Thrips de la tomate au Maroc : dégâts, surveillance et auxiliaires

Thrips de la tomate : au Maroc, ces minuscules insectes peuvent provoquer des plages argentées sur les feuilles, des points noirs de déjections, des chutes de fleurs et des cicatrices superficielles sur les fruits. Leur petite taille, leur mobilité et leur capacité à se cacher dans les fleurs rendent les premières infestations difficiles à détecter.

Thrips de la tomate avec adulte, larves, dégâts argentés et auxiliaires sous serre
Thrips de la tomate : les plages argentées, les points noirs et la présence de larves dans les fleurs permettent une détection précoce.

Frankliniella occidentalis, appelé thrips occidental des fleurs, est signalé au Maroc et constitue l’une des espèces importantes en cultures maraîchères sous abri. Thrips tabaci peut également coloniser la tomate, tandis que d’autres espèces doivent être envisagées lorsqu’une identification morphologique fournit un résultat différent.

Le risque ne se limite pas aux dégâts directs. Certains thrips peuvent transmettre des orthotospovirus lorsqu’ils acquièrent le virus pendant leurs stades larvaires. Une plante présentant un bronzage, des anneaux, des nécroses ou une déformation doit néanmoins être analysée : les symptômes visuels ne permettent pas d’identifier avec certitude le virus concerné.

La protection repose sur des plants inspectés, des filets adaptés, la gestion des adventices et des fleurs réservoirs, les panneaux bleus englués, l’observation des fleurs et des jeunes pousses, l’installation précoce des auxiliaires et une gestion rigoureuse des modes d’action lorsqu’une intervention phytopharmaceutique est réellement nécessaire.

Ce guide complète notre article sur les maladies de la tomate au Maroc, notre méthode de diagnostic phytosanitaire, notre dossier sur la mouche blanche sur tomate et la page centrale consacrée aux traitements phytosanitaires au Maroc.

Conduite immédiate devant des lésions argentées

Examinez le dessous des feuilles et tapotez plusieurs fleurs au-dessus d’un plateau blanc. Recherchez de minuscules insectes allongés, jaunes à brun clair, leurs larves plus pâles et les petits points noirs correspondant aux déjections.

Marquez le foyer et vérifiez les panneaux bleus. Ne concluez pas uniquement d’après une photo : des acariens, une phytotoxicité, des frottements ou certaines maladies peuvent produire des décolorations comparables.

Thrips de la tomate : comment reconnaître les premiers dégâts ?

Les thrips percent et raclent les cellules superficielles avant d’en aspirer le contenu. Les cellules endommagées perdent leur couleur et prennent progressivement un aspect argenté, beige ou bronzé.

Les premiers signes apparaissent fréquemment sur :

  • les jeunes feuilles encore partiellement repliées ;
  • la face inférieure des folioles ;
  • les fleurs ouvertes ;
  • les sépales ;
  • les jeunes fruits récemment noués ;
  • les zones protégées entre deux organes en contact.

Plages argentées sur le feuillage

Les lésions foliaires sont généralement :

  • irrégulières ;
  • argentées ou gris clair au début ;
  • plus visibles lorsque la feuille est inclinée vers la lumière ;
  • localisées entre les nervures ou près de celles-ci ;
  • parsemées de minuscules points noirs ;
  • susceptibles de devenir beige brun lorsqu’elles vieillissent.

Les cellules vidées de leur contenu réfléchissent différemment la lumière, ce qui explique l’aspect métallique ou argenté.

Lorsque les attaques se poursuivent, les folioles peuvent :

  • devenir ternes ;
  • se chloroser ;
  • se déformer légèrement ;
  • présenter des zones nécrosées ;
  • sécher prématurément.

Petits points noirs

Les déjections des thrips apparaissent sous forme de ponctuations noires, brillantes ou brun foncé.

Elles sont souvent visibles :

  • dans les plages argentées ;
  • le long des nervures ;
  • près des larves ;
  • dans les fleurs ;
  • sur les jeunes fruits attaqués.

L’association entre plages argentées, points noirs et présence d’insectes allongés constitue une orientation diagnostique importante.

