Scirtothrips aurantii au Maroc doit actuellement être abordé comme un risque phytosanitaire à surveiller et non comme un ravageur officiellement déclaré présent dans le pays. À la date de vérification du 21 juillet 2026, la base mondiale de l’OEPP ne répertorie pas le Maroc parmi les territoires où le thrips sud-africain des agrumes est signalé.

Cette absence de signalement officiel ne dispense cependant pas les producteurs, pépiniéristes, techniciens et stations de conditionnement de reconnaître l’insecte et ses premiers dégâts. Le ravageur est présent dans plusieurs pays africains et sa progression récente dans des zones méditerranéennes d’Espagne, du Portugal et d’Italie justifie une vigilance particulière sur les jeunes pousses, les jeunes fruits et les plants importés.
Scirtothrips aurantii est un thrips extrêmement petit qui se nourrit principalement sur les tissus tendres en croissance. Sur agrumes, il attaque surtout les nouvelles feuilles et les jeunes fruits peu après la floraison. Les blessures provoquées à la base du fruit s’élargissent pendant sa croissance et peuvent former un anneau liégeux caractéristique autour du calice.
Une cicatrice circulaire sur une orange ne suffit toutefois pas à confirmer l’espèce. D’autres thrips, des acariens, des frottements mécaniques, le vent, le sable, certaines phytotoxicités et différents accidents physiologiques peuvent produire des marques comparables.
Le diagnostic doit donc associer l’examen des jeunes organes, le prélèvement des larves et des adultes, une identification morphologique spécialisée et, lorsque cela est nécessaire, une confirmation moléculaire.
Ce guide complète notre méthode de diagnostic phytosanitaire, notre article sur les thrips de la tomate et la page centrale consacrée aux traitements phytosanitaires au Maroc.
Situation phytosanitaire à formuler avec précision
La base de distribution de l’OEPP, mise à jour le 2 juin 2026, ne mentionne pas le Maroc parmi les pays où Scirtothrips aurantii est présent.
Il ne faut donc pas publier de carte marocaine des foyers, de régions infestées ou de niveaux d’attaque sans communication officielle de l’ONSSA ou résultat de laboratoire reconnu.
Scirtothrips aurantii au Maroc : quels signes doivent déclencher une alerte ?
La surveillance doit cibler les organes jeunes. Les adultes et les larves se nourrissent sur les nouvelles pousses, les jeunes feuilles et les petits fruits encore protégés par le calice.
Les principaux signes d’alerte sont :
- un argentement discret des jeunes feuilles ;
- de petites lignes épaissies ou liégeuses sur le limbe ;
- des points noirs correspondant aux déjections ;
- une déformation des feuilles récemment déployées ;
- un roussissement superficiel des jeunes rameaux ;
- des cicatrices autour de la base des jeunes fruits ;
- un anneau liégeux qui s’élargit avec la croissance du fruit ;
- des fruits déformés lorsque l’attaque est précoce et importante ;
- de minuscules thrips jaunes observés sur les pousses ou sous le calice.
Ces symptômes doivent conduire à une observation approfondie, mais pas à une identification définitive sur la seule base visuelle.
Comment reconnaître l’adulte de Scirtothrips aurantii ?
Les adultes sont extrêmement petits. Les femelles mesurent approximativement 1,1 millimètre et les mâles environ 0,8 millimètre.
La femelle présente généralement :
- un corps mince et jaune ;
- des marques brunes sur la partie médiane de l’abdomen ;
- huit articles antennaires ;
- deux ailes très étroites bordées de longues franges ;
- six pattes fines ;
- des déplacements rapides sur les tissus jeunes.
Le mâle ressemble à la femelle, mais il est plus petit. Certains caractères distinctifs se trouvent sur les pattes postérieures et l’extrémité de l’abdomen. Ils ne peuvent pas être vérifiés correctement avec une simple photographie prise au téléphone.
Une loupe de terrain permet de détecter le thrips, mais l’identification précise de l’espèce nécessite généralement une préparation microscopique réalisée par une personne formée à la taxonomie des Thysanoptères.
À quoi ressemblent les larves ?
Les larves sont plus pâles que les adultes et ne possèdent pas d’ailes fonctionnelles.
