Production de plaques de pâturin des prés au Maroc : itinéraire technique complet

La production de plaques de pâturin des prés repose sur un semis précis, une implantation relativement lente et la formation progressive d’un réseau dense de racines et de rhizomes. Ce réseau souterrain permet d’obtenir un tapis cohésif, résistant à la découpe et capable de récupérer après certaines dégradations.

Production de plaques de pâturin des prés dans une parcelle professionnelle au Maroc
Production de plaques de pâturin des prés : semis, irrigation, développement des rhizomes, contrôle de la cohésion et récolte.

Le pâturin des prés, ou Poa pratensis, est une graminée de saison fraîche particulièrement utilisée pour les pelouses de qualité, les espaces sportifs et la fabrication de gazon en plaques. Il produit des rhizomes souterrains qui relient les plantes, ferment les espaces libres et renforcent mécaniquement le tapis.

Au Maroc, son développement doit être organisé principalement pendant les périodes fraîches. Les fortes chaleurs estivales peuvent ralentir la croissance, augmenter la consommation d’eau et affaiblir les racines. La production sera donc plus sécurisée dans les régions fraîches, en altitude ou lorsque la récolte peut être programmée avant les épisodes de chaleur intense.

Principe central : le pâturin des prés germe lentement, mais forme progressivement un tapis rhizomateux très cohésif. La qualité finale dépend davantage de la régularité du semis, de la patience et de l’enracinement que d’une fertilisation azotée excessive.

Accès rapide à l’itinéraire technique

Objectif de productionChoisir les cultivarsPâturin pur ou mélangeChoisir la parcellePréparer le solRéaliser le semisProgramme d’irrigationProgramme de fertilisationTonte et densificationGestion du feutreAdventices et puretéProtection phytosanitaireMaturité des plaquesRécolte et transportRégénérationCalendrier technique

Produire des plaques de pâturin denses et cohésives

Le pâturin des prés est particulièrement intéressant pour la production de plaques grâce à son port rhizomateux. Les rhizomes se développent horizontalement sous la surface, produisent de nouvelles pousses et relient progressivement les différents plants issus du semis.

Une plaque commercialisable doit présenter :

  • une identité variétale connue et traçable ;
  • une levée homogène sur l’ensemble de la parcelle ;
  • une densité élevée de feuilles et de pousses ;
  • un réseau continu de racines et de rhizomes ;
  • une surface parfaitement nivelée ;
  • une faible épaisseur de feutre ;
  • une absence d’adventices et de gazons étrangers ;
  • une résistance suffisante à la découpe, au roulage et au déroulement.
CritèrePâturin des présFétuque ou ray-grass cespiteux
Mode d’implantationPrincipalement par semencesPar semences
Vitesse de germinationLente, souvent deux à trois semainesPlus rapide, surtout pour le ray-grass
Croissance latéraleImportante grâce aux rhizomesFaible pour les types cespiteux
Cohésion des plaquesTrès bonne après maturation complètePrincipalement assurée par les racines
RécupérationPossible grâce aux rhizomes restantsFaible sans nouveau semis

Cette capacité de récupération ne doit pas conduire à une récolte trop profonde. Si la majorité des rhizomes et des bourgeons est retirée avec les plaques, la régénération de la parcelle sera lente et irrégulière.

Choisir des cultivars de pâturin adaptés au gazon

Les cultivars de Poa pratensis présentent des différences importantes de couleur, de finesse, de densité, de vitesse d’établissement, de résistance aux maladies et de tolérance à la chaleur.

Critères de sélection

  • cultivar clairement identifié ;
  • origine et numéro du lot ;
  • pureté spécifique et variétale ;
  • taux de germination ;
  • capacité de production de rhizomes ;
  • vitesse de fermeture du couvert ;
  • tolérance à la chaleur et au déficit hydrique ;
  • résistance aux maladies foliaires et racinaires ;
  • finesse et couleur du feuillage ;
  • adaptation à la hauteur de tonte recherchée.

