Chou kale : culture, rendement et valorisation

Le chou kale est une Brassicacée cultivée pour ses feuilles plutôt que pour une pomme. Sa rentabilité repose sur une croissance continue, des feuilles tendres et intactes et surtout sur la possibilité d’effectuer plusieurs récoltes sur les mêmes plantes. Le froid modéré favorise généralement la qualité, tandis que chaleur, déficit hydrique, altises et chenilles peuvent rapidement dégrader l’aspect commercial des feuilles.

Culture de chou kale avec récolte des feuilles, irrigation goutte-à-goutte, semences et contrôle de qualité
Culture professionnelle de chou kale : récolte répétée des feuilles extérieures, contrôle de la qualité et préparation des bottes fraîches.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Le guide de Utah State University consacré au kale confirme son adaptation aux saisons fraîches, sa bonne résistance au froid et l’importance d’une alimentation régulière en eau et en nutriments pour conserver des feuilles de qualité.

Qu’est-ce que le chou kale ?

Le kale appartient principalement à Brassica oleracea var. acephala.

Le terme acephala traduit justement sa principale différence avec le chou pommé : il ne forme pas une grosse tête compacte.

La plante produit continuellement des feuilles autour d’une tige centrale. Le produit commercial peut donc être récolté de plusieurs façons :

  • feuilles individuelles ;
  • bottes ou bouquets ;
  • jeunes feuilles ;
  • feuilles débarrassées des grosses tiges ;
  • produit prédécoupé ou transformé.

Cette capacité de récolte répétée différencie fortement son économie de celle d’un chou-fleur ou d’un chou pommé récolté principalement une seule fois.

Le terme « super-aliment » est-il agronomiquement pertinent ?

Pas vraiment.

« Super-aliment » est avant tout une expression marketing. Elle ne constitue ni une catégorie botanique ni un niveau officiel de qualité nutritionnelle.

Le kale possède effectivement une composition nutritionnelle intéressante, mais sa valeur commerciale doit être construite sur des critères beaucoup plus concrets :

  • fraîcheur ;
  • couleur ;
  • tendreté ;
  • absence de trous ;
  • absence de jaunissement ;
  • présentation ;
  • chaîne du froid ;
  • débouché identifié.

Pourquoi cultiver du kale ?

Le kale présente plusieurs caractéristiques intéressantes pour un maraîcher :

  • bonne adaptation au froid ;
  • récolte répétée possible ;
  • plusieurs types de commercialisation ;
  • production possible pendant des périodes où certains légumes d’été disparaissent ;
  • possibilité de récolter les feuilles sans supprimer immédiatement la plante ;
  • intérêt pour les circuits frais spécialisés.

Le guide de planification de l’Université du Minnesota distingue d’ailleurs une récolte unique du kale d’une conduite en récoltes répétées, qui peut se prolonger plusieurs semaines.

Quels débouchés peut-on envisager ?

ProduitCaractéristique recherchéeContrainte principale
Botte de kaleFeuilles homogènes et fraîchesMain-d’œuvre de récolte et bottelage
Feuilles en vracTendreté et absence de défautsTri et refroidissement
Baby kalePetites feuilles tendresDensité et récolte spécifiques
Feuilles prédécoupéesProduit propre et uniformeHygiène, lavage, conditionnement, froid
Kale transforméMatière première régulièreTransformation et marché à sécuriser

Pourquoi la valorisation doit-elle être décidée avant le semis ?

Un kale destiné au bouquet n’est pas forcément implanté comme un kale destiné aux jeunes feuilles.

Le marché influence :

  • variété ;
  • densité ;
  • espacement ;
  • âge de récolte ;
  • taille recherchée ;
  • nombre de récoltes ;
  • conditionnement.

Le producteur doit donc d’abord répondre à cette question :

vais-je vendre une plante, une botte, une feuille, une jeune feuille ou un produit transformé ?

Quels principaux types de kale existe-t-il ?

Kale frisé vert

Il produit des feuilles fortement ondulées ou frisées, généralement vert foncé.

Il est très identifiable visuellement et largement utilisé pour les bottes fraîches.

Kale Toscano ou Lacinato

Également appelé parfois kale dinosaure, il présente :

  • des feuilles longues ;
  • étroites ;
  • vert bleuâtre à vert très foncé ;
  • une surface fortement gaufrée.

Red Russian

Il possède des feuilles généralement plus plates, découpées et des nervures pouvant prendre une coloration pourpre.

