Le navet est une Brassicacée à cycle relativement court cultivée pour sa racine charnue, mais dont les jeunes feuilles peuvent également être consommées. Sa rentabilité dépend surtout de la proportion de racines régulières, tendres, non fendues et au calibre demandé. Une chaleur excessive, une densité trop forte, une fertilisation azotée mal maîtrisée ou des variations brutales d’humidité peuvent rapidement produire des navets fibreux, creux, amers ou déformés.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Les références de Utah State University et de University of Minnesota Extension insistent notamment sur la fraîcheur du climat, la régularité de l’eau et une récolte avant surmaturité.
Qu’est-ce que le navet ?
Le navet cultivé pour sa racine appartient à Brassica rapa, groupe Rapifera. Il appartient donc à la même grande famille botanique que :
- le chou ;
- le brocoli ;
- le chou-fleur ;
- le radis ;
- la roquette.
La partie commercialisée correspond à une racine renflée dont la forme peut varier fortement selon le cultivar :
- ronde ;
- aplatie ;
- ovale ;
- allongée.
La couleur peut également associer :
- blanc ;
- crème ;
- jaune ;
- violet ou pourpre au niveau du collet.
Pourquoi distinguer navet et rutabaga ?
Les deux légumes sont parfois confondus, mais ils ne correspondent pas exactement à la même culture.
Le navet appartient principalement à Brassica rapa, tandis que le rutabaga appartient à Brassica napus.
Le navet est généralement :
- plus rapide ;
- récolté plus jeune ;
- plus petit ;
- adapté aux cultures de printemps et d’automne.
Le rutabaga possède généralement un cycle plus long et produit une racine plus volumineuse destinée notamment au stockage hivernal.
Cette page traite uniquement du navet alimentaire cultivé pour sa racine.
Pourquoi cultiver du navet ?
Le navet possède plusieurs avantages agronomiques et commerciaux :
- cycle relativement court ;
- production possible en saison fraîche ;
- semis direct ;
- matériel cultural relativement simple ;
- commercialisation de la racine fraîche ;
- valorisation possible des feuilles jeunes ;
- possibilité de plusieurs créneaux de semis dans l’année selon le climat.
Utah State cite couramment des cycles d’environ 40 à 60 jours pour les navets de jardin, selon variété et conditions.
Ce chiffre constitue un ordre de grandeur et non une durée garantie.
Quels débouchés peut avoir le navet ?
Le produit peut être commercialisé :
- en racines fraîches avec feuilles ;
- en racines parées sans feuilles ;
- en bottes ;
- au kilogramme ;
- en mélange de légumes-racines ;
- pour la restauration ;
- pour certaines transformations alimentaires.
Les feuilles peuvent également constituer un légume-feuille distinct lorsqu’un marché existe.
Il faut cependant séparer économiquement :
production de racines et production de feuilles.
Le rendement, la densité, la récolte et le conditionnement ne sont pas les mêmes.
Quel climat convient au navet ?
Le navet est une culture de saison fraîche.
Utah State indique qu’il produit ses meilleures racines lorsque la température reste modérée et que les températures élevées réduisent la croissance et la qualité.
University of Minnesota recommande principalement les cultures :
- de printemps ;
- et d’automne.
La plante tolère bien le froid modéré.
Des températures fraîches peuvent même contribuer à améliorer la qualité gustative.
Pourquoi éviter les fortes chaleurs ?
Une température élevée accélère plusieurs phénomènes défavorables :
- croissance irrégulière ;
- racines plus fortes en goût ;
- texture plus fibreuse ;
- risque de montée à graines selon les conditions ;
- besoin en eau accru.
Utah State indique que les navets poussent généralement mieux lorsque les températures ne dépassent pas environ 29 °C dans ses conditions.
Il ne s’agit pas d’une température critique universelle, mais d’un bon rappel : le navet n’est pas une culture destinée à exprimer son meilleur potentiel sous forte chaleur.
Pourquoi un navet trop gros perd-il souvent de la qualité ?
La croissance ne doit pas être prolongée uniquement pour gagner du poids.
University of Minnesota recommande généralement de récolter les navets lorsque leur diamètre atteint environ :
5 à 7,5 cm.
Lorsque la racine continue à vieillir au champ, elle risque davantage de devenir :
- ligneuse ;
- fibreuse ;
- plus forte en goût ;
- creuse ou spongieuse ;
- moins homogène.
