La densité de plantation détermine le nombre d’arbres installés sur un hectare, leur espacement, leur accès à la lumière, leur concurrence pour l’eau et la facilité de circulation dans le verger. Une densité trop faible peut sous-utiliser la parcelle, tandis qu’une densité excessive peut compliquer la taille, l’irrigation, les traitements et la récolte.

Le choix des distances ne doit donc pas être réalisé uniquement à partir du nombre maximal d’arbres que la parcelle peut contenir. Il dépend de l’espèce fruitière, de la variété, du porte-greffe, de la fertilité du sol, de l’irrigation, du climat et du système de conduite prévu.
Ce guide présente la formule de calcul, les principales distances, le nombre théorique d’arbres par hectare et les critères permettant de construire un plan de plantation cohérent.
Avant de fixer les espacements, consultez notre guide sur les arbres fruitiers au Maroc. Vous pouvez ensuite comparer le prix des plants fruitiers au Maroc.
Densité de plantation : comment calculer le nombre d’arbres par hectare ?
Un hectare représente 10 000 m². Dans une plantation en lignes régulières, chaque arbre occupe une surface correspondant à la distance entre les rangs multipliée par la distance entre les arbres sur le rang.
Nombre théorique d’arbres par hectare = 10 000 ÷ (distance entre les rangs × distance entre les arbres).
Exemple avec un espacement de 5 mètres sur 4 mètres
Chaque arbre occupe :
5 m × 4 m = 20 m².
Le nombre théorique d’arbres par hectare est donc :
10 000 ÷ 20 = 500 arbres par hectare.
Ce résultat est théorique. Le nombre réellement planté peut être inférieur lorsque la parcelle comprend des pistes, un bassin, une station de pompage, un bâtiment, des marges de sécurité ou des zones non cultivables.
Tableau des distances et du nombre d’arbres par hectare
| Distance entre les rangs | Distance entre les arbres | Surface par arbre | Nombre théorique par hectare |
|---|---|---|---|
| 8 m | 8 m | 64 m² | Environ 156 arbres |
| 7 m | 7 m | 49 m² | Environ 204 arbres |
| 6 m | 6 m | 36 m² | Environ 277 arbres |
| 6 m | 5 m | 30 m² | Environ 333 arbres |
| 6 m | 4 m | 24 m² | Environ 416 arbres |
| 5 m | 5 m | 25 m² | 400 arbres |
| 5 m | 4 m | 20 m² | 500 arbres |
| 4 m | 4 m | 16 m² | 625 arbres |
| 4 m | 3 m | 12 m² | Environ 833 arbres |
| 4 m | 2 m | 8 m² | 1 250 arbres |
| 4 m | 1,5 m | 6 m² | Environ 1 666 arbres |
| 3,5 m | 1,5 m | 5,25 m² | Environ 1 904 arbres |
Ces résultats ne constituent pas des recommandations automatiques. Une même densité peut convenir à une variété peu vigoureuse et devenir excessive pour une variété produisant une grande couronne.
Calculer la densité à partir de la surface réellement utilisable
La totalité de l’hectare n’est pas toujours disponible pour les arbres. Le plan doit retrancher les surfaces occupées par :
- les pistes de circulation ;
- les tournières destinées aux machines ;
- le bassin de stockage de l’eau ;
- la station de filtration et de fertigation ;
- les bâtiments ;
- les zones rocheuses ou mal drainées ;
- les marges par rapport aux limites de propriété ;
- les canalisations ou installations existantes.
La formule devient alors :
Nombre réel approximatif = surface utile ÷ surface occupée par chaque arbre.
Exemple avec 9 000 m² réellement plantables
Pour une distance de 5 m × 4 m :
9 000 ÷ 20 = 450 arbres.
Le projet ne doit donc pas commander automatiquement 500 plants uniquement parce que la superficie cadastrale atteint un hectare.
Les critères qui déterminent la densité de plantation
1. La vigueur naturelle de l’espèce
Un caroubier, un avocatier, un agrume ou un olivier conduit avec une grande couronne peut nécessiter davantage d’espace qu’un arbre fruitier greffé sur un porte-greffe limitant sa vigueur.
