Qualité eau hydroponie : cette vérification doit être réalisée avant de choisir les engrais, de corriger le pH ou de programmer la fertigation. Une eau apparemment claire peut contenir des bicarbonates, du sodium, des chlorures, du calcium, du magnésium, du fer ou d’autres éléments capables de modifier la solution nutritive.

En culture hors-sol, le sol ne joue plus son rôle habituel de tampon. La composition de l’eau influence donc directement le pH, la conductivité électrique, la disponibilité des éléments minéraux, l’état des racines et la stabilité du système.
La FAO rappelle que l’accès à une eau adaptée, fiable et économiquement disponible constitue une condition essentielle de la réussite d’un projet hydroponique. Elle souligne également que les plantes cultivées hors-sol peuvent être particulièrement sensibles aux sels présents dans l’eau.
Avant d’investir dans une installation, il faut faire analyser la ressource disponible et déterminer si elle peut être utilisée directement, mélangée à une autre eau ou soumise à un traitement. Cette démarche complète notre dossier consacré aux traitements phytosanitaires au Maroc, dans lequel la qualité de l’eau fait partie du diagnostic préventif.
Qualité eau hydroponie : analyser l’eau avant la solution nutritive
L’eau d’alimentation et la solution nutritive ne représentent pas le même échantillon.
L’eau d’alimentation est l’eau brute provenant du forage, du réseau, d’une réserve, d’une source de surface ou d’un système d’osmose inverse. Elle doit être analysée avant l’ajout des engrais.
La solution nutritive correspond à cette eau après incorporation des éléments fertilisants et éventuelle correction du pH. Sa conductivité électrique et sa composition sont donc nécessairement différentes.
Une troisième analyse peut concerner l’eau de drainage ou la solution revenant dans le réservoir. Sa comparaison avec la solution distribuée permet d’identifier une accumulation de sels, un déséquilibre nutritif ou une consommation sélective par la culture.
Pour démarrer un projet hydroponique, Oklahoma State University recommande notamment de faire analyser le pH, la conductivité électrique et l’alcalinité de l’eau. L’université rappelle qu’une eau de mauvaise qualité peut provoquer des toxicités, des carences ou des déséquilibres au cours de la production.
Pourquoi une eau transparente peut-elle être inadaptée ?
La couleur, l’odeur et la transparence ne suffisent pas pour juger une eau. Une eau limpide peut présenter :
- une conductivité électrique élevée ;
- une forte alcalinité ;
- une concentration importante en sodium ou en chlorures ;
- une dureté élevée ;
- un excès de fer ou de manganèse ;
- une présence de carbonates et de bicarbonates ;
- une contamination microbiologique ;
- des particules capables de colmater les goutteurs ;
- des résidus issus de l’environnement ou du réseau de stockage.
Ces éléments peuvent interagir avec les engrais ajoutés, modifier le pH, augmenter la salinité totale ou former des précipités dans les conduites.
Les paramètres essentiels d’une analyse d’eau hydroponique
| Paramètre | Ce qu’il indique | Risque principal |
|---|---|---|
| pH | Acidité ou basicité au moment de la mesure | Disponibilité des nutriments et stabilité de la solution |
| Alcalinité | Capacité de l’eau à résister à l’acidification | Remontée répétée du pH |
| Bicarbonates | Principaux ions responsables de l’alcalinité | Précipitations et consommation importante d’acide |
| Conductivité électrique | Quantité globale d’ions dissous | Salinité initiale trop élevée |
| Sodium | Ion généralement peu utile à la culture | Accumulation et toxicité |
| Chlorures | Ions présents dans certaines eaux salines | Brûlures et accumulation dans les circuits fermés |
| Calcium et magnésium | Dureté et apport naturel en éléments | Formule nutritive inadaptée ou précipitations |
| Fer et manganèse | Éléments dissous pouvant s’oxyder | Dépôts, coloration et colmatage |
| Bore | Oligoélément présent naturellement | Toxicité chez les cultures sensibles |
| Nitrates | Azote déjà apporté par l’eau | Surfertilisation si la formule n’en tient pas compte |
| Qualité microbiologique | Présence éventuelle de micro-organismes | Contamination de la production ou du circuit |
Un rapport complet d’analyse d’eau d’irrigation peut également comprendre le potassium, les sulfates, les carbonates, les solides dissous totaux, la dureté, le rapport d’adsorption du sodium et les carbonates résiduels.
