L’oignon rouge se distingue par ses écailles rouges à pourpres et par une valorisation souvent orientée vers le marché frais. Pour être réellement rentable, il ne suffit pas de produire beaucoup de bulbes : le lot doit associer couleur homogène, calibre régulier, fermeté, collet bien fermé et absence de doubles, de blessures ou de pourritures. Le choix variétal, la photopériode, la densité et la régularité de l’irrigation déterminent directement cette qualité.

Cette culture complète notre guide des cultures maraîchères. Le guide variétal de Utah State University rappelle que couleur, forme, saveur et aptitude au stockage varient fortement entre cultivars, tandis que UC Davis précise les critères de qualité et de conservation des oignons secs.
Qu’est-ce qu’un oignon rouge ?
L’oignon rouge appartient à l’espèce Allium cepa.
Sa coloration caractéristique peut aller :
- du rouge clair ;
- au rouge violacé ;
- au pourpre foncé.
La couleur est due principalement à des pigments de la famille des anthocyanes, associés à d’autres flavonoïdes présents dans les tissus de l’oignon.
La coloration n’est pas nécessairement uniforme dans tout le bulbe. Elle est généralement plus concentrée dans :
- les écailles externes ;
- les couches épidermiques ;
- certaines zones des écailles charnues selon le cultivar.
Quels critères définissent un oignon rouge de qualité ?
Pour un marché frais exigeant, le produit doit généralement présenter :
- une couleur rouge ou pourpre typique du cultivar ;
- une bonne homogénéité de couleur dans le lot ;
- un bulbe ferme ;
- une forme régulière ;
- un calibre conforme au cahier des charges ;
- des écailles extérieures sèches et suffisamment adhérentes ;
- un collet correctement fermé ;
- absence de germination ;
- absence de doubles excessifs ;
- absence de pourriture, blessures et coups de soleil.
UC Davis considère notamment la maturité du collet et des écailles, la fermeté et le diamètre parmi les principaux indicateurs de qualité des oignons secs.
Pourquoi cultiver de l’oignon rouge ?
L’oignon rouge peut répondre à différents débouchés :
- vente en frais ;
- restauration ;
- salades et crudités ;
- conditionnement en filets ;
- vente au détail par calibre ;
- transformation alimentaire.
Sa couleur constitue un véritable attribut commercial.
Elle permet :
- de différencier le produit ;
- d’élargir une gamme d’oignons ;
- de répondre aux marchés recherchant une présentation particulière.
Il serait toutefois imprudent d’affirmer qu’un oignon rouge obtient systématiquement un prix supérieur à l’oignon jaune.
La valeur réelle dépend :
- de la période ;
- du marché ;
- du calibre ;
- de la qualité ;
- de l’offre disponible.
Oignon rouge frais ou oignon rouge de garde ?
La couleur rouge ne permet pas de connaître la capacité de conservation.
Utah State classe les oignons selon plusieurs critères indépendants :
- rouge, jaune ou blanc ;
- doux ou piquant ;
- jours courts, intermédiaires ou longs ;
- marché frais, stockage ou transformation.
Il existe donc :
- des oignons rouges destinés essentiellement au frais ;
- des cultivars rouges possédant une bonne aptitude au stockage.
Redwing, par exemple, figure parmi les cultivars utilisés dans les essais d’oignons de stockage de Utah State.
Pourquoi la photopériode est-elle le premier critère avant l’achat des semences ?
L’oignon forme son bulbe en réponse à la longueur du jour.
Les grands groupes sont :
- jours courts ;
- jours intermédiaires ;
- jours longs.
Le guide 2026 de l’Université de Géorgie utilise comme repères :
- 10 à 13 heures pour les types jours courts ;
- 13 à 14 heures pour les types intermédiaires ;
- plus de 14 heures pour les types jours longs.
Ces plages décrivent des catégories et non des seuils parfaitement identiques pour tous les hybrides.
Que se passe-t-il si la variété n’est pas adaptée ?
La plante doit développer suffisamment de feuilles avant la bulbification.
Si le bulbe commence à se former trop tôt :
- le feuillage reste réduit ;
- le diamètre potentiel diminue ;
- la proportion de petits calibres augmente.
À l’inverse, une variété dont les besoins photopériodiques ne sont pas satisfaits peut :
- rester excessivement végétative ;
- former tardivement son bulbe ;
- ne pas atteindre la maturité commerciale attendue.
