Le poireau est une culture de cycle relativement long dont la valeur commerciale repose surtout sur un fût droit, épais, bien blanchi et suffisamment long. Sa production exige une croissance presque continue : un déficit hydrique pendant l’allongement et le grossissement réduit rapidement le diamètre et le rendement, tandis qu’un excès d’eau favorise les maladies racinaires. Thrips, rouille et pourriture blanche constituent également des risques importants.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Le guide 2026 de l’Ontario consacré au poireau détaille plantation, qualité, rendement et stockage, tandis que Utah State University confirme l’importance d’une alimentation hydrique régulière pendant toute la croissance.
Qu’est-ce que le poireau ?
Le poireau est couramment désigné Allium porrum et appartient au groupe des Allium, comme :
- l’oignon ;
- l’ail ;
- l’échalote ;
- la ciboulette.
Contrairement à l’oignon, le poireau n’est généralement pas cultivé pour produire un véritable bulbe sec.
La partie commerciale correspond surtout à un pseudo-fût formé par les bases emboîtées des feuilles.
Le produit recherché présente habituellement :
- un fût droit ;
- un diamètre homogène ;
- une longue partie blanche ;
- des feuilles vertes fraîches ;
- une base non renflée en bulbe ;
- peu de défauts mécaniques ou sanitaires.
Pourquoi cultiver du poireau ?
Le poireau peut intéresser un maraîcher grâce à :
- sa commercialisation automnale et hivernale ;
- sa bonne tolérance aux températures fraîches ;
- une période de récolte relativement souple selon cultivar ;
- une vente possible en bottes, vrac ou pièces calibrées ;
- une utilisation importante en cuisine et restauration.
Il peut être vendu :
- avec une grande partie du feuillage ;
- paré et calibré ;
- lavé ;
- conditionné en bottes ;
- en produit prêt à cuisiner lorsque l’unité de transformation le permet.
Pourquoi le poireau peut-il coûter cher à produire ?
Cornell Cooperative Extension souligne que le poireau est une culture particulièrement consommatrice de main-d’œuvre.
Le travail concerne notamment :
- production des plants ;
- repiquage ;
- désherbage ;
- buttage ;
- récolte ;
- parage des racines ;
- nettoyage ;
- lavage ;
- tri ;
- conditionnement.
Il faut donc surveiller non seulement les tonnes par hectare, mais aussi :
le nombre de poireaux commercialisables obtenu par heure de travail.
Quels types de poireaux choisir ?
Les cultivars sont souvent classés selon leur saison de maturité :
- poireaux d’été ;
- poireaux d’automne ;
- poireaux d’automne-hiver ;
- poireaux d’hiver.
Les différences concernent notamment :
- rapidité de croissance ;
- résistance au froid ;
- longueur du fût ;
- diamètre ;
- port du feuillage ;
- couleur vert clair à vert bleu ;
- aptitude à rester longtemps au champ ;
- sensibilité à certaines maladies.
Pourquoi la variété doit-elle correspondre au créneau de récolte ?
Un cultivar précoce destiné à une récolte rapide n’a pas nécessairement :
- la meilleure résistance aux froids hivernaux ;
- la même tenue au champ ;
- la même vitesse de grossissement
qu’un poireau d’hiver.
Avant d’acheter les semences, vérifiez :
- cycle annoncé ;
- période de plantation ;
- période de récolte ;
- diamètre potentiel ;
- longueur du blanc ;
- résistances ou tolérances disponibles.
Le poireau supporte-t-il bien le froid ?
Le poireau est généralement très adapté aux saisons fraîches.
Les cultivars d’hiver peuvent supporter des températures basses nettement mieux que beaucoup de légumes estivaux.
Mais « résistant au froid » ne signifie pas :
- insensible à tous les gels ;
- insensible au gel-dégel répété ;
- commercialisable après n’importe quelle vague de froid.
Le cultivar, l’âge de la plante, l’humidité du sol et la durée du froid influencent la résistance réelle.
La chaleur pose-t-elle problème ?
La plante peut poursuivre sa croissance pendant des périodes chaudes si l’eau reste disponible.
Mais la chaleur augmente :
- l’évapotranspiration ;
- la fréquence des irrigations ;
- le risque de stress hydrique ;
- la pression des thrips dans de nombreuses situations.
Une plantation estivale destinée à l’automne doit donc être accompagnée d’une irrigation particulièrement régulière pendant la reprise et le grossissement.