Redbor et autres types rouges

Ces kales possèdent une coloration rouge à pourpre pouvant devenir particulièrement intéressante visuellement sous certaines conditions fraîches.

Quel type choisir pour la vente fraîche ?

Comparez au minimum :

  • forme de feuille ;
  • couleur ;
  • tendreté ;
  • longueur du pétiole ;
  • vitesse de repousse après récolte ;
  • tolérance au froid ;
  • tolérance à la chaleur ;
  • précocité ;
  • résistances génétiques disponibles ;
  • présentation demandée par l’acheteur.

Un kale très productif mais dont la feuille ne correspond pas au marché peut être beaucoup moins rentable qu’un cultivar légèrement moins productif mais régulièrement vendu.

Quel climat convient au kale ?

Le kale est une culture de saison fraîche.

Utah State indique qu’il pousse particulièrement bien lorsque les températures restent inférieures à environ 24 °C dans ses conditions.

La culture supporte bien les températures fraîches et les plantes matures peuvent résister à des froids importants.

Mais il faut éviter de transformer cette rusticité en affirmation excessive :

résistance au froid ne signifie pas insensibilité à tous les gels, tous les vents ou toutes les conditions hivernales.

Le gel améliore-t-il la qualité ?

Une période fraîche et certaines gelées légères peuvent rendre les feuilles plus agréables au goût.

C’est pourquoi les productions d’automne et d’hiver sont particulièrement appréciées dans de nombreux systèmes.

Mais le froid n’est pas indispensable pour produire du kale : il améliore surtout certaines caractéristiques qualitatives.

Le kale supporte-t-il la chaleur ?

Il peut survivre à des périodes chaudes, mais la survie n’est pas le bon indicateur commercial.

Les fortes températures peuvent entraîner :

  • croissance ralentie ;
  • feuilles plus dures ;
  • saveur moins favorable ;
  • besoins en eau plus élevés ;
  • augmentation de certains ravageurs.

Le document de référence NC State consacré au kale précise également que la culture peut tolérer certains déficits hydriques, mais que la qualité et la saveur des feuilles se dégradent.

Peut-on donc présenter le kale comme résistant à la sécheresse ?

Il faut être prudent.

Une plante qui reste vivante sous déficit hydrique n’est pas nécessairement une plante produisant des feuilles commercialisables.

Pour une culture vendue essentiellement sur l’aspect et la tendreté, l’objectif est :

maintenir une croissance régulière plutôt que tester la limite de résistance de la plante.

Quel sol privilégier ?

Le kale préfère un sol :

  • fertile ;
  • bien drainé ;
  • riche en matière organique ;
  • capable de maintenir une humidité suffisamment régulière.

NC State situe dans ses références une plage de pH d’environ 6,0 à 7,5.

Cette plage doit rester un repère et non une prescription universelle.

L’analyse doit permettre de vérifier :

  • pH ;
  • matière organique ;
  • phosphore ;
  • potassium ;
  • calcium ;
  • magnésium ;
  • salinité.

Pourquoi la matière organique est-elle particulièrement utile ?

Une culture destinée à plusieurs récoltes doit rester active longtemps.

Une bonne structure du sol favorise :

  • développement des racines ;
  • rétention de l’eau ;
  • activité biologique ;
  • nutrition plus régulière ;
  • repousse après chaque récolte.

Semis direct ou transplantation ?

Les deux techniques sont utilisées.

Le guide commercial Mid-Atlantic 2026-2027 indique que le kale peut être :

  • semé directement ;
  • ou transplanté.

Le repiquage facilite généralement :

  • la régularité du peuplement ;
  • la maîtrise de l’espacement ;
  • l’utilisation efficace des semences ;
  • le démarrage face aux adventices.

Quelle densité adopter ?

Elle dépend énormément du produit recherché.

Les recommandations commerciales Mid-Atlantic 2026-2027 utilisent pour des plants transplantés des espacements approximatifs de :

  • 15 à 30 cm entre plantes ;
  • 40 à 90 cm entre rangs.

Les espacements plus larges sont notamment utilisés lorsque plusieurs récoltes manuelles successives sont prévues.

Ces chiffres sont des repères régionaux, pas une recette universelle.

Pourquoi la densité dépend-elle du mode de récolte ?

Si l’objectif est de cueillir régulièrement des grandes feuilles, l’équipe doit pouvoir accéder à chaque plante.