Comment reconnaître les thrips adultes et les larves ?

Adultes

Les adultes sont de très petits insectes allongés, généralement longs d’environ un à deux millimètres selon l’espèce et le sexe.

Ils présentent :

  • un corps étroit ;
  • une coloration jaune, beige ou brunâtre ;
  • des antennes visibles à la loupe ;
  • deux paires d’ailes étroites bordées de franges ;
  • des déplacements rapides lorsqu’ils sont dérangés.

Ils se cachent facilement dans les fleurs, sous les sépales, dans les jeunes feuilles et au contact du fruit.

Larves

Les larves ressemblent à de petits adultes dépourvus d’ailes.

Elles sont généralement :

  • plus pâles ;
  • jaune clair à crème ;
  • allongées ;
  • très mobiles ;
  • présentes sur les feuilles et dans les fleurs.

La distinction entre les premiers et seconds stades larvaires demande une observation attentive. Les jeunes larves constituent une cible prioritaire de plusieurs acariens prédateurs.

Prénymphes et nymphes

À la fin du développement larvaire, de nombreux thrips quittent la plante et gagnent :

  • le sol ;
  • le substrat ;
  • les débris végétaux ;
  • les fissures ;
  • les supports de culture.

Ils y accomplissent les stades prénymphal et nymphal avant que les adultes remontent vers la végétation.

Cette partie du cycle explique pourquoi une intervention limitée au feuillage ne touche pas nécessairement toute la population.

Cycle biologique des thrips

Le développement comprend six grandes étapes :

  1. l’œuf ;
  2. le premier stade larvaire ;
  3. le deuxième stade larvaire ;
  4. la prénymphe ;
  5. la nymphe ;
  6. l’adulte.

Œufs introduits dans les tissus

Les femelles de plusieurs espèces insèrent leurs œufs sous l’épiderme des feuilles, des fleurs ou des jeunes fruits.

Les œufs sont ainsi relativement protégés contre :

  • les contacts superficiels ;
  • certains auxiliaires ;
  • les variations rapides du climat ;
  • les interventions n’atteignant que la surface.

Alimentation des larves

Après l’éclosion, les larves se nourrissent sur les organes végétaux. Elles peuvent rester cachées dans les fleurs et les replis du feuillage, ce qui complique leur détection.

Nymphose partiellement souterraine

Les larves âgées se laissent souvent tomber au sol. Les prénymphes et les nymphes se développent dans la couche superficielle, le substrat ou les débris.

Retour des adultes vers la plante

Les nouveaux adultes rejoignent les feuilles et surtout les fleurs. Lorsque les températures sont favorables, plusieurs générations peuvent se chevaucher dans la même serre.

Dégâts sur les fleurs de tomate

Les fleurs offrent du pollen, des tissus tendres et de nombreux refuges.

Une forte population peut provoquer :

  • brunissement des pétales ;
  • altération des étamines ;
  • déformation du pistil ;
  • dessèchement partiel de la fleur ;
  • chute des fleurs ;
  • nouaison irrégulière ;
  • formation de fruits déformés.

Les fleurs doivent donc être examinées même lorsque les feuilles semblent encore peu atteintes.

Test du plateau blanc

  1. Placez un plateau ou une feuille blanche sous le bouquet.
  2. Tapotez doucement les fleurs.
  3. Observez les petits insectes qui tombent.
  4. Comptez séparément adultes et larves lorsque cela est possible.
  5. Prélevez quelques individus pour l’identification.

Ce test doit être réalisé de manière comparable d’un relevé à l’autre : même nombre de fleurs, même secteur et fréquence régulière.

Dégâts des thrips sur les fruits

Points de ponte entourés d’un anneau clair

Lorsque la femelle insère un œuf dans un jeune fruit, le point de ponte peut devenir :

  • brun ou noir au centre ;
  • entouré d’un halo blanchâtre ;
  • visible sous l’épiderme ;
  • persistant pendant la croissance du fruit.

Ces marques peuvent entraîner un déclassement commercial, même lorsque la pulpe reste consommable.