Le premier stade larvaire est :
- très petit ;
- blanc à jaune très clair ;
- allongé ;
- mobile sur les jeunes feuilles et les petits fruits.
Le deuxième stade est plus grand et continue à s’alimenter activement. L’identification des larves sur la seule base de leur aspect reste particulièrement difficile.
La présence conjointe de larves et d’adultes sur une plante fournit une indication plus solide de son rôle d’hôte que la capture d’un adulte isolé. Un adulte peut en effet se poser temporairement sur une espèce végétale sans pouvoir y accomplir tout son cycle.
Où se trouvent les œufs et les pupes ?
Œufs insérés dans les tissus
La femelle utilise son ovipositeur pour introduire les œufs dans les tissus tendres :
- jeunes feuilles ;
- jeunes pousses ;
- tiges encore souples ;
- petits fruits récemment formés.
Les œufs sont très petits, pâles et partiellement dissimulés dans le végétal. Ils peuvent donc échapper à une inspection superficielle.
Prénymphes et nymphes protégées
Après les deux stades larvaires actifs, les individus cherchent un endroit protégé pour accomplir les stades non alimentaires.
Ils peuvent se trouver :
- dans la litière sous les arbres ;
- dans la couche superficielle du sol ;
- dans des anfractuosités végétales ;
- plus rarement sous le calice d’un fruit.
Cette partie du cycle explique pourquoi l’observation exclusive du feuillage ne permet pas toujours de retrouver tous les stades présents dans un verger.
Quels dégâts apparaissent sur les jeunes feuilles ?
Les larves et les adultes détruisent les cellules superficielles en se nourrissant. Les cellules vidées se remplissent d’air et réfléchissent la lumière différemment.
Les premières lésions peuvent prendre la forme :
- d’un argentement irrégulier ;
- de fines lignes blanchâtres ;
- de zones légèrement épaissies ;
- de petites cicatrices brunes ;
- d’un enroulement ou d’une déformation du limbe ;
- de ponctuations noires laissées par les déjections.
Les attaques concernent principalement les jeunes feuilles. Les feuilles déjà matures sont beaucoup moins favorables à l’alimentation de ce thrips.
Conséquences sur les nouvelles pousses
Une attaque importante pendant une poussée végétative peut provoquer :
- une croissance irrégulière des feuilles ;
- un raccourcissement des entre-nœuds ;
- une réduction de la surface foliaire fonctionnelle ;
- un dessèchement partiel de l’extrémité des pousses ;
- une baisse de vigueur des jeunes plants ;
- une réduction potentielle de la floraison suivante lorsque les pousses sont fortement endommagées.
Comment reconnaître les dégâts sur les agrumes ?
Les fruits sont principalement sensibles lorsqu’ils sont encore jeunes, peu après la chute des pétales.
Les thrips se cachent fréquemment entre le calice et l’épiderme du fruit. Leur alimentation produit une cicatrice superficielle qui s’agrandit pendant la croissance.
Anneau liégeux autour du calice
La marque la plus évocatrice est :
- située à la base du fruit ;
- proche ou sous le calice ;
- circulaire ou partiellement circulaire ;
- grisâtre, brun clair ou beige ;
- rugueuse et liégeuse ;
- plus large sur le fruit mature que lors de l’attaque initiale.
L’anneau peut rester superficiel sans altérer directement la pulpe, mais il réduit fortement la qualité visuelle et commerciale du fruit.
Déformations du jeune fruit
Une forte attaque très précoce peut également provoquer :
- un fruit asymétrique ;
- une croissance irrégulière de l’écorce ;
- des plages roussies ;
- des cicatrices longitudinales ;
- une déformation autour du pédoncule.
Les fruits mûrs peuvent conserver les cicatrices anciennes, mais les thrips n’y sont généralement plus présents au moment de la récolte.
Pourquoi les fruits mûrs ne suffisent-ils pas au diagnostic ?
La cicatrice visible sur un fruit récolté témoigne d’un dommage ancien. Elle n’indique pas nécessairement que des individus vivants sont encore présents.
Pour retrouver le ravageur, la prospection doit remonter vers :
- le verger ou la parcelle d’origine ;
- les nouvelles pousses ;
- les floraisons tardives ;
- les jeunes fruits encore sous le calice ;
- les plantes hôtes situées en bordure ;
- la litière proche des arbres suspects.
