La production de plaques de Bermuda Grass exige un itinéraire technique différent de celui d’une pelouse déjà installée. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un gazon vert : il faut produire un tapis homogène, pur, dense, correctement enraciné et suffisamment cohésif pour être découpé, soulevé, transporté puis posé sans se désagréger.

Le Bermuda Grass, ou Cynodon, est particulièrement adapté aux périodes chaudes, aux surfaces très ensoleillées et aux usages intensifs. Sa production doit cependant être pilotée selon le cultivar, le sol, la qualité de l’eau, la saison, le niveau de mécanisation et le marché visé.
Important : les doses d’engrais et d’irrigation présentées dans ce guide sont des fourchettes de pilotage. Elles doivent être ajustées à partir d’une analyse du sol, de l’eau, de l’évapotranspiration, du cultivar et des observations réalisées sur la parcelle.
Accès rapide à l’itinéraire technique
Objectif de productionChoisir le cultivarParcelle et préparation du solImplantation de la parcelleProgramme d’irrigationProgramme de fertilisationTonte et entretien mécaniqueProtection phytosanitaireMaturité des plaquesRécolte et transportCalendrier techniqueContrôle de la production
Produire des plaques et non des stolons
Dans une production de plaques, le produit commercial est constitué du feuillage, des stolons, des rhizomes, des racines et d’une fine couche régulière de sol. Le tapis doit résister à la découpe et à la manipulation.
La production de stolons poursuit un autre objectif : multiplier des tiges végétatives riches en nœuds vivants pour les vendre comme matériel de plantation. Elle recherche davantage l’allongement des stolons que la résistance mécanique d’une plaque.
| Critère | Production de plaques | Production de stolons |
|---|---|---|
| Produit vendu | Tapis enraciné avec une fine couche de sol | Tiges végétatives et fragments riches en nœuds |
| Objectif principal | Densité, homogénéité et cohésion racinaire | Vigueur, fraîcheur et capacité de reprise |
| Récolte | Découpe avec une récolteuse de plaques | Arrachage ou coupe du matériel végétatif |
| Qualité recherchée | Plaque solide, uniforme et facile à poser | Stolons sains, humides et exempts d’adventices |
Choisir le cultivar de Bermuda Grass
Le nom « Bermuda Grass » recouvre plusieurs types de Cynodon. Le choix du cultivar détermine la finesse du feuillage, la densité, la couleur, la vitesse de couverture, la résistance au froid, la hauteur de tonte et le mode d’implantation.
Bermuda issu de semences
Les cultivars fertiles peuvent être implantés par semis. Cette solution simplifie parfois la création d’une nouvelle parcelle, mais la pureté du lot, le taux de germination et l’homogénéité variétale doivent être vérifiés.
Bermuda hybride
De nombreux cultivars hybrides de qualité sportive ou paysagère ne produisent pas de semences viables. Ils doivent être multipliés par stolons, rhizomes, fragments végétatifs ou plaques mères.
Avant toute plantation, le producteur doit disposer d’un matériel végétal :
- fidèle au cultivar annoncé ;
- exempt de gazons étrangers et d’adventices ;
- sans symptômes de maladies ou d’attaques d’insectes ;
- récolté sur une parcelle mère correctement fertilisée ;
- maintenu frais, à l’ombre et protégé du dessèchement.
Pour mieux comprendre les caractéristiques de cette espèce, consultez également le guide consacré au Bermuda Grass au Maroc.
Choisir la parcelle et préparer le sol
La parcelle doit être accessible aux tracteurs, tondeuses, épandeurs, pulvérisateurs et machines de récolte. Elle doit également permettre la circulation rapide des véhicules de livraison après la découpe.
Critères de choix de la parcelle
- terrain régulier, sans pierres ni obstacles enterrés ;
- drainage satisfaisant et absence de stagnation prolongée ;
- eau d’irrigation disponible pendant tout le cycle ;
- sol suffisamment profond et facile à travailler ;
- faible infestation initiale par des adventices vivaces ;
- possibilité de réaliser des planches adaptées à la largeur des équipements.
Analyses préalables
Avant les travaux, il est recommandé de réaliser :
- une analyse granulométrique du sol ;
- le pH et la conductivité électrique ;
- la matière organique ;
- le phosphore et le potassium assimilables ;
- le calcaire actif lorsque le contexte le justifie ;
- une analyse de l’eau : salinité, bicarbonates, chlorures et sodium.
Un pH voisin de la neutralité convient généralement au Bermuda Grass. Les corrections doivent néanmoins être décidées à partir du résultat analytique et non d’un programme standard appliqué à toutes les parcelles.