1. Le pH de l’eau
Le pH mesure l’acidité ou la basicité de l’eau au moment du prélèvement. Il influence la solubilité et la disponibilité de plusieurs éléments minéraux.
Un pH élevé ne signifie cependant pas automatiquement que l’eau sera difficile à corriger. Deux eaux présentant le même pH peuvent avoir des alcalinités très différentes. L’une peut changer rapidement après un faible ajout d’acide, tandis que l’autre résiste fortement à la correction.
Le pH doit donc toujours être interprété avec l’alcalinité et la concentration en bicarbonates.
Les besoins diffèrent également selon la culture, le substrat et le système. Les valeurs générales ne doivent pas remplacer les recommandations techniques propres à la tomate, au concombre, au fraisier, aux aromatiques ou aux légumes-feuilles.
2. L’alcalinité et les bicarbonates
L’alcalinité représente la capacité de l’eau à neutraliser un acide et à résister à une diminution du pH. Dans de nombreuses eaux naturelles, elle est principalement liée aux bicarbonates.
Une eau fortement alcaline peut provoquer :
- une remontée rapide du pH après sa correction ;
- une consommation importante de produit acidifiant ;
- une instabilité de la solution nutritive ;
- une précipitation de certains éléments ;
- un colmatage progressif du réseau ;
- une disponibilité réduite du fer, du manganèse ou du phosphore.
Oklahoma State University indique que l’alcalinité et les bicarbonates doivent faire partie de l’analyse initiale, car une alcalinité élevée pousse le pH de la solution nutritive à remonter.
La correction par acidification doit être calculée à partir de l’analyse et réalisée avec un matériel sécurisé. Manipuler un acide concentré sans procédure, protection et système d’injection adapté expose l’opérateur à des brûlures graves.
3. La conductivité électrique de l’eau brute
La conductivité électrique, ou EC, estime la quantité globale d’ions dissous capables de conduire le courant électrique. Plus l’eau contient de sels, plus sa conductivité augmente.
Cette mesure ne précise pas la nature des ions. Une EC élevée peut provenir d’éléments utiles comme le calcium ou le magnésium, mais aussi d’ions indésirables comme le sodium et les chlorures.
La conductivité de l’eau brute occupe déjà une partie de la marge disponible pour préparer la solution nutritive. Si l’eau commence avec une EC élevée, il devient difficile d’ajouter tous les engrais nécessaires sans dépasser la salinité supportée par la culture.
Une EC excessive peut rendre l’absorption de l’eau plus difficile, réduire la croissance et provoquer des déséquilibres ou des toxicités. Une EC trop basse après préparation peut, à l’inverse, indiquer une concentration nutritive insuffisante.
La conductivité doit être mesurée séparément dans :
- l’eau brute ;
- la solution nutritive préparée ;
- la solution distribuée aux plantes ;
- l’eau de drainage ;
- la solution de retour dans un système fermé.
4. Le sodium
Le sodium est peu utilisé par la majorité des cultures hydroponiques. Lorsqu’il est apporté continuellement par l’eau, il peut s’accumuler dans une solution recyclée.
Une concentration croissante de sodium augmente la salinité sans améliorer la nutrition de la plante. Elle peut perturber l’absorption d’autres éléments et provoquer des brûlures sur les feuilles les plus âgées.
Dans un système ouvert, une partie du sodium peut être évacuée avec le drainage. Dans un circuit fermé, il revient au réservoir et sa concentration peut augmenter après chaque complément d’eau.
La seule mesure de l’EC ne permet pas de savoir quelle proportion de la salinité provient du sodium. Une analyse ionique reste nécessaire.
5. Les chlorures
Les chlorures peuvent provenir de la ressource en eau, de la proximité du littoral, d’une intrusion saline, de certains engrais ou d’un traitement appliqué à l’eau.
Comme le sodium, ils peuvent s’accumuler dans les systèmes recyclés. Une concentration trop importante peut entraîner une brûlure du bord des feuilles, une diminution de la croissance et une augmentation de la conductivité.
Une eau contenant simultanément beaucoup de sodium et de chlorures doit faire l’objet d’une attention particulière avant la construction de l’installation.
6. Le calcium, le magnésium et la dureté
Le calcium et le magnésium sont des éléments nutritifs utiles. Leur présence dans l’eau doit être intégrée à la formulation des engrais.
Une eau naturellement riche en calcium ne signifie pas forcément que celui-ci sera entièrement disponible. Sa réaction avec les bicarbonates, les phosphates ou les sulfates peut provoquer des précipitations.