Quel sol convient au poireau ?
Le poireau peut pousser sur différents types de sols, mais il préfère généralement un sol :
- profond ;
- fertile ;
- riche en matière organique suffisamment décomposée ;
- capable de conserver l’eau ;
- bien drainé ;
- facile à travailler pour le buttage.
Le guide Ontario utilise comme référence un pH d’environ :
6,5 à 7,0.
Cette plage correspond à son système de production. Une correction locale doit toujours partir d’une analyse du sol.
Pourquoi éviter un sol très sableux grossier ?
Le sable peut pénétrer entre les gaines foliaires.
Le consommateur retrouve alors des particules minérales difficiles à éliminer lors du lavage.
Un sol léger peut néanmoins convenir à condition de maîtriser :
- l’irrigation ;
- la matière organique ;
- le nettoyage du produit.
Pourquoi le drainage reste-t-il indispensable ?
Une culture ayant besoin de beaucoup d’eau n’a pas besoin d’un sol saturé.
Un engorgement prolongé peut :
- asphyxier les racines ;
- réduire l’absorption des nutriments ;
- favoriser Phytophthora porri ;
- augmenter les pourritures ;
- affaiblir les plantes.
Le but est donc :
sol régulièrement humide, mais correctement aéré.
Semis direct ou pépinière ?
Pour de nombreuses productions commerciales, le poireau est d’abord élevé en pépinière puis repiqué.
Les plants peuvent être produits :
- en plateaux alvéolés ;
- en mottes ;
- en pépinière de pleine terre pour plants à racines nues.
L’intérêt du repiquage est de disposer :
- d’un peuplement homogène ;
- de plants suffisamment vigoureux ;
- d’une meilleure maîtrise de l’espacement ;
- d’une longueur de fût facilitée par une plantation suffisamment profonde.
Quel plant choisir pour le repiquage ?
Le plant doit être :
- sain ;
- droit ;
- bien enraciné ;
- non étiolé ;
- sans thrips importants ;
- sans jaunissement anormal ;
- d’un calibre relativement homogène.
Des plants très hétérogènes donnent souvent des fûts de diamètres très différents à la récolte.
Pourquoi arroser immédiatement après plantation ?
Le repiquage réduit temporairement la capacité des racines à fournir de l’eau au feuillage.
Une irrigation d’installation permet :
- de remettre le sol en contact avec les racines ;
- de réduire le choc hydrique ;
- d’accélérer la reprise.
Le guide Ontario recommande une irrigation post-plantation lorsque les conditions l’exigent, puis des apports supplémentaires lorsque la pluie devient insuffisante pendant les périodes de croissance rapide.
Quel espacement utiliser ?
Ontario utilise couramment environ :
10 à 15 cm entre plantes sur le rang.
L’écartement entre rangs dépend davantage :
- du matériel de désherbage ;
- du système d’irrigation ;
- de la méthode de buttage ;
- du matériel de récolte.
La densité influence :
- nombre de fûts par hectare ;
- diamètre moyen ;
- uniformité ;
- accessibilité pour le buttage.
Pourquoi une forte densité n’est-elle pas toujours plus rentable ?
Plus de plantes peuvent augmenter le nombre de pièces produites, mais la concurrence augmente également.
Une densité excessive peut provoquer :
- fûts plus fins ;
- plus grande hétérogénéité ;
- difficultés de buttage ;
- plus de travail lors du tri.
Le bon objectif est le nombre maximal de fûts correspondant au calibre réellement demandé.
Comment obtenir un long fût blanc ?
La partie blanche est obtenue en privant les bases foliaires de lumière.
Sans lumière, les tissus développent peu de chlorophylle et restent blancs.
Deux techniques principales peuvent être combinées :
- plantation dans un sillon ou une tranchée relativement profonde ;
- buttage progressif pendant la croissance.
Ontario indique comme pratique courante :
- une tranchée d’environ 10 à 15 cm ;
- puis un buttage progressif.
Cette technique permet d’obtenir environ 15 à 20 cm ou davantage de fût blanc dans son système.
Pourquoi ne pas butter fortement dès le début ?
Un buttage progressif est préférable.
Ramener brutalement beaucoup de terre sur de jeunes plantes peut :
- recouvrir excessivement le cœur ;
- salir l’intérieur des feuilles ;
- affaiblir la plante ;
- compliquer le désherbage.
