Plaques jaunes et bleues sous serre : installation et comptage

Plaques chromatiques serre : les plaques jaunes et bleues permettent de détecter rapidement plusieurs insectes volants, de localiser leurs points d’entrée et de suivre l’évolution de leurs populations dans une culture protégée.

Plaques chromatiques serre jaunes et bleues installées pour surveiller les ravageurs
Plaques jaunes et bleues sous serre utilisées pour le suivi et le comptage des insectes ravageurs.

La plaque jaune est généralement utilisée pour surveiller les aleurodes, les pucerons ailés, les mouches mineuses, les moucherons du terreau et différents petits insectes volants. La plaque bleue est principalement destinée au suivi des thrips, notamment lorsque le producteur souhaite mieux distinguer leur activité de celle des aleurodes.

Une plaque engluée ne constitue cependant pas un diagnostic complet. Elle capture principalement des adultes en déplacement, alors que les dégâts sont souvent provoqués par les larves, les nymphes ou les colonies installées sur les feuilles, les fleurs et les jeunes pousses.

Le nombre d’insectes capturés dépend aussi de la hauteur de la plaque, de la ventilation, du stade de la culture, de la température, du renouvellement de la colle et des travaux réalisés dans la serre. Pour obtenir des données utiles, l’installation et le comptage doivent donc être standardisés.

Ce guide complète notre méthode de diagnostic phytosanitaire, notre article consacré aux pièges à phéromones au Maroc, notre dossier sur Tuta absoluta et la page centrale sur les traitements phytosanitaires au Maroc.

La règle fondamentale

Ne comparez jamais deux comptages obtenus avec des plaques de couleurs, de dimensions, de hauteurs ou de durées d’exposition différentes.

Pour suivre une évolution, conservez le même modèle de plaque, les mêmes emplacements, le même intervalle de lecture et la même méthode de comptage.

Plaques chromatiques serre : quelle couleur installer et comment compter ?

Le choix de la couleur dépend principalement de l’insecte recherché.

  • Plaque jaune : surveillance générale des petits insectes volants.
  • Plaque bleue : surveillance plus ciblée des thrips.
  • Rouleau englué : capture sur une grande surface, à distinguer du simple réseau de surveillance.
  • Plaque associée à un attractif : dispositif particulier dont l’interprétation dépend de l’attractif ajouté.

Une plaque jaune ou bleue ne contient pas nécessairement de phéromone. Elle attire les insectes principalement grâce à sa couleur et à la lumière qu’elle réfléchit.

Pourquoi les insectes sont-ils attirés par les couleurs ?

De nombreux insectes utilisent des signaux visuels pour rechercher :

  • une plante hôte ;
  • un jeune feuillage ;
  • une fleur ;
  • une zone de ponte ;
  • un nouvel espace de colonisation.

La couleur jaune rappelle à plusieurs espèces les jeunes tissus végétaux et certaines caractéristiques du feuillage. Elle attire donc une gamme relativement large d’insectes.

Le bleu est particulièrement intéressant pour plusieurs espèces de thrips. Cette préférence n’est toutefois pas absolue : des thrips peuvent aussi être capturés sur les plaques jaunes.

Quels insectes surveiller avec les plaques jaunes ?

Les plaques jaunes peuvent capturer notamment :

  • les aleurodes adultes ;
  • les pucerons ailés ;
  • les adultes de certaines mouches mineuses ;
  • les thrips adultes ;
  • les moucherons du terreau ;
  • les mouches des rivages ;
  • des cicadelles ;
  • de petits hyménoptères ;
  • certains parasitoïdes et autres auxiliaires.

Leur polyvalence constitue un avantage pour la surveillance générale, mais elle rend parfois le comptage plus long lorsque de nombreux insectes non ciblés sont capturés.

Quels insectes surveiller avec les plaques bleues ?

Les plaques bleues sont surtout utilisées pour rechercher les thrips adultes.

Elles sont particulièrement utiles lorsque le producteur souhaite :

  • détecter précocement l’arrivée des thrips ;
  • suivre leur activité dans les fleurs et les jeunes pousses ;
  • localiser les zones les plus exposées ;
  • évaluer la tendance après une mesure de protection ;
  • limiter le nombre d’aleurodes capturés sur la plaque destinée aux thrips.

