Courge Butternut : culture, rendement et conservation

Vous envisagez de produire de la courge Butternut et vous vous demandez quelle variété choisir, comment conduire l’irrigation, quel rendement commercialisable rechercher et surtout comment conserver les fruits plusieurs semaines ou plusieurs mois après récolte ?

Courge Butternut en plein champ avec irrigation goutte-à-goutte, contrôle de maturité, récolte et stockage
Production professionnelle de courge Butternut : irrigation, contrôle de la maturité, récolte, tri et préparation au stockage.

La réponse immédiate : la Butternut est une courge d’hiver dont la rentabilité ne dépend pas uniquement du tonnage récolté. Sa véritable force économique réside dans la combinaison rendement commercialisable + maturité correcte + faible taux de blessures + aptitude au stockage. Un fruit récolté trop jeune peut sembler vendable mais perdre rapidement du poids ou pourrir pendant la conservation. Cette culture complète notre guide consacré aux cultures maraîchères.

Pour la conduite générale, le guide de l’Université de Géorgie consacré à la production commerciale des courges décrit les Butternut comme des courges d’hiver rampantes récoltées à pleine maturité. Pour la phase déterminante après récolte, la fiche UC Davis sur les courges d’hiver détaille les critères de maturité, de température, d’humidité et de stockage.

Qu’est-ce qu’une courge Butternut ?

La Butternut appartient généralement à l’espèce Cucurbita moschata.

Elle se reconnaît à :

  • sa forme allongée avec renflement autour de la cavité contenant les graines ;
  • son écorce beige à brun clair à maturité ;
  • sa chair orange ;
  • sa texture relativement dense ;
  • sa capacité à être conservée beaucoup plus longtemps qu’une courgette récoltée immature.

La Butternut appartient aux courges d’hiver, mais cela ne signifie pas qu’elle pousse pendant l’hiver.

Elle est au contraire une culture de saison chaude. Le terme « courge d’hiver » fait référence au fait que le fruit est récolté à pleine maturité et peut être stocké pour une consommation ultérieure.

Pourquoi cultiver la Butternut ?

La Butternut présente plusieurs intérêts économiques :

  • fruit identifiable et demandé sur de nombreux marchés ;
  • bonne aptitude au transport ;
  • possibilité de stockage prolongé ;
  • commercialisation différée après la récolte ;
  • utilisation en vente fraîche, restauration et transformation ;
  • moins de pression pour vendre toute la récolte immédiatement.

Cette dernière caractéristique est importante.

Avec une courgette ou un concombre frais, quelques jours peuvent suffire pour perdre une partie importante de la valeur commerciale.

Une Butternut correctement mûre et stockée permet davantage de souplesse :

récolter → trier → conserver → commercialiser progressivement.

Pourquoi la conservation doit-elle être considérée comme une partie du rendement ?

Supposons que deux parcelles produisent exactement le même tonnage.

Après deux mois de stockage :

  • la première conserve 90 % de fruits commercialisables ;
  • la seconde n’en conserve que 65 %.

Leur rendement économique réel n’est plus le même.

Pour une courge de conservation, il faut donc suivre :

rendement à la récolte + pourcentage commercialisable après stockage.

Que recherche l’acheteur ?

Selon le débouché, les critères comprennent généralement :

  • forme typique de Butternut ;
  • calibre homogène ;
  • écorce beige bien colorée ;
  • absence de zones vertes importantes ;
  • écorce bien durcie ;
  • pédoncule intact ;
  • absence de coupures et meurtrissures ;
  • absence de pourriture ;
  • chair orange bien développée.

UC Davis souligne que les courges d’hiver de qualité doivent avoir atteint leur taille complète, être bien formées, posséder leur pédoncule intact et présenter une écorce suffisamment développée.

Quelle variété de Butternut acheter ?

Il existe plusieurs types et hybrides de Butternut.

Avant d’acheter les semences, comparez :

  • précocité ;
  • durée du cycle ;
  • port rampant ou plus compact ;
  • poids moyen du fruit ;
  • uniformité de la forme ;
  • couleur de l’écorce ;
  • épaisseur et couleur de la chair ;
  • taille de la cavité à graines ;
  • rendement commercialisable ;
  • résistance ou tolérance à l’oïdium ;
  • résistances virales lorsque disponibles ;
  • aptitude réelle à la conservation.

Le choix doit partir du marché.