Une densité excessive peut :

  • compliquer la récolte ;
  • augmenter les frottements entre feuilles ;
  • favoriser l’humidité dans le couvert ;
  • produire des feuilles plus petites.

À l’inverse, une production de jeunes feuilles peut utiliser des populations beaucoup plus élevées et un système entièrement différent.

Quelle différence entre baby kale et kale mature ?

NC State situe approximativement :

  • les jeunes feuilles de baby kale vers 20 à 30 jours après semis ;
  • les feuilles matures autour de 50 à 75 jours selon le système.

Les deux produits ne doivent donc pas être mélangés dans un même calcul de rendement.

Irrigation : pourquoi une feuille vendue fraîche ne doit-elle pas subir de stress répété ?

Un déficit hydrique peut provoquer :

  • croissance ralentie ;
  • feuilles plus fermes ou coriaces ;
  • baisse du calibre ;
  • qualité gustative moins favorable ;
  • repousse plus lente après récolte.

Utah State recommande dans ses conditions une irrigation permettant de maintenir une humidité régulière et cite une consommation approximative de 0,5 à 1,5 pouce d’eau par semaine selon stade et conditions.

Ce chiffre ne doit pas être transformé en programme fixe.

Le besoin réel dépend :

  • du climat ;
  • du sol ;
  • du développement de la plante ;
  • de l’évapotranspiration ;
  • des pluies.

Pourquoi le goutte-à-goutte convient-il bien au kale ?

Il permet notamment :

  • des apports fractionnés ;
  • un feuillage plus sec ;
  • moins d’éclaboussures de terre ;
  • une meilleure accessibilité pour les récoltes fréquentes ;
  • un contrôle plus précis des volumes.

Pour un produit vendu sous forme de feuilles propres, éviter les projections de sol constitue également un avantage de qualité.

Fertilisation : pourquoi l’azote est-il particulièrement important ?

Le kale est récolté pour son feuillage.

L’azote influence directement :

  • croissance des feuilles ;
  • couleur ;
  • surface foliaire ;
  • repousse après récolte.

NC State souligne que les légumes-feuilles ont besoin d’une croissance rapide et continue pour produire une bonne qualité.

Mais cela ne signifie pas qu’il faille maximiser systématiquement la dose d’azote.

Pourquoi fractionner la fertilisation ?

Dans une culture à récoltes répétées, une partie de la biomasse et des éléments nutritifs est retirée à chaque passage.

La fertilisation peut donc être ajustée selon :

  • analyse du sol ;
  • vigueur réelle ;
  • nombre de récoltes prévues ;
  • rendement déjà retiré ;
  • état du feuillage.

L’objectif est de soutenir la repousse sans provoquer :

  • excès de végétation ;
  • tissus trop tendres ;
  • pertes de nitrates ;
  • charges inutiles.

Phosphore, potassium et soufre : quel rôle ?

Le phosphore soutient notamment l’implantation racinaire.

Le potassium participe à :

Comme les autres Brassicacées, le kale utilise également du soufre dans son métabolisme et dans la synthèse de composés soufrés comme les glucosinolates.

Ces éléments doivent être raisonnés selon l’analyse et non appliqués automatiquement.

Pourquoi les altises sont-elles particulièrement coûteuses sur le kale ?

Les altises sont de petits coléoptères capables de réaliser de nombreuses petites perforations dans les feuilles.

Sur une culture où la feuille elle-même est vendue, quelques dégâts peuvent réduire fortement la valeur visuelle.

Utah State signale que les jeunes plantes sont particulièrement sensibles :

  • petits trous nombreux ;
  • ralentissement des plantules ;
  • réduction du peuplement lors de fortes attaques.

Le problème économique est donc double :

perdre des plantes au début ou perdre la qualité visuelle plus tard.

Quels leviers utiliser contre les altises ?

La stratégie peut associer :

  • plants vigoureux ;
  • croissance sans stress ;
  • rotation ;
  • gestion des Brassicacées adventices ;
  • filets anti-insectes lorsque le système le permet ;
  • surveillance régulière ;
  • intervention autorisée seulement lorsque nécessaire.

Les filets peuvent être particulièrement intéressants sur de petites surfaces à forte valeur lorsque la pression est prévisible.

Quels autres ravageurs sont importants ?

Il faut également surveiller :

  • pucerons ;
  • piérides ;
  • teigne des crucifères ;
  • arpenteuses et autres chenilles.