La couleur bleue présente cependant un inconvénient : les petits thrips sombres peuvent être plus difficiles à distinguer que sur un fond jaune clair.

L’utilisation d’une loupe et d’un éclairage régulier améliore alors la qualité du comptage.

Tableau de choix entre plaques jaunes et bleues

Insecte ou objectifPlaque conseilléeObservation complémentaire
AleurodesJauneRetourner les feuilles et compter adultes, œufs et nymphes
ThripsBleue ou jaune selon le protocoleSecouer les fleurs au-dessus d’une feuille blanche
PuceronsJaune pour les formes ailéesInspecter les apex et le dessous des feuilles pour les colonies
Mouches mineusesJauneRechercher piqûres de nutrition, œufs et galeries foliaires
Moucherons du terreauJaune, proche du substratExaminer le substrat et utiliser des rondelles de pomme de terre pour les larves
Surveillance généraleJauneIdentifier séparément ravageurs, auxiliaires et insectes accidentels
Suivi ciblé des thripsBleueUtiliser une loupe et inspecter les fleurs ou jeunes feuilles

Quels ravageurs ne sont pas correctement surveillés avec ces plaques ?

Les plaques chromatiques capturent surtout des adultes capables de voler.

Elles ne permettent pas de surveiller correctement :

  • les acariens ;
  • les cochenilles fixées ;
  • les cochenilles farineuses non ailées ;
  • les pucerons aptères regroupés en colonies ;
  • les œufs d’aleurodes ;
  • les nymphes d’aleurodes ;
  • les larves de thrips cachées dans les fleurs ;
  • les chenilles installées dans les feuilles ou les fruits ;
  • les larves de mouches mineuses vivant dans les galeries.

Une absence de captures ne prouve donc pas que la culture est indemne.

Plaque chromatique ou piège à phéromone ?

Les deux dispositifs ne fonctionnent pas de la même manière.

CritèrePlaque chromatiquePiège à phéromone
Signal principalCouleurSignal chimique spécifique
SélectivitéFaible à moyenneSouvent élevée pour une espèce
Insectes capturésPlusieurs espèces volantesPrincipalement l’espèce ciblée et souvent un sexe déterminé
UtilitéSurveillance générale ou ciblée par couleurDétection et suivi précis d’un ravageur identifié

Une plaque chromatique peut recevoir un attractif complémentaire, mais le dispositif devient alors dépendant de cet attractif et de son protocole spécifique.

Quand installer les plaques dans la serre ?

Les plaques doivent idéalement être installées avant que les populations deviennent visibles sur toute la culture.

Les moments importants comprennent :

  • avant l’entrée des nouveaux plants ;
  • pendant la période de vide sanitaire ;
  • dès la plantation ;
  • avant l’ouverture d’une période de forte ventilation ;
  • avant une poussée végétative ou une floraison sensible aux thrips ;
  • avant une période historiquement favorable aux aleurodes ;
  • après le nettoyage de la serre pour vérifier les insectes résiduels.

Des plaques placées dans une serre vide peuvent aider à vérifier si des thrips, moucherons ou autres adultes persistent dans les adventices, le substrat, les déchets ou les structures.

Combien de plaques faut-il installer ?

Il n’existe pas de densité universelle adaptée à toutes les cultures protégées.

Le nombre dépend :

  • de la surface de la serre ;
  • du nombre de compartiments ;
  • du ravageur recherché ;
  • de la valeur et de la sensibilité de la culture ;
  • du nombre de portes et d’ouvrants ;
  • de l’historique des foyers ;
  • du temps disponible pour les lectures ;
  • de l’objectif : détection, surveillance ou capture de masse.

Des guides internationaux de cultures sous serre proposent, selon les situations, entre une et quatre plaques pour environ 93 m², avec des plaques supplémentaires près des portes, ouvrants, parois latérales et cultures très sensibles.

Ces valeurs constituent des repères étrangers et non une norme officielle pour les serres maraîchères marocaines.

