Le potager au Maroc entre, pendant la semaine 33 du 10 au 16 août 2026, dans une période charnière. Les légumes d’été restent en production, mais la seconde moitié de la semaine ouvre progressivement la voie aux semis d’arrière-saison et au potager d’automne.

Dans le Gharb-Kénitra, et particulièrement sur les sols sableux de type r’mel, les priorités restent la maîtrise de l’irrigation, la protection du sol contre le dessèchement et le vent, la récolte régulière des légumes et la surveillance des ravageurs estivaux.
Mais cette semaine possède aussi une particularité dans le calendrier agricole traditionnel marocain : elle accompagne la fin de la Menzela Al-Jabha, la sortie progressive des jours de Nâr, puis l’entrée, autour du 14 août, dans Al-Khartane et les jours de Nawâr.
Cette transition constitue un bon repère pour passer progressivement d’une stratégie essentiellement défensive contre les contraintes estivales à une stratégie de préparation du prochain cycle cultural.
La vigilance reste néanmoins indispensable face au stress hydrique, même dans un contexte national où les réserves en eau se sont fortement améliorées.
Potager au Maroc semaine 33 : maîtriser l’eau, récolter les légumes d’été et préparer les premiers semis d’automne.
Cette semaine prolonge directement les recommandations de notre guide consacré au potager au Maroc du 3 au 9 août 2026. Elle s’inscrit également dans le calendrier complet des travaux du potager au Maroc, construit à partir du contexte du Gharb-Kénitra puis adapté aux principales zones agroclimatiques marocaines.
Les interventions doivent toujours être ajustées à la météo locale, au type de sol, à la qualité et à la disponibilité de l’eau, au stade des cultures et aux observations réalisées directement dans la parcelle.
Les priorités de la semaine
- surveiller la météo et surtout le vent avant toute intervention ;
- contrôler l’humidité réelle sous le paillage avant d’irriguer ;
- fractionner les apports sur les sols sableux ;
- renforcer la couverture du sol partout où le r’mel réapparaît ;
- récolter tomates, poivrons, aubergines, concombres et autres légumes d’été tôt le matin ;
- surveiller aleurodes, acariens, thrips et Tuta absoluta ;
- préparer les planches libérées avec de la matière organique mûre ;
- commencer progressivement certains semis directs d’automne ;
- maintenir les semis sensibles dans une pépinière ombragée et ventilée ;
- accompagner les plantes stressées sans multiplier inutilement les intrants.
Sommaire
- Les travaux prioritaires du 10 au 16 août
- Météo de Kénitra : une semaine douce mais venteuse
- Situation hydrique : davantage d’eau ne signifie pas davantage de gaspillage
- Al-Jabha, Al-Khartane et les Smaïm
- Comment irriguer le potager cette semaine ?
- Paillage et protection du sol r’mel
- Préparer les planches du potager d’automne
- Peut-on poursuivre la solarisation ?
- Quels légumes semer du 10 au 16 août ?
- Associations culturales et temps de culture
- Entretenir et récolter les légumes d’été
- Biostimulation : quand peut-elle être utile ?
- Protection intégrée contre les ravageurs
- Marchés agricoles et valorisation des récoltes
- Adaptations selon les régions du Maroc
- Programme des travaux jour après jour
- Questions fréquentes
Les travaux prioritaires du potager du 10 au 16 août 2026
La mi-août ne correspond pas encore à la fin de l’été agricole.
Les tomates, aubergines, poivrons, concombres, courgettes et melons peuvent encore produire abondamment. Parallèlement, certaines planches commencent à se libérer et doivent être préparées pour les cultures suivantes.
Cette semaine, neuf interventions sont particulièrement importantes :
- Observer le potager tôt le matin, lorsque les plantes ne sont pas encore affectées par la chaleur de la journée.
- Vérifier l’humidité racinaire avant d’arroser, plutôt que de se fier à l’aspect sec de la surface.
- Contrôler les goutteurs et rechercher les obstructions, fuites ou irrégularités de débit.
- Compléter le paillage sur les zones redevenues nues.
- Récolter régulièrement les fruits arrivés à maturité.
- Retirer les organes fortement malades ou infestés, sans pratiquer d’effeuillage massif.
- Préparer les planches libérées avec du compost mûr ou du vermicompost.
