Plantation septembre potager : la Semaine 38 met en terre les laitues, chicorées, choux, blettes et poireaux issus des pépinières, en distinguant leur profondeur et leur place adulte. La réussite dépend du plant choisi, du contact entre motte et terre et de l’eau effectivement reçue pendant la reprise. Le programme porte sur ces gestes de plantation ; les lignes de carottes, radis et navets gardent leur conduite propre de semis direct.
Commencez par un petit groupe de plants de qualité sur une zone prête, puis observez sa tenue avant de sortir toute la série. Un collet enterré, une motte encore sèche ou un trou dans une terre collante peuvent compromettre la reprise même lorsque la surface paraît favorable. Sur le littoral, dans le Gharb, en plaine intérieure ou en altitude, vérifiez les conditions locales au moment de planter et la possibilité de suivre les jours suivants.
Les lignes et pépinières organisées en Semaine 37 fournissent les lots et les emplacements à préserver. Situez les plantations dans le Calendrier du potager et gardez pour la Semaine 39 les choix encore ouverts. Une place libre ne justifie pas le déplacement d’un plant trop faible ou l’arrachage d’une tomate encore utile pour terminer un programme.

Le parcours : sélectionner les plants · préparer les emplacements · planter selon l’espèce · assurer le contact et l’eau · lire la reprise · situer Alaouaa · FAQ.
Avant la plantation : choisir des plants qui peuvent reprendre
Premier contrôle : état des feuilles, du collet et de la motte
Sélectionnez des plants identifiés, compacts et sans signe manifeste de dépérissement. Regardez la base de la tige, les feuilles nouvelles et les racines accessibles sur le bord de la motte. Un feuillage abondant ne garantit pas un système racinaire de qualité ; une alvéole restant détrempée ou une motte très sèche peut expliquer une mauvaise tenue. Écartez le sujet suspect du lot à planter et cherchez la cause plutôt que de le cacher sous le paillis.
Un plant dont les racines forment une masse très contrainte demande un examen adapté à l’espèce et à son âge. Ne déchirez pas systématiquement toutes les mottes pour appliquer une règle générale. Une jeune motte qui se tient et n’est pas excessivement serrée peut être installée avec une perturbation limitée. Tenez le plant par la motte lors de l’extraction, sans tirer sur les feuilles ou la tige pour le sortir d’un contenant récalcitrant.
Deuxième contrôle : passage progressif aux conditions de la planche
Comparez l’environnement de la pépinière et celui du lieu de plantation. Des plants produits sous protection peuvent subir un changement important de lumière, de vent ou de température. Acclimatez progressivement le lot lorsque les conditions le permettent, sans rechercher un flétrissement sévère pour le durcir. Regardez sa tenue au matin et après la période d’exposition choisie. Si le lot reste en difficulté, corrigez son environnement avant de planter tous les sujets.
Le guide de l’Université du Maryland sur la plantation des jeunes légumes insiste sur des plants de qualité, leur acclimatation et les conditions de mise en place. Il aide à distinguer la préparation du plant de la préparation de la terre. Ces principes sont utiles en septembre au Maroc ; les dates de plantation d’une autre région ne se substituent pas à l’état local de la planche et du lot.
Préparer des emplacements distincts des semis directs
Troisième contrôle : terre ressuyée et accès conservé
Creusez seulement sur une terre dans un état compatible avec le geste, en gardant les passages hors de la zone cultivée. Une terre argileuse collante peut être déformée et lissée par l’outil ; un trou rempli d’eau n’est pas un bon emplacement simplement parce que la plante demande de l’humidité. Sur r’mel, vérifiez la continuité du contact autour de la motte et le point d’apport prévu. La texture change la conduite, sans imposer une durée unique d’arrosage.
Repérez carottes, radis, navets et aromatiques déjà semés, y compris les lignes encore peu visibles. Ne placez pas un chou dans un intervalle dont vous ignorez la destination. Enlevez les adventices de l’emplacement et examinez les apports précédents avant d’ajouter une matière organique mûre. Une dose de compost n’est pas obligatoire pour chaque trou ; un fumier frais concentré près de la motte ne remplace pas une préparation cohérente de la planche.