Le premier achat à sécuriser n’est donc pas seulement « une semence d’oignon rouge », mais :
un cultivar rouge adapté à la photopériode locale et au créneau de commercialisation.
Quels critères comparer entre variétés rouges ?
Avant l’achat, comparez :
- photopériode ;
- précocité ;
- forme du bulbe ;
- intensité de la couleur rouge ;
- homogénéité de coloration ;
- calibre potentiel ;
- fermeté ;
- pungence ou douceur ;
- tendance aux doubles ;
- résistances génétiques disponibles ;
- aptitude au stockage.
Deux variétés rouges peuvent donc avoir des performances économiques très différentes dans la même parcelle.
Quel climat convient à l’oignon rouge ?
Les exigences générales sont proches de celles des autres oignons secs.
La culture apprécie :
- une implantation sous températures modérées ;
- une croissance foliaire régulière ;
- une bonne luminosité ;
- une période relativement sèche pour la maturation et le séchage.
Les fortes températures associées à un déficit hydrique peuvent :
- augmenter le stress de la plante ;
- réduire le calibre ;
- favoriser les thrips.
Quel sol choisir ?
L’oignon rouge préfère un sol :
- meuble ;
- fertile ;
- bien drainé ;
- sans compaction importante ;
- capable de maintenir une humidité régulière ;
- sans salinité excessive.
Un sol très argileux peut produire de bons rendements s’il est correctement structuré et drainé, mais il complique :
- les semis ;
- le désherbage ;
- l’arrachage ;
- le séchage après récolte.
Pourquoi faut-il surveiller la salinité ?
L’oignon est considéré comme relativement sensible aux sels.
Les références FAO utilisent une ECe d’environ 1,2 dS/m comme seuil de départ du modèle classique de réduction du rendement.
ECe signifie :
conductivité électrique de l’extrait de pâte saturée du sol.
Cette valeur ne correspond pas directement à la conductivité électrique de l’eau d’irrigation.
Lorsque la salinité représente un risque, contrôlez séparément :
- la qualité de l’eau ;
- l’EC du sol ;
- le drainage ;
- l’accumulation des sels dans la zone racinaire.
Semis direct ou transplantation ?
Les deux systèmes sont utilisés professionnellement.
Semis direct
Il permet :
- de fortes populations ;
- une implantation mécanisée ;
- l’absence de stress lié au repiquage.
Il exige cependant :
- une semence de qualité ;
- un semoir précis ;
- un lit de semence fin ;
- une bonne maîtrise des adventices.
Plants repiqués
Ils peuvent être intéressants pour :
- avancer le calendrier ;
- sécuriser l’implantation ;
- optimiser l’utilisation de semences hybrides coûteuses ;
- obtenir un peuplement régulier.
Pourquoi la levée homogène est-elle essentielle ?
Chez l’oignon, la date d’émergence influence fortement le potentiel individuel du bulbe.
Une plante levant beaucoup plus tard que ses voisines :
- produit moins de feuilles ;
- subit davantage de concurrence ;
- forme souvent un bulbe plus petit.
Une bonne uniformité de calibre commence donc plusieurs mois avant la récolte.
Quelle densité choisir ?
La densité doit être adaptée au calibre demandé.
Plus le peuplement augmente, plus la compétition entre plantes tend à augmenter.
Le résultat général est :
- davantage de bulbes par hectare ;
- mais une diminution du diamètre moyen.
La bonne densité n’est donc pas celle qui maximise le nombre de plantes.
C’est celle qui maximise :
le rendement dans les catégories commerciales réellement payées.
Pourquoi le calibre est-il particulièrement important pour l’oignon rouge ?
Un marché frais peut rechercher une grande homogénéité visuelle.
Le tri peut distinguer :
- petits ;
- moyens ;
- gros ;
- très gros ;
- déclassés.
Des calibres très mélangés augmentent :
- le temps de tri ;
- le nombre de catégories ;
- la difficulté de constituer des filets homogènes.
Irrigation : pourquoi l’oignon rouge demande-t-il des apports réguliers ?
L’oignon possède un système racinaire superficiel.
Utah State University indique qu’environ 90 % du système racinaire se situe dans les 30 premiers centimètres du sol dans ses conditions.
Une sécheresse de cette couche peut rapidement entraîner :
- réduction de croissance ;
- initiation prématurée du bulbe ;
- plus petits calibres ;
- baisse du rendement.