Le bon calibre dépend néanmoins du cultivar et du marché.
Quel sol privilégier ?
Le navet préfère un sol :
- meuble ;
- fertile ;
- bien drainé ;
- sans grosses pierres ;
- non compacté ;
- capable de maintenir une humidité régulière.
Un sol profond est utile, mais la contrainte structurale est généralement moins forte que pour une longue carotte ou un panais.
La zone superficielle doit surtout permettre à la racine de grossir régulièrement.
Pourquoi une croûte superficielle est-elle problématique ?
Le navet est semé directement.
Les jeunes plantules doivent donc traverser rapidement la surface du sol.
Une croûte formée après :
- forte pluie ;
- aspersion trop brutale ;
- battance du sol
peut provoquer :
- levée irrégulière ;
- pertes de plantules ;
- peuplement hétérogène ;
- racines de calibres différents à la récolte.
Quel pH rechercher ?
Les recommandations de production utilisent couramment des sols légèrement acides à neutres pour les navets.
Le pH exact doit cependant être déterminé par :
- analyse du sol ;
- texture ;
- historique de fertilisation ;
- risque de hernie des crucifères.
Une parcelle acide et contaminée par Plasmodiophora brassicae mérite une attention particulière.
Quelles variétés choisir ?
Parmi les types classiques figurent notamment les navets :
- blancs à collet violet ;
- entièrement blancs ;
- ronds ;
- aplatis ;
- plus allongés.
Utah State cite notamment des types Purple Top et White Globe.
Le choix professionnel doit tenir compte de :
- précocité ;
- forme ;
- couleur ;
- diamètre ;
- uniformité ;
- tenue du feuillage ;
- résistance aux fissures ;
- aptitude à la conservation ;
- tolérances ou résistances génétiques lorsqu’elles existent.
Pourquoi l’uniformité compte-t-elle autant ?
Un lot uniforme facilite :
- la récolte ;
- le lavage ;
- le calibrage ;
- le conditionnement ;
- la vente en bottes ou caisses homogènes.
Dans une culture relativement courte, une levée hétérogène peut rapidement se traduire par :
petits navets + gros navets + racines surmatures sur la même parcelle.
Semis direct ou transplantation ?
Le navet est normalement cultivé par semis direct.
Le repiquage n’apporte généralement aucun avantage et peut perturber la formation régulière de la racine.
Le succès dépend donc surtout de :
- la qualité des semences ;
- la précision du semoir ;
- la profondeur ;
- l’humidité ;
- la maîtrise des adventices après émergence.
Quelle profondeur de semis ?
Utah State utilise dans ses références environ :
0,6 à 1,3 cm de profondeur.
Cette valeur doit être adaptée à la texture du sol.
Le principe reste :
semer suffisamment près de la surface pour permettre une émergence rapide, tout en plaçant la graine dans une zone restant humide.
Quel espacement entre les plants ?
University of Minnesota recommande, après éclaircissage, environ :
7,5 à 15 cm entre navets, selon le diamètre final recherché.
Utah State utilise également des espacements proches de :
- 7,5 à 10 cm entre plantes ;
- 30 à 45 cm environ entre rangs dans ses systèmes de jardinage.
Les productions commerciales peuvent utiliser des planches et des rangs beaucoup plus rapprochés.
L’espacement optimal doit être adapté :
- au cultivar ;
- au calibre recherché ;
- au semoir ;
- à la méthode de désherbage ;
- au mode de récolte.
Pourquoi un semis trop dense réduit-il la qualité ?
Des racines trop rapprochées sont en concurrence pour :
- l’espace ;
- l’eau ;
- les éléments nutritifs.
Le résultat peut être :
- racines petites ;
- forme irrégulière ;
- calibres très hétérogènes ;
- besoin d’éclaircissage manuel.
Une population maximale n’est donc pas forcément un rendement commercial maximal.
Irrigation : pourquoi le navet exige-t-il une humidité régulière ?
Malgré la taille de sa racine, son système d’absorption de l’eau n’est pas extrêmement profond ou étendu.
University of Minnesota insiste sur la nécessité d’une alimentation régulière.
Dans ses conditions, la référence pratique est environ :
25 mm d’eau par semaine, pluie comprise.