Un fruit très gros peut donner davantage de kilogrammes par plante mais être moins pratique pour un acheteur qui préfère des Butternut de taille moyenne.

Waltham Butternut ou hybride F1 ?

Le type Waltham Butternut reste une référence connue, mais de nombreux hybrides professionnels sont aujourd’hui disponibles.

CritèreVariété traditionnelleHybride F1
Prix de semenceSouvent inférieurSouvent supérieur
HomogénéitéVariableSouvent meilleure
CalibrePotentiellement plus disperséPeut être plus régulier
RésistancesDépend de la variétéPeuvent être intégrées à certains hybrides
ConservationÀ vérifierÀ vérifier hybride par hybride

La vraie comparaison n’est donc pas le prix du sachet mais :

coût de semence ÷ kilogrammes de premier choix encore vendables après conservation.

Semis direct ou plants en motte ?

Les courges d’hiver peuvent être semées directement ou transplantées.

Semis direct

Il convient lorsque :

  • le sol est suffisamment chaud ;
  • la levée peut être régulièrement irriguée ;
  • les risques de froid sont terminés ;
  • la qualité germinative des semences est satisfaisante.

Plants en motte

Ils peuvent apporter :

  • peuplement plus homogène ;
  • gain de précocité ;
  • meilleure utilisation des graines hybrides coûteuses ;
  • meilleure maîtrise du nombre de plants.

L’Université de Géorgie indique que les courges d’hiver rampantes nécessitent souvent un cycle de l’ordre de 80 à 120 jours selon type et conditions.

Quelle densité adopter ?

Les Butternut rampantes occupent beaucoup d’espace.

La densité doit donc tenir compte :

  • de la vigueur variétale ;
  • de la fertilité du sol ;
  • du système d’irrigation ;
  • du matériel utilisé ;
  • du calibre de fruit recherché.

L’Université de Géorgie fournit pour les courges rampantes des repères larges pouvant aller d’environ 1,5 à 2,4 m entre rangs et de 0,75 à 1,5 m entre plants, à adapter au cultivar et au matériel.

Une forte densité peut augmenter le nombre de plantes par hectare mais provoquer :

  • compétition pour la lumière ;
  • compétition pour l’eau ;
  • couvert très dense ;
  • difficulté de surveillance ;
  • fruits plus petits.

Climat : pourquoi la Butternut est-elle considérée comme relativement robuste ?

Cucurbita moschata est une espèce de saison chaude.

Une végétation bien établie peut relativement bien supporter des épisodes chauds lorsque l’eau disponible dans le sol reste suffisante.

Mais « résistante à la chaleur » ne signifie pas « indépendante de l’eau ».

Les principaux risques climatiques sont :

  • froid pendant la germination ;
  • gel ;
  • fort stress hydrique pendant floraison et nouaison ;
  • chaleur extrême associée à une perte prématurée de feuillage ;
  • pluies ou humidité importantes avant récolte favorisant certaines pourritures.

Quel sol convient à la Butternut ?

La culture peut être conduite dans différentes textures si le drainage est satisfaisant.

Recherchez surtout :

  • sol profond ;
  • bonne porosité ;
  • drainage ;
  • absence de compaction importante ;
  • réserve hydrique correcte ;
  • salinité maîtrisée.

L’Université de Géorgie recommande également de tenir compte de l’historique de la parcelle et d’éviter les successions trop rapprochées de Cucurbitacées.

Pourquoi la rotation est-elle importante ?

Une répétition trop fréquente des Cucurbitacées peut augmenter :

  • certains pathogènes telluriques ;
  • nématodes ;
  • réservoirs de maladies ;
  • risques sanitaires de la culture suivante.

La Butternut ne doit donc pas être considérée comme tellement robuste qu’elle pourrait être cultivée continuellement au même endroit.

Une rotation avec des cultures appartenant à d’autres familles reste préférable.

Le port rampant contrôle-t-il les mauvaises herbes ?

Une Butternut vigoureuse forme progressivement un couvert foliaire important.

Une fois fermé, ce couvert :

  • intercepte une partie de la lumière ;
  • peut ralentir certaines adventices ;
  • protège partiellement la surface du sol ;
  • réduit directement l’impact des gouttes de pluie.

Mais cet effet arrive après l’installation de la culture.

La Butternut reste donc sensible à la concurrence des adventices au début du cycle.