- Démarrer progressivement les semis d’arrière-saison dans les zones suffisamment favorables.
- Observer avant de traiter, puis vérifier l’homologation lorsqu’une intervention phytosanitaire devient réellement nécessaire.
Météo de Kénitra : une semaine relativement douce mais venteuse
La façade atlantique du Gharb bénéficie cette semaine d’un contexte thermique beaucoup plus modéré que plusieurs régions de l’intérieur du Maroc.
Les prévisions disponibles le 9 août 2026 pour Kénitra indiquent :
| Date | Températures | Tendance | Vent |
|---|---|---|---|
| Lundi 10 août | 27 / 20 °C | Brume de poussière, ciel dégagé | NO, 14–32 km/h |
| Mardi 11 août | 27 / 20 °C | Brume de poussière, ciel dégagé | NO, 14–31 km/h |
| Mercredi 12 août | 29 / 20 °C | Brume de poussière, ciel dégagé | N, jusqu’à 34 km/h |
| Jeudi 13 août | 29 / 21 °C | Brume de poussière, ciel dégagé | NO, jusqu’à 28 km/h |
| Vendredi 14 août | 29 / 22 °C | Brouillards possibles | Vent pouvant atteindre 31 km/h |
| Samedi 15 août | 28 / 22 °C | Éclaircies | Ouest, jusqu’à 31 km/h |
| Dimanche 16 août | autour de 27 / 22 °C | Éclaircies | À vérifier localement |
Les prévisions restent susceptibles d’évoluer et doivent être vérifiées avant une intervention. Consulter la météo actualisée de Kénitra sur Meteored.
Cette semaine, le vent est presque aussi important que la température.
Sur un sol sableux nu, les rafales accélèrent le dessèchement des premiers centimètres et favorisent le déplacement des particules fines. Sur les plantes, elles augmentent les pertes d’eau et peuvent provoquer des contraintes supplémentaires sur les jeunes tissus.
Les priorités deviennent donc :
- sol couvert ;
- irrigation localisée ;
- pépinières protégées ;
- tuteurs vérifiés ;
- filets et ombrières correctement fixés ;
- absence de pulvérisation foliaire lorsque le vent est trop important.
Situation hydrique : plus d’eau ne signifie pas davantage de gaspillage
Le contexte hydrique marocain de l’été 2026 est nettement plus favorable que celui des années précédentes.
Selon les données reprises dans le rapport agronomique ayant servi de base à cette semaine, le remplissage global des barrages marocains se situe autour de 70 à 75 %, pour près de 12 à 13 milliards de mètres cubes stockés.
La situation du bassin du Sebou est particulièrement favorable.
Le rapport indique notamment :
- environ 82,9 % de remplissage pour le bassin du Sebou ;
- près de 4,46 milliards de m³ de réserves dans le bassin ;
- environ 86,6 % pour le barrage Al Wahda ;
- une reprise progressive des possibilités d’irrigation dans plusieurs grands périmètres.
Cette amélioration change la situation agricole, mais elle ne doit pas modifier les principes de gestion du potager.
L’eau disponible aujourd’hui doit rester une ressource à économiser demain.
Sur un potager bien conduit, il faut continuer à rechercher :
- le goutte-à-goutte plutôt que l’arrosage généralisé ;
- un sol couvert ;
- une irrigation guidée par l’humidité réelle ;
- une matière organique capable de retenir davantage d’eau ;
- des cultures adaptées à la saison ;
- des pertes par évaporation aussi faibles que possible.
L’amélioration des barrages doit donc être considérée comme une marge de résilience, et non comme une autorisation à revenir aux pratiques gaspilleuses.
Al-Jabha, Al-Khartane et les Smaïm dans le calendrier agricole marocain
Cette semaine présente l’une des transitions les plus intéressantes de l’été dans le calendrier rural marocain.
Les Smaïm, traditionnellement associés aux quarante jours les plus exigeants de l’été, sont divisés dans certaines traditions agricoles en deux séquences.
La première correspond aux jours de Nâr — “Feu”, associés au maximum de chaleur et d’aridité.
La seconde correspond aux jours de Nawâr — “Fleurs”, pendant lesquels la chaleur reste présente mais où le cycle saisonnier commence progressivement à évoluer.
Du 10 au 13 août : fin d’Al-Jabha
La période du 31 juillet au 13 août correspond, dans le calendrier étudié, à la Menzela Al-Jabha — الجبهة.
