirmées par d’autres essais. Il ne faut donc pas transformer 8,5 cm en espacement universel.
Semis direct ou transplantation ?
Comme les autres radis alimentaires, le radis noir est une culture de semis direct.
Le repiquage perturberait le développement de la racine principale et n’apporte pas d’avantage à une production commerciale.
La réussite commence donc avec :
- un semoir précis ;
- une profondeur homogène ;
- un lit de semence fin ;
- une humidité suffisante jusqu’à la levée.
Quelle profondeur de semis ?
Le guide québécois utilisait environ 1 à 1,5 cm dans son système.
L’essentiel est d’obtenir :
- un contact régulier graine-sol ;
- une profondeur constante ;
- une émergence groupée.
Une levée échelonnée conduit ensuite à des racines de calibres différents au moment de la récolte.
Irrigation : pourquoi faut-il absolument éviter les à-coups ?
Après le semis, le sol doit rester suffisamment humide pour permettre une émergence régulière.
Pendant le grossissement, des périodes répétées de stress peuvent provoquer :
- croissance ralentie ;
- racines plus dures ;
- saveur plus forte ;
- cavités internes ;
- hétérogénéité de calibre.
À l’inverse, une forte arrivée d’eau après une période sèche peut favoriser :
- fendillement ;
- éclatement ;
- perte de qualité commerciale.
Aspersion ou goutte-à-goutte ?
Le guide québécois utilisait l’aspersion notamment parce qu’elle était compatible avec le désherbage mécanique de son système.
L’essai APREL 2022 était également irrigué par aspersion.
Cela ne signifie pas que le goutte-à-goutte soit agronomiquement interdit.
Le choix dépend de :
- la largeur des planches ;
- le semoir ;
- le matériel de désherbage ;
- la texture du sol ;
- la qualité de l’eau ;
- la régularité recherchée.
L’objectif reste identique :
maintenir une humidité régulière dans toute la zone exploitée par les racines sans provoquer d’engorgement.
Fertilisation : le radis noir est-il très exigeant ?
La réponse dépend du sol et du rendement recherché.
Le guide biologique québécois le considérait relativement peu exigeant en éléments majeurs et insistait sur l’analyse du sol.
Une fumure azotée excessive est particulièrement inutile parce qu’elle peut favoriser :
- un feuillage volumineux ;
- au détriment du développement commercial de la racine ;
- des coûts supplémentaires ;
- des pertes d’azote.
Pourquoi éviter le fumier frais ?
Pour une culture de racines, un apport organique mal décomposé juste avant semis peut être problématique.
Il peut notamment :
- déséquilibrer la disponibilité en azote ;
- compliquer la structure du lit de semence ;
- augmenter certains risques sanitaires selon sa gestion.
Un compost mûr, correctement intégré dans la rotation et raisonné selon l’analyse, est préférable.
Le bore doit-il être surveillé ?
Le guide québécois signale qu’une insuffisance en bore peut être associée à des fissurations ou à l’éclatement des racines.
Cela ne justifie pas un apport systématique.
Le bore possède une marge relativement étroite entre :
- carence ;
- niveau suffisant ;
- toxicité.
La décision doit donc s’appuyer sur l’analyse du sol, le pH et l’historique de la parcelle.
Quel est le principal risque d’insectes pour la racine ?
La mouche du chou, Delia radicum, constitue un problème important des Brassicacées racines.
Les adultes pondent près du collet. Les larves pénètrent ensuite dans les tissus racinaires.
Les conséquences peuvent être :
- galeries ;
- racines abîmées ;
- pourritures secondaires ;
- déclassement complet du produit.
Oregon State recommande également de protéger les semis estivaux de radis d’hiver contre les asticots de la mouche du chou dans les situations à risque.
Pourquoi la protection physique est-elle intéressante ?
Lorsque le ravageur n’est pas déjà présent sous la couverture, un filet ou une bâche anti-insectes peut empêcher les adultes d’atteindre la culture.
Le principe est préventif :
installer la barrière avant la ponte.
La protection doit cependant être compatible avec :
- désherbage ;
- irrigation ;
- ventilation ;
- surveillance du couvert.
Le guide québécois rapporte d’ailleurs qu’un maintien prolongé des bâches sous conditions très humides avait favorisé pucerons et pourritures. Une protection physique doit donc rester surveillée.
Pourquoi surveiller également les altises ?
Les altises attaquent surtout les cotylédons et les jeunes feuilles.