Cicatrices liégeuses

Les prises alimentaires réalisées sur un fruit très jeune peuvent produire :

  • des lignes liégeuses ;
  • des cicatrices sinueuses ;
  • des plages rugueuses ;
  • des déformations localisées ;
  • une croissance irrégulière de l’épiderme.

Comment les distinguer des autres lésions ?

Lésion observéeHypothèseVérification
Point brun entouré d’un anneau blancSite de ponte d’un thripsRechercher les adultes dans les fleurs et comparer plusieurs jeunes fruits
Anneau clair sans population de thripsTache fantôme de Botrytis ou autre cicatriceVérifier l’humidité, les fleurs sénescentes et la présence de pourriture grise
Cicatrice linéaire liégeuseAlimentation précoce de thrips ou frottementExaminer les zones de contact et rechercher les déjections
Multiples points noirs en reliefMaladie bactérienne ou piqûresObserver le halo, la profondeur et demander une analyse si nécessaire

Thrips ou acariens : comment les distinguer ?

Les acariens peuvent également produire un bronzage ou une décoloration du feuillage.

CritèreThripsAcariens
FormeInsecte allongé, rapide, avec six pattesCorps arrondi ou allongé, adulte à huit pattes
DégâtsPlages argentées et cicatricesPonctuations, bronzage ou roussissement diffus
DéjectionsPetits points noirs fréquentsGénéralement moins caractéristiques
FleursAdultes et larves souvent nombreuxPrésence variable selon l’espèce
FilsAbsentsPossibles lors d’une forte attaque de tétranyques

Thrips ou phytotoxicité ?

Une phytotoxicité pesticide peut produire des feuilles décolorées, brunies ou déformées.

Elle devient plus probable lorsque les symptômes :

  • apparaissent après une application ;
  • suivent les passages du pulvérisateur ;
  • sont plus sévères dans les chevauchements ;
  • affectent simultanément de nombreuses plantes ;
  • ne sont pas accompagnés de larves ou de points noirs ;
  • cessent de progresser après l’exposition initiale.

Les dégâts de thrips progressent généralement avec la population et se concentrent dans les fleurs, les jeunes feuilles et les refuges.

Les thrips peuvent-ils transmettre un virus ?

Plusieurs espèces, dont Frankliniella occidentalis et Thrips tabaci, peuvent transmettre certains orthotospovirus.

Le mécanisme présente une particularité importante :

  • le virus est principalement acquis pendant les stades larvaires ;
  • il est conservé pendant les mues ;
  • l’adulte issu d’une larve infectée peut transmettre le virus ;
  • un adulte sain ne devient pas nécessairement vecteur efficace après une acquisition tardive ;
  • la descendance ne reçoit pas automatiquement le virus.

Risque associé au TSWV

Le Tomato spotted wilt virus, généralement désigné par le sigle TSWV, peut provoquer :

  • bronzage des jeunes feuilles ;
  • taches ou anneaux chlorotiques ;
  • lésions nécrotiques ;
  • déformation de l’apex ;
  • rabougrissement ;
  • anneaux et marbrures sur les fruits ;
  • maturation irrégulière.

Situation à interpréter avec prudence au Maroc

La base actuelle de l’OEPP classe le signalement marocain du TSWV comme non fiable. La présence de thrips et de symptômes compatibles ne permet donc pas d’affirmer que le TSWV circule dans une exploitation.

Marquez les plantes suspectes et demandez une analyse moléculaire capable de différencier les virus possibles.

Une intervention contre les thrips guérit-elle la plante ?

Non. Lorsqu’une plante est infectée par un virus, la diminution des thrips peut réduire les contaminations secondaires, mais elle n’élimine pas le virus déjà présent dans les tissus.

Comment surveiller les thrips sous serre ?

La surveillance doit associer plusieurs méthodes. Une seule technique ne permet pas d’évaluer tous les stades.

Panneaux bleus englués

Les panneaux bleus sont particulièrement utiles pour détecter les adultes ailés.