Irrigation : la Butternut est-elle vraiment économe en eau ?

Son enracinement et son cycle peuvent lui permettre de mieux tolérer un déficit modéré que certaines cultures maraîchères à enracinement très superficiel.

Mais le rendement commercial exige toujours une alimentation suffisamment régulière.

Le guide d’irrigation de Utah State University pour les Cucurbitacées rappelle que des variations importantes de l’humidité autour de la floraison et de la nouaison peuvent réduire la forme et la taille des fruits.

Quelles phases sont sensibles au manque d’eau ?

Levée et transplantation

Le volume racinaire est encore faible.

Développement végétatif

La plante construit son couvert et son système racinaire.

Floraison et nouaison

Un déficit important peut réduire le nombre de fruits correctement formés.

Grossissement

La demande augmente parce que chaque fruit accumule rapidement matière sèche et eau.

Fin de maturation

L’objectif devient différent : maintenir suffisamment la plante sans favoriser un excès d’humidité inutile avant récolte.

Pourquoi l’excès d’eau peut-il aussi être coûteux ?

Un sol saturé peut entraîner :

  • manque d’oxygène autour des racines ;
  • pourritures racinaires ;
  • fruits en contact avec un sol trop humide ;
  • fissuration ou défauts selon les conditions ;
  • lessivage d’éléments nutritifs.

Utah State University souligne que l’excès d’irrigation des Cucurbitacées favorise notamment pourritures racinaires, pourritures de fruits et certains problèmes physiologiques.

Pourquoi le goutte-à-goutte est-il intéressant ?

Il permet de :

  • fractionner les apports ;
  • maintenir plus régulièrement la zone racinaire ;
  • mesurer le volume réellement distribué ;
  • éviter le mouillage systématique du feuillage ;
  • utiliser la fertigation lorsque nécessaire.

Le pilotage peut être amélioré avec :

  • compteur d’eau ;
  • manomètre ;
  • sondes d’humidité ou tensiomètres ;
  • contrôle régulier des goutteurs.

Quels équipements acheter en priorité ?

ÉquipementFonctionPriorité
FiltreLimiter le colmatageTrès élevée
Goutte-à-goutteDistribuer régulièrement l’eauTrès élevée
ManomètreContrôler la pressionÉlevée
Compteur d’eauMesurer les volumesÉlevée
Sonde d’humiditéSuivre l’état réel du solSelon intensification
InjecteurFractionner les engrais solublesSelon système
Thermo-hygromètre de stockageContrôler température et humidité après récolteTrès utile

Fertilisation : pourquoi commencer par l’analyse du sol ?

Les courges répondent à l’azote, au phosphore et au potassium, mais les quantités nécessaires dépendent fortement du sol.

Une analyse permet de raisonner :

  • azote ;
  • phosphore ;
  • potassium ;
  • pH ;
  • matière organique ;
  • magnésium et autres éléments lorsque nécessaire.

L’Université de Géorgie recommande explicitement de baser la fertilisation des courges sur un test du sol et de fractionner une partie de l’azote plutôt que d’appliquer toute la quantité en une fois.

Pourquoi trop d’azote peut-il réduire la valeur de la culture ?

Un excès peut provoquer :

  • végétation excessive ;
  • maturation plus tardive ;
  • couvert très dense ;
  • plus forte consommation d’eau ;
  • augmentation de certaines pressions sanitaires.

Pour une courge destinée au stockage, le but n’est pas de maintenir artificiellement une croissance végétative tardive.

Le but est de permettre aux fruits d’atteindre une maturité physiologique suffisante et une écorce correctement durcie.

Pollinisation : pourquoi la Butternut dépend-elle aussi des abeilles ?

Comme de nombreuses Cucurbitacées, les courges portent des fleurs mâles et femelles.

Le pollen doit être transféré vers les fleurs femelles.

Une pollinisation insuffisante peut provoquer :

  • avortement du jeune fruit ;
  • fruits déformés ;
  • réduction du nombre de fruits commercialisables.

Les interventions phytosanitaires pendant la floraison doivent donc tenir compte de l’activité des abeilles et autres pollinisateurs.

Oïdium : pourquoi faut-il protéger le feuillage même en fin de cycle ?

L’oïdium forme progressivement un dépôt blanc poudreux sur les feuilles.

Il apparaît souvent lorsque le couvert est déjà développé et peut sembler peu inquiétant si les fruits sont presque formés.