Préparation mécanique
- Détruire les anciennes cultures et les adventices vivaces.
- Décompacter si une semelle de travail limite l’enracinement.
- Incorporer les amendements et la fumure de fond.
- Émietter sans transformer le sol en poussière.
- Niveler soigneusement afin d’éviter les creux et les bosses.
- Raffermir avec un rouleau léger ou un cultipacker.
- Vérifier la pente et le fonctionnement de l’irrigation.
Point critique : une surface mal nivelée entraîne des irrégularités de tonte, des zones d’accumulation d’eau et une épaisseur de plaque variable au moment de la récolte.
Implanter la parcelle destinée aux plaques
L’implantation doit être programmée pendant une période de croissance active du Bermuda Grass, avec des températures régulièrement chaudes et une réserve suffisante d’eau d’irrigation.
Implantation par semences
Cette méthode est réservée aux cultivars fertiles. La graine doit être déposée très près de la surface, puis légèrement incorporée et roulée. La dose dépend de la pureté, du taux de germination, de l’enrobage éventuel et des recommandations du fournisseur.
Après le semis, la couche superficielle doit rester humide jusqu’à la levée. Les irrigations seront courtes et répétées, sans provoquer de ruissellement, de croûte ou de déplacement des graines.
Implantation végétative
Pour les hybrides, la parcelle peut être créée à partir de stolons ou de fragments comportant plusieurs nœuds viables. Pour une production rapide de plaques, une densité élevée et homogène réduit les vides et la concurrence des adventices.
À titre de plage technique, les références consacrées au gazon utilisent fréquemment des densités situées autour de 5 à 10 boisseaux de matériel végétatif pour 1 000 pieds carrés, soit approximativement 54 à 108 boisseaux pour 1 000 m². Cette unité étant peu utilisée au Maroc, il est préférable de convertir le matériel en volume ou en poids après étalonnage local.
Le bon indicateur n’est pas seulement le poids livré, mais le nombre de fragments vivants, leur teneur en humidité et la présence de plusieurs nœuds capables de s’enraciner.
Étapes de plantation végétative
- Humidifier légèrement le lit de plantation.
- Répartir uniformément les stolons ou fragments.
- Les incorporer superficiellement ou les couvrir d’une fine couche de sol.
- Rouler pour assurer le contact entre les nœuds et la terre.
- Irriguer immédiatement.
- Maintenir la surface humide jusqu’à l’apparition de nouvelles racines.
Une partie des stolons peut rester visible, mais les nœuds ne doivent pas se dessécher. Le matériel doit être planté le jour de sa récolte, ou dans le délai le plus court possible.
Programme d’irrigation de la production de plaques
L’irrigation doit évoluer avec la profondeur des racines. Le programme ne doit pas rester identique depuis l’implantation jusqu’à la récolte.
En pleine croissance, les besoins peuvent être estimés à partir de la formule :
ETc = ET₀ × Kc
Pour un Bermuda Grass actif et intensivement entretenu, un coefficient cultural indicatif de 0,60 à 0,80 peut servir de base. La valeur basse convient à un gazon moins fortement stimulé ; la valeur haute correspond à une production dense, fertilisée et en croissance rapide.
| Phase | Objectif | Fréquence indicative | Pilotage |
|---|---|---|---|
| Jour de plantation | Mouiller la zone superficielle sans déplacer le matériel | Irrigation immédiate, puis contrôle dans la journée | Sol humide sur quelques centimètres, sans saturation |
| Reprise initiale 0 à 10 jours | Éviter le dessèchement des graines ou des nœuds | 2 à 5 cycles courts par jour selon le climat et le sol | Réduire si la surface reste humide ou si des algues apparaissent |
| Enracinement 10 à 30 jours | Encourager les racines à descendre | 1 cycle quotidien, puis tous les 2 jours | Augmenter progressivement la dose et espacer les tours |
| Fermeture du couvert | Maintenir une croissance régulière | Tous les 2 à 4 jours selon le sol | Remplacer l’ETc en tenant compte des pluies efficaces |
| Pleine production estivale | Préserver la densité et la vitesse de régénération | Environ 25 à 45 mm par semaine, fractionnés selon le sol | La demande peut dépasser cette plage lors des épisodes très chauds, secs et venteux |
| Avant récolte | Obtenir un sol ferme et une plaque manipulable | Réduire ou arrêter 24 à 48 heures avant la coupe | Ne pas provoquer de flétrissement |
| Après récolte | Relancer les rhizomes et les stolons restants | Irriguer dès que le sol est remis en état | Adapter la dose à l’épaisseur de sol retirée et aux dégâts de récolte |
Adapter l’irrigation au type de sol
- Sol sableux : tours plus rapprochés et doses modérées pour limiter les pertes profondes.