Placez-les :

  • dès l’introduction des plants ;
  • près des portes ;
  • près des aérations ;
  • au-dessus ou au niveau du sommet du couvert ;
  • près des zones de stockage des plants ;
  • dans les secteurs historiquement infestés ;
  • à proximité des plantes fleuries.

Réglez leur hauteur à mesure que la culture grandit.

Panneaux jaunes

Les panneaux jaunes peuvent également capturer des thrips, mais ils attirent de nombreux autres insectes :

  • mouches blanches ;
  • pucerons ailés ;
  • mineuses ;
  • moucherons ;
  • certains auxiliaires.

Le bleu facilite généralement un suivi plus ciblé de plusieurs thrips, tandis que le jaune fournit une surveillance plus générale des ravageurs ailés.

Comment relever les panneaux ?

  • numérotez chaque panneau ;
  • conservez des positions fixes ;
  • effectuez les comptages à fréquence régulière ;
  • notez séparément les thrips et les autres insectes ;
  • remplacez les panneaux poussiéreux ou saturés ;
  • enregistrez les ouvertures, traitements et travaux récents ;
  • comparez les tendances plutôt qu’un comptage isolé.

Une capture élevée indique une activité aérienne, mais ne mesure pas directement le nombre de larves cachées dans les fleurs.

Inspection directe des plantes

À chaque relevé, examinez :

  • les fleurs ouvertes ;
  • les jeunes feuilles ;
  • le revers des folioles ;
  • les sépales ;
  • les premiers fruits ;
  • les zones présentant des plages argentées ;
  • les plantes proches des entrées.

Prélèvement des fleurs

Les fleurs peuvent être placées dans un sachet propre puis légèrement secouées afin de récupérer les insectes. Une loupe ou un microscope facilite ensuite le comptage et l’identification.

Existe-t-il un seuil universel d’intervention ?

Non. La décision dépend notamment :

  • de l’espèce présente ;
  • du risque virologique localement confirmé ;
  • du stade de la culture ;
  • du nombre de fleurs ;
  • de la destination commerciale des fruits ;
  • du niveau de dégâts accepté ;
  • de la population d’auxiliaires ;
  • des captures et de leur progression ;
  • de la proportion de larves dans les fleurs.

Un seuil provenant d’une autre culture ou d’un autre système de comptage ne doit pas être transposé automatiquement à la tomate au Maroc.

Prévenir l’introduction des thrips

Inspecter les plants

Avant l’entrée dans la serre :

  • tapotez quelques plants au-dessus d’un support blanc ;
  • examinez les fleurs lorsque les plants sont déjà fleuris ;
  • recherchez les plages argentées ;
  • contrôlez les points noirs ;
  • inspectez le dessous des feuilles ;
  • isolez les plateaux suspects ;
  • conservez la traçabilité des lots.

Protéger les ouvertures

Les filets anti-insectes doivent réduire l’entrée des thrips tout en permettant une ventilation compatible avec le climat de la serre.

Contrôlez :

  • les portes ;
  • les aérations latérales ;
  • les ouvertures de toiture ;
  • les jonctions avec la structure ;
  • les passages de canalisations ;
  • les déchirures ;
  • la fermeture du sas.

Le choix d’une maille très fine doit intégrer son effet sur la température, l’humidité et la circulation de l’air.

Organiser les déplacements

Les personnes, caisses et équipements doivent passer des zones les plus saines vers les zones infestées et non l’inverse.

Évitez de déplacer entre serres :

  • des fleurs infestées ;
  • des déchets végétaux ouverts ;
  • des plateaux de plants non inspectés ;
  • des caisses couvertes de résidus ;
  • des vêtements portant des insectes.

Adventices et cultures réservoirs

Les thrips peuvent se maintenir sur de nombreuses plantes cultivées, adventices et ornementales.

Surveillez :

  • les adventices fleuries dans la serre ;
  • les bordures ;
  • les fossés ;
  • les anciennes cultures ;
  • les repousses de tomate ;
  • les cultures ornementales proches ;
  • les plantes présentes autour des pépinières.

Une végétation fleurie peut héberger simultanément des thrips, des auxiliaires et parfois des virus. Sa gestion doit donc être planifiée et non réalisée brutalement.