Une organisation pratique consiste à :

  • installer au minimum une plaque dans chaque unité de production distincte ;
  • ajouter une plaque près de chaque entrée importante ;
  • renforcer les zones proches des ouvrants et filets endommagés ;
  • placer une plaque dans les foyers historiques ;
  • prévoir des plaques spécifiques dans les variétés très sensibles ;
  • maintenir une répartition régulière pour comparer les zones.

Où placer les plaques près des portes et ouvrants ?

Les portes, aérations et parois latérales sont des points d’entrée privilégiés pour plusieurs insectes.

Placez des plaques :

  • à l’intérieur de la serre, immédiatement après l’entrée ;
  • près des ouvrants latéraux ;
  • sous les aérations du toit lorsqu’elles sont accessibles ;
  • près des zones où le filet insect-proof est détérioré ;
  • du côté exposé aux vents dominants ;
  • près des zones de réception et de quarantaine des plants.

Une hausse limitée aux plaques d’entrée peut indiquer une immigration récente plutôt qu’un foyer déjà installé au centre de la serre.

Quelle hauteur choisir ?

Pour surveiller les aleurodes, thrips, pucerons ailés et mouches mineuses, la plaque est généralement placée verticalement à hauteur du couvert.

Une méthode pratique consiste à positionner :

  • le bas de la plaque au niveau du sommet des plantes ;
  • ou la plaque légèrement au-dessus du couvert lorsque la culture grandit rapidement ;
  • sans laisser les feuilles toucher la colle ;
  • sans masquer la plaque derrière un feuillage dense.

Certains guides recommandent une hauteur d’environ 10 à 15 cm au-dessus du couvert. Cette distance doit être ajustée selon la culture et la croissance des plantes.

Les plaques doivent être relevées progressivement pendant la croissance des tomates, poivrons, concombres et autres cultures palissées.

Orientation verticale ou horizontale ?

Orientation verticale

La position verticale est généralement adaptée pour capturer :

  • les aleurodes ;
  • les thrips en déplacement ;
  • les pucerons ailés ;
  • les mouches mineuses ;
  • les insectes migrant entre les rangs.

Orientation horizontale

Une plaque jaune placée horizontalement près du substrat peut être plus adaptée pour surveiller :

  • les moucherons du terreau ;
  • les mouches des rivages ;
  • les adultes émergeant du sol ou des supports de culture ;
  • les insectes volant à faible hauteur sous les tables.

Le suivi d’un ravageur du substrat doit aussi comprendre l’examen des racines, des algues, de l’humidité et des larves présentes dans le milieu de culture.

Comment fixer correctement les plaques ?

Utilisez :

  • un support rigide ;
  • un fil de suspension ;
  • une pince en bois ou en plastique ;
  • un piquet fin ;
  • un système facilement réglable en hauteur.

La plaque doit rester :

  • stable malgré la ventilation ;
  • visible depuis le passage ;
  • facilement accessible pour le comptage ;
  • hors du contact direct des feuilles ;
  • hors du passage des ouvriers ;
  • à l’écart des tuyaux chauds et des surfaces poussiéreuses.

Évitez de plier la plaque, de coller ses deux faces ou de l’installer directement contre une paroi.

Comment numéroter les plaques ?

Chaque plaque doit recevoir un identifiant unique.

Le code peut associer :

  • le numéro de la serre ;
  • le compartiment ;
  • le rang ;
  • la position dans le rang ;
  • la couleur ;
  • le numéro chronologique.

Exemple interne :

S2-B3-R8-J02 peut désigner la serre 2, le bloc 3, le rang 8 et la deuxième plaque jaune.

Le code doit être reporté sur un plan de la serre afin de suivre la formation des foyers.

À quelle fréquence faut-il lire les plaques ?

Une lecture hebdomadaire constitue un rythme minimal courant.

Une lecture deux fois par semaine devient préférable :

  • au début de la culture ;
  • après l’entrée de nouveaux plants ;
  • pendant une hausse rapide des captures ;
  • lorsque des virus transmis par des insectes constituent un risque ;
  • pendant une forte période de vol des thrips ou aleurodes ;
  • après une ouverture prolongée des aérations ;
  • après une intervention dont l’efficacité doit être évaluée.