Un fruit portant une cicatrice annulaire peut donc servir de signal d’alerte et déclencher une prospection, mais il ne constitue pas à lui seul un échantillon suffisant pour identifier l’espèce.
Quelles plantes peuvent héberger Scirtothrips aurantii ?
Le thrips sud-africain des agrumes est très polyphage. Des larves et des adultes ont été observés sur de nombreuses plantes appartenant à des familles différentes.
Parmi les plantes hôtes ou cultures à surveiller figurent notamment :
- oranger ;
- mandarinier ;
- citronnier ;
- pamplemoussier ;
- limettier ;
- manguier ;
- avocatier ;
- vigne ;
- grenadier ;
- pêcher ;
- pommier ;
- figuier ;
- olivier ;
- fraisier ;
- rosier ;
- certaines plantes ornementales et espèces de haies.
La capture d’un adulte sur une plante ne suffit pas à démontrer que cette plante permet sa reproduction. La présence de larves et d’adultes, répétée dans le temps, constitue une indication plus fiable.
Pourquoi ce ravageur mérite-t-il une vigilance au Maroc ?
Le Maroc possède :
- des régions agrumicoles importantes ;
- un climat méditerranéen et subtropical dans plusieurs bassins ;
- des pépinières produisant des végétaux sensibles ;
- des échanges de plants et de matériel végétal ;
- des cultures de manguiers, avocatiers, grenadiers et vignes susceptibles d’héberger le ravageur.
La progression récente de Scirtothrips aurantii dans plusieurs régions méditerranéennes européennes montre qu’une surveillance des voies d’introduction et des cultures sensibles est pertinente.
Cette vigilance ne signifie pas que le ravageur est actuellement établi au Maroc. Elle vise à augmenter les chances d’une détection précoce en cas d’introduction.
Quelle est la situation actuelle autour de la Méditerranée ?
L’OEPP indique actuellement une présence à distribution limitée en Espagne et au Portugal.
En Espagne, le ravageur a été initialement détecté en Andalousie, puis signalé dans d’autres provinces et dans la Communauté valencienne. Des mesures officielles visant à limiter sa propagation ou à l’éradiquer ont été mises en œuvre.
Au Portugal, il a été observé sur le continent ainsi qu’à Madère.
En Italie, sa présence a été confirmée en 2026 en Sicile, notamment sur agrumes et myrtillier. Les autorités italiennes ont déclaré le ravageur présent sous éradication et poursuivent les prospections destinées à délimiter les zones concernées.
Ces situations doivent être suivies parce qu’elles démontrent la capacité du ravageur à s’établir dans des environnements méditerranéens.
Comment distinguer Scirtothrips aurantii des autres thrips ?
Plusieurs thrips jaunes ou brun clair peuvent être observés sur les agrumes. Leur identification visuelle sur la plante reste incertaine.
| Observation | Orientation possible | Confirmation nécessaire |
|---|---|---|
| Petit thrips jaune sur jeune pousse | Scirtothrips possible | Montage microscopique et clé taxonomique |
| Anneau liégeux autour du calice | Dégât compatible avec un thrips des agrumes | Recherche de larves et adultes dans le verger |
| Plages argentées avec déjections noires | Dégâts de thrips non spécifiques | Identification des individus prélevés |
| Adultes dans les fleurs uniquement | Thrips floricole possible | Examiner les jeunes pousses et rechercher les larves |
Scirtothrips dorsalis
Scirtothrips dorsalis est une espèce proche pouvant produire des dégâts sur de jeunes tissus et différents fruits.
La distinction avec S. aurantii repose sur des caractères microscopiques, notamment :
- la disposition des soies ;
- la sculpture du thorax ;
- les champs de microtriches de l’abdomen ;
- la structure des antennes ;
- les caractéristiques des ailes ;
- certains caractères propres aux mâles.
Une photographie macroscopique, même nette, ne permet généralement pas une séparation fiable.
Frankliniella occidentalis
Frankliniella occidentalis est souvent rencontré dans les fleurs. Il peut provoquer des plages argentées et des cicatrices sur différents fruits.
Sa localisation préférentielle dans les fleurs, sa morphologie et ses caractères antennaires et thoraciques permettent de le distinguer au laboratoire.