Quatrième contrôle : place adulte et accès aux pieds
Mesurez les intervalles avant de planter toute la série. Une motte petite à la sortie de pépinière ne décrit pas le diamètre du pied adulte. Réservez aussi la place du passage, du tuyau et du contrôle sanitaire. Les repères du tableau sont des points de départ pour des pieds à développer ; adaptez-les au cultivar, au type de récolte et aux indications du lot. Une récolte de jeunes feuilles ne se dimensionne pas comme une laitue pommée ou une blette adulte.
| Culture | Repère entre pieds | Position à vérifier |
|---|---|---|
| Laitue à développer | Environ 25–35 cm selon type | Collet et cœur dégagés |
| Chicorée ou scarole | Souvent 30–40 cm selon variété | Base des feuilles hors de la terre |
| Chou cabus | Environ 40–60 cm selon développement | Motte stable, cœur non enterré |
| Brocoli | Souvent 45–60 cm | Place des feuilles et accès aux récoltes |
| Chou-fleur | Souvent 50–70 cm selon variété | Volume adulte réservé, point de croissance libre |
| Blette adulte | Environ 30–40 cm | Collet visible, accès aux feuilles |
| Poireau | Souvent 10–15 cm selon calibre | Plant droit, cœur non enfoui |
Les rangs doivent laisser l’espace nécessaire à l’accès et au développement latéral : ne transposez pas l’intervalle entre pieds à la largeur d’allée. Les choux volumineux peuvent demander des rangs plus espacés que de petits légumes-feuilles. Dessinez le plan avec les dimensions adultes et regardez l’ombre des cultures maintenues. Si la surface manque, réduisez le nombre de plants ou choisissez une autre destination au lieu de serrer toute la série sans objectif de récolte précis.
Au moment de planter : trois gestes différents selon le groupe
Cinquième contrôle : laitues, chicorées et blettes
Humidifiez la motte avant l’extraction si elle en a besoin, puis ouvrez un trou correspondant à son volume. Placez la motte sans enfouir le collet ni le cœur, ramenez la terre autour et assurez le contact avec précaution. La plante doit rester stable après un apport doux, sans accumulation de terre dans les feuilles centrales. Ne construisez pas une petite butte de paillis contre la base pour masquer un plant mal positionné.
Pour laitues et chicorées, regardez le cœur après l’arrosage, car des projections ou un affaissement du niveau peuvent modifier sa position. Pour une blette, gardez le point de départ des feuilles accessible et la place nécessaire aux cueillettes futures. Si la motte dépasse un peu la surface ou se retrouve enterrée, corrigez selon le dispositif et la culture, sans tirer sur la tige. Un contrôle précoce est plus simple qu’une correction lorsque les racines auront colonisé la terre voisine.
Sixième contrôle : choux cabus, brocolis et choux-fleurs
Réservez les emplacements adultes, placez chaque plant dans une terre préparée et assurez sa stabilité sans enfouir le point de croissance. La profondeur peut s’ajuster à la morphologie du plant et aux indications de la culture, mais une plantule allongée n’autorise pas à enterrer tout le cœur. Ne cherchez pas à corriger par un trou profond un lot affaibli par une pépinière trop sombre. Sélectionnez des sujets de qualité et gardez le feuillage fonctionnel.
Si un filet est prévu contre les organismes qui atteignent les jeunes brassicacées, inspectez les plants avant de fermer. Une protection posée sur un foyer déjà présent peut retenir les ravageurs avec la culture. Fixez les bords et vérifiez l’absence de passage tout en maintenant des conditions acceptables de lumière et de ventilation. Prévoyez l’ouverture nécessaire à l’observation et à l’entretien, sans endommager les plantules à chaque contrôle.