Dans une situation à très haut risque, une observation plus fréquente de quelques plaques sentinelles peut compléter le comptage général.

Comment compter les insectes capturés ?

Pour chaque plaque :

  1. vérifiez son numéro et son emplacement ;
  2. notez la date de la lecture ;
  3. calculez le nombre de jours d’exposition ;
  4. examinez les deux faces ;
  5. identifiez les principaux groupes d’insectes ;
  6. comptez séparément aleurodes, thrips, pucerons ailés et mouches mineuses ;
  7. notez les auxiliaires et captures non ciblées ;
  8. photographiez la plaque lorsqu’un insecte reste incertain ;
  9. remplacez-la lorsqu’elle est saturée ou trop sale ;
  10. reportez immédiatement les résultats dans le registre.

Faut-il compter les deux faces ?

Oui, lorsque la plaque est engluée des deux côtés.

Les deux faces peuvent recevoir des captures différentes selon :

  • la direction de la ventilation ;
  • la proximité d’une porte ;
  • la disposition des rangs ;
  • la direction des déplacements des ouvriers ;
  • l’orientation de la lumière ;
  • la position du foyer.

Vous pouvez enregistrer séparément la face orientée vers l’entrée et celle orientée vers la culture lorsqu’une analyse directionnelle est utile.

Utiliser la grille imprimée sur la plaque

Les plaques quadrillées facilitent :

  • le comptage méthodique ;
  • la localisation d’un insecte à confirmer ;
  • la photographie toujours réalisée dans la même zone ;
  • l’estimation lorsque la plaque contient de nombreuses captures ;
  • la comparaison entre techniciens.

Commencez toujours au même coin et parcourez les carrés selon un trajet fixe.

Par exemple :

  1. haut gauche vers haut droit ;
  2. deuxième ligne de droite vers gauche ;
  3. poursuite en serpentin jusqu’en bas ;
  4. retournement de la plaque ;
  5. même trajet sur la seconde face.

Comment compter une plaque très chargée ?

La meilleure solution consiste à remplacer la plaque avant sa saturation.

Lorsque le comptage intégral devient impossible, vous pouvez utiliser une méthode d’échantillonnage standardisée :

  • compter tous les insectes dans une bande verticale de largeur fixe ;
  • compter plusieurs carrés répartis régulièrement ;
  • calculer la moyenne par carré ;
  • multiplier cette moyenne par le nombre total de carrés.

Un guide UC IPM propose, pour les plaques très chargées, de compter une colonne verticale d’environ 2,5 cm sur les deux faces, puis d’extrapoler selon la largeur totale de la plaque.

Cette estimation doit être clairement identifiée dans le registre afin de ne pas la confondre avec un comptage exhaustif.

Calculer les captures par plaque et par jour

Lorsque les durées d’exposition diffèrent, utilisez un indicateur standardisé :

Captures par plaque et par jour = nombre d’insectes capturés ÷ nombre de jours d’exposition.

Exemple :

  • plaque A : 28 aleurodes pendant 7 jours = 4 aleurodes par plaque et par jour ;
  • plaque B : 18 aleurodes pendant 3 jours = 6 aleurodes par plaque et par jour.

La plaque B présente donc une activité quotidienne supérieure malgré un total brut plus faible.

Comment reconnaître les principaux insectes sur la plaque ?

GroupeAspect général sur la plaqueVérification sur la plante
AleurodeTrès petit insecte blanc, ailes poudreuses disposées en toitAdultes et nymphes sous les feuilles
ThripsCorps très fin, allongé, jaune pâle, brun ou sombreFleurs, jeunes feuilles, argentures et ponctuations noires
Puceron ailéCorps plus trapu, longues antennes et ailes transparentesColonies, miellat, mues blanches et déformations des apex
Mouche mineusePetite mouche sombre, parfois marquée de jaunePiqûres et galeries dans les feuilles
Moucheron du terreauPetit insecte sombre, corps fin, longues pattes et antennesSubstrat humide, algues et larves translucides
ParasitoïdeTrès petit hyménoptère sombre, taille fine et ailes transparentesMomies de pucerons ou nymphes d’aleurodes parasitées

Une détermination jusqu’à l’espèce est souvent difficile directement sur une plaque engluée. Les thrips et aleurodes mesurent seulement quelques millimètres et certaines espèces présentent des différences morphologiques très discrètes.