Le buttage accompagne donc l’allongement du fût au lieu de précéder sa croissance.
Pourquoi la qualité du blanc influence-t-elle la valeur ?
Ontario considère qu’un long fût correctement blanchi constitue un critère de qualité important.
Un produit premium recherche notamment :
- fût droit ;
- blanc uniforme ;
- diamètre régulier ;
- peu de terre entre les gaines ;
- absence de base fortement bulbeuse.
Irrigation : le poireau consomme-t-il réellement beaucoup d’eau ?
Le rapport complémentaire qualifie le poireau de « gouffre hydrique » pendant l’allongement et le grossissement. :contentReference[oaicite:3]{index=3}
La formulation est excessive, mais le fond technique est correct :
le poireau demande une alimentation hydrique régulière et son rendement baisse sous déficit.
Utah State classe ses besoins indicatifs autour de :
1 à 1,5 pouce d’eau par semaine, soit environ 25 à 38 mm, dans ses conditions.
Cette valeur est un repère et non une ordonnance hebdomadaire.
Pourquoi ne faut-il pas appliquer automatiquement 25 à 38 mm chaque semaine ?
Le besoin réel varie avec :
- évapotranspiration ;
- température ;
- vent ;
- pluie ;
- texture du sol ;
- matière organique ;
- stade de développement.
Un sol lourd après une pluie importante peut nécessiter très peu d’irrigation, alors qu’un sol léger sous chaleur et vent peut demander des apports fréquents.
Quelles sont les phases les plus sensibles au déficit hydrique ?
La régularité de l’eau est particulièrement importante :
- après repiquage ;
- pendant la croissance rapide du feuillage ;
- pendant l’allongement du fût ;
- pendant son grossissement.
Un stress à ces stades peut entraîner :
- ralentissement de croissance ;
- petit diamètre ;
- fûts moins lourds ;
- baisse du rendement.
Pourquoi le système racinaire explique-t-il cette sensibilité ?
Utah State considère l’enracinement du poireau comme relativement peu profond.
La plante dépend donc fortement de l’humidité disponible dans les horizons supérieurs.
Cela ne confirme pas l’idée selon laquelle son chevelu racinaire ameublirait « remarquablement » le sol : ce bénéfice peut exister sous forme de résidus et de biopores, mais il ne faut pas présenter le poireau comme un outil de décompactage comparable à un couvert spécifiquement choisi pour cette fonction.
Goutte-à-goutte ou aspersion ?
Les deux systèmes peuvent fonctionner.
Goutte-à-goutte
Il permet :
- des apports fréquents ;
- une humidité plus régulière ;
- moins de mouillage du feuillage ;
- la fertigation lorsqu’elle est justifiée ;
- une meilleure maîtrise des volumes.
Aspersion
Elle peut être efficace pour :
- l’installation ;
- humidifier une surface large ;
- certaines parcelles très densément plantées.
Mais des périodes prolongées de mouillage peuvent favoriser certaines maladies foliaires.
Les sondes d’humidité sont-elles utiles ?
Oui lorsque la valeur de la culture et la variabilité du sol le justifient.
Elles permettent notamment :
- de détecter le dessèchement de la zone racinaire ;
- d’éviter certains excès d’eau ;
- de vérifier si la durée d’irrigation humidifie réellement la profondeur voulue.
Une sonde ne remplace cependant pas :
- le contrôle du réseau ;
- la connaissance du sol ;
- la prise en compte de la météo.
Fertilisation : pourquoi le poireau est-il exigeant en azote ?
Le produit commercial est essentiellement constitué de feuilles épaissies et emboîtées.
La culture doit donc produire une biomasse végétative importante.
L’azote intervient directement dans :
- croissance foliaire ;
- diamètre du fût ;
- couleur ;
- rendement.
Peut-on appliquer une dose standard d’azote ?
Non.
Le guide Ontario utilise dans ses conditions environ 200 à 250 kg N/ha, fractionnés en trois apports.
Cette donnée montre que le poireau peut être une culture fortement demandeuse en azote dans un système intensif.
Elle ne doit pas être transposée directement sans connaître :
- analyse du sol ;
- matière organique ;
- reliquats azotés ;
- précédent cultural ;
- rendement visé.
Pourquoi fractionner l’azote ?
La culture reste longtemps au champ et son besoin évolue avec la biomasse.