De nombreux petits trous peuvent :
- ralentir la croissance ;
- affaiblir une jeune plante ;
- provoquer la perte de plantules lors de fortes infestations.
Comme pour la mouche du chou, la prévention précoce est généralement plus efficace que d’attendre des dégâts importants.
Quelles maladies surveiller ?
Les principales contraintes des Brassicacées comprennent notamment :
- hernie des crucifères ;
- mildiou dans les conditions favorables ;
- pourritures bactériennes ou fongiques ;
- maladies des racines favorisées par l’excès d’eau.
Pourquoi la hernie des crucifères est-elle particulièrement grave ?
Plasmodiophora brassicae déforme directement les racines.
Or la racine est précisément le produit vendu.
Une attaque peut donc rendre la production :
- déformée ;
- renflée ;
- irrégulière ;
- invendable.
Le pathogène peut en outre persister longtemps dans le sol.
Quelle rotation adopter ?
Le guide québécois de 2010 recommandait dans son système au moins cinq ans avec des espèces non crucifères, et davantage lorsque la hernie était présente.
Ce chiffre est un repère historique, pas une garantie d’assainissement.
L’essentiel est de ne pas considérer la séquence suivante comme une rotation :
radis noir → chou → brocoli → radis rose → chou-fleur.
Toutes ces cultures appartiennent aux Brassicacées.
Des familles réellement différentes doivent interrompre la succession.
Avant tout traitement : vérifier l’ONSSA
Les sources étrangères servent à comprendre les ravageurs et les mécanismes de protection. Elles ne déterminent pas quels produits sont autorisés localement.
Avant toute intervention phytopharmaceutique, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA et vérifiez :
- culture autorisée ;
- organisme cible ;
- produit homologué ;
- dose ;
- délai avant récolte ;
- conditions d’emploi.
Quel rendement peut produire le radis noir ?
Il existe heureusement des données spécifiques au radis noir, mais elles doivent rester contextualisées.
Le guide québécois rapporte qu’un essai français sur des radis noirs ronds avait obtenu environ :
11,9 à 18,0 t/ha de racines commercialisables.
Dans le projet québécois suivi pendant plusieurs années, environ :
20 à 23 t/ha de racines fraîches
avaient été obtenues dans de bonnes conditions.
Ces chiffres ne représentent ni une moyenne nationale ni une promesse de rendement.
Que nous apprend l’essai APREL plus récent ?
L’essai APREL 2022 est particulièrement intéressant car il ne se contente pas d’un tonnage : il distingue aussi racines commercialisables et déchets.
La modalité qui ressortait le mieux atteignait environ :
- 150 000 racines commercialisables/ha ;
- 373 g de poids moyen commercial ;
- mais encore 28 % de déchets en nombre.
Le message agronomique est essentiel :
le rendement brut ne suffit pas ; il faut mesurer le taux de racines réellement vendables.
Quels défauts doivent être comptabilisés ?
| Défaut | Cause possible à examiner |
|---|---|
| Racines trop petites | Densité, nutrition, eau, durée |
| Racines fendues | À-coups hydriques, maturité, nutrition |
| Racines fourchues | Structure du sol, obstacles |
| Racines tordues | Compaction, pierres, densité |
| Galeries | Mouche du chou ou autres ravageurs telluriques |
| Pourritures | Excès d’eau, blessures, stockage |
| Cavités internes | Croissance irrégulière, stress, surmaturité selon contexte |
Comment calculer le rendement économique ?
Utilisez uniquement le poids après tri :
Rendement commercialisable = kg récoltés – kg de déchets et racines déclassées.
Puis :
Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.
CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement obtenu.
Marge = CA – charges totales.
Quelles charges faut-il enregistrer ?
- semences ;
- préparation du sol ;
- analyse de sol ;
- amendements et fertilisation ;
- irrigation ;
- désherbage ;
- filets anti-insectes éventuels ;
- protection intégrée ;
- récolte ;
- parage ;
- lavage ;
- tri et calibrage ;
- caisses ;
- pré-refroidissement ;
- stockage ;
- transport.
Pourquoi la récolte et le conditionnement peuvent-ils coûter cher ?
Dans le projet économique québécois, la récolte manuelle, le lavage, le tri et l’emballage représentaient une part importante du travail.
Cela s’explique facilement : chaque racine doit être :
- arrachée ;
- parée ;
- contrôlée ;
- triée ;
- conditionnée.