Les chenilles provoquent :

  • trous ;
  • bords dévorés ;
  • déjections ;
  • déclassement du bouquet.

Pour un kale destiné au frais, une feuille presque entière mais percée peut déjà perdre sa valeur commerciale.

Quels critères phytosanitaires regarder avant chaque récolte ?

Inspectez :

  • dessus et dessous des feuilles ;
  • nervures ;
  • jeunes feuilles centrales ;
  • présence de pucerons ;
  • œufs ou chenilles ;
  • perforations d’altises ;
  • taches foliaires ;
  • symptômes de jaunissement.

Une surveillance juste avant récolte évite de consacrer du temps à botteler des feuilles qui seront ensuite rejetées au tri.

Quelles maladies surveiller ?

Les principaux risques des Brassicacées comprennent, selon les conditions :

  • pourriture noire bactérienne ;
  • Alternaria ;
  • mildiou ;
  • hernie des crucifères ;
  • maladies de pépinière.

La rotation reste indispensable.

La séquence :

kale → brocoli → chou → chou-fleur

reste une succession de Brassicacées et ne constitue pas une vraie rupture phytosanitaire.

Avant tout traitement : vérifier l’ONSSA

Les références universitaires servent à identifier les ravageurs et comprendre leur gestion. Elles ne permettent pas de transposer automatiquement un pesticide utilisé dans un autre pays.

Avant toute intervention, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA et vérifiez l’usage actuellement homologué pour la culture et le bioagresseur concernés.

Quel rendement peut produire le kale ?

Le rendement est difficile à résumer par un seul chiffre car il dépend du système de récolte.

Il faut distinguer :

  • une récolte unique ;
  • plusieurs cueillettes de feuilles ;
  • bottes ;
  • feuilles en vrac ;
  • baby kale ;
  • production destinée à la transformation.

Quels repères commerciaux existent ?

Oregon State rapporte que, dans des systèmes de récoltes répétées, le rendement en feuilles de kale peut atteindre environ 400 cwt/acre, soit autour de 45 t/ha.

La même référence indique environ 3 200 douzaines de bottes d’une livre par acre dans son système commercial.

Ces niveaux correspondent à des récoltes répétées sur plusieurs mois et ne doivent pas être présentés comme rendement standard universel.

Oklahoma State indique de son côté, pour ses conditions de légumes-feuilles de saison fraîche, un potentiel d’environ 8 à 10 tons/acre pour le kale destiné à la transformation, soit approximativement 18 à 22 t/ha.

La différence illustre précisément pourquoi le rendement doit toujours être accompagné du mode de récolte et du marché.

Pourquoi compter les bottes peut-il être plus utile que peser toute la parcelle ?

Lorsque le kale est vendu à la botte, le véritable indicateur économique devient :

nombre de bottes commercialisables × prix réellement encaissé par botte.

Le poids total de feuilles est alors secondaire si :

  • les bottes ne sont pas homogènes ;
  • les feuilles sont percées ;
  • elles jaunissent ;
  • elles sont trop dures.

Quels indicateurs enregistrer ?

IndicateurIntérêt
Plants établis/haContrôler le peuplement
Feuilles commercialisables/planteMesurer la productivité
Bottes/heureMesurer l’efficacité de récolte
Poids moyen/botteContrôler l’uniformité
% feuilles déclasséesQuantifier les pertes de qualité
Nombre de récoltesComparer les variétés
kg ou bottes commercialisables/haCalculer la rentabilité

Combien de fois peut-on récolter ?

La méthode classique consiste à prélever d’abord les feuilles externes suffisamment développées tout en préservant le cœur de la plante.

De nouvelles feuilles continuent ensuite à apparaître.

Oregon State rapporte des récoltes généralement effectuées plusieurs fois sur une période pouvant atteindre plusieurs mois, tandis que le guide de planification du Minnesota considère des récoltes hebdomadaires pouvant se poursuivre jusqu’à environ 12 semaines dans son système de référence.

La durée réelle dépend :

  • du climat ;
  • de la variété ;
  • de la fertilisation ;
  • de l’eau ;
  • de la pression sanitaire.

Comment récolter pour maintenir la plante productive ?

Prélevez principalement les feuilles externes arrivées au calibre voulu.

Évitez de supprimer :

  • le bourgeon central ;
  • trop de jeunes feuilles simultanément ;
  • une trop grande partie de la surface photosynthétique.