Le fractionnement permet de :
- réduire les pertes par lessivage ;
- adapter les apports à la croissance ;
- éviter une forte concentration dès la plantation ;
- corriger plus facilement selon la vigueur observée.
La fertigation au goutte-à-goutte peut faciliter cette stratégie.
Pourquoi l’excès d’azote peut-il être nuisible ?
Trop d’azote peut favoriser :
- feuillage excessivement tendre ;
- retard de maturité ;
- plus grande sensibilité à certains problèmes sanitaires ;
- lessivage des nitrates ;
- charges inutiles.
La bonne stratégie vise donc :
une croissance soutenue sans pousser artificiellement la végétation.
Quel rôle jouent phosphore et potassium ?
Le phosphore intervient notamment dans :
- implantation ;
- développement racinaire ;
- métabolisme énergétique.
Le potassium contribue notamment :
- à la gestion de l’eau ;
- à la turgescence ;
- à la qualité des tissus.
Leur apport doit être décidé à partir des résultats de l’analyse du sol.
Pourquoi la matière organique est-elle particulièrement intéressante ?
Une culture longue et régulièrement irriguée bénéficie d’un sol capable de :
- stocker l’eau ;
- rester aéré ;
- fournir progressivement des nutriments ;
- maintenir une structure favorable aux racines.
Privilégiez une matière organique :
mûre et correctement intégrée au système de rotation.
Pourquoi le désherbage est-il coûteux ?
Le poireau pousse relativement lentement après implantation et laisse longtemps de l’espace entre les rangs.
Les adventices peuvent concurrencer :
- l’eau ;
- l’azote ;
- la lumière.
Le buttage complique également certaines interventions tardives.
La maîtrise doit donc commencer :
- avant plantation ;
- puis très tôt après implantation.
Pourquoi Thrips tabaci est-il un problème majeur ?
Le rapport complémentaire insiste particulièrement sur Thrips tabaci, et ce point est bien fondé. :contentReference[oaicite:4]{index=4}
Les thrips se réfugient profondément :
- entre les feuilles ;
- dans les gaines ;
- près des jeunes tissus centraux.
Leur alimentation provoque :
- petites zones argentées ou blanchâtres ;
- perte de couleur ;
- dessèchement lors de fortes attaques ;
- dégradation visuelle du produit.
Pourquoi une infestation installée devient-elle difficile à gérer ?
Une grande partie des insectes peut être physiquement protégée entre les feuilles.
La couverture d’une intervention devient alors plus difficile.
Il faut donc privilégier :
- surveillance précoce ;
- observation du cœur des plantes ;
- gestion des adventices hôtes ;
- réduction de la poussière lorsque pertinent ;
- préservation des auxiliaires ;
- interventions raisonnées si elles deviennent nécessaires.
Comment observer correctement les thrips ?
Le guide Ontario recommande de séparer les feuilles progressivement pour examiner :
- les jeunes feuilles centrales ;
- les zones protégées entre les gaines.
Une inspection uniquement sur la surface extérieure peut sous-estimer fortement la population.
La teigne du poireau est-elle également importante ?
Acrolepiopsis assectella, ou teigne du poireau, peut attaquer plusieurs Allium.
Cornell IPM décrit des larves capables de :
- miner les feuilles ;
- pénétrer dans le cœur ;
- laisser des déjections ;
- rendre le produit invendable.
La pression dépend fortement de la région.
Il faut donc surveiller ce ravageur lorsque sa présence locale est documentée plutôt que de le considérer automatiquement comme le premier problème partout.
Pourquoi la pourriture blanche doit-elle être prise très au sérieux ?
Le poireau partage avec l’ail et l’oignon la sensibilité à la pourriture blanche des Allium.
Les symptômes comprennent notamment :
- jaunissement depuis les extrémités ;
- dépérissement ;
- flétrissement ;
- mycélium blanc à la base ;
- petits sclérotes noirs.
Les sclérotes peuvent persister de nombreuses années dans le sol.
Pourquoi oignon, ail et poireau ne constituent-ils pas une rotation ?
La succession :
oignon → ail → poireau → oignon
maintient des Allium capables de partager :
- pourriture blanche ;
- thrips ;
- certains Fusarium ;
- d’autres maladies et ravageurs communs.
Une vraie rotation doit introduire des familles botaniques différentes.
Qu’est-ce que la maladie des pointes blanches ?
Phytophthora porri peut provoquer la maladie dite white tip ou pointe blanche.