- Sol limoneux : irrigations plus espacées avec contrôle du drainage.
- Sol argileux : faible débit, cycles fractionnés et vigilance contre l’asphyxie.
Une irrigation profonde et espacée est préférable après l’enracinement. Les arrosages superficiels permanents favorisent des racines peu profondes, le feutre, les adventices et certaines maladies.
Programme de fertilisation du Bermuda Grass
La fertilisation doit favoriser la couverture du sol, la densité des talles, la production de rhizomes et la résistance mécanique de la plaque. Un excès d’azote produit cependant un feuillage tendre, augmente les tontes, le feutre et les risques sanitaires.
Fumure de fond
Le phosphore, le potassium, le magnésium, le soufre et les amendements doivent être décidés à partir des analyses. Lorsque le phosphore et le potassium sont déjà élevés, leur apport systématique est inutile.
| Phase | Azote indicatif | Objectif | Précautions |
|---|---|---|---|
| Avant implantation | 0 à 30 kg N/ha selon le sol | Accompagner le démarrage sans stimuler les adventices | Éviter une forte dose avant l’enracinement |
| Reprise visible | 25 à 40 kg N/ha | Stimuler les nouvelles feuilles et les stolons | Appliquer sur sol humide et irriguer après l’apport |
| Fermeture du couvert | 30 à 45 kg N/ha toutes les 3 à 5 semaines | Obtenir une couverture rapide et homogène | Réduire si le feuillage devient trop tendre ou si le feutre augmente |
| Pleine production | Environ 180 à 280 kg N/ha sur le cycle actif | Maintenir densité, couleur et récupération après les tontes | Fractionner ; ne jamais appliquer toute la quantité en une fois |
| Avant récolte | Suspendre les fortes doses 7 à 14 jours avant la coupe | Améliorer la tenue et limiter l’échauffement des piles | La plaque doit rester verte sans être excessivement poussante |
Phosphore et potassium
À titre de grille de départ, et uniquement lorsque les analyses indiquent un besoin :
- P₂O₅ : environ 40 à 80 kg/ha à l’implantation sur un sol pauvre ou moyennement pourvu ;
- K₂O : environ 100 à 220 kg/ha sur le cycle, fractionnés lorsque le sol est déficient ou soumis au lessivage ;
- rapport K₂O/N : à renforcer lorsque la résistance mécanique, le stress thermique ou la qualité de l’eau l’exigent.
Le potassium contribue à la résistance au stress, mais son apport ne doit pas être systématique lorsque le sol en contient déjà suffisamment.
Fertigation
La fertigation permet de fractionner l’azote et le potassium, mais elle exige :
- une bonne uniformité du réseau ;
- un contrôle du pH et de la conductivité ;
- un rinçage des lignes après injection ;
- un suivi des quantités réellement apportées par hectare ;
- une vérification régulière des pertes par lessivage.
Tonte, roulage, aération et maîtrise du feutre
Première tonte
La première tonte peut commencer lorsque le sol supporte le passage de la machine et que le couvert atteint environ 70 à 80 % de fermeture. Il ne faut jamais arracher les jeunes stolons avec une tondeuse trop lourde ou des lames émoussées.
Hauteur de tonte
Pour une production de plaques paysagères, une hauteur située généralement entre 12 et 25 mm constitue une base pratique. Les cultivars fins destinés au sport peuvent être conduits plus bas avec une tondeuse hélicoïdale et un nivellement parfait.
Respectez la règle suivante :
Ne pas retirer plus d’un tiers de la hauteur du feuillage lors d’une seule tonte.
Fréquence
- croissance maximale : deux à trois tontes par semaine ;
- croissance moyenne : une tonte par semaine ;
- période de transition ou de ralentissement : adapter la fréquence à la pousse réelle.
Roulage et nivellement
Un roulage léger peut améliorer le contact avec le sol pendant l’installation. Il ne doit pas être répété sur un sol humide au risque de provoquer une compaction.
Les petites dépressions peuvent être corrigées par des apports fins et successifs d’un matériau compatible avec le sol de la parcelle. Une épaisseur trop importante étoufferait le feuillage.