Conservez ou photographiez les spécimens incertains avec une échelle et faites confirmer l’identification lorsqu’elle influence la stratégie de protection.

Pourquoi faut-il compter les auxiliaires ?

Les plaques jaunes peuvent également capturer :

  • des parasitoïdes d’aleurodes ;
  • des parasitoïdes de pucerons ;
  • de petites punaises prédatrices ;
  • des chrysopes adultes ;
  • des syrphes ;
  • d’autres insectes utiles.

Une hausse des captures d’auxiliaires peut révéler :

  • une plaque trop proche d’un point de lâcher ;
  • un excès de plaques ;
  • une mauvaise position par rapport aux plantes relais ;
  • un rouleau englué interceptant une trop grande partie des auxiliaires ;
  • une activité importante des ennemis naturels.

Les auxiliaires ne doivent pas être ajoutés au nombre des ravageurs.

Précautions lors des lâchers d’auxiliaires

Dans une serre utilisant la lutte biologique :

  • évitez de placer une plaque directement au-dessus des sachets d’acariens prédateurs ;
  • éloignez les plaques des points de lâcher de parasitoïdes ;
  • réduisez les grandes surfaces engluées lorsque les auxiliaires sont fortement interceptés ;
  • conservez quelques plaques sentinelles nécessaires au suivi ;
  • notez les auxiliaires capturés séparément ;
  • coordonnez le réseau avec le fournisseur ou le conseiller biologique.

Le but est de maintenir une surveillance suffisante sans transformer le dispositif en piège pour les organismes utiles.

Associer les plaques à l’observation des aleurodes

Une hausse des aleurodes adultes sur les plaques jaunes doit conduire à inspecter :

  • la face inférieure des jeunes feuilles pour les adultes ;
  • les feuilles plus âgées pour les œufs et nymphes ;
  • les bordures proches des ouvrants ;
  • les plantes reçues récemment ;
  • les adventices présentes sous les gouttières ;
  • les foyers de miellat et de fumagine ;
  • les symptômes compatibles avec une virose transmise par aleurodes.

Une baisse des captures d’adultes ne prouve pas que les œufs et les nymphes présents sur les feuilles ont disparu.

Associer les plaques à l’observation des thrips

Après une hausse sur les plaques bleues ou jaunes :

  • secouez plusieurs fleurs au-dessus d’une feuille blanche ;
  • ouvrez délicatement les fleurs complexes ;
  • inspectez les jeunes feuilles repliées ;
  • recherchez les plages argentées ;
  • recherchez les petits points noirs correspondant aux déjections ;
  • examinez les fruits sensibles aux cicatrices ;
  • surveillez les symptômes de viroses transmises par certains thrips.

Les captures renseignent sur l’activité des adultes, mais les larves présentes dans les fleurs ou sur les feuilles doivent être comptées séparément.

Associer les plaques à l’observation des pucerons

Les plaques jaunes capturent principalement les pucerons ailés qui recherchent une nouvelle plante.

Après une capture :

  • inspectez les apex ;
  • regardez sous les jeunes feuilles ;
  • recherchez des colonies regroupées ;
  • notez le miellat ;
  • recherchez les mues blanches ;
  • observez les déformations ;
  • recherchez les momies de pucerons parasités.

Lorsque des pucerons ailés sont capturés, une colonie peut déjà être installée dans une autre partie de la serre.

Associer les plaques à l’observation des mouches mineuses

Les captures d’adultes doivent être comparées :

  • aux piqûres de nutrition sur les feuilles ;
  • aux galeries récentes ;
  • aux larves visibles dans les mines ;
  • aux pupes tombées sur le sol ou le substrat ;
  • à la présence de parasitoïdes ;
  • aux dégâts sur les nouvelles feuilles.

De nombreux parasitoïdes de mouches mineuses peuvent aussi être capturés sur les plaques jaunes. Une identification prudente évite de les compter comme ravageurs.