Une récolte excessive peut ralentir fortement la repousse suivante.

Quels critères définissent une bonne feuille commerciale ?

Le guide de production de University of Georgia retient notamment des feuilles :

  • fraîches ;
  • tendres ;
  • bien colorées ;
  • correctement parées ;
  • non flétries ;
  • sans jaunissement ;
  • sans pourriture ;
  • sans dégâts importants d’insectes ou de maladies.

La présence d’une grosse tige dure réduit également l’agrément du produit.

Pourquoi récolter tôt dans la journée ?

Une feuille récoltée chaude commence sa vie post-récolte avec davantage de chaleur de champ.

L’Université du Minnesota recommande en 2026 de récolter les légumes-feuilles comme le kale tôt et de les acheminer rapidement vers une zone fraîche.

Cette pratique réduit :

  • flétrissement ;
  • perte de turgescence ;
  • dégradation visuelle.

Pourquoi l’hydrocooling peut-il être utile ?

Le kale commercialisé en bottes perd rapidement de l’eau.

Un refroidissement rapide à l’eau froide peut :

  • retirer la chaleur du champ ;
  • réhydrater temporairement les feuilles ;
  • maintenir une meilleure turgescence.

Lorsque de l’eau est utilisée en post-récolte, l’hygiène de cette eau et du matériel devient évidemment essentielle pour éviter une contamination croisée.

Comment conserver le kale ?

Oregon State recommande de traiter le kale comme les autres légumes-feuilles très périssables :

température proche de 0 °C et humidité relative d’au moins 95 %.

Dans de bonnes conditions, une durée d’environ :

10 à 14 jours

constitue un repère raisonnable pour le produit frais.

Une humidité élevée est essentielle pour éviter le flétrissement.

Pourquoi le kale peut-il perdre de la valeur sans pourrir ?

Une feuille peut être encore saine microbiologiquement mais déjà commercialement médiocre parce qu’elle est :

  • molle ;
  • flétrie ;
  • jaunie ;
  • desséchée sur les bords.

La chaîne du froid sert donc autant à préserver l’aspect qu’à limiter les altérations.

Comment valoriser le kale au-delà de la botte fraîche ?

Feuilles prêtes à cuisiner

Les grandes nervures peuvent être retirées et les feuilles conditionnées pour faciliter l’utilisation.

Cette option ajoute toutefois :

  • main-d’œuvre ;
  • lavage ;
  • hygiène ;
  • emballage ;
  • chaîne du froid.

Baby kale

La récolte plus jeune permet un produit plus tendre adapté :

  • aux salades ;
  • aux mélanges de jeunes feuilles ;
  • à certains conditionnements prêts à consommer.

Déshydratation

Le kale peut être transformé en :

  • feuilles séchées ;
  • chips végétales ;
  • poudre destinée à certains produits alimentaires.

Mais une transformation n’est intéressante que si :

le marché, les coûts énergétiques, la réglementation alimentaire et le conditionnement sont maîtrisés.

Faut-il transformer les feuilles déclassées ?

Pas automatiquement.

Une feuille déclassée uniquement pour :

  • taille ;
  • forme ;
  • petit défaut esthétique

peut parfois être valorisable en transformation si elle reste saine et conforme.

En revanche, une feuille :

  • pourrie ;
  • contaminée ;
  • fortement malade ;
  • non conforme à la sécurité alimentaire

ne devient pas acceptable simplement parce qu’elle sera broyée.

Comment calculer la rentabilité ?

Pour une vente au kilogramme :

Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.

CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement encaissé.

Marge = CA – charges totales.

Pour une vente en bottes :

Coût de revient/botte = charges totales ÷ nombre de bottes commercialisables.

CA = nombre de bottes vendues × prix réellement obtenu par botte.

Quelles charges ne faut-il pas oublier ?

  • semences ;
  • plants éventuels ;
  • préparation du sol ;
  • fertilisation ;
  • irrigation ;
  • eau et énergie ;
  • désherbage ;
  • filets éventuels ;
  • protection intégrée ;
  • récoltes répétées ;
  • bottelage ;
  • lavage ;
  • pré-refroidissement ;
  • conditionnement ;
  • chambre froide ;
  • transport.

Pourquoi la main-d’œuvre devient-elle un indicateur essentiel ?

Une culture récoltée chaque semaine peut produire longtemps, mais chaque nouvelle récolte génère aussi du travail.

