La production de stolons de Bermuda Grass repose sur une parcelle mère pure, vigoureuse et parfaitement maîtrisée. Contrairement à la production de plaques, l’objectif n’est pas de récolter un tapis enraciné avec une couche de sol, mais un matériel végétatif frais, riche en nœuds vivants et capable de reprendre rapidement après sa plantation.

Le produit commercial peut comprendre des stolons aériens, des fragments de rhizomes, des bourgeons de couronne et quelques racines. Dans les références techniques anglophones, cet ensemble est généralement appelé sprigs. Cette distinction est importante : un simple volume de tiges vertes sans nœuds viables, desséché ou contaminé par des adventices ne constitue pas un matériel de plantation de qualité.
Principe central : la valeur commerciale des stolons dépend davantage de leur pureté variétale, de leur fraîcheur, du nombre de nœuds viables et de leur capacité d’enracinement que de leur poids brut.
Accès rapide à l’itinéraire technique
Plaques ou stolonsChoisir le cultivarCréer la parcelle mèreImplanter le BermudaProgramme d’irrigationProgramme de fertilisationTonte et stimulationPureté et adventicesProtection sanitaireMaturité des stolonsRécolteConditionnementConseils de plantationRégénérationCalendrier technique
Production de plaques et production de stolons : deux métiers différents
Une parcelle de plaques doit former un tapis dense et cohésif pouvant être découpé avec une fine couche de sol. Une parcelle destinée aux stolons doit surtout produire rapidement des tiges végétatives longues, saines et riches en nœuds capables de former de nouvelles racines.
| Critère | Plaques de Bermuda | Stolons de Bermuda |
|---|---|---|
| Produit vendu | Tapis enraciné avec une couche régulière de sol | Fragments végétatifs comprenant des nœuds vivants |
| Objectif cultural | Densité, enracinement et résistance mécanique | Allongement végétatif, multiplication des nœuds et vigueur |
| Sol récolté | Oui, en fine couche | Très peu ou pas de sol selon la méthode |
| Conditionnement | Bandes ou rouleaux empilés sur palettes | Sacs respirants, caisses ou contenants ventilés |
| Délai d’utilisation | Très court après découpe | Plantation immédiate fortement recommandée |
L’itinéraire consacré aux tapis prêts à poser est détaillé dans le guide sur la production de plaques de Bermuda Grass.
Choisir un cultivar adapté à la multiplication végétative
Le Bermuda Grass regroupe plusieurs espèces, hybrides et cultivars du genre Cynodon. Certains peuvent être implantés par graines, tandis que de nombreux cultivars fins destinés aux terrains sportifs et aux aménagements haut de gamme doivent être multipliés végétativement.
Avant de créer une parcelle mère, le producteur doit connaître :
- le nom exact du cultivar ;
- son origine et sa traçabilité ;
- la finesse du feuillage ;
- sa vitesse de croissance latérale ;
- sa résistance au piétinement ;
- sa sensibilité au froid et à la salinité ;
- sa hauteur de tonte recommandée ;
- sa destination commerciale : jardin, sport ou espace public.
Il faut éviter de mélanger du Bermuda commun, des hybrides fins ou d’autres graminées dans une même parcelle. Après plusieurs cycles de multiplication, une contamination initialement limitée peut devenir impossible à éliminer économiquement.
Pour comparer les caractéristiques de l’espèce, consultez également le guide consacré au Bermuda Grass au Maroc.
Créer une parcelle mère pure et productive
La parcelle mère est la source de tout le matériel végétatif commercialisé. Elle doit être conduite comme un véritable stock végétal et non comme une pelouse ordinaire.
Critères de choix
- ensoleillement direct pendant la plus grande partie de la journée ;
- sol bien drainé et sans stagnation prolongée ;
- terrain accessible aux machines de tonte et de récolte ;
- irrigation disponible pendant toute la période active ;
- absence d’adventices vivaces difficiles à éliminer ;
- distance suffisante avec les autres cultivars de gazon ;
- possibilité de nettoyer le matériel avant son entrée dans la parcelle.