Comment interpréter une hausse des captures ?

Une augmentation peut correspondre à :

  • une nouvelle entrée depuis l’extérieur ;
  • l’émergence d’une génération dans la serre ;
  • un déplacement provoqué par la taille ou l’effeuillage ;
  • une hausse de température favorisant le vol ;
  • une ouverture plus importante des aérations ;
  • la dégradation d’un filet ;
  • l’arrivée d’un lot de plants infesté ;
  • une diminution de l’efficacité du programme de protection.

La cartographie permet de distinguer une entrée périphérique d’une multiplication interne.

Pourquoi les captures peuvent-elles diminuer sans amélioration réelle ?

Une baisse apparente peut être provoquée par :

  • une plaque ancienne ou recouverte de poussière ;
  • une colle desséchée ;
  • un feuillage qui cache la plaque ;
  • une plaque située trop bas ;
  • une diminution de la température et du vol ;
  • une ventilation forte ;
  • des insectes présents sous forme d’œufs, larves ou nymphes ;
  • un changement de couleur ou de modèle ;
  • une durée d’exposition plus courte.

Le matériel doit être vérifié avant d’attribuer la baisse à une intervention réussie.

Influence des travaux culturaux

Les captures peuvent augmenter temporairement après :

  • la taille ;
  • l’effeuillage ;
  • le palissage ;
  • la récolte ;
  • le secouage des plantes ;
  • une irrigation par aspersion ;
  • un déplacement important des ouvriers ;
  • le traitement d’une zone voisine.

Ces travaux obligent les adultes à voler et peuvent donc modifier les captures sans augmentation réelle de la population totale.

Notez toujours les opérations culturales réalisées entre deux lectures.

Quand remplacer une plaque ?

Remplacez-la lorsque :

  • la surface devient saturée d’insectes ;
  • la poussière recouvre la colle ;
  • des feuilles touchent la surface ;
  • la colle perd son pouvoir adhésif ;
  • de l’eau ou un produit altère la surface ;
  • le comptage devient trop difficile ;
  • la plaque est déchirée ou pliée ;
  • sa période d’utilisation standardisée est terminée.

Dans les serres marocaines chaudes ou poussiéreuses, l’état réel de la colle doit prévaloir sur un calendrier fixe.

Comment conserver une plaque après le comptage ?

Une plaque importante pour la traçabilité peut être :

  • recouverte d’un film plastique transparent sans déplacer les insectes ;
  • placée dans une pochette rigide ;
  • identifiée avec son numéro et ses dates ;
  • photographiée à haute résolution ;
  • conservée temporairement pour une confirmation.

Ne superposez pas directement deux surfaces engluées.

Photographier les plaques pour le suivi

Pour obtenir des images comparables :

  • utilisez le même appareil ;
  • placez la plaque à plat ;
  • utilisez un éclairage diffus ;
  • évitez les reflets ;
  • placez une échelle millimétrique ;
  • conservez la même distance ;
  • photographiez les deux faces ;
  • incluez le numéro de la plaque sans masquer les insectes.

Des travaux récents montrent que des photographies à haute résolution peuvent aider à distinguer certaines espèces de thrips et d’aleurodes, mais une image ordinaire ne garantit pas une identification fiable jusqu’à l’espèce.

Existe-t-il un seuil universel de captures ?

Non.

Le seuil dépend notamment :

  • de l’espèce du ravageur ;
  • de la culture ;
  • du stade de la plante ;
  • de la sensibilité commerciale du produit ;
  • du risque de transmission virale ;
  • de la couleur et de la dimension de la plaque ;
  • de la densité du réseau ;
  • de la durée d’exposition ;
  • des auxiliaires présents ;
  • de la méthode de lutte envisagée.

Les seuils publiés pour des plantes ornementales ou des serres étrangères ne doivent pas être appliqués automatiquement à la tomate, au poivron ou au concombre au Maroc.

Une capture signifie-t-elle qu’il faut traiter ?

Non.