Aération et gestion du feutre
Le Bermuda Grass produit rapidement des stolons, des rhizomes et des résidus organiques. Un feutre excessif rend la plaque spongieuse, réduit l’infiltration et augmente certains risques sanitaires.
Les moyens de correction comprennent :
- le verticut léger ;
- l’aération à pointes ou à louchets ;
- le ramassage des déchets lorsqu’ils sont abondants ;
- le sablage ou le terreautage léger ;
- la réduction des excès d’azote et d’irrigation.
Évitez une intervention mécanique agressive juste avant la récolte, car elle peut diminuer la résistance de la plaque.
Adventices, maladies et ravageurs
La pureté est un critère commercial majeur. Une seule adventice rhizomateuse ou une graminée étrangère peut se multiplier après chaque récolte et contaminer durablement la parcelle.
Prévention des adventices
- nettoyer la parcelle avant l’implantation ;
- utiliser un matériel végétal pur et traçable ;
- nettoyer les tondeuses et les récolteuses entre deux cultivars ;
- arracher rapidement les premiers foyers ;
- éviter les zones nues par une implantation dense et régulière ;
- cartographier les infestations avant qu’elles ne s’étendent.
Maladies favorisées par les pratiques culturales
Les principaux facteurs de risque sont :
- irrigation nocturne laissant le feuillage humide longtemps ;
- drainage insuffisant ;
- excès d’azote rapidement disponible ;
- feutre épais ;
- tontes avec des lames émoussées ;
- stress hydrique suivi d’un excès d’eau ;
- circulation de machines contaminées.
Avant tout traitement, il faut distinguer une maladie réelle d’un problème d’irrigation, de salinité, de compaction, de carence ou de brûlure d’engrais.
Ravageurs possibles
La surveillance doit notamment rechercher les vers blancs, les noctuelles, les insectes du sol et les foyers de dépérissement irrégulier. Le diagnostic peut s’appuyer sur l’arrachage de carrés de gazon, l’examen des racines et le comptage des organismes présents.
Protection phytosanitaire au Maroc
N’utilisez pas une matière active uniquement parce qu’elle est citée dans une documentation étrangère. Vérifiez la culture, l’usage, l’organisme nuisible, la dose et la validité de l’autorisation dans l’index phytosanitaire officiel de l’ONSSA. L’étiquette et l’attestation d’homologation applicables au Maroc font foi.
Déterminer la maturité des plaques
La parcelle ne doit pas être récoltée uniquement parce qu’elle est visuellement verte. Le tapis doit être suffisamment enraciné et résistant pour supporter la découpe.
Critères de maturité
- couverture proche de 100 % ;
- densité uniforme et absence de grandes zones faibles ;
- pureté variétale satisfaisante ;
- absence d’adventices commercialement inacceptables ;
- rhizomes et racines formant un réseau continu ;
- plaque capable d’être soulevée sans fissure importante ;
- humidité permettant une coupe nette sans boue ;
- couleur et hauteur conformes au produit vendu.
Test pratique de résistance
Avant de lancer la récolte, découpez plusieurs bandes aux dimensions commerciales. Soulevez-les par une extrémité, déplacez-les et déroulez-les sur une autre surface.
La plaque n’est pas prête si elle :
- se déchire au niveau des zones peu enracinées ;
- perd une grande quantité de terre ;
- présente des épaisseurs irrégulières ;
- se sépare à cause d’un feutre trop important ;
- cache des adventices sous le feuillage.
Dans de bonnes conditions de chaleur, d’eau et de nutrition, la première récolte peut parfois être envisagée après plusieurs mois de croissance active. Le délai réel dépend toutefois fortement du cultivar, de la densité de plantation, du sol, de la saison et de la résistance mécanique recherchée.
Découpe, conditionnement et transport
Préparation avant la coupe
- Vérifier la commande, les dimensions et l’épaisseur demandées.
- Tondre pour obtenir une présentation uniforme.
- Retirer les résidus de tonte.
- Réduire l’irrigation afin de raffermir le sol.
- Éviter une récolte sur sol détrempé ou excessivement sec.
- Préparer les palettes, véhicules et équipes avant de commencer.
Épaisseur de découpe
La couche de sol doit être fine et régulière, souvent autour de 15 à 25 mm selon la texture, le cultivar et la machine. Une coupe trop mince fragilise la plaque. Une coupe trop épaisse augmente le poids, les coûts de transport et la quantité de terre retirée de la parcelle.
Moment de récolte
En période chaude, privilégiez le début de matinée. Les plaques doivent être chargées rapidement et protégées du soleil et du vent.