Il faut anticiper la taille adulte de l’arbre et non seulement le volume du jeune plant livré par la pépinière.
2. La variété
Des variétés appartenant à une même espèce peuvent présenter des ports différents :
- port dressé ;
- port étalé ;
- croissance vigoureuse ;
- croissance modérée ;
- ramification dense ;
- mise à fruit précoce ou tardive.
Une variété très étalée demande généralement davantage d’espace sur le rang qu’une variété naturellement compacte.
3. Le porte-greffe
Le porte-greffe peut modifier fortement la vigueur, la hauteur et le volume futur de l’arbre. Il influence également l’enracinement, l’entrée en production et la réaction au sol.
Une plantation intensive ne doit donc pas être décidée avant de connaître précisément le porte-greffe des plants commandés.
4. La profondeur et la fertilité du sol
Un sol profond, fertile et bien alimenté en eau peut favoriser une croissance végétative importante. Les arbres peuvent alors occuper rapidement l’espace disponible.
Dans un sol peu profond ou contraignant, leur développement peut être plus limité, mais une densité élevée ne corrigera pas un problème de sol, de drainage ou de nutrition.
5. La disponibilité de l’eau
Plus le nombre d’arbres par hectare augmente, plus le réseau d’irrigation doit être précisément dimensionné. La densité influence :
- le nombre de goutteurs ;
- la longueur des rampes ;
- le débit instantané du secteur ;
- les besoins de filtration ;
- les doses de fertigation ;
- le coût énergétique du pompage.
Une densité élevée ne doit pas être adoptée lorsque la ressource en eau est incertaine ou insuffisante pour les arbres adultes.
6. Le système de taille et de conduite
Les arbres conduits en forme libre, en gobelet, en axe, en haie fruitière ou sur palissage ne nécessitent pas les mêmes distances.
Plus les arbres sont rapprochés, plus la taille et la maîtrise du volume de la végétation deviennent importantes.
7. Le passage du matériel
La distance entre les rangs doit permettre le passage des équipements prévus :
- tracteur ;
- atomiseur ;
- broyeur ;
- remorque ;
- plateforme de taille ;
- machine de récolte ;
- véhicule de transport des fruits.
Il faut prévoir la largeur de la machine, mais également une marge de sécurité lorsque les branches se développent.
Le choix des distances doit préserver l’éclairement, l’équilibre végétatif et l’accessibilité du verger. Cette relation entre densité et mode de conduite est notamment étudiée dans cette publication de l’INRA sur la conduite des arbres fruitiers.
Plantation extensive, conventionnelle ou intensive
La plantation extensive
Les arbres sont espacés afin de limiter la concurrence et de conserver une grande couronne. Ce système peut être utilisé dans certaines plantations peu irriguées, sur des sols difficiles ou avec des espèces naturellement vigoureuses.
Il demande moins de plants par hectare, mais l’occupation complète du terrain peut être plus lente.
La plantation conventionnelle
Elle cherche un équilibre entre le nombre d’arbres, leur développement, la circulation des machines et la facilité de conduite.
Elle peut convenir à de nombreux vergers d’agrumes, de grenadiers, d’amandiers, d’oliviers, de figuiers ou de rosacées fruitières, à condition d’adapter les distances au matériel végétal.
La plantation intensive
Elle utilise davantage d’arbres par hectare afin d’occuper plus rapidement l’espace et d’obtenir une entrée en production précoce.
Elle exige généralement :
- des plants homogènes ;
- un porte-greffe adapté ;
- une irrigation régulière ;
- une fertilisation précise ;
- une taille structurée ;
- un suivi technique rigoureux.
La plantation en haie fruitière
Les arbres sont rapprochés sur le rang et conduits sous la forme d’une haie continue. Ce système peut faciliter certaines opérations mécanisées, mais il n’est pas adapté à toutes les espèces, variétés ou exploitations.
Une forte densité implique également un investissement initial important en plants et parfois en palissage.