Mélanger plusieurs cultivars de pâturin

Un mélange de trois à cinq cultivars peut améliorer la stabilité agronomique du produit. Certains cultivars peuvent mieux tolérer la chaleur, tandis que d’autres apportent une couleur plus foncée, une densité supérieure ou une meilleure résistance sanitaire.

Les cultivars mélangés doivent conserver une apparence proche. Des différences importantes de couleur ou de vitesse de croissance pourraient produire des plaques visuellement irrégulières.

Calculer les semences pures germantes

Le poids brut de semences ne correspond pas toujours au nombre de graines capables de produire une plante. La dose doit tenir compte de la pureté et de la germination :

Semences pures germantes = poids du lot × pureté × germination

Un lot présentant 98 % de pureté et 85 % de germination fournit environ 83 % de semences pures germantes. La dose brute devra être ajustée pour obtenir la population recherchée.

Produire du pâturin pur ou un mélange avec d’autres graminées

Plaques de pâturin des prés pur

La production pure permet d’obtenir un tapis homogène, fin et fortement rhizomateux. Elle demande cependant un calendrier suffisamment long pour compenser la lenteur de la germination et de l’installation initiale.

Une production pure exige :

  • un lit de semence parfaitement préparé ;
  • une semence de haute qualité ;
  • un semis extrêmement uniforme ;
  • une irrigation précise pendant plusieurs semaines ;
  • un contrôle rigoureux des adventices ;
  • un cycle suffisamment long pour développer les rhizomes.

Mélange pâturin et ray-grass anglais

Une faible proportion de ray-grass anglais peut accélérer la couverture initiale et protéger le sol. Le ray-grass germe toutefois beaucoup plus rapidement et peut concurrencer le pâturin s’il est utilisé en quantité excessive.

Dans un mélange de production, une base indicative peut comprendre :

  • 80 à 90 % de pâturin des prés en poids ;
  • 10 à 20 % de ray-grass anglais en poids.

Cette composition doit être recalibrée selon le nombre de graines, les cultivars et le produit final recherché.

Mélange pâturin et fétuque élevée

Une faible proportion de pâturin est souvent intégrée aux mélanges de fétuque afin d’améliorer leur cohésion. Pour produire principalement une plaque de pâturin, la fétuque doit rester minoritaire, sinon elle peut modifier fortement la texture et la hauteur de tonte.

Transparence commerciale : le nom du produit doit correspondre à sa composition réelle. Une plaque contenant plusieurs espèces ne doit pas être commercialisée comme un pâturin pur.

Choisir une parcelle adaptée au pâturin des prés

Le pâturin se développe mieux dans un sol fertile, bien drainé et régulièrement irrigué. La parcelle doit permettre une implantation automnale et une récolte avant que la chaleur ne réduise fortement la croissance.

Critères principaux

  • terrain plat ou faiblement pentu ;
  • sol profond et correctement drainé ;
  • absence de pierres gênant la récolteuse ;
  • absence de stagnation prolongée en hiver ;
  • eau d’irrigation disponible et analysée ;
  • accès facile aux semoirs, tondeuses et récolteuses ;
  • faible infestation initiale par les adventices vivaces ;
  • possibilité de récolter et charger sans compacter la parcelle ;
  • capacité de maintenir le gazon pendant les périodes chaudes.

Analyse du sol

L’analyse doit au minimum renseigner :

  • la texture et la profondeur utile ;
  • le pH ;
  • la conductivité électrique ;
  • la matière organique ;
  • le phosphore et le potassium assimilables ;
  • le calcium et le magnésium ;
  • la présence d’un horizon compacté ;
  • les besoins éventuels en amendements.

Analyse de l’eau

  • conductivité électrique ;
  • pH ;
  • sodium ;
  • chlorures ;
  • bicarbonates ;
  • éléments pouvant colmater les asperseurs ou les filtres.