La destruction soudaine d’une végétation extérieure très infestée peut provoquer une migration des adultes vers la serre voisine.

Auxiliaires contre les thrips de la tomate

Le biocontrôle doit être installé suffisamment tôt, avant que les populations deviennent très élevées et avant l’accumulation de résidus incompatibles.

Orius spp.

Les punaises prédatrices du genre Orius, notamment Orius laevigatus dans certains programmes méditerranéens, peuvent consommer :

  • des larves de thrips ;
  • des adultes ;
  • des œufs d’autres ravageurs ;
  • de petits acariens ;
  • du pollen en l’absence temporaire de proies.

Les nymphes et les adultes sont prédateurs. Leur installation dépend :

  • de la température ;
  • de la disponibilité des fleurs et du pollen ;
  • de la date d’introduction ;
  • des produits appliqués précédemment ;
  • de la structure du couvert ;
  • de la qualité des auxiliaires livrés.

Neoseiulus cucumeris et acariens apparentés

Neoseiulus cucumeris, anciennement souvent nommé Amblyseius cucumeris, peut consommer principalement les très jeunes larves de thrips.

Ces acariens sont surtout utiles :

  • en prévention ;
  • au début de l’infestation ;
  • lorsque les jeunes larves sont accessibles ;
  • dans un climat compatible avec leur développement ;
  • en l’absence de résidus toxiques.

Ils ne maîtrisent pas seuls les adultes ni les stades présents dans le sol.

Amblyseius barkeri

Amblyseius barkeri, également appelé Neoseiulus barkeri, peut participer à la prédation des jeunes larves dans certains programmes sous abri.

Auxiliaires du sol

Certains programmes biologiques utilisent des prédateurs ou organismes agissant dans le substrat contre les prénymphes et les nymphes.

Leur pertinence dépend :

  • du type de sol ou de substrat ;
  • de l’humidité ;
  • de la température ;
  • des traitements du sol ;
  • de la part de la population accomplissant sa nymphose au niveau accessible.

Champignons entomopathogènes

Des produits microbiens peuvent agir contre certains stades lorsque :

  • la souche et la formulation sont adaptées ;
  • le produit commercial est autorisé ;
  • l’humidité et la température permettent l’infection ;
  • la couverture atteint les refuges ;
  • la conservation du produit a été respectée ;
  • le programme reste compatible avec les auxiliaires.

Compatibilité spécifique avec la tomate

Un auxiliaire efficace sur poivron, concombre ou plante ornementale ne s’installe pas nécessairement de la même manière sur tomate. Les poils glandulaires du feuillage, la disponibilité du pollen et le climat peuvent limiter certains acariens prédateurs.

Demandez un protocole spécifique à la culture, au produit biologique exact et aux conditions marocaines.

Comment vérifier l’installation des auxiliaires ?

Après les introductions, recherchez :

  • les auxiliaires vivants dans plusieurs rangs ;
  • les nymphes et adultes d’Orius dans les fleurs ;
  • les acariens prédateurs sur les feuilles ;
  • la diminution des jeunes larves ;
  • la stabilisation des captures ;
  • la réduction des nouvelles plages argentées ;
  • l’absence de nouveaux foyers.

Un lâcher peut échouer en raison :

  • d’une introduction trop tardive ;
  • d’une mauvaise répartition ;
  • d’un climat défavorable ;
  • de résidus insecticides ;
  • d’une infestation initiale trop élevée ;
  • d’un auxiliaire mal adapté à la tomate ;
  • d’une qualité ou conservation insuffisante.

Quand envisager une intervention phytopharmaceutique ?

La décision doit intégrer :

  • les captures sur panneaux ;
  • les adultes et larves dans les fleurs ;
  • les dégâts nouveaux ;
  • les auxiliaires présents ;
  • le risque virologique confirmé ;
  • le stade de la culture ;
  • la proximité de la récolte ;
  • l’historique des groupes IRAC ;
  • les produits autorisés au Maroc.