Septième contrôle : poireau et mottes de cultures voisines
Distinguez le plant de poireau produit en motte du plant extrait d’une pépinière à racines plus libres. Manipulez les racines sans dessèchement prolongé et installez droit à la profondeur adaptée à la conduite, avec le cœur hors de la terre. Ne transposez pas automatiquement un geste de taille ou d’habillage à tous les lots. Le blanchiment ultérieur et la reprise sont deux objectifs distincts ; une plantation trop profonde ou mal alimentée ne se corrige pas par un buttage immédiat.
Gardez les points d’apport repérables sur le rang et observez plusieurs plants après l’installation. Une motte de laitue proche et un poireau ne reçoivent pas nécessairement le même volume utile lorsque le goutteur est décalé. Repérez les cultures voisines avant de travailler ou de couvrir. Les premières plantations doivent pouvoir être suivies depuis les passages sans marcher sur les lignes de semis direct déjà présentes.
Après la mise en terre : assurer le contact et l’eau utile
Huitième contrôle : l’eau atteint-elle la motte ?
Arrosez localement à la mise en place pour assurer le contact entre la motte et la terre, en évitant un apport qui ravine ou noie un trou déjà très humide. Observez l’infiltration et la tenue du plant. Une surface mouillée ne prouve pas que l’intérieur d’une motte sèche est humidifié ; vérifiez ce volume au début si le lot ou le dispositif le demande. Le point d’apport doit rester à portée du jeune système racinaire, pas seulement près d’un pied adulte voisin.
Contrôlez le réseau dans ses conditions normales et comparez plusieurs sorties, dont une en bout de ligne. Corrigez une obstruction ou un décalage avant de prolonger tout le secteur. Sur sable, suivez le dessèchement près de la motte ; sur terre lourde, évitez les apports répétés sans examen de l’humidité. L’objectif initial est une reprise suivie, sans prétendre donner des litres identiques à toutes les espèces et à toutes les tailles de mottes.
Neuvième contrôle : protection temporaire sans enfermement
Si le rayonnement ou le vent rendent la reprise contraignante, utilisez une protection stable et ventilée, posée sans appui sur le feuillage. Préférez une installation que vous pouvez ajuster et retirer. Une fin d’après-midi encore chaude peut demander un report plutôt qu’une plantation précipitée sous un voile fermé. Vérifiez l’effet au matin suivant et évitez de conserver durablement une ombre qui allonge les plants ou limite leur croissance.
Replacez le paillis autour de la zone utile sans recouvrir collets et cœurs. Gardez les jeunes pieds identifiables pour qu’une récolte dans le rang voisin ne les écrase pas ou ne déplace pas leur point d’eau. La couverture du sol peut rester utile en septembre, mais ne dissimulez pas sous une couche épaisse une motte mal installée. Son entretien doit faciliter l’observation et la distribution d’eau, pas rendre le plant invisible.
Dixième contrôle : distinguer adaptation temporaire et plant perdu
Revenez au matin regarder la tenue des feuilles, le cœur, la motte et le collet. Un affaissement transitoire pendant la chaleur ne signifie pas immédiatement que le plant est perdu. Comparez la récupération et l’humidité avant de remplacer. Si la plante reste molle au matin, examinez directement l’alimentation, une lésion ou un défaut de position. La méthode de suivi de la reprise des plantations aide à organiser cet examen localisé.
Une motte sèche demande une correction différente d’une zone saturée ou d’un cœur abîmé. Cherchez également les dégâts de limaces lorsqu’elles sont présentes et les morsures sur jeunes brassicacées, en confirmant les organismes avant d’intervenir. Remplacez seulement les sujets réellement perdus et gardez la date du nouveau lot. Un remplacement sans cause identifiée risque de reproduire l’échec tout en mélangeant des âges difficiles à suivre dans le même rang.