Le guide Ontario décrit :
- lésions d’aspect humide sur le bord des feuilles ;
- blanchissement ou nécrose des extrémités ;
- flétrissement rapide après récolte chez certaines plantes atteintes.
Les parcelles basses et mal drainées sont particulièrement exposées.
Pourquoi la rouille diminue-t-elle la valeur commerciale ?
La rouille du poireau produit des pustules orangées à brun-rouille sur les feuilles.
Une attaque importante peut :
- réduire la photosynthèse ;
- jaunir le feuillage ;
- réduire le rendement ;
- dégrader directement l’apparence du produit vendu.
Pour un légume commercialisé avec une partie importante de ses feuilles, le problème est donc à la fois agronomique et esthétique.
Avant tout traitement : vérifier l’ONSSA
Les références étrangères permettent d’identifier les problèmes et de comprendre les stratégies de protection, mais elles ne déterminent pas les usages phytopharmaceutiques autorisés localement.
Avant toute intervention, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA et vérifiez :
- culture ;
- bioagresseur ;
- produit homologué ;
- dose ;
- conditions d’utilisation ;
- délai avant récolte.
Quel rendement peut produire le poireau ?
Le rendement doit être interprété selon :
- densité ;
- diamètre recherché ;
- longueur du blanc ;
- cultivar ;
- durée de culture ;
- irrigation ;
- niveau sanitaire.
Le guide Ontario préfère raisonner en population et en unités commerciales plutôt qu’en donnant un tonnage universel.
Que donne un exemple de forte densité ?
Dans le système Ontario :
- 60 cm entre rangs ;
- 10 cm entre plantes
produisent plus de 160 000 plantes/ha.
Avec une hypothèse de 80 % de plantes récoltables, la référence estime environ :
3 600 cartons contenant chacun 12 bottes.
Cette valeur correspond à un système de conditionnement précis et ne doit pas être transposée directement à un marché vendant au kilogramme ou à la pièce.
Quelle est la performance récente d’une production commerciale réelle ?
Agriculture et Agroalimentaire Canada indique qu’en 2024 :
- 348 ha de poireaux ont été récoltés au Canada ;
- pour 7 198 tonnes commercialisées.
Cela correspond à environ :
20,7 t/ha de production commercialisée
dans cette statistique nationale.
Il s’agit d’une moyenne calculée sur ce contexte canadien, et non d’un objectif universel.
Pourquoi les deux références semblent-elles si différentes ?
La première mesure :
- plants ;
- bottes ;
- cartons.
La seconde mesure :
- tonnes commercialisées ;
- surface nationale.
Cela montre pourquoi il faut choisir un indicateur correspondant réellement au mode de vente.
Comment calculer son rendement réel ?
Pour une vente au poids :
Rendement commercialisable = nombre de poireaux commercialisables × poids moyen paré.
Pour une vente en bottes :
Rendement commercial = nombre de bottes conformes.
Il faut exclure du rendement :
- fûts trop fins ;
- plantes tordues ;
- produits atteints de pourriture ;
- feuillage trop dégradé ;
- lots non conformes au calibre.
Quels indicateurs suivre ?
| Indicateur | Utilité |
|---|---|
| Plants établis/ha | Contrôler l’implantation |
| % plantes commercialisables | Mesurer le rendement réel |
| Diamètre moyen du fût | Contrôler le calibre |
| Longueur du blanc | Mesurer la qualité |
| Poids moyen paré | Calculer le tonnage commercial |
| % dégâts de thrips | Évaluer les pertes sanitaires |
| Bottes ou kg/heure | Mesurer le coût de récolte |
| kg ou bottes commercialisables/ha | Calculer la rentabilité |
Quelles sont les principales charges ?
- semences ;
- substrat et pépinière ;
- plants éventuels ;
- préparation du sol ;
- repiquage ;
- fertilisation ;
- irrigation ;
- eau et énergie ;
- désherbage ;
- buttage ;
- protection intégrée ;
- récolte ;
- parage ;
- lavage ;
- tri ;
- bottelage ;
- conditionnement ;
- pré-refroidissement ;
- stockage ;
- transport.
Pourquoi le rendement brut peut-il être trompeur ?
Un poireau arraché avec :
- racines ;
- terre ;
- feuilles extérieures abîmées ;
- long feuillage à supprimer
pèse davantage que le produit réellement vendu.