C’est une erreur.

Le guide Cornell consacré à l’oïdium des Cucurbitacées explique qu’une sénescence prématurée du feuillage peut réduire la qualité des courges d’hiver et surtout leur aptitude au stockage.

Les feuilles doivent rester suffisamment fonctionnelles pour permettre :

  • accumulation de matière sèche ;
  • accumulation de sucres et d’amidon ;
  • maturation complète ;
  • protection des fruits contre les coups de soleil.

Comment gérer l’oïdium ?

La stratégie commence par :

  • variétés résistantes ou tolérantes lorsque disponibles ;
  • surveillance régulière ;
  • bonne rotation ;
  • équilibre de la fertilisation ;
  • conservation d’un couvert suffisamment aéré ;
  • gestion des résidus après culture.

Lorsque des produits de biocontrôle ou phytopharmaceutiques sont envisagés, leur autorisation doit être vérifiée pour l’usage concerné.

Avant toute application, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.

Quels autres problèmes surveiller ?

Selon le milieu :

  • mildiou ;
  • viroses ;
  • pucerons ;
  • aleurodes ;
  • acariens ;
  • punaises des courges ;
  • nématodes ;
  • pourritures racinaires ;
  • pourritures des fruits.

Une protection intégrée doit prioriser :

rotation → génétique → observation → diagnostic → intervention ciblée.

Quel rendement viser avec la Butternut ?

Le cahier des charges interdit d’inventer un rendement unique lorsque les données disponibles varient fortement.

C’est précisément le cas de la Butternut.

Le rendement dépend notamment :

  • variété ;
  • densité ;
  • nombre de fruits par plante ;
  • poids moyen ;
  • date de plantation ;
  • climat ;
  • irrigation ;
  • pollinisation ;
  • nutrition ;
  • oïdium et autres maladies ;
  • calibre commercial.

Les données de Penn State montrent d’ailleurs des variations importantes entre systèmes et essais pour la Butternut.

Il est donc plus utile de construire son rendement à partir du champ.

Comment calculer son rendement ?

Utilisez :

Rendement commercialisable = nombre de plants × fruits commercialisables par plant × poids moyen commercial.

Mais ajoutez un deuxième indicateur :

Rendement après stockage = rendement récolté × proportion encore commercialisable à la date de vente.

Quels indicateurs suivre ?

IndicateurUtilité
Fruits/plantMesurer la nouaison
Poids moyenSuivre le calibre
kg premier choixMesurer le rendement commercialisable
% fruits immaturesÉvaluer le calendrier de culture
% fruits blessésÉvaluer la qualité de récolte
% commercialisable après 1 moisMesurer l’aptitude au stockage
% commercialisable après 2–3 moisMesurer les pertes de conservation
Prix moyen réellement obtenuCalculer la marge

Quelles sont les principales charges ?

  • semences ;
  • plants éventuels ;
  • préparation du sol ;
  • matière organique ;
  • paillage éventuel ;
  • goutte-à-goutte ;
  • eau ;
  • énergie ;
  • fertilisation ;
  • protection intégrée ;
  • pollinisation lorsque des ruches sont utilisées ;
  • main-d’œuvre ;
  • récolte ;
  • tri ;
  • caisses ou palox ;
  • curing ou séchage de l’écorce ;
  • local de stockage ;
  • ventilation ;
  • pertes de conservation.

Comment calculer le coût réel d’une courge stockée ?

À la récolte :

Coût/kg récolté = charges de production ÷ kg commercialisables récoltés.

Après stockage :

Coût/kg vendu = production + récolte + stockage + pertes ÷ kg réellement vendus.

Cette seconde formule est la plus importante pour une Butternut de conservation.

Quand récolter la Butternut ?

La courge doit atteindre sa pleine maturité sur la plante.

Les critères utiles comprennent :

  • couleur beige uniforme correspondant au cultivar ;
  • disparition d’une grande partie des zones vertes ;
  • écorce dure ;
  • fruit ayant atteint son calibre normal ;
  • pédoncule bien développé ;
  • feuillage et plante entrant naturellement en fin de cycle.

L’Université de Géorgie recommande que l’écorce soit suffisamment dure pour résister à une pression ou à une indentation légère.

La récolte d’un fruit immature est particulièrement pénalisante pour la conservation.

Pourquoi un fruit immature se conserve-t-il mal ?