Scirtothrips aurantii ou dégâts d’acariens ?
Les acariens peuvent provoquer un bronzage, un roussissement ou une déformation des jeunes organes.
Les éléments orientant vers un thrips sont :
- la présence d’un insecte allongé à six pattes ;
- des ailes frangées chez l’adulte ;
- des déjections noires ;
- des cicatrices linéaires ;
- des larves mobiles sans ailes ;
- un anneau autour du calice des jeunes fruits.
Les acariens adultes possèdent quatre paires de pattes et ne portent pas d’ailes. Certains sont toutefois si petits qu’un fort grossissement devient nécessaire.
Scirtothrips aurantii ou frottement mécanique ?
Le vent, les branches, les feuilles et les fruits voisins peuvent frotter contre l’épiderme d’un jeune agrume.
Une cicatrice mécanique est plus probable lorsqu’elle :
- se situe sur une zone de contact ;
- suit la forme d’une branche ou d’une feuille ;
- est principalement présente du côté exposé au vent ;
- n’est associée à aucun insecte ni déjection ;
- ne forme pas régulièrement un anneau sous le calice.
Les deux types de dégâts peuvent néanmoins coexister dans le même verger.
Scirtothrips aurantii ou phytotoxicité ?
Une phytotoxicité pesticide peut provoquer un roussissement des jeunes fruits et des déformations du feuillage.
Elle est plus probable lorsque les symptômes :
- apparaissent après une application ;
- affectent de nombreux arbres simultanément ;
- suivent les passages et les chevauchements ;
- sont plus marqués sur une face exposée à la pulvérisation ;
- ne sont accompagnés d’aucun thrips vivant ;
- cessent de progresser après l’exposition initiale.
Quand faut-il surveiller les agrumes ?
La surveillance doit être renforcée pendant :
- les nouvelles poussées végétatives ;
- la floraison ;
- la chute des pétales ;
- les premières semaines de croissance des fruits ;
- les périodes chaudes favorisant un développement rapide ;
- la réception de nouveaux plants ;
- l’apparition de cicatrices inhabituelles au conditionnement.
Les feuilles anciennes et les fruits déjà développés sont moins adaptés à la détection des individus actifs.
Comment prospecter un verger ?
Définir les zones prioritaires
Inspectez en premier :
- les jeunes plantations ;
- les arbres portant de nombreuses pousses tendres ;
- les bordures exposées aux vents dominants ;
- les arbres proches de pépinières ;
- les parcelles recevant du matériel végétal extérieur ;
- les haies constituées d’espèces hôtes ;
- les secteurs où des fruits cicatrisés ont été observés.
Observer les jeunes pousses
Choisissez plusieurs pousses par arbre et examinez :
- la face supérieure des feuilles ;
- leur revers ;
- les nervures ;
- l’extrémité encore repliée ;
- les déjections noires ;
- les larves et adultes mobiles.
Examiner les jeunes fruits
Observez avec une loupe :
- la base du fruit ;
- la zone située sous le calice ;
- les premières cicatrices ;
- les déjections ;
- les larves cachées ;
- les déformations précoces.
Utiliser un plateau blanc
- Placez un plateau blanc sous une jeune pousse.
- Tapotez doucement le rameau.
- Observez les minuscules insectes tombés sur la surface.
- Prélevez les thrips avec un pinceau fin ou un aspirateur entomologique.
- Conservez-les selon les instructions du laboratoire.
Les pièges englués sont-ils utiles ?
Les pièges englués peuvent contribuer à détecter les adultes et à comparer l’activité entre différentes zones.
Ils doivent être :
- installés avant la période de risque ;
- numérotés ;
- placés à proximité des nouvelles pousses ;
- répartis dans les bordures et le centre du verger ;
- relevés à intervalles réguliers ;
- remplacés lorsqu’ils sont poussiéreux ou saturés.
Les pièges ne suffisent pas à confirmer l’espèce. Les individus capturés doivent être récupérés ou examinés par un spécialiste.
Les captures doivent toujours être complétées par une inspection des jeunes feuilles et des fruits.
Comment réaliser un prélèvement utile au laboratoire ?