Le calcul économique doit donc utiliser :
le poids après parage et tri.
Comment calculer le coût de revient ?
Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.
Pour une vente en bottes :
Coût de revient/botte = charges totales ÷ nombre de bottes commercialisables.
Comment calculer le chiffre d’affaires ?
CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement obtenu.
Puis :
Marge = CA – charges totales.
Lorsque plusieurs calibres sont vendus séparément :
CA total = somme des quantités de chaque catégorie × prix réel de cette catégorie.
Quand récolter ?
Le poireau n’a pas une maturité aussi brutale qu’une tomate ou un melon.
La décision dépend surtout :
- du diamètre demandé ;
- de la longueur du blanc ;
- du poids ;
- du marché ;
- de l’état sanitaire ;
- de la météo.
Ontario signale également une sénescence progressive des feuilles externes lorsque les plantes deviennent matures.
Quels critères définissent un poireau commercialisable ?
Un bon produit doit présenter :
- un fût droit ;
- une partie blanche suffisamment longue ;
- un diamètre homogène ;
- des feuilles supérieures fraîches ;
- absence de jaunissement important ;
- absence de pourriture ;
- absence de blessures majeures ;
- absence de terre excessive entre les gaines.
Ontario souligne que l’uniformité à l’intérieur d’une botte et d’un carton est souvent plus importante que le simple fait de produire le plus gros poireau possible.
Pourquoi faut-il soulever le poireau avant de le tirer ?
Le système racinaire ancre fortement la plante.
Une extraction brutale peut :
- casser le fût ;
- déchirer des feuilles ;
- augmenter le travail de parage.
Les productions commerciales utilisent souvent un outil d’arrachage ou une lame qui ameublit la terre sous les racines avant extraction.
Pourquoi le lavage représente-t-il une vraie étape de qualité ?
Le sol peut pénétrer :
- entre les feuilles externes ;
- autour de la base ;
- entre certaines gaines.
Le parage et le rinçage doivent donc obtenir un produit propre sans :
- meurtrir les tissus ;
- laisser de l’eau stagnante ;
- favoriser une contamination croisée.
L’eau utilisée doit présenter une qualité compatible avec l’usage post-récolte.
Faut-il refroidir rapidement ?
Oui.
Le poireau reste un légume frais riche en eau.
Après récolte, un refroidissement rapide réduit :
- flétrissement ;
- jaunissement ;
- perte de poids ;
- vieillissement du feuillage.
Comment conserver le poireau ?
Le guide Ontario actualisé en 2026 indique une bonne conservation pendant environ :
2 à 4 mois à 1–3 °C et sous forte humidité
lorsque le produit est sain et placé rapidement au froid.
D’autres références post-récolte utilisent environ :
- 0 °C ;
- 95 à 100 % d’humidité relative.
Ces valeurs montrent que le poireau doit être stocké très différemment d’un oignon sec ou d’un ail sec, qui demandent une humidité beaucoup plus faible.
Pourquoi l’humidité doit-elle rester élevée ?
Un poireau perdant de l’eau devient rapidement :
- mou ;
- flétri ;
- moins lourd ;
- moins attractif.
La perte de poids représente directement une perte économique.
Il faut cependant éviter :
- eau liquide persistante ;
- condensation excessive ;
- mauvaise ventilation.
Peut-on stocker tous les poireaux quatre mois ?
Non.
La durée dépend notamment :
- du cultivar ;
- du stade de récolte ;
- des blessures ;
- du niveau de Botrytis ou d’autres maladies ;
- de la température réellement maintenue ;
- du conditionnement.
Le producteur doit mesurer la durée commerciale réelle de ses propres lots.
Valeur nutritionnelle du poireau
La base USDA FoodData Central, dont les données du poireau cru ont encore été actualisées récemment, permet de documenter notamment la présence de :
- fibres alimentaires ;
- vitamine K ;
- vitamine C ;
- vitamine B9 ;
- manganèse ;
- potassium ;
- caroténoïdes ;
- différents composés soufrés.
La composition varie également entre :
- partie blanche ;
- partie vert clair ;
- feuilles vertes.
Faut-il jeter systématiquement toute la partie verte ?
Non.
Les feuilles vertes sont plus fermes mais restent utilisables dans :
- bouillons ;
- soupes ;
- fonds de cuisson ;
- différentes préparations culinaires.
Une partie du déclassement culinaire peut donc être réduite sans confondre cette utilisation avec la catégorie commerciale premium.