Un taux élevé de déchets augmente encore le coût de chaque kilogramme réellement vendu.
Quand récolter le radis noir ?
La racine doit avoir atteint le calibre commercial tout en restant :
- ferme ;
- dense ;
- non spongieuse ;
- non fendue ;
- sans galerie ;
- sans pourriture.
L’essai APREL de 2022 a effectué sa notation à 82 jours après semis, tandis que le guide québécois retient environ deux mois comme ordre de grandeur général de maturité.
Le véritable critère reste cependant la variété et le calibre recherché.
Pourquoi ne faut-il pas attendre systématiquement une racine maximale ?
Une racine laissée trop longtemps au champ peut devenir :
- plus fibreuse ;
- plus piquante ;
- plus exposée aux fissures ;
- plus exposée aux ravageurs ;
- moins homogène au conditionnement.
La récolte doit donc viser le meilleur compromis entre :
poids + qualité + capacité de conservation.
Comment trier les racines ?
Écartez les racines présentant :
- pourriture ;
- galeries profondes ;
- fissures importantes ;
- déformations sévères ;
- blessures de récolte importantes ;
- mollesse ;
- symptômes de maladie.
Les catégories commerciales peuvent ensuite être créées par :
- forme ;
- longueur ;
- diamètre ;
- poids.
Pourquoi la conservation constitue-t-elle un véritable avantage ?
Le radis noir appartient aux radis d’hiver et présente une aptitude au stockage nettement supérieure à celle des petits radis roses vendus avec leur feuillage.
La fiche post-récolte de UC Davis consacrée aux radis recommande comme base :
environ 0 °C et 95 à 100 % d’humidité relative.
Une humidité élevée évite :
- dessiccation ;
- perte de poids ;
- ramollissement ;
- perte du croquant.
Combien de temps peut-on conserver un radis noir ?
Il faut éviter une promesse universelle car la durée dépend de la variété, du stade de récolte et de l’état sanitaire.
À titre de comparaison, UC Davis indique que des radis d’hiver de type daikon correctement parés peuvent atteindre environ 3 à 4 mois à 0 °C et 95–100 % HR.
Le radis noir est lui aussi sélectionné comme légume d’hiver et de conservation, mais la durée réelle de votre lot doit être vérifiée expérimentalement.
Suivez notamment :
- perte de poids ;
- fermeté ;
- germination ou reprise végétative ;
- taches ;
- pourritures ;
- odeur anormale.
Faut-il enlever les feuilles avant stockage ?
Pour une conservation prolongée des racines, le feuillage est généralement supprimé.
Les feuilles continuent à transpirer et accélèrent la perte d’eau de la racine.
Le parage doit cependant être réalisé sans provoquer de blessure profonde au collet.
Faut-il laver le radis avant stockage ?
La décision dépend du système commercial.
Un lavage permet de présenter un produit propre mais ajoute :
- manipulation ;
- humidité libre ;
- risque de blessure ;
- besoin de maîtrise sanitaire de l’eau.
Quelle que soit la méthode, seules des racines saines doivent entrer en stockage.
Pourquoi une racine blessée se conserve-t-elle moins bien ?
Une plaie devient :
- une zone de perte d’eau ;
- une porte d’entrée pour des microorganismes ;
- un point de départ possible de pourriture.
La profondeur de récolte et la manutention doivent donc limiter les chocs et coupures.
Peut-on valoriser autrement le radis noir ?
Le radis noir peut être commercialisé :
- frais entier ;
- râpé ou découpé dans certaines préparations ;
- transformé lorsque la réglementation et le marché le permettent.
Des marchés traditionnels utilisent aussi le radis noir sous forme de jus, poudre ou extraits. Ces usages relèvent toutefois d’un cadre commercial et réglementaire différent de la simple vente d’un légume frais.
Il ne faut donc pas cultiver pour un marché de compléments ou de produits de santé sans contrat préalable et sans vérifier la réglementation applicable.
Valeur nutritionnelle du radis noir
Comme les autres radis, le radis noir contribue à une alimentation diversifiée par :
- son eau ;
- ses fibres alimentaires ;
- sa vitamine C ;
- son potassium ;
- différents composés soufrés caractéristiques des Brassicacées.
Pour les valeurs nutritionnelles de référence du radis, consultez USDA FoodData Central.
Qu’ont de particulier les glucosinolates du radis noir ?
Le radis noir contient différents glucosinolates, composés soufrés naturellement présents chez les Brassicacées.