La capture doit d’abord conduire à :

  1. confirmer l’identité du ravageur ;
  2. inspecter la culture autour de la plaque ;
  3. rechercher les stades immatures ;
  4. évaluer les dégâts ;
  5. examiner le risque de virose ;
  6. compter les auxiliaires ;
  7. comparer la tendance aux semaines précédentes ;
  8. identifier une éventuelle porte d’entrée.

Une intervention phytopharmaceutique ne doit être envisagée qu’après ce diagnostic et après vérification de l’usage exact dans l’Index phytosanitaire de l’ONSSA.

Plaques de surveillance ou rouleaux de capture de masse ?

Les petites plaques servent principalement à suivre les populations.

Les bandes ou rouleaux englués présentent une surface beaucoup plus importante et peuvent participer à la réduction des adultes de certains ravageurs sous serre.

Leur emploi exige toutefois d’évaluer :

  • la quantité d’auxiliaires capturés ;
  • la proximité des ruches de pollinisation ;
  • la circulation des ouvriers ;
  • la densité du ravageur ;
  • la hauteur de pose ;
  • le risque de saturation ;
  • le coût de renouvellement ;
  • la compatibilité avec le programme biologique.

Une densité utilisée pour la surveillance ne doit pas être présentée comme un protocole de capture de masse.

Plan d’installation en 10 étapes

  1. Identifier les ravageurs prioritaires de la serre.
  2. Choisir le jaune pour la surveillance générale et le bleu pour le suivi ciblé des thrips.
  3. Définir des emplacements permanents sur un plan.
  4. Renforcer les portes, ouvrants et zones historiquement infestées.
  5. Placer les plaques verticalement au niveau du sommet du couvert.
  6. Utiliser des plaques horizontales près du substrat pour les moucherons.
  7. Attribuer un numéro unique à chaque plaque.
  8. Fixer une fréquence de lecture identique.
  9. Compter séparément ravageurs, auxiliaires et non-cibles.
  10. Relier les captures aux observations réalisées sur les plantes.

Plan d’action selon le comptage

RésultatInterprétation possibleAction prioritaire
Aucune captureAbsence possible ou plaque défaillanteVérifier la colle, la hauteur et inspecter les plantes
Premiers aleurodes près d’une porteImmigration récenteInspecter les plantes proches et contrôler le filet
Hausse des thrips sur plusieurs plaques bleuesVol généralisé ou multiplication interneSecouer les fleurs et rechercher larves et dégâts
Pucerons ailés isolésColonie possible dans une autre zoneExaminer immédiatement les apex sensibles
Nombreux parasitoïdes capturésPlaques trop proches des lâchersRepositionner le réseau sans supprimer la surveillance
Plaque saturéeDonnées devenues imprécisesRemplacer la plaque et raccourcir l’intervalle de lecture
Baisse après traitementEffet possible sur les adultesVérifier aussi les œufs, larves et nymphes sur les plantes

Que faut-il inscrire dans le registre ?

Les résultats peuvent être rapprochés du registre de traitement phytosanitaire.

  • nom ou numéro de la serre ;
  • culture et variété ;
  • date de plantation ;
  • numéro de la plaque ;
  • couleur ;
  • dimensions ;
  • emplacement ;
  • hauteur ;
  • orientation ;
  • date de pose ;
  • date de lecture ;
  • nombre de jours d’exposition ;
  • nombre d’aleurodes ;
  • nombre de thrips ;
  • nombre de pucerons ailés ;
  • nombre de mouches mineuses ;
  • captures d’auxiliaires ;
  • état de la colle ;
  • résultats des inspections de plantes ;
  • travaux culturaux récents ;
  • décision prise après le comptage.

Matériel utile pour l’installation et le comptage

  • plaques jaunes quadrillées ;
  • plaques bleues quadrillées ;
  • supports réglables ;
  • pinces de fixation ;
  • piquets fins ;
  • étiquettes résistantes à l’humidité ;
  • plan de la serre ;
  • loupe de terrain de 10 à 20 fois ;
  • compteur manuel ;
  • règle millimétrique ;
  • pince entomologique ;
  • film plastique transparent ;
  • pochettes de conservation ;
  • appareil photo macro ;
  • tablette ou carnet de suivi.