UC Davis indique que les courges d’hiver immatures présentent :

  • davantage de perte de poids ;
  • davantage de pourriture ;
  • une qualité gustative inférieure ;
  • moins de réserves en sucres et amidon.

Récolter tôt pour libérer rapidement la parcelle peut donc déplacer le problème vers le local de stockage.

Pourquoi garder le pédoncule intact ?

Une rupture du pédoncule crée une blessure importante.

Cette zone devient :

  • une porte d’entrée pour certains microorganismes ;
  • une zone de dessiccation ;
  • un défaut commercial.

Il faut donc couper correctement le fruit et éviter de le porter en le saisissant uniquement par le pédoncule.

Qu’est-ce que le curing de la Butternut ?

Le curing correspond à une phase de durcissement et de cicatrisation superficielle après récolte.

Il aide notamment :

  • l’écorce à se durcir ;
  • certaines petites blessures superficielles à cicatriser ;
  • le fruit à mieux supporter le stockage.

Penn State décrit, pour les courges d’hiver destinées à plusieurs mois de stockage, une phase de curing d’environ 10 jours autour de 27–29 °C avec une humidité relative élevée et une ventilation correcte.

Ce protocole doit être adapté au cultivar, à la maturité et aux conditions réelles de récolte.

À quelle température conserver la Butternut ?

La conservation ne doit pas être confondue avec une chambre froide réglée pour des légumes à feuilles.

UC Davis recommande généralement pour les courges d’hiver :

12,5 à 15 °C.

Pour la Butternut, UC Davis rapporte qu’une température autour de 15 °C a fourni de très bons résultats lors d’un essai de stockage prolongé.

La Butternut est sensible au froid.

Un stockage prolongé en dessous d’environ 10 °C peut provoquer des dommages physiologiques.

Quelle humidité relative ?

UC Davis recommande environ :

50 à 70 % d’humidité relative, autour de 60 % étant souvent considéré comme un bon compromis.

Une humidité très élevée favorise les pourritures.

Une humidité trop basse augmente les pertes en eau.

La conservation doit donc combiner :

température correcte + humidité modérée + bonne ventilation.

Combien de temps peut-on conserver une Butternut ?

La réponse dépend énormément du cultivar et de la qualité initiale.

UC Davis indique que les courges d’hiver peuvent généralement se conserver environ 2 à 6 mois dans de bonnes conditions, avec des différences importantes entre types.

Une étude UC Davis a même observé une bonne conservation de Butternut pendant une période beaucoup plus longue à environ 15 °C.

Penn State adopte une approche commerciale plus prudente : environ 8 à 11 semaines sont couramment attendues pour la Butternut, avec quatre mois ou davantage possibles lorsque production, maturité, curing et stockage sont particulièrement bien maîtrisés.

La meilleure méthode est donc de tester votre propre hybride.

Comment faire un test de conservation professionnel ?

Prélevez un lot représentatif à la récolte.

Enregistrez :

  • nombre de fruits ;
  • poids initial ;
  • calibre ;
  • état de l’écorce ;
  • présence de blessures ;
  • température ;
  • humidité relative.

Puis contrôlez à intervalles réguliers :

  • perte de poids ;
  • pourriture ;
  • ramollissement ;
  • décoloration ;
  • dégradation interne.

Calculez :

Taux de conservation = fruits encore commercialisables ÷ fruits stockés × 100.

Pourquoi faut-il trier avant le stockage ?

Il ne faut pas utiliser le local de stockage pour essayer de sauver des fruits déjà fragiles.

Écartez ou commercialisez rapidement les fruits :

  • blessés ;
  • fendus ;
  • immatures ;
  • sans pédoncule ;
  • présentant une pourriture ;
  • fortement brûlés par le soleil.

Un fruit malade placé au milieu d’un lot sain augmente également les risques de contamination secondaire.

Valeur nutritionnelle de la courge Butternut

La couleur orange intense de la chair constitue un premier indice important de son profil nutritionnel.

Les données USDA sur la Butternut documentent notamment une forte présence de caroténoïdes, dont le bêta-carotène, que l’organisme peut convertir en vitamine A.

La Butternut contribue également aux apports en :

  • vitamine C ;
  • vitamine B6 ;
  • vitamine B9 ou folates ;
  • potassium ;
  • magnésium ;
  • fibres alimentaires ;
  • différents caroténoïdes.