Une étude analytique publiée dans le Journal of Chromatography A a notamment identifié dans des produits à base de radis noir :
- glucoraphasatine ;
- glucoraphénine ;
- gluconasturtiine ;
- plusieurs autres glucosinolates.
Cette étude concernait des compléments à base de radis noir : ses concentrations ne doivent donc pas être copiées comme valeurs nutritionnelles exactes d’une racine fraîche.
Peut-on présenter le radis noir comme un médicament pour le foie ?
Non dans un article alimentaire et agronomique.
Le radis noir possède une longue histoire d’usage traditionnel et ses composés font l’objet de recherches scientifiques. Cela ne permet pas d’affirmer qu’une racine fraîche :
- traite une maladie du foie ;
- élimine des calculs ;
- détoxifie un organe ;
- remplace un traitement médical.
La formulation appropriée est :
le radis noir est un légume-racine contenant des fibres, des micronutriments et des glucosinolates, à intégrer dans une alimentation diversifiée.
8 erreurs coûteuses avec le radis noir
1. Cultiver une grande surface sans débouché
Le marché du radis noir peut être plus étroit que celui des légumes-racines courants.
2. Semer dans un sol compact ou pierreux
Les racines longues deviennent tordues, fourchues ou courtes.
3. Semer trop dense
Le nombre de plantes augmente sans garantir davantage de racines du bon calibre.
4. Alterner sécheresse et fortes irrigations
Cette irrégularité favorise les défauts internes et les racines fendues.
5. Apporter trop d’azote
Un feuillage volumineux ne garantit pas une grosse racine commercialisable.
6. Oublier la mouche du chou
Quelques galeries peuvent suffire à rendre une grosse racine invendable.
7. Enchaîner les Brassicacées
Le radis noir compte pleinement dans la rotation et peut maintenir notamment la hernie des crucifères.
8. Mettre au froid des racines blessées ou malades
Le stockage ne répare pas une mauvaise qualité initiale ; il peut au contraire permettre aux pourritures de se développer.
Checklist avant de se lancer
- [ ] Le débouché commercial est identifié.
- [ ] Le type rond ou long correspond au marché.
- [ ] Le calibre demandé est connu.
- [ ] La variété est adaptée à la saison.
- [ ] Le cycle annoncé est compatible avec la date de récolte.
- [ ] La parcelle ne présente pas de problème connu de drainage.
- [ ] Le sol est suffisamment profond pour la variété.
- [ ] Les pierres et zones compactées ont été identifiées.
- [ ] Le pH est connu.
- [ ] Une analyse de sol est disponible.
- [ ] Les amendements organiques sont suffisamment décomposés.
- [ ] L’azote est adapté au besoin réel.
- [ ] Le bore n’est apporté que s’il est justifié.
- [ ] Le semoir assure une profondeur régulière.
- [ ] La densité correspond au calibre recherché.
- [ ] L’irrigation peut maintenir une humidité régulière.
- [ ] L’engorgement du sol est évité.
- [ ] Les altises sont surveillées dès la levée.
- [ ] Le risque de mouche du chou est évalué.
- [ ] Des filets sont disponibles lorsque la pression le justifie.
- [ ] L’historique de hernie des crucifères est connu.
- [ ] La rotation comporte de vraies familles non Brassicacées.
- [ ] Tout traitement éventuel est vérifié dans l’index ONSSA.
- [ ] Le bon calibre de récolte est défini.
- [ ] Les racines fendues, tordues et attaquées seront comptabilisées.
- [ ] Le taux de déchets sera enregistré.
- [ ] La récolte peut limiter les blessures mécaniques.
- [ ] Le parage et le tri sont organisés.
- [ ] Le stockage froid est disponible si nécessaire.
- [ ] La température et l’humidité peuvent être suivies.
- [ ] Le coût de revient sera calculé sur les kilogrammes commercialisables.
Conclusion : la qualité du radis noir se construit avant son entrée en stockage
Le radis noir peut constituer une intéressante culture de saison fraîche grâce à son calibre et à son aptitude à la conservation. Mais la valeur d’une racine stockable se construit dès la parcelle : sol meuble, densité adaptée, alimentation hydrique régulière, rotation correcte et protection contre la mouche du chou.
Les indicateurs les plus utiles sont : nombre de racines commercialisables, poids moyen, pourcentage de déchets, coût de revient par kilogramme et perte de poids ou de qualité pendant le stockage.