Le pâturin des prés peut entrer en dormance sous déficit hydrique, mais une parcelle destinée aux plaques ne doit pas subir des alternances répétées de dessèchement et de reprise. Ces stress réduisent l’enracinement et retardent la récolte.

Préparer un sol fin, ferme et parfaitement nivelé

La lenteur d’établissement rend la préparation initiale particulièrement importante. Une zone mal semée ou mal nivelée restera longtemps visible.

  1. Détruire les anciennes cultures et les adventices vivaces.
  2. Retirer les pierres, racines et déchets.
  3. Décompacter les horizons limitant les racines.
  4. Corriger les défauts de drainage.
  5. Incorporer les amendements justifiés par l’analyse.
  6. Affiner les premiers centimètres sans pulvériser le sol.
  7. Niveler avec précision.
  8. Raffermir avec un rouleau léger ou un cultipacker.
  9. Tester l’uniformité de l’irrigation.
  10. Corriger les dépressions avant le semis.

Contrôler la fermeté du terrain

Une empreinte de chaussure doit rester peu profonde. Un sol trop meuble provoque :

  • un enfouissement irrégulier des petites graines ;
  • des affaissements après les irrigations ;
  • des traces de roues ;
  • une hauteur de tonte irrégulière ;
  • des variations d’épaisseur au moment de la récolte.

Réaliser un semis homogène de pâturin des prés

Période de semis au Maroc

L’automne constitue généralement la fenêtre la plus sécurisante. Le sol conserve suffisamment de chaleur pour permettre la germination, tandis que la baisse des températures favorise ensuite la croissance des graminées de saison fraîche.

La date exacte doit être ajustée selon :

  • la région et l’altitude ;
  • les températures du sol ;
  • la durée probable de la saison fraîche ;
  • le risque de fortes chaleurs tardives ;
  • la disponibilité de l’eau ;
  • la date prévue de commercialisation.

Dose indicative

Pour une production pure, une dose d’environ 10 à 15 g/m², soit approximativement 100 à 150 kg/ha, constitue une base cohérente.

Une dose légèrement supérieure peut être testée lorsque :

  • la germination du lot est faible ;
  • la période de semis est tardive ;
  • le semoir manque de précision ;
  • un cycle de production court est recherché ;
  • les résultats des cycles précédents le justifient.

Une densité excessive peut augmenter l’humidité près du sol, la concurrence entre les jeunes plantes et la pression de certaines maladies. La dose doit donc être validée sur une parcelle pilote.

Méthode de semis

  1. Calibrer précisément le semoir.
  2. Diviser la quantité de semences en deux parties.
  3. Semer la première moitié dans un sens.
  4. Semer la seconde moitié perpendiculairement.
  5. Recouvrir très légèrement les graines.
  6. Maintenir la majorité des semences dans les premiers millimètres du sol.
  7. Rouler légèrement.
  8. Irriguer immédiatement avec une pluviométrie fine.

Germination et levée

Le pâturin des prés peut nécessiter environ deux à trois semaines pour germer. Pendant cette période, le lit de semence doit rester humide sans former de boue ni de croûte.

Une levée apparemment lente ne doit pas conduire à ressemer trop rapidement. Avant toute correction, vérifiez :

  • la température du sol ;
  • la profondeur des graines ;
  • la continuité de l’humidité ;
  • la germination indiquée sur le lot ;
  • la présence éventuelle d’une croûte de battance.

Contrôle de la levée

Cartographiez :

  • les zones bien levées ;
  • les manques ;
  • les amas de semences ;
  • les traces de ruissellement ;
  • les dépressions ;
  • les premières adventices ;
  • les secteurs mal irrigués.

Les corrections doivent être effectuées avant que les différences de développement deviennent importantes.

Programme d’irrigation du pâturin des prés

La petite taille des graines et la lenteur de la germination exigent une humidité régulière pendant plusieurs semaines. Après la levée, les arrosages doivent progressivement devenir plus profonds et espacés.