Utah State utilise une plage plus large de 25 à 50 mm selon météo et sol.
Ces valeurs ne constituent pas une dose hebdomadaire automatique.
Le pilotage doit tenir compte :
- de l’évapotranspiration ;
- de la texture ;
- de la profondeur racinaire ;
- des pluies ;
- du stade de culture.
Que provoque un stress hydrique ?
University of Minnesota indique qu’un déficit hydrique peut rendre les racines :
- plus amères ;
- plus ligneuses ;
- moins tendres.
Utah State associe également les variations d’humidité à :
- fissuration ;
- texture ligneuse ;
- racines creuses ou spongieuses ;
- goût amer.
Pourquoi les variations brutales sont-elles particulièrement dangereuses ?
Une racine ayant ralenti sous sécheresse peut recommencer à grossir rapidement après :
- une forte irrigation ;
- une pluie importante.
Les tissus internes augmentent alors de volume plus rapidement que l’enveloppe externe ne peut suivre.
Le résultat peut être une fissure de croissance.
La stratégie doit donc privilégier :
des apports réguliers plutôt qu’une succession sec → très humide.
Le goutte-à-goutte convient-il au navet ?
Oui, lorsque le réseau est adapté à la largeur de la planche et à la texture du sol.
Il permet :
- fractionnement des apports ;
- contrôle du volume ;
- moins de mouillage foliaire ;
- limitation de certaines éclaboussures.
Utah State le recommande lorsque cela est possible.
L’aspersion peut également être utilisée, notamment pour la levée, à condition d’éviter la battance et l’excès de mouillage du couvert.
Fertilisation : pourquoi ne faut-il pas pousser excessivement l’azote ?
Le navet doit produire des feuilles suffisantes pour alimenter la racine, mais le produit vendu reste la racine.
University of Minnesota signale que la présence d’une quantité importante d’azote immédiatement disponible peut favoriser des racines branchues.
Un excès d’azote peut également entraîner :
- feuillage excessif ;
- déséquilibre entre feuilles et racine ;
- coûts supplémentaires ;
- pertes d’azote.
Faut-il apporter de l’azote en cours de culture ?
Les recommandations diffèrent selon les sols.
University of Minnesota considère dans son système qu’une fertilisation de départ correctement raisonnée suffit généralement au navet.
Utah State mentionne au contraire un complément azoté possible plusieurs semaines après la levée dans certaines situations.
Cette différence montre pourquoi il ne faut pas copier une dose générique.
La décision doit être basée sur :
- analyse du sol ;
- matière organique ;
- précédent cultural ;
- vigueur observée ;
- objectif de rendement.
Qu’en est-il du phosphore et du potassium ?
Le phosphore participe notamment à l’implantation racinaire.
Le potassium intervient dans :
- régulation hydrique ;
- fonctionnement cellulaire ;
- qualité générale des tissus.
Leur apport doit être adapté aux résultats de l’analyse du sol.
Pourquoi la matière organique est-elle utile ?
Une matière organique correctement décomposée peut contribuer à :
- améliorer la structure ;
- augmenter la réserve utile en eau ;
- favoriser l’activité biologique ;
- régulariser la nutrition.
En revanche, un apport frais ou mal maîtrisé juste avant une culture de racines n’est pas nécessairement souhaitable.
Quels sont les principaux ravageurs du navet ?
Deux problèmes méritent particulièrement l’attention :
- les altises au stade jeune ;
- la mouche du chou et ses larves au niveau des racines.
Pourquoi les altises sont-elles dangereuses après la levée ?
Les altises réalisent de très nombreux petits trous sur :
- cotylédons ;
- premières feuilles.
University of Minnesota classe explicitement le navet parmi les cultures sensibles.
Une attaque importante peut :
- ralentir la croissance ;
- détruire des plantules ;
- réduire le peuplement ;
- retarder une culture dont le cycle est relativement court.
Pourquoi la mouche du chou peut-elle détruire directement la valeur commerciale ?
La mouche du chou, Delia radicum, pond près des Brassicacées.
Ses larves se déplacent ensuite dans le sol et se nourrissent des racines.
University of Minnesota cite explicitement les navets parmi ses plantes hôtes.
Les galeries peuvent provoquer :
- blessures ;
- déformations ;
- jaunissement de la plante ;
- flétrissement ;
- pourritures secondaires ;
- déclassement complet de la racine.