Une intervention généralisée contre quelques adultes isolés peut éliminer les auxiliaires et favoriser une reprise ultérieure des populations.

Comment vérifier les produits autorisés au Maroc ?

Consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.

Vérifiez simultanément :

  • le nom commercial exact ;
  • la culture « tomate » ;
  • l’usage contre les thrips ;
  • la formulation ;
  • la dose autorisée ;
  • le nombre maximal d’applications ;
  • le délai avant récolte ;
  • le délai de rentrée ;
  • les effets sur les auxiliaires et pollinisateurs ;
  • la validité de l’autorisation.

Vérification dynamique obligatoire

L’Index recense les produits homologués au Maroc, qu’ils soient effectivement commercialisés ou non.

En cas de doute, l’attestation d’homologation ou l’autorisation de vente en vigueur constitue la référence pour le produit commercial exact.

Pourquoi les traitements contre les thrips échouent-ils souvent ?

Plusieurs caractéristiques compliquent leur maîtrise :

  • les œufs sont insérés dans les tissus ;
  • les larves se cachent dans les fleurs ;
  • les prénymphes et nymphes peuvent se trouver dans le sol ;
  • plusieurs générations se chevauchent ;
  • les adultes peuvent revenir de l’extérieur ;
  • les thrips développent rapidement des résistances ;
  • les produits non sélectifs détruisent leurs ennemis naturels.

Avant de conclure à une résistance, vérifiez :

  • l’identification de l’espèce ;
  • le stade ciblé ;
  • la date d’intervention ;
  • la pénétration dans les fleurs ;
  • la couverture du revers des feuilles ;
  • le débit des buses ;
  • la qualité de l’eau ;
  • les conditions climatiques ;
  • les sources de réinfestation.

Résistance aux insecticides et groupes IRAC

Frankliniella occidentalis présente internationalement des résistances à plusieurs grandes familles d’insecticides.

Changer de marque commerciale ne signifie pas toujours changer de mode d’action. Deux produits différents peuvent appartenir au même groupe IRAC.

Une stratégie responsable consiste à :

  • identifier le groupe IRAC de chaque produit ;
  • respecter le nombre maximal d’applications ;
  • éviter de traiter plusieurs générations successives avec le même groupe ;
  • alterner avec des modes d’action réellement différents ;
  • respecter la dose homologuée ;
  • préserver les auxiliaires ;
  • limiter les interventions aux situations justifiées ;
  • enregistrer les résultats après chaque passage.

Les mécanismes métaboliques peuvent parfois provoquer une résistance croisée entre groupes. L’alternance ne doit donc pas être construite uniquement à partir des marques.

Qualité de pulvérisation

Lorsqu’une intervention est justifiée, la couverture doit atteindre :

  • les fleurs ;
  • les jeunes pousses ;
  • le revers des feuilles ;
  • les sépales ;
  • les zones internes du couvert.

Avant de préparer le produit, contrôlez avec de l’eau propre :

Une pulvérisation excessive peut abîmer les fleurs, augmenter l’humidité et exposer inutilement les auxiliaires. Une couverture insuffisante laisse les insectes cachés dans leurs refuges.

Protéger les auxiliaires et pollinisateurs

Avant toute intervention, vérifiez :

  • la toxicité pour Orius ;
  • les effets sur les acariens prédateurs ;
  • la compatibilité avec les bourdons ;
  • la durée des effets résiduels ;
  • le délai avant un nouveau lâcher ;
  • la possibilité de traiter uniquement le foyer ;
  • les restrictions propres à la serre.

Un produit efficace contre les adultes peut compromettre plusieurs semaines de protection biologique s’il détruit également les auxiliaires installés.

Gestion de la fin de culture

Les thrips peuvent se maintenir dans les fleurs, les résidus et la couche superficielle du sol.

Après la dernière récolte :

  1. maintenez les panneaux et la surveillance ;
  2. évaluez la population avant l’arrachage ;
  3. protégez les jeunes cultures voisines ;
  4. retirez rapidement les plantes ;
  5. éliminez les fleurs et adventices réservoirs ;
  6. nettoyez les caisses et les supports ;
  7. gérez les résidus dans des contenants adaptés ;
  8. supprimez les repousses ;
  9. maintenez un vide sanitaire lorsque le calendrier le permet.