C’est encore une période pendant laquelle la prudence doit dominer.
Au potager :
- évitez les tailles sévères ;
- évitez les repiquages en plein soleil ;
- ne laissez pas brutalement les sols nus ;
- ne fertilisez pas une plante simplement parce qu’elle flétrit dans l’après-midi ;
- maintenez une humidité racinaire régulière ;
- récoltez les fruits arrivés à maturité.
À partir du 14 août : entrée dans Al-Khartane
Le 14 août marque le passage vers la Menzela Al-Khartane — الخرتان dans le calendrier utilisé par le rapport.
Cette transition correspond également à l’entrée dans les jours de Nawâr.
Elle ne signifie pas que l’été disparaît le 14 août.
Elle constitue plutôt un repère phénologique et agronomique : les légumes d’été continuent à produire, tandis que l’on peut progressivement augmenter les travaux destinés à l’arrière-saison.
Le jardinier peut alors commencer ou renforcer :
- les semis de carottes ;
- les semis échelonnés de radis ;
- les pépinières de laitues ;
- les poireaux d’automne et d’hiver ;
- les choux ;
- les blettes ;
- certains navets ;
- éventuellement les derniers haricots nains dans les zones adaptées.
Les Mnazeles constituent un patrimoine d’observation agricole. Elles doivent aujourd’hui être croisées avec la météo réelle, les températures du sol et l’état des cultures.
Comment irriguer le potager du 10 au 16 août ?
Sur les sols r’mel du Gharb, une irrigation importante mais trop espacée peut être moins efficace que plusieurs apports correctement maîtrisés.
Le sable possède une grande macroporosité.
L’eau s’infiltre rapidement et peut descendre sous le volume réellement exploré par les racines, en entraînant avec elle des éléments minéraux solubles.
Fractionner sans arroser systématiquement
Le rapport recommande, lorsque les besoins le justifient sur sol très sableux, des cycles courts et fractionnés, notamment tôt le matin et éventuellement en soirée.
Cette recommandation ne doit toutefois pas devenir une règle automatique.
Avant le deuxième apport :
- écartez le paillage ;
- vérifiez l’humidité ;
- observez le bulbe autour du goutteur ;
- examinez le comportement des plantes ;
- vérifiez la profondeur réellement mouillée.
Si la zone racinaire reste suffisamment humide, le deuxième cycle n’est pas nécessaire.
Adapter au type de sol
| Type de sol | Comportement | Conduite en août |
|---|---|---|
| R’mel / sableux | Infiltration rapide, réserve faible | Apports courts et rapprochés si nécessaire |
| Dehs / limoneux | Réserve intermédiaire | Irrigation régulière après contrôle |
| Tirs / argileux | Forte capacité de rétention, infiltration plus lente | Espacer davantage et éviter la saturation |
Arroser plutôt le matin
Le début de matinée reste généralement la période la plus pratique :
- sol plus frais ;
- vent souvent plus faible ;
- faible évaporation immédiate ;
- possibilité de vérifier ensuite le comportement de la culture.
Une intervention complémentaire le soir peut être nécessaire pour les jeunes semis, pépinières ou sols extrêmement filtrants, mais uniquement après contrôle de l’humidité.
Renforcer le paillage et protéger le sol r’mel
Le paillage est probablement l’un des travaux les plus rentables de cette semaine.
Il contribue simultanément à :
- limiter l’évaporation ;
- amortir l’échauffement du sol ;
- protéger les microorganismes superficiels ;
- réduire l’impact direct du vent ;
- ralentir la dégradation de la matière organique ;
- limiter les fluctuations d’humidité.
Inspectez les planches une par une.
Lorsque le sable réapparaît, complétez la couverture avec :
- paille propre ;
- broyat végétal adapté ;
- résidus de cultures sains ;
- matières organiques sèches disponibles sur l’exploitation.
Laissez toujours un espace autour du collet des plantes.
Un paillage mal conduit sur un sol constamment saturé peut favoriser l’humidité excessive et les pourritures. La couverture du sol doit donc rester associée à une bonne gestion de l’eau.
Préparer les planches du potager d’automne
Certaines cultures précoces arrivent maintenant en fin de cycle.
Les planches libérées ne doivent pas rester nues.