Analyses préalables
Réalisez une analyse du sol et de l’eau avant l’installation. Les résultats doivent permettre de piloter :
- le pH et les amendements éventuels ;
- le phosphore et le potassium disponibles ;
- la matière organique ;
- la salinité du sol et de l’eau ;
- le sodium et les bicarbonates ;
- le drainage et le risque de lessivage ;
- les besoins en calcium, magnésium et soufre.
Les déficiences en phosphore et en potassium sont plus facilement corrigées avant l’implantation, lors de la préparation du sol. Les apports ultérieurs doivent ensuite être ajustés aux analyses et aux exportations réelles.
Isolement et traçabilité
Chaque parcelle doit recevoir un numéro et une fiche indiquant :
- l’origine du matériel initial ;
- le cultivar déclaré ;
- la date de plantation ;
- les parcelles voisines ;
- les interventions culturales ;
- les dates et quantités récoltées ;
- les observations de pureté et de santé.
Implanter la parcelle mère de Bermuda Grass
L’implantation doit être réalisée pendant une période où les températures permettent une croissance active. Le sol doit être réchauffé, humide mais non saturé, et les risques de froid tardif doivent être écartés.
Préparation du lit de plantation
- Détruire les adventices et les repousses de l’ancienne culture.
- Décompacter si les racines rencontrent une couche dure.
- Incorporer les amendements nécessaires.
- Affiner et niveler la surface.
- Raffermir avec un rouleau ou un cultipacker.
- Tester l’uniformité du système d’irrigation.
- Humidifier le sol avant la plantation sans créer de boue.
Plantation en lignes
Une planteuse spécialisée peut déposer les fragments dans des sillons réguliers, les couvrir légèrement puis raffermir la terre avec des roues de pression. Cette méthode facilite la maîtrise de la profondeur et réduit l’exposition des nœuds au dessèchement.
Plantation par répartition en surface
Les stolons peuvent également être répartis uniformément, incorporés superficiellement puis roulés. La réussite dépend alors fortement de l’homogénéité de distribution et de la rapidité d’intervention.
Profondeur de plantation
Les fragments ne doivent pas être enterrés profondément. Une partie des tiges peut rester visible, tandis que plusieurs nœuds doivent être placés au contact d’un sol humide. Une implantation trop profonde ralentit la reprise et augmente les risques de pourriture.
Qualité du matériel initial
Utilisez des fragments :
- fraîchement récoltés ;
- non chauffés à l’intérieur d’une pile ;
- protégés du vent et du soleil ;
- riches en nœuds et en bourgeons vivants ;
- sans terre contaminée ni adventices ;
- sans symptômes de maladies ou de ravageurs.
Organisation recommandée : préparez la parcelle, le réseau d’irrigation et l’équipe avant de récolter les stolons. Le matériel végétatif ne doit pas attendre pendant que le terrain est encore en préparation.
Programme d’irrigation de la parcelle mère
L’irrigation doit répondre à deux objectifs successifs : sécuriser la reprise des fragments, puis favoriser une croissance végétative régulière sans maintenir en permanence la surface saturée.
Après l’enracinement, le pilotage peut s’appuyer sur l’évapotranspiration :
ETc = ET₀ × Kc
Les volumes doivent ensuite être corrigés selon la texture du sol, le vent, la température, la salinité, les pluies efficaces et la profondeur réelle des racines.