Quelle est la période la plus sensible au manque d’eau ?
Utah State considère que la période critique s’étend :
de l’établissement de la culture jusqu’à l’expansion du bulbe.
Pendant le grossissement, une plante qui perd prématurément du feuillage perd également une partie de sa capacité à remplir son bulbe.
Comment piloter le goutte-à-goutte ?
Le goutte-à-goutte est intéressant parce qu’il permet :
- des apports fréquents ;
- une humidité relativement stable ;
- la fertigation lorsque justifiée ;
- moins de mouillage foliaire ;
- une meilleure maîtrise de l’eau.
Mais la durée et la fréquence doivent dépendre :
- du sol ;
- de la météo ;
- du développement racinaire ;
- du débit des goutteurs.
Que montre un essai récent sur les oignons rouges sous déficit hydrique ?
Un essai Utah State conduit en 2024 a comparé notamment un cultivar rouge, Marenge, sous irrigation à 100 % ou à 75 % de l’évapotranspiration de référence pendant une période de stress.
Selon les traitements, les rendements totaux du cultivar rouge ont varié d’environ :
35 752 à 46 595 lb/acre, soit approximativement 40 à 52 t/ha.
Dans cet essai précis, la réduction d’eau modifiait également la répartition entre calibres.
Ces valeurs illustrent un essai de Utah, un cultivar et des traitements spécifiques. Elles ne représentent pas un objectif universel.
Quand arrêter l’irrigation ?
Le critère doit être physiologique.
Utah State recommande d’arrêter l’eau lorsque :
- les bulbes ont atteint leur taille finale ;
- les fanes commencent naturellement à sénescer.
Dans ses systèmes, cela intervient généralement au moins environ deux semaines avant l’arrachage.
Une irrigation tardive excessive peut maintenir :
- des fanes trop vertes ;
- un collet épais ;
- une maturation incomplète.
Fertilisation : pourquoi l’azote doit-il être bien positionné ?
L’azote est nécessaire à la formation du feuillage.
Or le nombre et l’activité des feuilles déterminent en grande partie la capacité de la plante à former un gros bulbe.
Mais l’azote doit être disponible au bon moment.
Un excès tardif peut :
- prolonger artificiellement la croissance végétative ;
- retarder la maturation ;
- maintenir un gros collet ;
- dégrader l’aptitude au stockage.
Que montre l’essai Utah sur l’azote et l’oignon rouge ?
Dans l’essai Utah State 2024, le cultivar rouge a produit environ :
24 572 à 30 366 lb/acre, soit approximativement 27,5 à 34 t/ha, selon niveau d’azote et traitement biostimulant.
Le niveau d’azote supérieur augmentait le rendement dans plusieurs traitements, mais pas systématiquement dans tous.
La conclusion utile est donc :
l’azote peut limiter le rendement lorsqu’il est insuffisant, mais augmenter automatiquement la dose ne garantit pas un meilleur résultat.
Quels autres éléments surveiller ?
Selon l’analyse du sol :
- phosphore ;
- potassium ;
- soufre ;
- certains oligoéléments.
Le soufre possède notamment un rôle dans le métabolisme des composés soufrés qui participent au goût caractéristique des Allium.
Pourquoi les thrips sont-ils un problème majeur ?
Thrips tabaci attaque directement le feuillage.
Les larves et adultes provoquent :
- petites lésions blanchâtres ;
- aspect argenté ;
- dessèchement progressif ;
- réduction de la surface photosynthétique.
Le risque augmente généralement avec :
- temps chaud ;
- sécheresse ;
- poussière.
Une forte attaque au début de la bulbification peut réduire :
- calibre ;
- rendement ;
- qualité finale.
Pourquoi faut-il observer au cœur des feuilles ?
Les thrips s’abritent souvent dans les zones étroites entre jeunes feuilles.
Une observation superficielle de loin peut donc sous-estimer l’infestation.
Inspectez :
- les jeunes feuilles centrales ;
- les gaines ;
- les zones argentées.
Pourquoi la pourriture blanche est-elle une menace à très long terme ?
La pourriture blanche est provoquée par Stromatinia cepivora, anciennement Sclerotium cepivorum.
Le guide UC IPM indique que ses sclérotes peuvent survivre :
plus de 20 ans dans le sol.
Les symptômes comprennent :
- jaunissement ;
- dépérissement des feuilles ;
- pourriture racinaire ;
- mycélium blanc à la base ;
- petits sclérotes noirs.