Contactez le laboratoire ou le service de protection des végétaux avant le prélèvement afin de connaître le liquide de conservation, les contenants et les informations à joindre.
Le prélèvement peut comprendre :
- plusieurs adultes ;
- plusieurs larves ;
- de jeunes feuilles portant des dégâts récents ;
- des jeunes fruits avec cicatrices précoces ;
- une pousse apparemment saine du même arbre ;
- des photographies générales du verger ;
- la localisation précise du foyer.
Informations à transmettre
- espèce et variété d’agrume ;
- porte-greffe ;
- âge de la plantation ;
- origine des plants ;
- date de la première observation ;
- stade de floraison ou de croissance du fruit ;
- répartition des symptômes ;
- traitements récents ;
- présence d’autres cultures ou plantes hôtes ;
- photos des adultes, larves et cicatrices.
Ne pas transporter librement un échantillon suspect
Conservez les insectes et les organes dans des contenants fermés. Ne déplacez pas de plantes entières, de terre, de litière ou de rameaux vers une autre exploitation sans instruction du service compétent.
Que faire devant une suspicion au Maroc ?
Une suspicion sérieuse doit être signalée au service régional de protection des végétaux de l’ONSSA.
En attendant les instructions :
- Marquez les arbres concernés.
- Photographiez les symptômes et les insectes.
- Suspendez les déplacements de plants et de rameaux issus du foyer.
- Ne transportez pas les déchets de taille vers une autre parcelle.
- Commencez les travaux par les zones apparemment saines.
- Nettoyez les caisses, outils et véhicules.
- Conservez les échantillons dans des contenants fermés.
- Attendez l’identification officielle avant de communiquer publiquement une présence.
Les coordonnées actualisées des directions régionales et des services de protection des végétaux sont publiées sur le site officiel de l’ONSSA.
Pourquoi un traitement immédiat peut-il compliquer le diagnostic ?
Une intervention réalisée avant le prélèvement peut :
- tuer les adultes nécessaires à l’identification ;
- faire disparaître les larves des jeunes organes ;
- modifier la répartition de la population ;
- provoquer des symptômes de phytotoxicité ;
- détruire les auxiliaires ;
- masquer temporairement un foyer sans empêcher sa dissémination.
Dans une situation susceptible de concerner un organisme réglementé, l’identification et le signalement doivent précéder toute initiative non coordonnée.
Prévention dans les pépinières d’agrumes
Les plants destinés à la plantation constituent une voie de déplacement plus crédible que les fruits mûrs.
Les mesures de prévention comprennent :
- utiliser des plants certifiés et traçables ;
- inspecter toutes les nouvelles pousses ;
- isoler les lots importés ou suspects ;
- éviter le contact avec des plantes non contrôlées ;
- maintenir les zones de production propres ;
- surveiller les plantes ornementales voisines ;
- examiner le substrat et les débris où des pupes pourraient se cacher ;
- enregistrer les origines et destinations de chaque lot.
Gestion des haies et plantes réservoirs
Certaines haies peuvent héberger des populations de thrips ou leurs ennemis naturels.
Avant toute modification importante :
- identifiez les espèces végétales composant la haie ;
- inspectez les jeunes pousses ;
- recherchez larves et adultes ;
- évaluez la présence d’auxiliaires ;
- évitez une destruction brutale susceptible de disperser les insectes ;
- coordonnez les opérations en cas de foyer officiellement confirmé.
Une haie ne doit pas être considérée automatiquement comme une source nuisible ou comme un refuge bénéfique sans observation locale.
Auxiliaires et régulation naturelle
Différents prédateurs peuvent contribuer à limiter les populations de thrips :
- acariens prédateurs ;
- punaises prédatrices ;
- larves de chrysopes ;
- araignées ;
- parasitoïdes associés à certains stades ;
- champignons entomopathogènes dans des conditions favorables.
Des acariens prédateurs du genre Euseius ont notamment été associés à la régulation de Scirtothrips aurantii dans certains systèmes agrumicoles.
Cette information ne permet pas de recommander automatiquement une espèce ou un produit commercial au Maroc. L’efficacité dépend :
- de l’auxiliaire exact ;
- de sa disponibilité locale ;
- du climat ;
- de la culture ;
- des résidus de pesticides ;
- de la densité initiale du thrips ;
- du protocole d’introduction.