Le déplacement de plantes fleuries fortement infestées à travers l’exploitation peut disséminer de nombreux adultes.

Plan de lutte intégrée en 12 leviers

  1. Introduire uniquement des plants inspectés et traçables.
  2. Protéger les ouvertures par des filets adaptés.
  3. Installer les panneaux bleus dès la plantation.
  4. Tapoter régulièrement les fleurs sur un plateau blanc.
  5. Observer le revers des feuilles et les jeunes fruits.
  6. Cartographier immédiatement les premiers foyers.
  7. Gérer les adventices et plantes fleuries réservoirs.
  8. Introduire les auxiliaires suffisamment tôt.
  9. Préserver les prédateurs déjà installés.
  10. Vérifier chaque produit commercial dans l’Index ONSSA.
  11. Alterner réellement les groupes IRAC.
  12. Assainir rapidement la serre en fin de culture.

Plan d’action selon la situation observée

SituationActions prioritaires
Aucune capture ni dégâtMaintenir les panneaux, inspecter les plants et préparer le programme biologique
Premiers adultes sur panneauxExaminer les fleurs, rechercher l’entrée et renforcer la surveillance
Larves dans quelques fleursMarquer le foyer, renforcer les auxiliaires et contrôler les plantes voisines
Plages argentées et points noirsConfirmer l’espèce, évaluer tous les stades et vérifier les fruits
Symptômes compatibles avec une viroseMarquer, limiter les manipulations, prélever et demander une analyse moléculaire
Population élevée malgré les interventionsVérifier l’identification, la couverture, les groupes IRAC, les résidus et les sources extérieures

Que faut-il inscrire dans le registre ?

Le suivi peut être intégré au registre de traitement phytosanitaire.

  • date du relevé ;
  • serre, bloc et rang ;
  • numéro du panneau bleu ;
  • nombre d’adultes capturés ;
  • nombre de fleurs inspectées ;
  • adultes et larves observés ;
  • plages argentées et points noirs ;
  • fruits marqués ou déformés ;
  • auxiliaires présents ou introduits ;
  • plantes suspectes de virose ;
  • prélèvements et résultats du laboratoire ;
  • produit commercial éventuellement utilisé ;
  • groupe IRAC ;
  • DAR et délai de rentrée ;
  • résultat du contrôle suivant.

Matériel utile pour la surveillance

  • panneaux bleus englués ;
  • quelques panneaux jaunes complémentaires ;
  • supports réglables ;
  • loupe de terrain ;
  • plateau blanc ;
  • aspirateur entomologique manuel ;
  • sachets de prélèvement ;
  • petits tubes de conservation ;
  • marqueurs de foyers ;
  • compteur manuel ;
  • filets anti-insectes ;
  • tableau ou application de suivi.

Erreurs fréquentes face aux thrips

ErreurConséquenceCorrection
Observer uniquement les feuillesPopulation cachée dans les fleursTapoter régulièrement les bouquets
Attendre des dégâts généralisésDétection trop tardiveInstaller les panneaux dès la plantation
Confondre thrips et acariensMesures inadaptéesUtiliser une loupe et rechercher les points noirs
Considérer les pièges comme une lutte suffisanteLarves et nymphes non contrôléesAssocier observation, auxiliaires et prophylaxie
Introduire les auxiliaires trop tardPopulation déjà trop élevéeCommencer préventivement ou dès les premières détections
Choisir un auxiliaire sans vérifier la tomateMauvaise installation dans la cultureUtiliser un protocole spécifique à la tomate
Répéter le même groupe IRACSélection rapide de résistanceAlterner réellement les modes d’action
Affirmer un TSWV d’après les symptômesDiagnostic virologique non confirméDemander une analyse moléculaire

Questions fréquentes sur les thrips de la tomate

Comment savoir si une tomate porte des thrips ?