Une rotation de 5 à 10 ans suffit-elle toujours ?
Non.
Le document complémentaire propose une exclusion de 5 à 10 ans des Alliacées en parcelle contaminée. :contentReference[oaicite:2]{index=2}
Cette durée peut réduire la multiplication du pathogène mais ne permet pas de considérer automatiquement le sol comme assaini, puisque les sclérotes peuvent survivre plus de deux décennies.
UC IPM insiste surtout sur :
- l’évitement des parcelles infestées ;
- l’hygiène du matériel ;
- le non-déplacement de terre contaminée ;
- l’utilisation de plants ou bulbilles propres ;
- les rotations longues sans Allium.
Oignon, ail et poireau constituent-ils une rotation ?
Non.
La succession :
oignon rouge → ail → poireau → oignon
maintient des plantes du même groupe hôte.
Elle peut favoriser le maintien de plusieurs problèmes communs.
Quelles autres maladies surveiller ?
Selon le climat et la parcelle :
- mildiou ;
- Botrytis ;
- tache pourpre ;
- Stemphylium ;
- fusariose basale ;
- pourritures bactériennes ;
- pink root.
Pourquoi les pourritures bactériennes peuvent-elles apparaître en stockage ?
UC IPM recommande notamment de limiter :
- le mouillage tardif des bulbes ;
- les excès d’azote après initiation du bulbe ;
- les blessures ;
- la récolte avant maturité.
Une bactérie entrée par une blessure ou un collet mal fermé peut rester peu visible au champ puis dégrader le bulbe plus tard.
Avant tout traitement : vérifier l’ONSSA
Les références universitaires étrangères permettent d’identifier un bioagresseur et de comprendre sa biologie. Elles ne déterminent pas les produits autorisés localement.
Avant toute intervention phytopharmaceutique, consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA et vérifiez :
- culture ;
- bioagresseur ;
- produit homologué ;
- dose ;
- conditions d’utilisation ;
- délai avant récolte.
Quel rendement peut produire l’oignon rouge ?
Il serait trompeur de publier un rendement unique.
Le rendement dépend notamment :
- du cultivar ;
- de la photopériode ;
- de la densité ;
- du peuplement final ;
- de l’irrigation ;
- de l’azote ;
- du niveau de thrips ;
- du calibre commercial recherché.
Les essais Utah State 2024 offrent un exemple récent spécifiquement intéressant pour un cultivar rouge.
Sous l’essai de stress hydrique, Marenge a produit environ :
40 à 52 t/ha selon les traitements.
Sous l’essai azoté distinct, le même type rouge a produit environ :
27,5 à 34 t/ha.
Ces deux essais n’étaient pas conçus pour établir une moyenne de rendement de l’oignon rouge. Ils montrent surtout combien le résultat varie avec les conditions expérimentales et la conduite.
Pourquoi ne faut-il pas comparer seulement les tonnes entre rouge et jaune ?
Dans l’essai Utah State, le cultivar jaune a généralement produit davantage de tonnage et davantage de gros calibres que le cultivar rouge testé.
Cela ne permet pas d’affirmer :
« tous les oignons jaunes sont plus productifs que tous les rouges ».
Il s’agissait de cultivars particuliers.
Pour décider économiquement, il faut comparer :
- tonnage commercialisable ;
- répartition des calibres ;
- pourcentage de première qualité ;
- prix réellement obtenu ;
- pertes après récolte.
Quels indicateurs suivre ?
| Indicateur | Pourquoi ? |
|---|---|
| Plants établis/ha | Contrôler la densité réelle |
| Poids moyen/bulbe | Mesurer le calibre |
| % calibre principal | Mesurer la valeur commerciale |
| % couleur conforme | Contrôler la qualité du lot |
| % doubles ou bulbes déformés | Mesurer les défauts |
| % collets épais | Évaluer la maturité |
| % bulbes pourris | Évaluer les pertes sanitaires |
| kg commercialisables/ha | Calculer le rendement économique |
Pourquoi mesurer la couleur du lot ?
Pour un oignon rouge, la coloration est un caractère commercial au même titre que le calibre.
Un lot peut présenter :
- des bulbes rouge profond ;
- des bulbes plus pâles ;
- des zones mal colorées ;
- des écailles externes détériorées.