Densité d’un verger d’oliviers
La densité d’un verger d’oliviers peut varier considérablement selon le système retenu :
- olivier traditionnel à grande couronne ;
- verger irrigué conventionnel ;
- plantation intensive ;
- olivier conduit en haie mécanisable.
La variété, la vigueur, la disponibilité de l’eau, le mode de récolte et la durée prévue du verger doivent être étudiés avant de retenir une distance.
Une densité issue d’un modèle mécanisé ne doit pas être copiée lorsque l’exploitation ne dispose ni des variétés ni du matériel adaptés.
Densité d’un verger d’agrumes
Pour les agrumes, les distances dépendent notamment :
- de la vigueur de la variété ;
- du porte-greffe ;
- de la fertilité du sol ;
- de la qualité de l’irrigation ;
- du passage de l’atomiseur ;
- de la stratégie de taille.
Les rangs trop étroits peuvent rapidement se fermer lorsque les arbres sont vigoureux. Cela peut compliquer la circulation, réduire l’aération et augmenter le temps consacré à la taille.
Densité d’un verger d’amandiers
La densité de l’amandier doit tenir compte du mode de culture pluvial ou irrigué, de la vigueur du porte-greffe et de la mécanisation de la récolte.
Un amandier irrigué sur un sol fertile peut développer une couronne importante. À l’inverse, certaines conduites intensives utilisent des arbres plus rapprochés avec une maîtrise rigoureuse de leur volume.
Densité des pommiers et poiriers
Les pommiers et poiriers peuvent être conduits avec des densités très différentes selon le porte-greffe et la forme choisie.
Un arbre greffé sur un porte-greffe vigoureux demande davantage d’espace qu’un arbre conduit en axe étroit sur un porte-greffe de faible vigueur.
Les plantations rapprochées peuvent également nécessiter :
- un palissage ;
- des fils de soutien ;
- des poteaux ;
- une taille annuelle précise ;
- une irrigation et une fertigation régulières.
Densité du grenadier, du figuier et du caroubier
Le grenadier peut être conduit en buisson ou sous une forme plus structurée. Le nombre de troncs et la largeur future de la végétation influencent l’espacement.
Le figuier développe souvent une couronne étalée. Une distance insuffisante peut provoquer une fermeture rapide des rangs.
Le caroubier est un arbre durable pouvant atteindre un volume important. Une plantation commerciale doit anticiper sa taille adulte et la présence éventuelle d’arbres pollinisateurs.
Densité de l’avocatier
L’avocatier peut présenter une forte croissance lorsque le climat, le sol et l’eau lui sont favorables. Le choix des distances doit intégrer :
- la variété ;
- le porte-greffe ;
- le vent ;
- la taille ;
- le drainage ;
- le passage du matériel ;
- la possibilité d’une suppression future de certains arbres.
Une plantation temporairement dense peut nécessiter un plan d’éclaircissage lorsque les couronnes commencent à se concurrencer.
Orientation des rangs et lumière
L’orientation doit être étudiée selon la forme de la parcelle, la pente, les vents dominants, l’ensoleillement et la circulation de l’eau.
Dans les plantations en haie, l’exposition des deux faces du rang devient particulièrement importante. Sur les terrains inclinés, la maîtrise de l’érosion et la sécurité du matériel doivent également être prises en compte.
Il ne faut pas imposer une orientation théorique lorsque celle-ci rend le travail dangereux ou provoque un écoulement excessif de l’eau.
Densité de plantation et irrigation goutte-à-goutte
Le plan d’irrigation doit être préparé en même temps que le plan de plantation.
Pour chaque secteur, il faut calculer :
- le nombre de rangs ;
- la longueur de chaque rang ;
- le nombre de plants ;
- le nombre de goutteurs ;
- le débit total ;
- la pression nécessaire ;
- le diamètre des conduites ;
- la capacité de filtration.
Une modification tardive de la densité peut rendre le réseau initial mal dimensionné.