Procédez progressivement :
- retirez les plantes fortement malades ;
- séparez les résidus sains des déchets contaminés ;
- désherbez les foyers problématiques ;
- apportez du compost mûr ou du vermicompost ;
- griffez très légèrement si nécessaire ;
- nivelez la surface ;
- irriguez seulement si le futur semis le nécessite ;
- maintenez une couverture légère jusqu’à l’implantation.
Construire progressivement un sol sablo-humique
Dans le r’mel, la matière organique est particulièrement importante.
Elle améliore progressivement :
- la réserve utile en eau ;
- la capacité à retenir certains nutriments ;
- l’activité microbiologique ;
- la stabilité structurale ;
- la résilience face aux alternances humidité-sécheresse.
Il ne s’agit pas de transformer instantanément le sable en terre lourde, mais de construire, saison après saison, un sol sableux davantage enrichi en humus et biologiquement actif.
Peut-on poursuivre la solarisation ?
Les températures d’août restent favorables aux chantiers de solarisation commencés sur des planches totalement libérées.
Une vraie solarisation implique cependant :
- une parcelle sans culture ;
- un sol correctement préparé et humidifié ;
- un film plastique transparent posé hermétiquement ;
- plusieurs semaines d’exposition ;
- des bordures correctement enterrées.
Un simple sol nu chauffé par le soleil ne doit donc pas être assimilé automatiquement à une solarisation complète.
Si une planche doit accueillir rapidement les semis d’automne, mieux vaut la préparer pour la culture plutôt que commencer un chantier de solarisation qui serait interrompu trop tôt.
Quels légumes semer du 10 au 16 août au Maroc ?
La semaine 33 ouvre une fenêtre beaucoup plus intéressante pour les cultures d’arrière-saison que les semaines précédentes.
Carotte
Mode : semis direct.
Les sols sableux du Gharb peuvent être très favorables à la formation de racines régulières à condition que :
- le lit de semence soit fin ;
- aucun fumier frais ne soit incorporé ;
- la surface reste humide jusqu’à la levée ;
- aucune croûte ne se forme.
Les variétés adaptées au climat local sont à privilégier.
Une première série peut être semée, puis une seconde quelques jours plus tard afin de répartir le risque.
Laitue
Mode : pépinière ombragée.
La germination des laitues peut devenir irrégulière lorsque le substrat est trop chaud.
Utilisez :
- plaques alvéolées propres ;
- substrat drainant ;
- ombrage léger ;
- ventilation latérale ;
- arrosage fin.
Romaine, Batavia ou autres variétés adaptées à l’automne peuvent progressivement être préparées.
Radis
Mode : semis direct échelonné.
Semez de petites quantités tous les quelques jours plutôt qu’une surface importante en une seule fois.
Les radis peuvent également servir de culture intercalaire entre des cultures plus lentes.
Haricot nain ou mangetout
Mode : dernier semis direct d’été selon région.
La terre chaude permet une germination rapide.
Il faut cependant disposer d’une arrière-saison suffisamment longue pour terminer le cycle avant les conditions défavorables.
Dans les zones très chaudes, le problème principal reste l’eau ; dans les zones plus fraîches, il faut tenir compte du raccourcissement futur des journées.
Poireau
Mode : pépinière ou jeunes plants.
Les poireaux d’automne et d’hiver apprécient une terre enrichie en matière organique mûre.
Évitez toutefois les excès d’azote au moment de l’installation.
Blette
La blette tolère généralement mieux cette transition que l’épinard.
Elle peut être semée directement ou préparée en motte selon le contexte.
Épinard
L’épinard reste plus délicat lorsque le sol demeure chaud.
Privilégiez :
- zones fraîches ;
- ombrage léger ;
- semis tardifs lorsque la chaleur persiste.
Dans les plaines intérieures très chaudes, attendre peut être préférable.
Choux
Choux cabus, brocolis ou choux-fleurs peuvent continuer leur préparation en pépinière.
Le repiquage sera adapté à l’évolution des températures.
Navets
Les premiers semis deviennent envisageables dans les zones suffisamment favorables.
Échelonnez les dates plutôt que de semer toute la surface en une seule fois.
Retrouvez également nos contenus consacrés aux semis d’automne au Maroc.