En pleine production, le besoin peut être calculé à partir de l’évapotranspiration :

ETc = ET₀ × Kc

Le résultat doit être corrigé selon le sol, la saison, les pluies utiles, la profondeur des racines et l’efficacité du réseau.

PhaseRythme indicatifObjectifVigilance
Jour du semisIrrigation fine immédiateHumidifier les premiers centimètresÉviter le déplacement des graines
GerminationDeux à quatre cycles courts par jourMaintenir la surface humideÉviter saturation, ruissellement et croûte
Après la levéeRéduire progressivement la fréquenceFavoriser l’enracinementNe pas laisser sécher les jeunes racines
Après les premières tontesApports plus profonds et espacésDévelopper les racines et les rhizomesContrôler l’humidité avant chaque tour
DensificationRemplacement raisonné de l’ETcMaintenir la croissance rhizomateuseFractionner sur les sols sableux
Période chaudeAdapter à l’ETc et au stress observéLimiter le stress thermiqueÉviter l’humidité nocturne prolongée
Avant récolteRéduire 24 à 48 heures avant la coupeRaffermir la couche de solNe pas provoquer de flétrissement
Après récolteIrrigation de récupérationRelancer les rhizomes et bourgeons conservésÉviter la saturation des tissus blessés

Adapter au type de sol

  • Sol sableux : volumes modérés et passages plus rapprochés.
  • Sol limoneux : irrigations plus profondes et espacées après l’enracinement.
  • Sol argileux : cycles fractionnés avec pauses d’infiltration.

Les petits arrosages quotidiens doivent être abandonnés après l’établissement. Ils favorisent un enracinement superficiel, le feutre et certaines maladies.

Programme de fertilisation du pâturin des prés

Le pâturin répond fortement à l’azote. Une fertilisation insuffisante peut ralentir la densification, tandis qu’une fertilisation excessive augmente la croissance foliaire, les tontes, les besoins en eau et le feutre.

PhaseAzote indicatifObjectifPrécautions
Au semis15 à 25 kg N/ha selon l’analyseAccompagner le démarrageÉviter une forte dose soluble avant la levée
Après la première tonte25 à 40 kg N/haStimuler le tallage et les rhizomesAppliquer sur sol humide puis irriguer
Densification automnale25 à 45 kg N/ha par apportFermer progressivement le couvertEspacer selon la couleur et la croissance
Reprise printanière25 à 40 kg N/haRelancer la croissance et l’enracinementNe pas produire un feuillage trop tendre
Période chaudeApports faibles ou suspendus selon le stressMaintenir sans forcer la croissanceÉviter l’azote rapidement disponible sous forte chaleur
Pré-récolteSuspendre les fortes doses 10 à 15 jours avant la coupeAméliorer la tenue et limiter l’échauffementNe pas récolter un gazon excessivement tendre

Une quantité totale d’environ 100 à 190 kg N/ha sur le cycle actif constitue une plage de pilotage. La valeur réelle dépend de la durée du cycle, du sol, des cultivars, des tontes et de la restitution des résidus.

Un apport unitaire ne devrait généralement pas dépasser environ 40 à 50 kg N/ha, surtout lorsque la fraction rapidement disponible est importante.

Phosphore et potassium

Les apports doivent être décidés après analyse. Lorsque des insuffisances sont confirmées :

  • P₂O₅ : environ 30 à 70 kg/ha avant ou au moment du semis ;
  • K₂O : environ 80 à 160 kg/ha sur le cycle, fractionnés ;
  • magnésium et soufre : selon les résultats analytiques ;
  • micronutriments : uniquement après diagnostic.

Fertigation

La fertigation facilite le fractionnement, particulièrement sur les sols sableux. Elle exige :

  • une bonne uniformité du réseau ;
  • l’enregistrement des unités réellement injectées ;
  • le contrôle du pH et de la conductivité ;
  • le rinçage des conduites ;
  • la limitation du drainage profond après l’injection.