| Phase | Fréquence indicative | Objectif | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Jour de plantation | Arrosage immédiat | Mettre les nœuds en contact avec un sol humide | Éviter ruissellement et déplacement des fragments |
| Jours 1 à 10 | Deux à cinq cycles courts par jour selon le climat | Éviter le dessèchement des nœuds superficiels | Réduire si le sol reste saturé ou si des algues apparaissent |
| Jours 10 à 30 | Un cycle quotidien, puis un jour sur deux | Encourager la descente des racines | Augmenter la dose et espacer progressivement |
| Couverture de la parcelle | Tous les deux à quatre jours selon le sol | Maintenir une croissance latérale régulière | Vérifier l’humidité avant chaque nouveau tour |
| Pleine production | Environ 25 à 45 mm par semaine, à ajuster par l’ETc | Produire des stolons vigoureux sans enracinement superficiel permanent | Fractionner sur les sols sableux et en période très chaude |
| Avant récolte | Maintenir la vigueur sans détremper la parcelle | Faciliter la récolte et limiter la terre collée | Ne pas laisser les tiges flétrir |
| Après récolte | Irrigation rapide de récupération | Relancer les bourgeons, rhizomes et nœuds restants | Éviter un excès d’eau sur les tissus blessés |
Adapter au sol
- Sol sableux : doses plus faibles et tours plus rapprochés.
- Sol limoneux : apports plus espacés avec contrôle du drainage.
- Sol argileux : cycles fractionnés pour éviter ruissellement et asphyxie.
Une fois la parcelle enracinée, les irrigations légères et quotidiennes doivent être évitées. Elles favorisent les racines superficielles, certaines adventices, le feutre et les maladies liées à l’humidité.
Programme de fertilisation pour produire des stolons
La fertilisation doit soutenir la multiplication des tiges et des nœuds sans produire un feuillage excessivement tendre. Les fortes doses d’azote augmentent rapidement la biomasse, mais peuvent également accroître les besoins en eau, les tontes, le feutre et les risques sanitaires.
| Phase | Azote indicatif | Objectif | Précautions |
|---|---|---|---|
| Implantation | 0 à 30 kg N/ha selon l’analyse | Soutenir la reprise sans nourrir excessivement les adventices | Éviter une forte dose avant l’apparition de nouvelles racines |
| Reprise confirmée | 25 à 40 kg N/ha | Stimuler la croissance latérale | Appliquer sur sol humide et irriguer après l’apport |
| Pleine multiplication | 25 à 45 kg N/ha toutes les trois à cinq semaines | Maintenir la production de tiges et de nouveaux nœuds | Réduire si les tissus deviennent mous ou trop aqueux |
| Après récolte | 25 à 40 kg N/ha après reprise visible | Accélérer la reconstitution de la parcelle mère | Ne pas fertiliser fortement une parcelle stressée ou sèche |
Sur une saison active, la quantité totale d’azote pourra généralement se situer dans une plage indicative de 150 à 250 kg N/ha, selon le nombre de récoltes, la durée de croissance, le sol et le niveau de rendement recherché.
Phosphore et potassium
Les apports doivent être décidés à partir de l’analyse du sol. À titre de grille de départ lorsque des déficiences sont confirmées :
- P₂O₅ : environ 40 à 80 kg/ha à l’implantation ;
- K₂O : environ 100 à 200 kg/ha sur le cycle, fractionnés ;
- magnésium et soufre : uniquement lorsque les analyses ou les symptômes indiquent un besoin.
Le potassium accompagne la résistance au stress et la qualité des tissus, mais un apport excessif n’améliore pas automatiquement la production.
Fertigation
La fertigation facilite le fractionnement, particulièrement sur les sols sableux. Elle doit être accompagnée par :
- le contrôle de l’uniformité du réseau ;
- l’enregistrement des unités réellement injectées ;
- la mesure du pH et de la conductivité ;
- le rinçage du réseau après injection ;
- la surveillance du lessivage et de la salinité.
Tonte et stimulation de la croissance végétative
La gestion de la hauteur influence fortement la qualité des stolons. Une tonte régulière favorise la ramification et maintient une parcelle accessible, mais une coupe trop basse ou trop fréquente réduit les réserves de la plante.