Pourquoi le poireau possède-t-il une odeur caractéristique ?
Comme l’ail et l’oignon, le poireau contient différents précurseurs soufrés.
Lorsque les tissus sont :
- coupés ;
- écrasés ;
- cuits,
des transformations enzymatiques et thermiques produisent différents composés aromatiques.
Ils contribuent à son goût typique d’Allium.
Peut-on en déduire des propriétés médicales ?
Non.
La présence de fibres, vitamines, caroténoïdes et composés soufrés permet de présenter le poireau comme :
un légume intéressant dans une alimentation diversifiée.
Elle ne permet pas de le qualifier de :
- médicament ;
- antibiotique ;
- traitement d’une maladie ;
- remède garanti.
8 erreurs coûteuses avec le poireau
1. Choisir la variété sans tenir compte de la saison
Un type d’été et un type d’hiver n’ont pas la même vitesse de croissance ni la même résistance au froid.
2. Repiquer des plants très hétérogènes
La parcelle donnera ensuite des diamètres et des dates de récolte irréguliers.
3. Sous-irriguer pendant l’allongement et le grossissement
Le déficit hydrique réduit directement le diamètre et le rendement.
4. Confondre besoin en eau et tolérance à l’engorgement
Un sol saturé favorise maladies racinaires et dépérissement.
5. Butter trop brutalement
La terre peut pénétrer profondément dans les gaines et dégrader la qualité du produit.
6. Découvrir les thrips uniquement en fin de cycle
Ils sont alors profondément installés entre les feuilles et beaucoup plus difficiles à atteindre.
7. Enchaîner ail, oignon et poireau
Cette succession maintient plusieurs bioagresseurs communs des Allium.
8. Calculer le rendement avant parage
Le poids de terre, racines et feuilles éliminées n’est pas un rendement commercialisable.
Checklist avant de se lancer
- [ ] Le débouché commercial est défini.
- [ ] Le diamètre demandé est connu.
- [ ] La longueur de fût blanc recherchée est définie.
- [ ] Le cultivar correspond à la saison de récolte.
- [ ] Sa résistance au froid est adaptée.
- [ ] Les semences sont de qualité professionnelle.
- [ ] La pépinière peut produire des plants homogènes.
- [ ] Les plants sont indemnes de thrips importants.
- [ ] Le sol est profond et suffisamment fertile.
- [ ] Le drainage est fonctionnel.
- [ ] Le pH est connu.
- [ ] Une analyse de sol est disponible.
- [ ] L’espacement correspond au calibre demandé.
- [ ] Le système de plantation permet le blanchiment du fût.
- [ ] Le buttage sera progressif.
- [ ] L’irrigation peut rester régulière pendant toute la croissance.
- [ ] Les goutteurs assurent une distribution homogène.
- [ ] Des sondes seront utilisées si elles apportent une vraie valeur.
- [ ] L’azote est calculé selon le sol et le rendement attendu.
- [ ] Les apports azotés sont fractionnés si nécessaire.
- [ ] Les adventices seront contrôlées précocement.
- [ ] Les thrips sont surveillés jusque dans le cœur des plantes.
- [ ] La teigne du poireau est surveillée si elle est présente localement.
- [ ] La rouille est surveillée.
- [ ] Le risque de pourriture blanche est connu.
- [ ] La parcelle ne répète pas trop fréquemment les Allium.
- [ ] Tout traitement éventuel est vérifié auprès de l’ONSSA.
- [ ] Le calibre de récolte est défini.
- [ ] Le produit sera pesé après parage.
- [ ] Le lavage et le conditionnement sont organisés.
- [ ] Le refroidissement peut commencer rapidement.
- [ ] Les pertes au stockage seront mesurées.
- [ ] Le coût de revient sera calculé uniquement sur le produit réellement vendable.
Conclusion : le rendement du poireau se construit avec une croissance sans interruption
Le poireau peut produire une forte biomasse, mais sa valeur ne dépend pas seulement du poids. La réussite repose sur des plants homogènes, un long fût correctement blanchi, une irrigation régulière, une fertilisation ajustée et une surveillance précoce des thrips.
Les indicateurs les plus utiles sont : pourcentage de plantes commercialisables, diamètre moyen, longueur du blanc, poids après parage, productivité de récolte et coût de revient par kilogramme ou par botte réellement vendu.