Tonte et stimulation de la densification

La tonte favorise le tallage et contribue à former une surface homogène. Une coupe trop basse réduit la masse racinaire et peut affaiblir le tapis pendant les périodes chaudes.

Première tonte

La première tonte doit intervenir lorsque :

  • la majorité des plantes a atteint environ 70 à 90 mm ;
  • les racines résistent à une légère traction ;
  • le sol porte la machine sans créer d’ornières ;
  • le feuillage et la surface sont secs ;
  • les lames sont parfaitement affûtées.

Hauteur de production

Une hauteur comprise approximativement entre 50 et 75 mm constitue une base cohérente pour une production paysagère de qualité.

Une hauteur plus basse peut être utilisée pour certains produits sportifs, à condition de disposer :

  • d’un cultivar adapté ;
  • d’un nivellement précis ;
  • d’une tondeuse hélicoïdale ;
  • d’une fréquence de tonte élevée ;
  • d’une nutrition et d’une irrigation parfaitement maîtrisées.

Ne retirez jamais plus d’un tiers du feuillage lors d’une seule tonte.

Fréquence indicative

  • croissance très active : deux tontes par semaine ;
  • croissance normale : une tonte tous les cinq à sept jours ;
  • ralentissement hivernal : suivre la pousse réelle ;
  • forte chaleur : espacer et conserver une hauteur supérieure.

Gestion des résidus

Les résidus fins peuvent être restitués lorsqu’ils sont répartis uniformément. Les amas doivent être retirés afin d’éviter l’étouffement, l’humidité prolongée et les zones jaunes.

Maîtriser le feutre du pâturin des prés

La croissance des rhizomes et la fertilisation intensive peuvent entraîner une accumulation de matière organique entre le sol et la partie verte.

Un feutre excessif peut :

  • rendre la surface spongieuse ;
  • réduire l’infiltration de l’eau ;
  • maintenir une humidité prolongée ;
  • favoriser certaines maladies ;
  • affaiblir la liaison entre le tapis et le sol ;
  • augmenter l’échauffement après la récolte.

Mesures de prévention

  • fractionner l’azote ;
  • éviter les irrigations superficielles permanentes ;
  • tondre régulièrement ;
  • retirer les amas de résidus ;
  • aérer les secteurs compactés ;
  • effectuer un verticut léger pendant la croissance active ;
  • réaliser de fins apports de sable compatible si nécessaire.

Les interventions agressives doivent être terminées suffisamment tôt avant la récolte pour permettre au tapis de retrouver sa cohésion.

Maintenir la pureté et contrôler les adventices

La lenteur de la levée laisse initialement le sol exposé aux adventices. La prévention doit donc commencer avant le semis.

Avant l’implantation

  • détruire les vivaces et leurs organes souterrains ;
  • réaliser un faux semis lorsque le calendrier le permet ;
  • utiliser des semences contrôlées ;
  • nettoyer le semoir et les machines ;
  • maintenir les bordures propres ;
  • éviter l’apport de terre contaminée.

Adventices prioritaires

  • pâturin annuel ;
  • ray-grass annuel ou d’Italie ;
  • graminées estivales ;
  • souchets et autres cypéracées ;
  • dicotylédones à croissance rapide ;
  • repousses de gazons de saison chaude.

Le pâturin annuel peut être difficile à distinguer au début. Il produit souvent une couleur plus claire, des graines à faible hauteur et des plaques visuellement irrégulières.

Les foyers doivent être identifiés, cartographiés et éliminés avant leur dissémination.

Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire

Le pâturin des prés peut être sensible à plusieurs maladies lorsque la parcelle combine humidité prolongée, feutre, fertilisation élevée et températures défavorables.

Maladies à surveiller

  • taches foliaires et fonte du feuillage ;
  • rouilles ;
  • dollar spot ;
  • anneaux ou dépérissements racinaires ;
  • pourriture des racines et des couronnes ;
  • maladies favorisées par la chaleur et l’humidité.