Pourquoi les barrières physiques sont-elles intéressantes ?
University of Minnesota considère les couvertures physiques comme l’un des meilleurs moyens préventifs contre les mouches des racines dans les petites cultures adaptées à cette technique.
La logique est simple :
empêcher la mouche adulte d’atteindre la base de la plante avant la ponte.
La couverture doit être :
- posée suffisamment tôt ;
- fermée sur les côtés ;
- installée sur une parcelle où le ravageur n’est pas déjà enfermé sous le filet.
Quelles maladies surveiller ?
University of Minnesota cite notamment :
- Alternaria, responsable de taches foliaires ;
- pourriture noire ;
- hernie des crucifères.
Le navet partage donc de nombreux problèmes avec les autres Brassicacées.
Pourquoi la hernie des crucifères est-elle particulièrement grave sur une culture de racines ?
Plasmodiophora brassicae provoque des renflements et déformations du système racinaire.
Sur le navet, le dommage touche directement le produit vendu.
Les conséquences peuvent être :
- racines déformées ;
- croissance ralentie ;
- flétrissement ;
- fort déclassement commercial.
Combien de temps faut-il attendre avant de remettre une Brassicacée ?
University of Minnesota recommande dans son contexte de ne pas installer navet, rutabaga, chou, chou-fleur, brocoli, chou de Bruxelles, kale ou autres Brassicacées dans une parcelle où ces cultures ont été présentes au cours des quatre années précédentes.
Cette durée est un repère de rotation et non une garantie contre la hernie, dont les spores peuvent survivre beaucoup plus longtemps.
L’essentiel est de comprendre que :
navet → radis → brocoli → chou
n’est pas une rotation phytosanitaire réelle.
Avant toute intervention phytosanitaire
Les références universitaires étrangères sont utiles pour identifier le ravageur ou la maladie, mais les produits commerciaux et usages homologués diffèrent selon le pays.
Avant toute utilisation phytopharmaceutique, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA et vérifiez :
- culture ;
- bioagresseur ;
- produit homologué ;
- dose ;
- conditions d’emploi ;
- délai avant récolte.
Quel rendement peut produire le navet ?
Il existe des références commerciales utilisables à condition de bien préciser leur contexte.
Michigan State University Extension indique pour les racines de navet environ :
- 10 t/acre pour un rendement faible ;
- 12 t/acre pour un bon rendement ;
- 15 t/acre pour un excellent rendement.
Après conversion, cela correspond approximativement à :
- 22,4 t/ha ;
- 26,9 t/ha ;
- 33,6 t/ha.
Le guide commercial de Michigan State University retient également une plage d’environ 10 à 15 t/acre pour les racines.
Ces chiffres concernent des systèmes américains et ne représentent ni une moyenne universelle ni une promesse de rendement.
Pourquoi le rendement brut peut-il être trompeur ?
Une racine pesée à la récolte peut ne jamais être vendue si elle est :
- trop petite ;
- trop grosse ;
- fendue ;
- creuse ;
- ligneuse ;
- déformée ;
- attaquée par la mouche du chou ;
- pourrie.
Le véritable indicateur est donc :
rendement commercialisable après tri.
Comment calculer son propre rendement ?
Une méthode simple consiste à mesurer :
nombre de racines commercialisables/ha × poids moyen commercialisable.
Vous pouvez également suivre :
| Indicateur | Utilité |
|---|---|
| Plants établis/m² | Contrôler la levée |
| % racines au calibre | Mesurer l’uniformité |
| Poids moyen/racine | Calculer le rendement |
| % racines fendues | Évaluer l’irrigation |
| % racines ligneuses | Évaluer chaleur et surmaturité |
| % racines attaquées | Évaluer la pression phytosanitaire |
| kg commercialisables/ha | Calculer la rentabilité |
Quelles charges faut-il intégrer ?
- semences ;
- préparation du lit de semence ;
- fertilisation ;
- amendements éventuels ;
- irrigation ;
- eau et énergie ;
- désherbage ;
- filets éventuels ;
- protection intégrée ;
- récolte ;
- parage ;
- lavage ;
- calibrage ;
- conditionnement ;
- refroidissement ;
- stockage éventuel ;
- transport.
Comment calculer le coût de revient ?
Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.
Si la vente se fait à la botte :
Coût de revient/botte = charges totales ÷ nombre de bottes commercialisables.