Faut-il rechercher un insecticide dans l’Index ONSSA ?
En l’absence de confirmation officielle, l’objectif prioritaire est l’identification et le signalement.
Si une intervention est ensuite décidée dans le cadre d’un programme validé, consultez l’Index phytosanitaire de l’ONSSA.
Vérifiez ensemble :
- le nom commercial exact ;
- la culture concernée ;
- l’usage contre les thrips ;
- l’organisme nuisible mentionné ;
- la dose homologuée ;
- le nombre maximal d’applications ;
- le délai avant récolte ;
- le délai de rentrée ;
- les effets sur les auxiliaires et pollinisateurs ;
- la validité de l’autorisation.
Un produit autorisé contre un autre thrips, dans une autre culture ou dans un autre pays n’est pas automatiquement autorisé contre Scirtothrips aurantii sur agrumes au Maroc.
Éviter les résistances et préserver les auxiliaires
Les traitements répétés peuvent sélectionner des populations moins sensibles et perturber les ennemis naturels.
Une stratégie raisonnée doit :
- éviter les applications systématiques sans observation ;
- identifier le groupe IRAC du produit ;
- alterner réellement les modes d’action lorsqu’un programme est autorisé ;
- respecter les doses et limitations de l’étiquette ;
- protéger les prédateurs présents dans le verger ;
- réduire les sources de réinfestation ;
- contrôler le résultat après chaque intervention.
Plan de vigilance en 10 mesures
- Vérifier régulièrement la situation officielle du ravageur au Maroc.
- Inspecter les plants et jeunes pousses avant leur introduction.
- Surveiller les agrumes entre la floraison et la croissance des jeunes fruits.
- Examiner la zone cachée sous le calice.
- Rechercher l’association entre argentement, déjections et cicatrices.
- Utiliser un plateau blanc et une loupe pour détecter les individus.
- Faire identifier les adultes et larves par un spécialiste.
- Isoler les échantillons et limiter les déplacements de végétaux suspects.
- Signaler une suspicion sérieuse aux services de protection des végétaux de l’ONSSA.
- Ne traiter qu’après diagnostic et vérification du produit autorisé.
Plan d’action selon la situation observée
| Situation | Action prioritaire |
|---|---|
| Aucun symptôme ni insecte | Maintenir la surveillance des pousses et des jeunes fruits |
| Cicatrice isolée sur un fruit mûr | Tracer l’origine du lot et inspecter le verger de production |
| Petits thrips jaunes sur jeunes feuilles | Prélever plusieurs adultes et larves pour identification |
| Larves et anneaux liégeux sous le calice | Marquer le foyer, suspendre les déplacements et contacter l’ONSSA |
| Espèce proche identifiée | Adapter la stratégie à l’espèce confirmée sans déclarer S. aurantii |
| Confirmation officielle | Appliquer les mesures de délimitation et de lutte prescrites par l’autorité compétente |
Erreurs fréquentes lors de l’identification
| Erreur | Risque | Correction |
|---|---|---|
| Écrire que le ravageur est présent au Maroc | Information officielle non établie | Parler de risque, surveillance et suspicion |
| Identifier l’espèce avec une photo | Confusion avec d’autres thrips | Réaliser une identification microscopique |
| Prélever uniquement un fruit mûr | Absence probable d’individus vivants | Inspecter les pousses et jeunes fruits du verger |
| Traiter avant le prélèvement | Disparition du matériel nécessaire au diagnostic | Prélever et signaler avant l’intervention |
| Déplacer librement les plants suspects | Dissémination vers d’autres exploitations | Isoler le lot et attendre les instructions |
| Confondre adulte présent et plante hôte | Interprétation biologique erronée | Rechercher les larves et la reproduction |
| Choisir un produit autorisé à l’étranger | Usage non autorisé au Maroc | Vérifier le produit commercial dans l’Index ONSSA |
Questions fréquentes sur Scirtothrips aurantii
Scirtothrips aurantii est-il présent au Maroc ?
À la date de vérification du 21 juillet 2026, la carte mondiale de l’OEPP ne répertorie pas le Maroc parmi les pays où l’espèce est signalée. Cela ne constitue pas une preuve absolue d’absence, mais aucune présence ne doit être affirmée sans confirmation officielle.