Limiter l’échauffement
Une plaque empilée reste vivante et respire. Les fortes températures, l’humidité et la compression peuvent provoquer un échauffement rapide à l’intérieur des palettes.
- éviter les piles excessivement hautes ;
- mettre les palettes à l’ombre ;
- ventiler lorsque cela est possible ;
- ne pas détremper les plaques avant le transport ;
- réduire au maximum la durée entre la coupe et la pose.
La pose le jour de la récolte reste la meilleure solution. Lorsque cela n’est pas possible, l’objectif est de rester nettement en dessous de 24 heures, particulièrement pendant l’été.
Reconstitution après récolte
Après le passage de la récolteuse :
- retirer les déchets et corriger les ornières ;
- niveler légèrement si nécessaire ;
- irriguer pour relancer les organes végétatifs restants ;
- appliquer une fertilisation de récupération adaptée ;
- surveiller les adventices dans le sol remis à nu ;
- reprendre la tonte lorsque le couvert se reforme.
Calendrier technique indicatif
| Période du cycle | Travaux principaux | Points de contrôle |
|---|---|---|
| Avant plantation | Analyses, destruction des adventices, travail du sol, nivellement, installation de l’irrigation | Pureté de la parcelle, drainage, uniformité du réseau |
| Semaine 1 | Semis ou plantation végétative, roulage, irrigations courtes | Humidité superficielle, absence de déplacement du matériel |
| Semaines 2 à 4 | Réduction progressive des irrigations, premier apport azoté, contrôle des adventices | Reprise, enracinement et homogénéité |
| Mois 2 à 3 | Premières tontes, fertilisation fractionnée, corrections du nivellement | Pourcentage de couverture, hauteur et densité |
| Fermeture du couvert | Tontes régulières, fertigation éventuelle, contrôle du feutre et des adventices | Pureté, couleur, racines et uniformité |
| Pré-récolte | Test de résistance, dernière tonte, réduction de l’eau, préparation logistique | Cohésion de la plaque et humidité du sol |
| Après récolte | Remise en état, irrigation, fertilisation de récupération, surveillance des zones nues | Vitesse de régénération et nouvelle contamination |
Indicateurs à enregistrer sur la parcelle
La production professionnelle doit être suivie dans un cahier de culture. Pour chaque parcelle, enregistrez :
- origine et cultivar du matériel végétal ;
- date, méthode et densité d’implantation ;
- analyses du sol et de l’eau ;
- quantités d’eau appliquées en millimètres ;
- pluie et évapotranspiration ;
- doses réelles de N, P₂O₅ et K₂O ;
- dates et hauteurs de tonte ;
- observations sur les adventices, maladies et ravageurs ;
- produits phytosanitaires utilisés et références d’homologation ;
- date à laquelle les plaques réussissent le test de résistance ;
- surface récoltée, pertes et retours clients ;
- temps nécessaire à la régénération après chaque récolte.
Ces données permettront d’adapter progressivement les doses, de comparer les parcelles et de calculer le coût réel du mètre carré produit.
Les points clés pour réussir les plaques de Bermuda Grass
- Partir d’un cultivar pur et d’un matériel végétal sain.
- Créer une surface parfaitement nivelée et bien drainée.
- Maintenir l’humidité pendant la reprise, puis espacer progressivement les irrigations.
- Fractionner l’azote au lieu d’appliquer de fortes doses ponctuelles.
- Tondre régulièrement sans retirer plus d’un tiers du feuillage.
- Prévenir le feutre, la compaction et les infestations d’adventices.
- Ne récolter qu’après validation de la résistance mécanique.
- Découper une épaisseur uniforme et limiter la durée de stockage.
- Enregistrer toutes les opérations pour améliorer le cycle suivant.
Construire une véritable filière de production du gazon
La production de plaques de Bermuda Grass constitue le premier itinéraire du dossier consacré à la production de gazon au Maroc. Les prochains guides distingueront la production de stolons de Bermuda Grass, puis les itinéraires propres au Kikuyu, au Paspalum vaginatum, au Zoysia et aux gazons de saison fraîche.
Pour comparer les variétés, les régions et les usages, consultez également la page centrale Gazon au Maroc.
Références techniques
- NC State Extension — Bermudagrass Athletic Field Maintenance Calendar
- University of Arizona — Conversion de l’évapotranspiration en besoins hydriques du gazon
- University of Kentucky — Turfgrass Sod Production
- Purdue Extension — Establishing a Lawn From Sod
- ONSSA — Index phytosanitaire des produits homologués au Maroc