En fin de semaine, classez les plants en reprise stable, suivi encore rapproché ou remplacement justifié. Notez les corrections de point d’eau et les protections à réduire. Continuez les récoltes d’été au stade utile et les contrôles des semis directs sans reprendre leur installation déjà réussie. Le passage à la Semaine 39 devient alors un choix de nouvelles places fondé sur la reprise observée, plutôt qu’une répétition générale de toutes les plantations.
Alaouaa : rattacher la plantation à la période sans lui imposer une météo
La mi-septembre correspondant à la Semaine 38 se situe dans Alaouaa, du 9 au 21 septembre, selon le tableau des menazellas rapporté par Ismaïl Boujenane dans L’agriculture à travers l’oraliture (Actes Éditions, Rabat, 2003). Ce repère documente la période dans le calendrier rural traditionnel. Il ne garantit ni une température de reprise ni un délai identique pour les laitues, les choux et les poireaux.
Inscrivez le nom à côté des dates de plantation et des contrôles au matin. Un lot peut reprendre rapidement sur un emplacement, tandis qu’un autre demande une protection ou un report sous le même repère saisonnier. Les conditions du sol, du plant et du milieu expliquent ces différences. Gardez la lecture culturelle du calendrier et les faits de reprise dans des notes distinctes afin de ne pas transformer une correspondance de dates en prescription agronomique automatique.
FAQ — Repiquer les légumes de septembre
Le cœur d’une laitue doit-il être recouvert pour la stabiliser ?
Non. Gardez le collet et le cœur dégagés, puis assurez le contact autour de la motte sans enterrer les feuilles centrales. Vérifiez la position après l’apport d’eau. Une laitue instable demande une correction de mise en place, pas une accumulation de terre ou de paillis au cœur. Manipulez la motte avec précaution plutôt que de tirer sur la tige pour la remonter.
Peut-on planter les choux à la distance des laitues ?
Pas automatiquement. Choux cabus, brocolis et choux-fleurs occupent généralement davantage de place à maturité. Réservez un intervalle adapté à la variété et gardez des accès ; les repères du tableau doivent être ajustés au développement prévu. Une petite motte ne représente pas le diamètre adulte. Si la surface manque, réduisez le lot plutôt que de serrer tous les plants sans objectif de récolte défini.
Pourquoi un plant reste-t-il mou dans une terre humide ?
Sa motte peut rester sèche à l’intérieur, mal en contact ou mal desservie, mais une saturation ou une lésion peut aussi être en cause. Contrôlez le volume de la motte, le point d’eau et le collet avant d’ajouter davantage. L’humidité visible autour du plant ne tranche pas le diagnostic. Comparez la tenue au matin et la réaction après la correction identifiée.
Faut-il enterrer le cœur du poireau pour blanchir le fût ?
Non. Le cœur doit rester dégagé pendant la reprise. La profondeur et le blanchiment ultérieur dépendent de la conduite, sans justifier l’enfouissement de la partie centrale. Distinguez aussi un plant en motte d’un plant à racines plus libres et évitez les gestes de taille systématiques. Assurez d’abord une installation droite, un contact correct et une alimentation vérifiable.
Faut-il fermer le filet avant de vérifier les choux ?
Inspectez d’abord les plants et la zone pour ne pas enfermer un foyer déjà présent. Fermez ensuite correctement les bords si la protection est justifiée et vérifiez les conditions sous le dispositif. Gardez un accès pour observer les feuilles et entretenir la ligne. Un filet n’est pas une preuve d’absence de ravageur et doit rester compatible avec la lumière et la ventilation.
Quand remplacer une laitue affaissée après repiquage ?
Examinez la récupération au matin, la motte et le collet avant de la considérer perdue. Une adaptation temporaire à la chaleur ne justifie pas toujours le remplacement. Si le cœur ou la tige est détruit, ou si le plant ne peut reprendre après diagnostic et correction, remplacez avec un sujet de qualité et notez la nouvelle date. Corrigez la cause pour ne pas perdre le second plant au même endroit.
Pour poursuivre le cycle, consultez la Semaine 39 — Que planter en septembre au potager et irrigation.