Pourquoi publier un article sur ce ravageur au Maroc ?
Son identification précoce est importante en raison de sa présence en Afrique, de son installation récente dans plusieurs zones méditerranéennes et de l’importance économique des agrumes au Maroc.
Quel est le principal symptôme sur les oranges ?
Le symptôme le plus évocateur est un anneau superficiel, rugueux et liégeux autour de la base du fruit, près du calice.
Peut-on identifier le ravageur avec un téléphone ?
Une photographie peut montrer un thrips suspect, mais les caractères permettant de distinguer les espèces nécessitent généralement un microscope et une préparation spécialisée.
Les adultes attaquent-ils les feuilles anciennes ?
Ils se nourrissent principalement sur les tissus jeunes et tendres. Les feuilles déjà matures sont beaucoup moins favorables.
Le ravageur se trouve-t-il sur les fruits récoltés ?
Les fruits mûrs portent surtout les cicatrices d’une attaque ancienne. Les individus actifs sont davantage recherchés sur les jeunes pousses et les jeunes fruits.
Les pièges jaunes suffisent-ils à le détecter ?
Ils peuvent contribuer à la surveillance des adultes, mais ils ne remplacent pas l’inspection directe des jeunes organes ni l’identification des individus.
Quelle différence avec les thrips de la tomate ?
Plusieurs thrips de la tomate vivent principalement dans les fleurs et provoquent des plages argentées. Scirtothrips aurantii est particulièrement associé aux jeunes pousses et à la base des jeunes fruits d’agrumes.
Faut-il arracher un arbre suspect ?
Non sans instruction officielle. Marquez l’arbre, limitez les déplacements, prélevez correctement et contactez le service compétent de l’ONSSA.
Peut-on appliquer immédiatement un insecticide ?
L’identification et le prélèvement doivent être prioritaires lorsqu’un organisme réglementé est suspecté. Toute intervention ultérieure doit utiliser un produit autorisé pour l’usage exact.
Les auxiliaires peuvent-ils suffire ?
Des prédateurs peuvent contribuer à la régulation, mais leur efficacité dépend des espèces présentes, du climat et des traitements antérieurs. Ils ne remplacent pas les mesures officielles applicables à un organisme de quarantaine confirmé.
Qui contacter en cas de suspicion ?
Le producteur peut contacter la direction régionale ou le service de protection des végétaux de l’ONSSA correspondant à sa région.
Scirtothrips aurantii au Maroc : identifier avant d’annoncer ou de traiter
Scirtothrips aurantii au Maroc constitue actuellement un sujet de vigilance phytosanitaire et non une présence officiellement établie.
Le ravageur doit être recherché sur les jeunes pousses et les jeunes fruits, particulièrement après la floraison. Les feuilles argentées portant des déjections noires et les anneaux liégeux autour du calice fournissent une orientation utile.
La confirmation exige cependant des adultes ou des larves correctement prélevés, une observation microscopique et, si nécessaire, une analyse moléculaire.
Devant une suspicion sérieuse, la bonne réaction consiste à isoler le matériel, limiter les déplacements, préserver les échantillons et contacter les services de protection des végétaux.
Cette démarche permet de protéger les vergers marocains sans créer de fausse alerte, sans traiter à l’aveugle et sans confondre le thrips sud-africain des agrumes avec une autre espèce déjà présente.
Une cicatrice annulaire doit déclencher une inspection, pas une conclusion immédiate
Examinez les jeunes pousses et les petits fruits, prélevez les larves et les adultes, puis demandez une identification spécialisée.
Identifier Scirtothrips aurantii Vérifier sa distribution Contacter la protection des végétaux
Sources officielles et techniques
- OEPP — Fiche technique de Scirtothrips aurantii
- OEPP — Distribution mondiale actualisée
- OEPP — Catégorisation phytosanitaire
- OEPP — Protocole de diagnostic PM 7/56
- EFSA — Catégorisation du risque phytosanitaire
- OEPP — Situation en Espagne en 2025
- OEPP — Confirmation en Italie en 2026
- ONSSA — Services de la protection des végétaux
- ONSSA — Index phytosanitaire officiel du Maroc



Ping : Mineuse des agrumes : 12 leviers efficaces au Maroc