Comment calculer le chiffre d’affaires et la marge ?
CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement obtenu.
Marge = CA – charges totales.
Si plusieurs calibres sont vendus à des prix différents, chaque catégorie doit être calculée séparément.
Quand récolter le navet ?
La récolte doit être déclenchée dès que le calibre commercial est atteint.
University of Minnesota utilise généralement environ 5 à 7,5 cm de diamètre comme repère pour les navets courants.
Les épaules de la racine dépassent souvent légèrement du sol, ce qui facilite l’évaluation du calibre.
Il faut rechercher des racines :
- fermes ;
- lisses ;
- bien formées ;
- non fendues ;
- non fibreuses ;
- sans galeries d’insectes ;
- sans pourriture.
Pourquoi ne pas laisser systématiquement grossir davantage ?
Une racine plus lourde augmente le rendement brut, mais peut réduire sa valeur si elle devient :
- trop forte en goût ;
- fibreuse ;
- ligneuse ;
- creuse ;
- difficile à calibrer.
Le meilleur rendement n’est donc pas le poids maximal par racine.
C’est :
le maximum de kilogrammes dans le calibre et la qualité demandés par l’acheteur.
Comment récolter sans abîmer les racines ?
Dans un sol suffisamment meuble, les navets peuvent être arrachés manuellement.
Lorsque le sol est plus ferme, un outil de soulèvement peut réduire :
- casse ;
- arrachement incomplet ;
- blessures profondes.
Une racine blessée :
- perd davantage d’eau ;
- se conserve moins longtemps ;
- devient plus sensible aux pourritures.
Faut-il conserver les feuilles après récolte ?
Cela dépend du produit vendu.
Navets vendus en bottes avec feuilles
Les feuilles contribuent à l’aspect de fraîcheur, mais :
- transpirent rapidement ;
- se fanent ;
- accélèrent la perte d’eau de la racine ;
- réduisent la durée de stockage.
Navets destinés au stockage
Le feuillage est normalement supprimé.
Il faut laisser une coupe propre sans blesser profondément le collet.
Combien de temps le navet peut-il se conserver ?
Il faut distinguer stockage domestique et stockage commercial contrôlé.
University of Minnesota indique seulement environ une à deux semaines dans un réfrigérateur domestique pour les navets fraîchement récoltés.
En revanche, les recommandations post-récolte professionnelles publiées par UMass Extension en 2026 indiquent pour les racines débarrassées de leurs feuilles :
environ 0 °C, 95 % d’humidité relative et jusqu’à 4 à 5 mois dans de bonnes conditions de stockage.
Cette différence s’explique par :
- température plus stable ;
- humidité élevée ;
- absence de feuillage ;
- sélection de racines saines ;
- meilleure gestion de la ventilation.
Pourquoi l’humidité élevée est-elle essentielle ?
Le navet contient beaucoup d’eau.
Dans une atmosphère sèche, il perd rapidement :
- masse ;
- fermeté ;
- aspect brillant ;
- croquant.
La perte de poids pendant le stockage est une perte économique directe.
Quelles racines ne doivent pas entrer en chambre froide ?
Écartez les navets :
- pourris ;
- profondément blessés ;
- fendus ;
- attaqués par des larves ;
- fortement déformés ;
- mous.
Le froid ralentit les altérations, mais il ne transforme pas une racine défectueuse en produit stockable.
Les feuilles de navet sont-elles comestibles ?
Oui.
Les jeunes feuilles peuvent être récoltées et consommées comme légume-feuille.
Elles représentent cependant un produit nutritionnel et commercial différent de la racine.
Une culture spécialement conduite pour les feuilles utilise :
- une densité différente ;
- une fertilisation adaptée au feuillage ;
- des récoltes spécifiques.
Il ne faut donc pas mélanger rendement de feuilles et rendement de racines.
Valeur nutritionnelle de la racine de navet
La racine crue est principalement composée d’eau et contribue notamment aux apports en :
- fibres alimentaires ;
- vitamine C ;
- potassium ;
- vitamine B9 en quantité plus modérée.
Les données historiques USDA donnent environ 92 % d’eau dans la racine fraîche. La base USDA FoodData Central a d’ailleurs ajouté une nouvelle fiche Foundation Foods spécifique aux navets crus fin 2025.