Erreurs fréquentes avec les plaques chromatiques

ErreurConséquenceCorrection
Installer toutes les plaques à une hauteur fixeLe couvert dépasse les plaquesRelever les supports avec la croissance
Changer souvent les emplacementsComparaison des semaines impossibleConserver une carte et des positions fixes
Compter tous les insectes ensembleTendance de chaque ravageur masquéeSéparer les groupes et les auxiliaires
Traiter après une seule captureIntervention non justifiéeInspecter la culture et suivre la tendance
Conserver une plaque saturéeNouvelles captures non mesurablesRemplacer plus fréquemment
Laisser les feuilles toucher la collePlaque masquée et feuilles abîméesMaintenir un espace autour du dispositif
Comparer jaune et bleu comme des mesures identiquesInterprétation fausséeAnalyser chaque couleur séparément
Ignorer les auxiliaires capturésImpact du réseau biologique non détectéLes identifier et les enregistrer séparément

Questions fréquentes sur les plaques jaunes et bleues

Quelle plaque utiliser contre les aleurodes ?

La plaque jaune est généralement la plus utilisée pour détecter et suivre les aleurodes adultes.

Quelle plaque utiliser contre les thrips ?

La plaque bleue permet un suivi plus ciblé des thrips, mais les plaques jaunes peuvent également en capturer.

Peut-on utiliser uniquement des plaques bleues ?

Non lorsque l’objectif est une surveillance générale. Les plaques jaunes détectent une gamme plus large d’insectes volants.

Les plaques attirent-elles Tuta absoluta ?

Quelques adultes peuvent être interceptés accidentellement, mais la surveillance spécifique de Tuta absoluta repose principalement sur un piège équipé de la phéromone adaptée.

À quelle hauteur installer une plaque jaune ?

Placez-la généralement au niveau du sommet du couvert ou légèrement au-dessus, puis relevez-la avec la croissance.

Combien de fois faut-il compter ?

Au moins une fois par semaine, et plus fréquemment pendant les périodes de risque ou de hausse rapide des captures.

Faut-il compter les deux faces ?

Oui lorsque les deux faces sont engluées.

Une plaque pleine attire-t-elle encore les insectes ?

La couleur peut rester visible, mais la surface disponible diminue et le comptage devient imprécis. La plaque doit être remplacée.

Les plaques suffisent-elles pour décider d’un traitement ?

Non. Il faut inspecter les feuilles, fleurs, apex, fruits et substrats afin de rechercher les stades nuisibles et les dégâts.

Pourquoi y a-t-il des aleurodes sur les feuilles mais peu sur les plaques ?

Les plaques peuvent être mal positionnées, anciennes ou masquées. Les adultes peuvent aussi voler peu tandis que les œufs et nymphes restent nombreux sur les feuilles.

Pourquoi les captures augmentent-elles après l’effeuillage ?

Le déplacement du feuillage et des ouvriers provoque l’envol de nombreux adultes, ce qui peut augmenter temporairement les captures.

Les plaques peuvent-elles capturer les auxiliaires ?

Oui. Les parasitoïdes et prédateurs doivent être identifiés et comptés séparément.

Plaques chromatiques serre : transformer les captures en décisions utiles

Les plaques chromatiques serre fournissent des informations fiables uniquement lorsque leur couleur, leur hauteur, leur emplacement et leur durée d’exposition restent constants.

Le jaune convient à une surveillance générale des aleurodes, pucerons ailés, mouches mineuses, thrips et moucherons. Le bleu permet de cibler davantage l’activité des thrips.

Chaque plaque doit être numérotée, cartographiée, contrôlée régulièrement et remplacée avant sa saturation.

Le comptage doit distinguer les ravageurs, les auxiliaires et les captures accidentelles. Il doit ensuite être comparé aux observations réalisées directement sur les plantes.

Cette méthode permet de repérer les points d’entrée, de détecter les premiers foyers et d’évaluer les tendances avant de décider d’une mesure de protection.

Une plaque bien placée indique où chercher, mais elle ne remplace jamais l’inspection de la culture

Standardisez la couleur, la hauteur, la durée d’exposition et le comptage pour obtenir des tendances réellement comparables.

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Sources techniques et scientifiques

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