Principes de conduite
- commencer lorsque le sol supporte le passage des machines ;
- utiliser des lames propres et bien affûtées ;
- ne pas retirer plus d’un tiers du feuillage en une seule intervention ;
- adapter la hauteur au cultivar et à la machine de récolte ;
- éviter les tontes sévères immédiatement avant une récolte ;
- retirer les amas de résidus qui pourraient masquer des contaminations.
Une hauteur comprise approximativement entre 20 et 40 mm constitue une base pratique pour de nombreuses parcelles mères, mais elle doit être adaptée au cultivar et à la méthode de récolte.
Aération et décompactage
Le passage répété des machines peut compacter le sol. Une aération réalisée pendant la croissance active peut améliorer l’infiltration et le renouvellement des racines.
Évitez toutefois les opérations agressives juste avant la récolte. Elles peuvent couper une partie du matériel commercialisable et augmenter la présence de terre dans les lots.
Gestion du feutre
Un feutre épais retient l’humidité, complique la récolte et peut abriter des ravageurs ou des agents pathogènes. Sa maîtrise repose sur :
- la réduction des excès d’azote ;
- des irrigations adaptées ;
- le verticut pendant la période active ;
- l’aération ;
- l’évacuation des résidus trop abondants.
Maintenir la pureté variétale de la parcelle
La présence de gazons étrangers est l’un des principaux risques économiques. Le matériel récolté est destiné à multiplier la parcelle du client : toute contamination sera donc également multipliée.
Mesures préventives
- séparer physiquement les différents cultivars ;
- nettoyer les récolteuses, remorques et tondeuses ;
- commencer les travaux par les parcelles les plus pures ;
- arracher les foyers avant leur extension ;
- maintenir les bordures et les chemins propres ;
- interdire l’entrée de terre ou de déchets provenant d’autres parcelles ;
- inspecter la parcelle avant chaque récolte.
Adventices problématiques
La vigilance doit être renforcée contre :
- les graminées vivaces difficiles à distinguer du Bermuda ;
- les cypéracées ;
- les plantes à rhizomes ou tubercules ;
- les adventices produisant rapidement des graines ;
- les repousses d’autres cultivars de gazon.
Un lot contaminé doit être isolé. Il ne doit pas être mélangé avec un matériel certifié ou vendu comme pur.
Maladies, ravageurs et protection phytosanitaire
Le matériel végétatif peut transporter des organismes nuisibles d’une exploitation vers une autre. La surveillance sanitaire de la parcelle mère est donc essentielle.
Risques liés aux pratiques culturales
- excès d’humidité et mauvais drainage ;
- irrigations tardives prolongeant l’humectation du feuillage ;
- fortes doses d’azote rapidement disponible ;
- feutre épais ;
- compaction ;
- outils contaminés ;
- blessures répétées lors des récoltes.
Surveillance des ravageurs
Inspectez régulièrement :
- les racines des zones jaunissantes ;
- les couronnes et les nœuds ;
- les foyers de dépérissement irrégulier ;
- la présence de larves ou de vers blancs ;
- les tiges dont l’extrémité se dessèche ;
- les secteurs présentant une faible reprise après récolte.
Attention particulière aux nématodes
Sur les sols très sableux, certains nématodes peuvent fortement réduire le système racinaire. Ils peuvent aussi être déplacés avec le sol, les racines et les fragments végétatifs. Une parcelle suspecte doit être analysée avant la commercialisation de son matériel.
Avant toute intervention, vérifiez la culture, l’usage, l’organisme nuisible, la dose et la validité de l’autorisation dans l’index phytosanitaire officiel de l’ONSSA. Une matière active citée dans une documentation étrangère n’est pas automatiquement autorisée au Maroc.
Reconnaître une parcelle prête à produire des stolons
La première récolte ne doit pas être réalisée uniquement parce que les tiges paraissent longues. La parcelle doit avoir développé suffisamment de rhizomes et de points de croissance pour se régénérer après l’enlèvement d’une partie de la végétation.