Prévention agronomique

  • maintenir un drainage fonctionnel ;
  • irriguer tôt dans la journée ;
  • éviter l’humidité nocturne prolongée ;
  • fractionner l’azote ;
  • limiter les fortes doses au printemps et en été ;
  • maîtriser le feutre ;
  • utiliser des lames affûtées ;
  • éviter la compaction.

Ravageurs à surveiller

  • vers blancs et autres larves du sol ;
  • chenilles défoliatrices ;
  • insectes attaquant les racines ou les couronnes ;
  • nématodes sur les sols sableux ;
  • ravageurs des jeunes semis.

Un jaunissement peut également provenir d’une irrigation irrégulière, d’une salinité excessive, d’une carence, d’une brûlure d’engrais ou d’une tonte trop basse.

Protection phytosanitaire au Maroc

Avant toute utilisation, vérifiez la culture, l’usage, l’organisme nuisible, la matière active, la dose et la validité de l’autorisation dans l’index phytosanitaire officiel de l’ONSSA. En cas de doute, seules les attestations officielles d’homologation ou d’autorisation de vente font foi.

Reconnaître une plaque de pâturin prête à récolter

Le pâturin peut présenter une belle couleur avant d’avoir développé suffisamment de rhizomes. La récolte doit donc être décidée à partir de tests mécaniques.

Critères de maturité

  • couverture proche de 100 % ;
  • surface dense et homogène ;
  • absence de zones récemment ressemées ;
  • réseau continu de racines et de rhizomes ;
  • feutre maîtrisé ;
  • sol ferme mais non desséché ;
  • absence d’adventices commercialement inacceptables ;
  • plaque capable de supporter la manutention.

Test de traction

Soulevez légèrement le tapis et exercez une traction progressive. Une parcelle mature oppose une résistance importante grâce à son réseau rhizomateux.

Test de découpe et de déroulement

  1. Découper plusieurs bandes dans des zones différentes.
  2. Les soulever par une extrémité.
  3. Les rouler sans compression excessive.
  4. Les charger sur une palette.
  5. Les déplacer puis les dérouler.
  6. Observer les fissures, déchirures et pertes de terre.

La récolte doit être reportée si les bandes se déchirent, se séparent au niveau du feutre ou présentent une épaisseur irrégulière.

Découpe, conditionnement et transport

Préparer la récolte

  1. Confirmer la surface et les dimensions commandées.
  2. Contrôler la pureté et l’état sanitaire.
  3. Effectuer une dernière tonte homogène.
  4. Retirer les résidus en amas.
  5. Réduire l’irrigation 24 à 48 heures avant la coupe.
  6. Tester le réglage de la récolteuse.
  7. Préparer les palettes, le véhicule et l’équipe.

Épaisseur de découpe

Une épaisseur d’environ 15 à 25 mm peut servir de base. Elle doit être ajustée à la texture du sol, à la profondeur des rhizomes et à la résistance réelle des bandes.

  • une plaque trop fine se déchire et se dessèche rapidement ;
  • une plaque trop épaisse devient lourde ;
  • une coupe trop profonde enlève les rhizomes nécessaires à la régénération ;
  • une épaisseur irrégulière complique la pose.

Récolter pendant une période fraîche

La découpe doit être réalisée tôt le matin. Le pâturin est une graminée de saison fraîche et peut rapidement chauffer lorsqu’il reste comprimé dans des rouleaux ou des palettes.

Limiter l’échauffement

  • placer les palettes à l’ombre ;
  • limiter la hauteur des piles ;
  • ventiler le véhicule ;
  • éviter de détremper les plaques ;
  • réduire la durée entre la récolte et la pose ;
  • adapter la quantité livrée à la capacité du chantier.