Associations culturales et temps indicatifs
| Culture | Implantation | Associations possibles | Cycle indicatif |
|---|---|---|---|
| Carotte | Semis direct | Radis, laitue, oignon, coriandre | 70–90 jours |
| Laitue | Pépinière | Carotte, radis | 45–55 jours selon variété |
| Haricot nain | Semis direct | Maïs, concombre | 50–60 jours |
| Poireau | Pépinière / repiquage | Carotte, céleri | 120–150 jours |
| Radis | Semis direct échelonné | Carotte, laitue | 30–70 jours selon type |
| Blette | Direct ou motte | À intégrer dans la rotation | Environ 60–75 jours |
| Chou | Pépinière | Betterave, laitue selon organisation | Variable |
| Navet | Semis direct | Cultures d’automne compatibles | Environ 40–70 jours |
Ces durées constituent des ordres de grandeur. La variété, les températures, l’eau, le sol et les pratiques culturales peuvent modifier fortement la date réelle de récolte.
Entretenir et récolter les légumes d’été
La transition vers l’automne ne doit pas détourner l’attention des cultures actuellement productives.
Récolter tôt
Continuez à récolter :
- tomates ;
- aubergines ;
- poivrons ;
- concombres ;
- courgettes ;
- melons.
Le petit matin reste le meilleur moment pour limiter l’échauffement des produits.
Placez rapidement les récoltes à l’ombre.
Retirer les fruits problématiques
Éliminez :
- fruits pourris ;
- fruits fortement attaqués ;
- fruits éclatés ;
- organes présentant un foyer parasitaire important.
Évitez cependant l’effeuillage excessif.
Une partie importante du feuillage est nécessaire pour protéger les fruits contre le soleil et assurer leur alimentation photosynthétique.
Biostimulation : quand peut-elle être utile ?
Le rapport étudié accorde une place importante à la biostimulation en période de stress.
Trois familles sont notamment évoquées :
- extraits d’algues ;
- substances humiques et fulviques ;
- certains acides aminés ou osmoprotecteurs.
Extraits d’algues
Les extraits d’Ascophyllum nodosum sont utilisés dans de nombreux programmes de biostimulation pour accompagner des cultures confrontées à différents stress.
Le rapport cite notamment leur utilisation en application foliaire ou par fertirrigation.
Cependant, la dose dépend du produit commercial et de sa concentration.
La valeur de 200 à 250 cc/hl mentionnée dans la documentation étudiée ne doit donc pas être généralisée à tous les produits.
Respectez toujours l’étiquette du produit utilisé.
Évitez les applications foliaires :
- en plein soleil ;
- pendant les heures les plus chaudes ;
- lorsque le vent est important ;
- sur des plantes fortement flétries.
Acides humiques et fulviques
Ils peuvent être particulièrement intéressants sur les sols sableux lorsqu’ils sont intégrés à une stratégie comprenant déjà :
- compost ;
- couverture du sol ;
- irrigation localisée ;
- fertilisation raisonnée.
Ils ne remplacent pas la matière organique.
Acides aminés
Certains produits contenant des acides aminés sont utilisés pour accompagner la récupération après un stress.
Là encore, la biostimulation doit rester un complément à une bonne conduite agronomique, et non une façon de compenser une mauvaise irrigation, une salinité excessive ou un problème racinaire.
Avant d’ajouter un biostimulant, demandez-vous toujours :
quelle contrainte cherche-t-on réellement à corriger ?
Aleurodes, acariens et Tuta absoluta : renforcer l’observation
Le mois d’août reste favorable à plusieurs ravageurs.
Aleurodes
Les aleurodes, notamment Bemisia tabaci, doivent être recherchées sous les feuilles.
Elles peuvent :
- prélever la sève ;
- affaiblir les plantes ;
- produire du miellat ;
- favoriser la fumagine ;
- participer à la transmission de certains virus.
Observez particulièrement les tomates, aubergines, haricots et autres plantes sensibles.
Acariens
L’acarien jaune tisserand, Tetranychus urticae, apprécie les environnements chauds, secs et poussiéreux.
Recherchez :
- ponctuations claires sur le feuillage ;
- aspect bronzé ;
- dessèchement ;
- fines toiles lorsque le foyer devient important.
Les conditions venteuses et poussiéreuses prévues à Kénitra justifient une vigilance renforcée.
Tuta absoluta
Sur tomate, poursuivez la surveillance de Tuta absoluta.