Il faut donc suivre :

nombre de bottes commercialisables par heure de récolte.

Le manuel SARE consacré au kale utilise comme référence environ 60 à 100 bottes récoltées par personne et par heure dans son système.

Cette valeur est un repère organisationnel nord-américain et non une norme.

Valeur nutritionnelle du kale

Le kale possède effectivement une densité nutritionnelle intéressante, ce qui explique une partie de sa valorisation commerciale.

Les données de USDA FoodData Central documentent notamment la présence de :

  • fibres alimentaires ;
  • vitamine C ;
  • vitamine K ;
  • provitamine A sous forme de caroténoïdes ;
  • vitamine B9 ;
  • calcium ;
  • potassium ;
  • magnésium ;
  • fer ;
  • lutéine et zéaxanthine ;
  • glucosinolates caractéristiques des Brassicacées.

Cette richesse permet de présenter le kale comme un légume intéressant dans une alimentation diversifiée.

Elle ne permet pas de le présenter comme :

  • un médicament ;
  • un traitement anticancer ;
  • un remède garanti.

8 erreurs coûteuses avec le chou kale

1. Produire avant de définir le débouché

Baby kale, botte fraîche et transformation nécessitent des densités et des récoltes différentes.

2. Confondre rusticité et absence de besoin en eau

La plante peut supporter un stress alors que la feuille devient déjà moins commercialisable.

3. Cultiver en forte chaleur comme si la qualité restait identique

Les feuilles peuvent devenir plus dures et moins intéressantes commercialement.

4. Sous-estimer les altises

Sur un légume-feuille, de petits trous peuvent suffire à déclassement.

5. Récolter trop de feuilles sur une même plante

Une défoliation excessive ralentit la repousse suivante.

6. Répéter des Brassicacées dans la rotation

Kale, chou, brocoli et chou-fleur partagent plusieurs bioagresseurs.

7. Laisser les bottes chauffer après récolte

La perte de turgescence réduit rapidement la valeur visuelle.

8. Transformer sans calculer le coût réel

Lavage, découpe, séchage, énergie, emballage et réglementation peuvent absorber la valeur ajoutée attendue.

Checklist avant de se lancer

  • [ ] Le débouché est défini : botte, vrac, baby kale ou transformation.
  • [ ] Le type de feuille demandé est connu.
  • [ ] La variété correspond au marché.
  • [ ] Le calendrier place la production principale en période favorable.
  • [ ] Le sol est fertile et correctement drainé.
  • [ ] Une analyse du sol est disponible.
  • [ ] La matière organique est prise en compte.
  • [ ] L’espacement correspond au mode de récolte.
  • [ ] Le système d’irrigation maintient une humidité régulière.
  • [ ] La fertilisation azotée soutient la croissance sans excès.
  • [ ] Les altises sont surveillées dès l’implantation.
  • [ ] Les chenilles et pucerons sont surveillés.
  • [ ] L’historique de hernie des crucifères est connu.
  • [ ] Une vraie rotation hors Brassicacées est prévue.
  • [ ] Les produits éventuels sont vérifiés dans l’index ONSSA.
  • [ ] Le nombre de feuilles à laisser sur la plante après récolte est maîtrisé.
  • [ ] Les feuilles jaunes ou endommagées sont éliminées au tri.
  • [ ] La récolte peut être réalisée tôt dans la journée.
  • [ ] Le refroidissement est prévu rapidement.
  • [ ] Une conservation proche de 0 °C est possible si nécessaire.
  • [ ] Le nombre de bottes par heure est mesuré.
  • [ ] Les pertes au tri sont enregistrées.
  • [ ] La transformation n’est envisagée qu’avec un débouché réel.
  • [ ] Le coût de revient est calculé sur le produit réellement commercialisable.

Conclusion : la valeur du kale vient surtout de la feuille et du nombre de récoltes

Le chou kale peut devenir une culture intéressante lorsque le producteur ne raisonne pas seulement en tonnes par hectare. La qualité visuelle des feuilles, leur tendreté, la fréquence de récolte, le nombre de bottes vendables et le refroidissement déterminent directement la marge.

Les indicateurs les plus utiles sont donc : feuilles ou bottes commercialisables par plante, nombre de récoltes, productivité horaire de la récolte, pourcentage de feuilles déclassées et coût de revient du produit réellement vendu.

Retour en haut