Critères de maturité
- couverture régulière et vigoureuse ;
- cultivar identifiable et homogène ;
- absence d’adventices visibles ;
- grand nombre de tiges comportant plusieurs nœuds ;
- nœuds fermes et non desséchés ;
- présence de bourgeons actifs ;
- racines saines et claires ;
- réserves végétatives suffisantes pour la régénération.
Test de reprise
Avant de commercialiser un nouveau lot, prélevez plusieurs échantillons représentatifs et plantez-les dans un petit carré témoin. Contrôlez :
- le nombre de nœuds qui produisent de nouvelles racines ;
- la vitesse d’émission des nouvelles feuilles ;
- la présence éventuelle d’adventices ;
- l’homogénéité variétale ;
- les symptômes apparaissant après quelques jours.
Récolter les stolons de Bermuda Grass
La récolte peut être réalisée avec un équipement spécialisé, un verticutter adapté, une récolteuse de fragments végétatifs ou une combinaison de coupe et de ramassage. Le choix dépend de la surface, du cultivar et du volume commercial recherché.
Préparer la récolte
- Inspecter la parcelle et retirer les foyers d’adventices.
- Vérifier que le client est prêt à planter.
- Préparer les contenants et le véhicule.
- Planifier la quantité nécessaire.
- Choisir une période fraîche de la journée.
- Éviter une parcelle détrempée ou fortement flétrie.
- Nettoyer et désinfecter le matériel si nécessaire.
Profondeur et intensité
La récolte doit retirer une partie suffisante des stolons et éventuellement quelques rhizomes, tout en laissant assez de bourgeons, de racines et de réserves pour reconstituer la parcelle.
Une récolte trop superficielle donne un lot léger et pauvre en points de reprise. Une récolte trop agressive dégrade la parcelle mère et allonge fortement le délai avant le cycle suivant.
Moment de la journée
Récoltez de préférence tôt le matin, après disparition de l’excès d’eau superficielle. Le matériel doit être immédiatement placé à l’ombre.
Trier, conditionner et transporter les stolons
Tri du matériel
Après récolte, retirez :
- les parties sèches ou mortes ;
- les grosses mottes de terre ;
- les adventices ;
- les résidus étrangers ;
- les fragments présentant des symptômes sanitaires ;
- les tiges sans nœuds utilisables.
Unité commerciale
Le produit peut être vendu au poids frais, au volume ou selon une surface théorique d’implantation. Le poids seul reste imparfait, car il varie avec l’humidité et la quantité de terre.
Chaque exploitation doit donc étalonner ses lots en mesurant :
- le poids frais moyen ;
- le volume apparent ;
- le nombre moyen de fragments ;
- le nombre de nœuds viables ;
- la surface couverte selon la méthode de plantation.
Étiquette du lot
Chaque livraison devrait indiquer :
- le cultivar ;
- le numéro de la parcelle mère ;
- la date et l’heure de récolte ;
- le poids ou le volume ;
- la surface indicative de plantation ;
- la méthode de conservation ;
- les instructions de plantation immédiate.
Éviter le dessèchement et l’échauffement
Les stolons doivent rester légèrement humides, mais ne doivent pas être enfermés dans un contenant étanche et détrempé. La respiration végétale peut entraîner une montée rapide de la température.
- utiliser des contenants respirants ;
- placer les lots à l’ombre ;
- limiter la hauteur des piles ;
- ventiler le véhicule ;
- ne pas laisser les sacs au soleil ;
- livrer et planter le jour même.
Fournir un protocole de plantation au client
La qualité du matériel ne garantit pas la réussite si la plantation est tardive ou mal exécutée. Chaque livraison doit donc être accompagnée d’instructions précises.
Étapes recommandées
- Préparer et niveler le sol avant la livraison.
- Humidifier légèrement le lit de plantation.
- Répartir les fragments uniformément.
- Les incorporer superficiellement.
- Maintenir plusieurs nœuds au contact du sol.
- Rouler légèrement.
- Irriguer immédiatement.
- Maintenir la surface humide pendant la reprise.