Examinez :
- jeunes feuilles ;
- galeries ;
- tiges ;
- fleurs ;
- fruits.
La protection intégrée contre les ravageurs privilégie :
- observation ;
- hygiène de la parcelle ;
- élimination des foyers importants ;
- pièges adaptés ;
- protection des auxiliaires ;
- méthodes biologiques ou physiques lorsque disponibles ;
- traitement homologué seulement lorsque celui-ci devient justifié.
Filets et pépinières
Inspectez également les filets anti-insectes :
- trous ;
- ouvertures latérales ;
- défauts de fermeture ;
- zones soulevées par le vent.
Une pépinière bien protégée limite l’introduction précoce de certains vecteurs.
Avant tout traitement
Consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.
Il permet de rechercher les pesticides agricoles homologués au Maroc notamment par culture, organisme nuisible, matière active et usage.
Vérifiez systématiquement :
- culture ;
- ravageur ou maladie ;
- matière active ;
- dose autorisée ;
- conditions d’utilisation ;
- délai avant récolte.
Cette précaution est essentielle pour les légumes récoltés plusieurs fois par semaine.
Marchés agricoles : les légumes restent globalement modérés
Le dernier relevé disponible avant le début de cette semaine, publié le 5 août 2026 pour le marché de gros de Casablanca, indique une relative stabilité des prix des principaux légumes.
À titre indicatif :
| Produit | Fourchette au marché de gros |
|---|---|
| Tomate | 1,50–3,50 DH/kg |
| Courgette | 2–4 DH/kg |
| Concombre | 2,50–3,80 DH/kg |
| Aubergine | 1,50–2,50 DH/kg |
| Carotte | 1,30–2,30 DH/kg |
| Pomme de terre | 3–4,50 DH/kg |
| Oignon frais | 1,50–2,30 DH/kg |
Ces valeurs sont des prix de gros indicatifs à Casablanca, et non des prix de détail ni des cotations applicables partout au Maroc.
Pour un petit producteur, la priorité reste surtout la réduction des pertes :
- récolter tôt ;
- trier immédiatement ;
- maintenir les produits à l’ombre ;
- séparer les fruits déclassés ;
- éviter la surmaturité ;
- valoriser rapidement les surplus ;
- noter les volumes récoltés et vendus.
Lorsque les prix sont modérés, chaque kilogramme perdu après récolte pèse davantage sur la marge.
Adapter les travaux selon les régions du Maroc
La date seule ne suffit jamais pour décider d’un semis.
Le Maroc présente des situations climatiques très différentes.
| Région ou zone | Contrainte principale | Adaptation cette semaine |
|---|---|---|
| Gharb-Kénitra | R’mel, vent, dessèchement rapide | Fractionner l’eau, pailler, lancer progressivement les semis d’automne |
| Rabat-Casablanca et littoral atlantique | Influence océanique, humidité nocturne | Ventiler les pépinières et surveiller les maladies |
| Fès-Meknès et plaines intérieures | Chaleur diurne importante | Ombrer les semis et retarder les espèces sensibles si nécessaire |
| Tadla | Forte demande évaporative | Priorité à la gestion de l’eau et aux cultures en place |
| Marrakech-Haouz | Chaleur et évaporation élevées | Reporter les repiquages délicats et avancer progressivement |
| Souss | Chaleur, qualité de l’eau et parfois salinité | Fractionner les apports et surveiller l’accumulation de sels |
| Moyen Atlas | Nuits plus fraîches | Possibilité d’avancer certaines cultures d’automne selon altitude |
| Oriental | Continentalité, vent et sécheresse | Protéger jeunes plants et adapter les dates |
| Zones présahariennes | Très forte chaleur et vent sec | Reporter les espèces sensibles, renforcer ombrage et maîtrise de l’eau |
Le calendrier national doit donc toujours être transformé en calendrier local.