La racine peut être consommée :
- crue lorsqu’elle est jeune et tendre ;
- cuite ;
- rôtie ;
- en soupe ;
- en accompagnement de légumes.
Les feuilles ont-elles le même profil nutritionnel ?
Non.
Les feuilles de navet possèdent notamment des teneurs beaucoup plus importantes en certains caroténoïdes et vitamines liposolubles que la racine.
Pour éviter toute confusion SEO ou nutritionnelle, cette page conserve comme produit principal :
la racine de navet.
Le navet contient-il des glucosinolates ?
Oui. Comme les autres Brassicacées, il contient différents composés soufrés appartenant notamment à la famille des glucosinolates.
Ces composés participent :
- au goût caractéristique ;
- aux interactions de la plante avec certains bioagresseurs ;
- au profil phytochimique du légume.
Leur présence ne permet pas d’attribuer au navet un rôle médical ou thérapeutique.
8 erreurs coûteuses avec le navet
1. Semer pendant une période trop chaude
La croissance et la qualité des racines deviennent moins favorables.
2. Semer trop dense
Le nombre de plantes augmente mais le pourcentage de racines au bon calibre diminue.
3. Laisser le lit de semence former une croûte
La levée devient hétérogène dès le début du cycle.
4. Alterner sécheresse et irrigation massive
Les racines peuvent se fendre, devenir ligneuses ou présenter une texture spongieuse.
5. Apporter trop d’azote
Le feuillage peut être favorisé au détriment de la qualité des racines et leur ramification peut augmenter.
6. Sous-estimer la mouche du chou
Les larves creusent directement le produit destiné à la vente.
7. Enchaîner radis, navet, chou et brocoli
Le changement de légume ne change pas la famille botanique : ce sont toujours des Brassicacées.
8. Attendre un calibre maximal avant récolte
Une grosse racine ligneuse ou creuse vaut moins qu’une racine plus petite mais tendre et régulière.
Checklist avant de se lancer
- [ ] Le marché demande réellement du navet.
- [ ] Le mode de vente est défini : racine, botte ou feuilles.
- [ ] Le calibre demandé est connu.
- [ ] La variété correspond à la saison.
- [ ] Le cycle annoncé est connu.
- [ ] La période de grossissement évite les fortes chaleurs.
- [ ] Le sol est meuble et bien drainé.
- [ ] Le lit de semence peut être préparé finement.
- [ ] Le pH est connu.
- [ ] Une analyse de sol est disponible.
- [ ] La matière organique est correctement décomposée.
- [ ] Les semences possèdent une bonne germination.
- [ ] Le semoir permet une profondeur régulière.
- [ ] La densité correspond au calibre recherché.
- [ ] L’irrigation est opérationnelle dès le semis.
- [ ] L’humidité restera suffisamment régulière.
- [ ] Les altises sont surveillées dès la levée.
- [ ] Le risque de mouche du chou est évalué.
- [ ] Les barrières physiques sont disponibles lorsque pertinentes.
- [ ] L’historique de hernie des crucifères est connu.
- [ ] La rotation inclut de véritables familles non Brassicacées.
- [ ] Tout traitement éventuel est vérifié auprès de l’ONSSA.
- [ ] Le diamètre de récolte est défini avant le semis.
- [ ] Les racines fendues ou déformées seront comptabilisées.
- [ ] Le rendement sera calculé après tri.
- [ ] Le lavage et le conditionnement sont organisés.
- [ ] Le feuillage sera supprimé si un stockage prolongé est prévu.
- [ ] Une chambre froide adaptée est disponible si nécessaire.
- [ ] Les pertes de poids pendant le stockage seront mesurées.
- [ ] Le coût de revient sera calculé uniquement sur les kilogrammes réellement vendables.
Conclusion : le rendement utile est celui des racines tendres et vendables
Le navet est une culture relativement rapide et simple à implanter, mais sa qualité commerciale dépend d’une croissance continue en conditions fraîches. Une densité correcte, un sol meuble, une humidité régulière et une récolte avant surmaturité sont essentiels pour produire des racines tendres, fermes et homogènes.
Les indicateurs les plus utiles sont : pourcentage de racines au bon calibre, poids commercialisable par hectare, taux de racines fendues ou attaquées, coût de revient par kilogramme et pertes éventuelles pendant le stockage.