Une photographie standardisée ou une grille de classement simple peut permettre de comparer les cultivars d’une année sur l’autre.
Quelles sont les principales charges ?
- semences ou plants ;
- préparation du sol ;
- fertilisation ;
- irrigation ;
- eau et énergie ;
- désherbage ;
- protection intégrée ;
- récolte ;
- séchage ;
- tri ;
- calibrage ;
- filets ou sacs ;
- stockage éventuel ;
- transport.
Comment calculer le coût de revient ?
Coût de revient/kg = charges totales ÷ kg commercialisables.
Les kilogrammes déclassés ou pourris ne doivent pas être comptés comme rendement commercial.
Comment calculer le chiffre d’affaires ?
CA = rendement commercialisable × prix moyen réellement obtenu.
Si les calibres ont des prix différents :
CA total = somme des quantités de chaque calibre × prix réellement obtenu pour ce calibre.
Puis :
Marge = CA – charges totales.
Quand récolter l’oignon rouge ?
La récolte doit commencer lorsque la culture atteint une maturité suffisante.
Les principaux indicateurs sont :
- tombaison naturelle des fanes ;
- jaunissement progressif ;
- ramollissement du collet ;
- bulbe ayant atteint son calibre ;
- formation des écailles externes.
Une récolte trop précoce peut produire :
- collets épais ;
- peaux insuffisamment développées ;
- moins bonne conservation.
Pourquoi le séchage influence-t-il aussi la couleur ?
UC Davis recommande une humidité relative d’environ 75 à 80 % pendant la cicatrisation pour favoriser notamment le bon développement de la couleur des écailles.
Un séchage correct permet également :
- la fermeture du collet ;
- la dessiccation des racines ;
- la formation d’écailles papyracées protectrices.
Il ne faut pas confondre séchage et exposition brutale prolongée au soleil, qui peut provoquer des brûlures.
Quels bulbes écarter avant conditionnement ?
Éliminez ou déclassez selon le cahier des charges les bulbes présentant :
- pourriture ;
- collet humide ;
- blessure profonde ;
- germination ;
- forte déformation ;
- double important ;
- coups de soleil sévères ;
- moisissures.
Combien de temps peut se conserver un oignon rouge ?
Il n’existe pas une durée unique pour tous les oignons rouges.
UC Davis distingue surtout :
- les cultivars doux : souvent environ 0,5 à 1 mois à 0 °C ;
- les cultivars plus piquants et réellement adaptés au stockage : jusqu’à environ 6 à 9 mois à 0 °C selon la variété.
La couleur rouge ne permet donc pas de prédire la durée de stockage.
Quelles conditions de stockage ?
Pour un oignon sec possédant réellement un potentiel de garde, UC Davis recommande :
- environ 0 °C ;
- 65 à 70 % d’humidité relative ;
- bonne circulation d’air.
Une humidité excessive ou la condensation favorisent :
- moisissures ;
- pourritures ;
- enracinement.
Comment calculer la qualité après stockage ?
Mesurez :
- poids à l’entrée ;
- poids à la sortie ;
- pertes par dessiccation ;
- germination ;
- pourritures ;
- perte d’écailles ;
- dégradation de la couleur.
Le véritable rendement final devient :
kg réellement commercialisables après stockage.
Pourquoi l’oignon rouge est-il rouge ?
Une revue scientifique consacrée aux anthocyanes de l’oignon confirme que les pigments rouges et pourpres proviennent principalement de dérivés d’anthocyanes, notamment de cyanidine.
Les concentrations varient fortement selon :
- cultivar ;
- partie du bulbe ;
- couche analysée ;
- conditions de production et stockage.
Les couches extérieures et les peaux sont généralement particulièrement pigmentées.
Oignon rouge et oignon jaune ont-ils le même profil en flavonoïdes ?
Les deux contiennent des flavonoïdes, notamment des dérivés de la quercétine.
Les oignons rouges possèdent en plus des anthocyanes responsables de leur pigmentation.
Une revue scientifique consacrée aux flavonoïdes de l’oignon rapporte une variabilité considérable entre cultivars et confirme la présence caractéristique d’anthocyanes dérivées de la cyanidine dans les oignons rouges.
Valeur nutritionnelle de l’oignon rouge
L’oignon rouge frais contribue notamment aux apports en :
- eau ;
- fibres alimentaires ;
- vitamine C ;
- vitamine B6 ;
- vitamine B9 ;
- potassium ;
- flavonoïdes ;
- anthocyanes ;
- composés soufrés.