Programme du potager jour après jour
| Jour | Travaux recommandés |
|---|---|
| Lundi 10 août | Faire le tour complet du potager au lever du jour. Contrôler goutteurs, humidité et récoltes. Vérifier aleurodes et acariens. |
| Mardi 11 août | Renforcer le paillage sur les zones exposées. Contrôler les tuteurs et protections face au vent. Récolter tôt. |
| Mercredi 12 août | Observer tomate, aubergine et haricot. Rechercher Tuta, aleurodes, acariens et thrips. Éviter les pulvérisations si le vent est fort. |
| Jeudi 13 août | Dernier jour de la séquence Al-Jabha : préparer les planches libérées, apporter du compost mûr et organiser les semences. |
| Vendredi 14 août | Entrée dans Al-Khartane : commencer progressivement carottes et radis si les conditions locales sont favorables. Entretenir les pépinières. |
| Samedi 15 août | Semer ou poursuivre laitues, poireaux et choux sous ombrage ventilé. Contrôler la levée des semis directs. |
| Dimanche 16 août | Faire le bilan : récoltes, eau utilisée, état phytosanitaire, levée des semis et surfaces disponibles pour la semaine suivante. |
Questions fréquentes sur le potager au Maroc du 10 au 16 août
Le retour de l’eau dans les barrages permet-il d’arroser davantage ?
Pas nécessairement.
Une meilleure disponibilité nationale de l’eau améliore la sécurité des productions mais ne change pas les besoins physiologiques des plantes.
L’objectif reste de fournir la quantité nécessaire au bon endroit et au bon moment.
Faut-il vraiment arroser deux fois par jour sur le r’mel ?
Pas systématiquement.
Deux cycles courts peuvent être utiles dans certaines situations très filtrantes, mais le deuxième apport n’est justifié que si la zone racinaire en a besoin.
Contrôlez toujours l’humidité.
Peut-on commencer les semis d’automne dès le 14 août ?
Oui pour certaines cultures et certaines régions, mais pas automatiquement partout.
Carottes, radis, blettes ou certaines pépinières peuvent commencer progressivement lorsque les conditions locales le permettent.
Les espèces sensibles à la chaleur doivent être protégées ou retardées.
Les Mnazeles permettent-elles de prévoir précisément la météo ?
Non.
Les Mnazeles constituent des repères saisonniers issus du calendrier rural et d’observations anciennes.
Elles enrichissent la compréhension du cycle agricole, mais elles doivent être croisées avec les prévisions météorologiques et l’observation du terrain.
Peut-on appliquer un extrait d’algues à chaque période de chaleur ?
Pas automatiquement.
Un biostimulant doit répondre à un objectif précis.
Avant toute application, vérifiez d’abord l’irrigation, les racines, le sol, la salinité et l’état phytosanitaire.
Un aleurode ou un acarien observé signifie-t-il qu’il faut traiter ?
Non.
Il faut d’abord identifier correctement le ravageur, déterminer l’importance du foyer, rechercher les auxiliaires et évaluer les autres leviers disponibles.
Peut-on laisser le sol nu quelques jours avant les semis ?
Sur un sol sableux en août, il est préférable de limiter cette période au maximum.
Une couverture légère protège le sol contre le vent, l’échauffement et la perte d’humidité.
Le mot de la semaine
Le potager au Maroc pendant la semaine du 10 au 16 août 2026 entre progressivement dans une nouvelle phase.
Du 10 au 13 août, la fin d’Al-Jabha invite encore à protéger : maîtriser l’eau, maintenir le sol couvert, récolter et surveiller les ravageurs.
À partir du 14 août, l’entrée dans Al-Khartane offre un repère pour regarder davantage vers l’automne : préparer les planches, semer progressivement et organiser les futures cultures.
La nette amélioration des réserves hydriques marocaines apporte un contexte plus favorable, mais elle ne doit pas faire oublier les enseignements des années de sécheresse.
La résilience ne consiste pas à consommer davantage d’eau lorsqu’elle revient. Elle consiste à avoir appris à mieux l’utiliser.
Dans les sols r’mel du Gharb, cela signifie continuer à travailler sur trois fondamentaux :
matière organique, couverture du sol et irrigation précise.
Chaque récolte faite au bon moment, chaque goutteur contrôlé, chaque semis correctement implanté et chaque intervention évitée lorsqu’elle n’est pas nécessaire contribuent à construire un potager plus robuste.
Retrouvez toutes les périodes de semis, d’irrigation, d’entretien et de récolte sur notre page centrale : Potager au Maroc : calendrier des travaux semaine par semaine.
Les recommandations présentées constituent des repères généraux. Elles doivent être adaptées à la météo locale, au type de sol, à la qualité de l’eau, au stade des cultures, aux variétés utilisées et aux observations réalisées dans chaque parcelle.