Régénérer la parcelle après la récolte

Le pâturin peut se régénérer à partir des rhizomes et des bourgeons restés dans le sol. Cette capacité dépend directement de la profondeur de coupe et de la proportion d’organes végétatifs conservés.

  1. Retirer les déchets et les bandes incomplètes.
  2. Corriger les ornières laissées par les machines.
  3. Niveler les secteurs irréguliers.
  4. Ajouter une terre compatible lorsque le niveau a trop baissé.
  5. Irriguer pour relancer les rhizomes restants.
  6. Attendre la reprise avant le principal apport azoté.
  7. Ressemer les zones dépourvues de bourgeons.
  8. Surveiller les adventices dans les espaces ouverts.
  9. Reprendre progressivement la tonte.

Une nouvelle récolte ne doit être programmée qu’après reconstitution d’un tapis homogène, dense et mécaniquement résistant.

Gestion du capital sol : chaque récolte exporte une couche de terre. Le producteur doit surveiller la perte de niveau, la structure et la fertilité de la parcelle sur plusieurs cycles.

Calendrier technique indicatif

PhaseTravaux principauxPoints de contrôle
Préparation estivaleAnalyses, désherbage, drainage, décompaction et nivellementStructure, pureté et irrigation
Semis automnalSemis croisé, couverture légère, roulage et irrigationDose, profondeur et contact avec le sol
GerminationIrrigations courtes et fréquentes pendant deux à trois semainesHumidité, croûte et adventices
Jeune gazonPremière tonte, fertilisation légère et réduction progressive de l’eauEnracinement et tallage
Densification hivernaleTontes, nutrition fractionnée et contrôle des adventicesDensité, pureté et drainage
Croissance printanièreFertilisation modérée, tonte et contrôle du feutreRhizomes, racines et état sanitaire
Pré-récolteDernière tonte, réduction de l’eau et essais de découpeRésistance, humidité et homogénéité
RécolteDécoupe, roulage, empilage, chargement et livraisonÉpaisseur, température et délai de pose
RégénérationNivellement, irrigation, ressemis localisé et nutrition de repriseRhizomes conservés, adventices et fermeture

Indicateurs techniques et économiques à enregistrer

  • cultivars et composition exacte du mélange ;
  • pureté et germination des semences ;
  • dose brute et dose de semences pures germantes ;
  • date et conditions du semis ;
  • date de début et de fin de germination ;
  • pourcentage de couverture ;
  • quantités d’eau appliquées ;
  • unités de N, P₂O₅ et K₂O ;
  • fréquence et hauteur des tontes ;
  • épaisseur du feutre ;
  • adventices et problèmes sanitaires ;
  • date de réussite du test de cohésion ;
  • épaisseur et dimensions des plaques ;
  • surface commercialisée ;
  • pertes pendant la découpe ;
  • quantité de sol exportée ;
  • délai de régénération après récolte.

Les 9 points essentiels pour produire des plaques de pâturin

  1. Utiliser des cultivars de pâturin de type gazon, purs et traçables.
  2. Préparer un sol parfaitement nivelé, ferme et drainé.
  3. Semer régulièrement pendant la période fraîche.
  4. Maintenir l’humidité pendant toute la germination, qui reste lente.
  5. Espacer progressivement les irrigations après la levée.
  6. Fractionner l’azote afin de stimuler les rhizomes sans créer trop de feutre.
  7. Contrôler rapidement le pâturin annuel et les graminées étrangères.
  8. Valider la cohésion par des tests de traction et de déroulement.
  9. Préserver suffisamment de rhizomes pour permettre la régénération.

Produire une plaque naturellement renforcée par les rhizomes

La production de plaques de pâturin des prés constitue le onzième itinéraire du dossier consacré à la production de gazon au Maroc. Elle complète les itinéraires consacrés à la fétuque élevée et au ray-grass anglais.

Pour comparer les espèces, leurs usages et leur adaptation climatique, consultez également la page centrale Gazon Maroc.

Références techniques

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