Les données alimentaires de référence peuvent être consultées dans USDA FoodData Central.
La couleur rouge permet-elle de faire des allégations médicales ?
Non.
Les anthocyanes et flavonoïdes font l’objet d’un important travail scientifique, mais leur présence dans l’aliment ne permet pas de présenter l’oignon rouge comme :
- un traitement anticancer ;
- un médicament cardiovasculaire ;
- un traitement antidiabétique ;
- un remède contre une maladie.
La formulation adaptée reste :
l’oignon rouge contribue à une alimentation diversifiée et apporte fibres, micronutriments et différents composés végétaux.
8 erreurs coûteuses avec l’oignon rouge
1. Acheter selon la couleur de la photo du sachet
La photopériode et l’adaptation au marché sont plus importantes que l’apparence du catalogue.
2. Supposer que tous les oignons rouges donnent le même calibre
Le cultivar et la densité peuvent modifier fortement la répartition des tailles.
3. Laisser sécher régulièrement la couche superficielle
Le système racinaire peu profond rend l’oignon très sensible pendant le grossissement.
4. Apporter trop d’azote tardivement
Le collet peut rester épais et la maturation être retardée.
5. Négliger les thrips avant la bulbification
Une perte de feuillage réduit directement le potentiel de remplissage du bulbe.
6. Répéter ail, poireau et oignon dans la rotation
Ces cultures maintiennent plusieurs pathogènes communs, notamment le risque de pourriture blanche.
7. Récolter pour gagner quelques jours de marché alors que le collet est encore immature
La qualité du séchage et la conservation peuvent fortement diminuer.
8. Calculer la rentabilité uniquement avec le tonnage
La couleur, le calibre, les défauts, les pertes au tri et la conservation déterminent la valeur réelle du lot.
Checklist avant de se lancer
- [ ] Le marché recherche réellement de l’oignon rouge.
- [ ] Le calibre demandé est connu.
- [ ] L’intensité de couleur recherchée est définie.
- [ ] Le cultivar est adapté à la photopériode.
- [ ] La précocité correspond au calendrier.
- [ ] L’aptitude au stockage est documentée.
- [ ] Le système semis direct ou plants est choisi.
- [ ] La qualité des semences est connue.
- [ ] La densité correspond au calibre recherché.
- [ ] Le sol est meuble et correctement drainé.
- [ ] La salinité du sol est connue lorsqu’elle représente un risque.
- [ ] La qualité de l’eau est connue.
- [ ] Une analyse de sol est disponible.
- [ ] L’azote est fractionné lorsque nécessaire.
- [ ] Les apports tardifs excessifs sont évités.
- [ ] Le désherbage est organisé très tôt.
- [ ] L’irrigation reste régulière pendant le grossissement.
- [ ] L’arrêt de l’eau sera basé sur la maturité.
- [ ] Les thrips sont surveillés dans les jeunes feuilles.
- [ ] Le mildiou et les maladies foliaires sont surveillés.
- [ ] L’historique de pourriture blanche est connu.
- [ ] La rotation sépare réellement les cultures d’Allium.
- [ ] Le matériel n’apporte pas de terre contaminée.
- [ ] Tout traitement éventuel est vérifié auprès de l’ONSSA.
- [ ] Le pourcentage de tombaison est suivi.
- [ ] Le séchage peut être réalisé dans de bonnes conditions.
- [ ] Le collet sera contrôlé avant stockage.
- [ ] Les bulbes seront triés par calibre.
- [ ] Les défauts de couleur seront comptabilisés.
- [ ] Les pertes en stockage seront enregistrées.
- [ ] Le coût de revient sera calculé sur les kilogrammes réellement commercialisables.
Conclusion : pour l’oignon rouge, le rendement doit être associé à la couleur et au calibre
L’oignon rouge possède les mêmes grands besoins physiologiques que les autres oignons secs, mais sa valeur commerciale repose davantage sur sa présentation. Une couleur homogène, un calibre adapté, un bulbe ferme et un collet correctement séché peuvent être aussi importants que quelques tonnes supplémentaires à l’hectare.
Les indicateurs essentiels sont donc : rendement commercialisable, distribution des calibres, pourcentage de bulbes conformes en couleur, taux de défauts, pertes éventuelles de stockage et coût de revient par kilogramme réellement vendu.