Influence de la densité sur le prix des plants
Le nombre d’arbres par hectare influence directement l’investissement végétal.
| Nombre d’arbres | Prix unitaire indicatif | Budget des plants |
|---|---|---|
| 277 arbres | 50 DH | 13 850 DH |
| 400 arbres | 50 DH | 20 000 DH |
| 500 arbres | 50 DH | 25 000 DH |
| 833 arbres | 50 DH | 41 650 DH |
| 1 250 arbres | 50 DH | 62 500 DH |
À ce montant doivent être ajoutés le transport, les tuteurs, les protections, la plantation, l’irrigation et les éventuels plants de remplacement.
Retrouvez tous les postes dans notre guide sur le prix de création d’un verger.
Prévoir des plants de remplacement
Le nombre commandé peut être légèrement supérieur au nombre théorique afin de remplacer rapidement les arbres qui ne reprennent pas.
Les plants supplémentaires doivent être :
- de la même variété ;
- greffés sur le même porte-greffe ;
- issus du même lot lorsque cela est possible ;
- conservés dans de bonnes conditions ;
- plantés rapidement lorsqu’un remplacement est nécessaire.
Une réserve excessive peut toutefois entraîner des pertes lorsque les plants restent trop longtemps dans leur contenant.
Créer un plan de plantation avant le piquetage
Le plan doit représenter :
- les limites de la propriété ;
- les dimensions de la parcelle ;
- l’orientation des rangs ;
- les distances ;
- les voies de circulation ;
- les tournières ;
- le bassin et la station de tête ;
- les secteurs d’irrigation ;
- les variétés pollinisatrices ;
- les éventuels brise-vent.
Le piquetage doit être vérifié avant le creusement des trous afin d’éviter des rangs désalignés ou des distances irrégulières.
Les erreurs fréquentes
- calculer avec la superficie totale au lieu de la surface utile ;
- copier la densité d’un autre verger sans connaître le porte-greffe ;
- raisonner à partir de la taille du jeune plant ;
- oublier la largeur du matériel agricole ;
- négliger les tournières ;
- adopter une densité élevée avec une eau insuffisante ;
- ne pas prévoir la taille annuelle ;
- modifier les distances après l’achat du réseau d’irrigation ;
- commander les plants avant de finaliser le plan ;
- confondre nombre théorique et nombre réel.
Questions fréquentes sur la densité de plantation
Combien d’arbres peut-on planter sur un hectare ?
Le nombre dépend des distances. Avec 5 m × 5 m, la densité théorique est de 400 arbres. Avec 5 m × 4 m, elle atteint 500 arbres. Avec 4 m × 3 m, elle atteint environ 833 arbres.
Quelle distance laisser entre deux arbres fruitiers ?
La distance dépend de l’espèce, de la variété, du porte-greffe, du sol, de l’irrigation et de la forme de conduite. Il n’existe pas une distance unique applicable à tous les arbres fruitiers.
Une forte densité est-elle toujours plus rentable ?
Non. Elle augmente le nombre de plants, le coût de l’irrigation et les exigences de taille. Elle peut améliorer l’occupation précoce du terrain, mais devient risquée lorsque la conduite technique ou l’eau sont insuffisantes.
Faut-il compter les pistes dans l’hectare ?
Les pistes appartiennent à la superficie totale, mais elles doivent être retranchées pour calculer le nombre réel de plants.
Peut-on modifier la densité après la plantation ?
Il est possible de supprimer certains arbres, mais il est beaucoup plus difficile d’ajouter des arbres dans un verger déjà organisé. Le plan initial doit donc être établi avec soin.
Le nombre de plants doit-il apparaître dans le devis ?
Oui. Le devis doit préciser la quantité, la variété, le porte-greffe, le prix unitaire et les caractéristiques du lot.
Choisir une densité compatible avec toute la vie du verger
La densité de plantation doit être calculée à partir de la surface utile, de la vigueur adulte des arbres, de l’eau disponible, du matériel et du système de conduite.
L’objectif n’est pas de placer le plus grand nombre possible de plants, mais d’obtenir un verger productif, accessible, bien éclairé et durable.
Après avoir arrêté les distances et le nombre d’arbres, calculez la rentabilité d’un verger au Maroc et vérifiez les possibilités de subvention verger Maroc.
Retrouvez tous les guides dans la page centrale Arboriculture au Maroc.