Le guide de Penn State consacré aux courges d’hiver cite notamment vitamines B6 et C, potassium, magnésium, fibres ainsi que bêta-carotène, lutéine et zéaxanthine.

La base USDA FoodData Central fournit également les données analytiques de référence pour la Butternut crue.

Ces caractéristiques permettent d’utiliser la Butternut comme passerelle éditoriale légitime vers des contenus portant sur :

  • provitamine A ;
  • vitamine C ;
  • vitamine B6 ;
  • folates ;
  • potassium ;
  • magnésium ;
  • fibres ;
  • caroténoïdes.

Elles ne justifient aucune allégation de traitement ou de guérison d’une maladie.

8 erreurs coûteuses avec la Butternut

1. Choisir la variété uniquement selon le rendement

La conservation, le calibre, l’homogénéité et la demande commerciale comptent tout autant.

2. Planter trop dense

Une forte compétition peut réduire calibre et qualité et compliquer la surveillance.

3. Considérer sa tolérance à la sécheresse comme une absence de besoin en eau

Floraison, nouaison et grossissement restent sensibles aux déficits importants.

4. Apporter trop d’azote

Une végétation excessive peut retarder la maturité et augmenter la pression sanitaire.

5. Ignorer l’oïdium parce qu’il apparaît en fin de cycle

La perte prématurée du feuillage peut réduire maturation et aptitude au stockage.

6. Récolter trop tôt

Un fruit immature perd davantage de poids et pourrit plus facilement pendant le stockage.

7. Casser le pédoncule pendant la récolte

La blessure diminue directement l’aptitude à la conservation.

8. Stocker la Butternut à une température trop basse

Le froid excessif provoque des dommages physiologiques et augmente les pertes ultérieures.

Checklist avant de se lancer

  • [ ] Le marché de la Butternut est identifié.
  • [ ] Le calibre recherché est connu.
  • [ ] Le marché accepte la variété ou l’hybride choisi.
  • [ ] L’aptitude au stockage est documentée.
  • [ ] Les résistances à l’oïdium sont vérifiées.
  • [ ] Le sol est suffisamment profond et drainé.
  • [ ] L’historique des Cucurbitacées est connu.
  • [ ] Une rotation correcte est prévue.
  • [ ] Une analyse de sol est disponible.
  • [ ] La qualité de l’eau est connue.
  • [ ] Le réseau goutte-à-goutte est uniforme.
  • [ ] La filtration est adaptée.
  • [ ] La pression peut être contrôlée.
  • [ ] Les volumes d’eau sont mesurés.
  • [ ] La floraison et la nouaison ne subiront pas un stress hydrique important.
  • [ ] Les excès d’eau sont évités.
  • [ ] La fertilisation repose sur les analyses.
  • [ ] Les excès d’azote sont évités.
  • [ ] La présence des pollinisateurs est prise en compte.
  • [ ] L’oïdium est surveillé avant la sénescence générale.
  • [ ] Les produits éventuels sont vérifiés dans l’index ONSSA.
  • [ ] Le protocole de maturité est défini.
  • [ ] Les fruits sont coupés avec leur pédoncule intact.
  • [ ] Les fruits blessés sont exclus du stockage long.
  • [ ] Une phase de curing est prévue lorsque nécessaire.
  • [ ] Le local de conservation est ventilé.
  • [ ] Température et humidité sont mesurées.
  • [ ] Les pertes de stockage sont enregistrées.
  • [ ] Le rendement après stockage est calculé.
  • [ ] Le coût réel par kilogramme vendu est calculé.

Conclusion : avec la Butternut, la récolte n’est que la moitié du travail

La courge Butternut est particulièrement intéressante parce qu’elle transforme la conservation en véritable outil économique.

La chaîne de décision devient :

marché → variété → implantation → eau → nutrition → pollinisation → santé du feuillage → maturité complète → récolte douce → curing → stockage → vente.

Trois indicateurs permettent de juger réellement la performance :

kilogrammes commercialisables à la récolte, pourcentage encore vendable après stockage et coût réel par kilogramme effectivement vendu.

Le meilleur rendement n’est donc pas simplement le plus gros tas de courges au bord du champ. C’est celui qui fournit des Butternut mûres, homogènes, non blessées et capables de conserver leur qualité suffisamment longtemps pour être commercialisées au moment opportun.

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