- Réduire progressivement la fréquence après l’enracinement.
Densité de plantation
Les références internationales utilisent parfois le boisseau comme unité de volume. Elles indiquent souvent des densités plus faibles avec une planteuse spécialisée et plus élevées lorsque les fragments sont simplement répartis en surface.
Cette unité étant peu pratique au Maroc, le producteur doit établir sa propre correspondance entre :
- kilogrammes de stolons frais ;
- volume du contenant ;
- nombre moyen de nœuds ;
- surface plantée ;
- délai attendu avant fermeture du couvert.
Une densité forte accélère la couverture et réduit la période de concurrence avec les adventices, mais augmente le coût initial du matériel.
Régénérer la parcelle mère après chaque récolte
La parcelle doit être remise en production immédiatement après le passage de la récolteuse.
- Retirer les amas et les résidus inutilisables.
- Corriger les ornières et les irrégularités.
- Répartir les fragments restants sur les zones dégarnies.
- Rouler légèrement si le contact avec le sol est insuffisant.
- Irriguer sans saturer.
- Attendre la reprise visible avant l’apport azoté principal.
- Surveiller rapidement les adventices des zones ouvertes.
- Reprendre la tonte lorsque la croissance est uniforme.
Le délai entre deux récoltes dépend de la température, de l’eau, de la fertilité, de l’intensité de la coupe et du cultivar. Il ne faut pas imposer un calendrier fixe à une parcelle dont la couverture et les réserves ne sont pas reconstituées.
Calendrier technique indicatif
| Phase | Travaux | Contrôles |
|---|---|---|
| Avant implantation | Analyses, amendements, nettoyage, nivellement et irrigation | Pureté, drainage et uniformité du réseau |
| Plantation | Répartition ou plantation en lignes, couverture légère, roulage | Fraîcheur des fragments et contact des nœuds avec le sol |
| Semaines 1 à 4 | Irrigation de reprise, désherbage et premier apport fractionné | Enracinement et nouvelles pousses |
| Fermeture du couvert | Tontes, fertilisation, irrigation et contrôle des adventices | Pureté, densité et longueur des stolons |
| Pré-récolte | Test de reprise, inspection sanitaire et préparation logistique | Nœuds viables, absence de contamination et commande prête |
| Récolte | Coupe, tri, pesée, étiquetage et livraison | Température, humidité et durée de stockage |
| Après récolte | Remise en état, irrigation et fertilisation de récupération | Vitesse de régénération et adventices |
Indicateurs à enregistrer
- date de chaque récolte ;
- surface réellement récoltée ;
- poids et volume commercialisés ;
- nombre de contenants produits ;
- pourcentage de déchets éliminés ;
- quantité d’eau appliquée ;
- unités de N, P₂O₅ et K₂O ;
- temps de travail ;
- coût de la récolte et du transport ;
- délai de régénération ;
- résultats des tests de reprise ;
- réclamations ou échecs signalés par les clients.
Les 9 points essentiels de la production de stolons
- Conserver une parcelle mère pure et bien identifiée.
- Utiliser uniquement un matériel frais et riche en nœuds viables.
- Préparer un sol nivelé, fertile et bien drainé.
- Maintenir l’humidité pendant la reprise puis espacer l’irrigation.
- Fractionner l’azote pour stimuler la croissance sans fragiliser les tissus.
- Éliminer les adventices avant chaque récolte.
- Récolter sans épuiser les réserves de la parcelle mère.
- Protéger les stolons du dessèchement et de l’échauffement.
- Livrer un protocole précis de plantation au client.
Développer une production végétative professionnelle
La production de stolons de Bermuda Grass constitue le deuxième itinéraire du dossier consacré à la production de gazon au Maroc. Elle complète la production de plaques en proposant un matériel d’implantation plus léger et adapté aux grandes surfaces.
Pour comparer les variétés, les méthodes de plantation, les usages et les régions, consultez également la page centrale Gazon Maroc.