Recherchez des plages argentées avec de petits points noirs, puis tapotez les fleurs au-dessus d’un support blanc. Les adultes sont étroits et ailés ; les larves sont plus pâles et dépourvues d’ailes.

Quelle couleur de piège utiliser ?

Le bleu est généralement privilégié pour suivre les thrips. Le jaune peut compléter la surveillance, mais il capture davantage d’autres insectes.

Les pièges bleus éliminent-ils l’infestation ?

Non. Ils servent principalement à détecter et suivre les adultes. Ils ne contrôlent pas les œufs insérés dans les tissus, les larves cachées ni les nymphes présentes dans le sol.

Pourquoi les feuilles deviennent-elles argentées ?

Les thrips détruisent les cellules superficielles et en aspirent le contenu. Les cellules vidées réfléchissent la lumière et donnent au tissu un aspect argenté.

Les thrips attaquent-ils les fruits ?

Oui. Les pontes et prises alimentaires précoces peuvent produire des points entourés d’un halo blanc, des cicatrices liégeuses et des déformations.

Les thrips transmettent-ils le TSWV ?

Certaines espèces peuvent le transmettre lorsqu’elles acquièrent le virus pendant leurs stades larvaires. Au Maroc, la présence du virus ne doit pas être affirmée sans résultat de laboratoire.

Quel auxiliaire utiliser ?

Des punaises du genre Orius et certains acariens prédateurs comme Neoseiulus cucumeris peuvent participer à la protection. Le choix dépend du climat, de la culture, des stades présents et des traitements antérieurs.

Pourquoi les auxiliaires ne s’installent-ils pas toujours ?

Une introduction tardive, des résidus toxiques, un climat inadapté, une mauvaise répartition ou les caractéristiques pileuses de la tomate peuvent limiter leur installation.

Pourquoi un insecticide peut-il échouer ?

Les œufs sont protégés dans les tissus, les larves se cachent dans les fleurs et les nymphes peuvent se trouver dans le sol. La résistance, une mauvaise couverture ou une réinfestation extérieure sont également possibles.

Peut-on utiliser le même produit plusieurs fois ?

Uniquement dans les limites de l’autorisation et du programme de résistance. Plusieurs générations successives ne doivent pas être exposées au même groupe IRAC.

Faut-il arracher une plante suspecte de virose ?

Marquez-la d’abord, limitez les manipulations, maîtrisez les thrips et organisez une analyse. La décision de retrait dépend du résultat, du nombre de plantes et du protocole de l’exploitation.

Comment protéger les jeunes plants ?

Utilisez des plants inspectés, des filets adaptés, des panneaux bleus précoces, une surveillance des fleurs et des auxiliaires compatibles introduits avant l’augmentation des populations.

Thrips de la tomate : surveiller les fleurs avant les dégâts visibles

Les thrips de la tomate sont difficiles à maîtriser lorsqu’ils sont déjà présents à tous les stades dans les fleurs, le feuillage et la couche superficielle du sol.

Les plages argentées, les points noirs, les chutes de fleurs et les anneaux autour des sites de ponte permettent d’orienter le diagnostic. Une loupe et le tapotement des fleurs sur un plateau blanc confirment souvent rapidement la présence du ravageur.

La stratégie la plus efficace commence par l’exclusion : plants inspectés, filets, sas, gestion des adventices et panneaux bleus installés dès la plantation.

Les auxiliaires doivent être introduits précocement et protégés des interventions incompatibles. Lorsqu’un produit phytopharmaceutique devient nécessaire, il doit être autorisé sur tomate au Maroc, atteindre les refuges du ravageur et s’inscrire dans une véritable alternance des groupes IRAC.

Cette combinaison limite les cicatrices sur les fruits, protège les fleurs et réduit le risque de transmission de virus sans multiplier les traitements systématiques.

Ne pas attendre que les feuilles deviennent entièrement argentées

Installez les panneaux bleus dès la plantation et tapotez chaque semaine plusieurs fleurs au-dessus d’un support blanc.

Reconnaître les dégâts de thrips Consulter la situation de Frankliniella Vérifier les produits autorisés

Sources officielles et techniques

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