La dureté correspond principalement à la concentration en calcium et en magnésium. Elle ne doit pas être confondue avec l’alcalinité :
- la dureté décrit surtout la présence de calcium et de magnésium ;
- l’alcalinité décrit la capacité de l’eau à neutraliser un acide ;
- les deux valeurs peuvent être élevées, faibles ou évoluer différemment.
Une formulation nutritive sérieuse retranche les quantités déjà apportées par l’eau avant de calculer les engrais complémentaires.
7. Le fer et le manganèse
Le fer et le manganèse dissous peuvent s’oxyder au contact de l’air. Ils forment alors des dépôts, colorent l’eau et peuvent obstruer les filtres, les goutteurs et les canalisations.
Les symptômes possibles dans l’installation comprennent :
- une coloration rougeâtre ou noire ;
- des dépôts dans le réservoir ;
- une baisse du débit des goutteurs ;
- un développement de biofilms ;
- des besoins fréquents de nettoyage.
Le traitement dépend de la concentration, du débit et de la forme chimique présente. Il peut associer aération, oxydation, décantation et filtration, mais doit être dimensionné à partir d’une analyse.
8. Le bore
Le bore est indispensable en faible quantité, mais l’écart entre besoin et toxicité peut être étroit pour certaines cultures.
Une eau naturellement chargée en bore peut devenir problématique, car la formulation nutritive ne permet pas de retirer l’élément déjà présent. Les symptômes de toxicité apparaissent souvent sur les feuilles anciennes, notamment sous forme de brûlures marginales.
La sensibilité dépend fortement de l’espèce. Un résultat de laboratoire doit donc être interprété selon la culture prévue et non à partir d’une valeur universelle.
9. Les nitrates déjà présents dans l’eau
Une eau de forage peut contenir des nitrates issus de son environnement. Cet azote doit être comptabilisé dans le programme de fertilisation.
Ignorer les nitrates de l’eau peut conduire à ajouter plus d’azote que nécessaire, augmenter l’EC, déséquilibrer la solution et accroître les rejets.
L’analyse doit préciser l’unité employée et distinguer, lorsque cela est nécessaire, le nitrate total de l’azote exprimé sous forme de nitrate.
10. Les sulfates, carbonates et autres ions
Les sulfates peuvent participer à la nutrition soufrée, mais leur concentration doit être prise en compte dans la formule globale. Les carbonates et bicarbonates influencent l’alcalinité et les risques de précipitation.
Un bilan ionique aide à comprendre la contribution réelle de l’eau à la solution nutritive. Il permet également de repérer une incohérence analytique ou une concentration anormalement élevée.
11. La qualité microbiologique de l’eau
L’analyse chimique ne suffit pas lorsque l’eau peut entrer en contact avec les parties récoltées ou circuler dans un système où une contamination se diffuse rapidement.
Le niveau de surveillance microbiologique dépend :
- de l’origine de l’eau ;
- de la culture produite ;
- du système ouvert ou fermé ;
- du contact éventuel avec les feuilles ou les fruits ;
- du mode de récolte et de consommation ;
- des exigences du client ou du marché ;
- des règles de sécurité sanitaire applicables.
Une eau de surface, une réserve ouverte, un bassin accessible aux animaux ou un circuit mal nettoyé présente davantage de possibilités de contamination qu’une ressource protégée et régulièrement contrôlée.
La température et l’oxygène dissous
La température de la solution influence l’activité des racines, la consommation d’oxygène et le développement de certains micro-organismes.
Lorsque la température augmente, la capacité de l’eau à contenir de l’oxygène diminue. Une solution chaude, stagnante ou insuffisamment aérée peut donc favoriser le stress racinaire.
Les systèmes en eau profonde et les réservoirs de grande capacité peuvent nécessiter un suivi de l’oxygène dissous. Les systèmes sur substrat doivent surtout éviter la saturation permanente et assurer une bonne alternance entre eau et air dans la zone racinaire.
Comparer les principales sources d’eau
| Source | Avantage possible | Points à vérifier |
|---|---|---|
| Eau de forage | Disponibilité régulière | Salinité, bicarbonates, sodium, chlorures, fer et bore |
| Eau du réseau | Qualité généralement suivie pour l’usage prévu | EC, alcalinité, chlore, chloramines et coût |
| Eau de pluie | Faible teneur initiale en sels dans certaines situations | Contamination du toit, stockage, poussières et disponibilité saisonnière |
| Eau de surface | Volume parfois important | Micro-organismes, algues, matières en suspension et variations saisonnières |
| Eau osmosée | Réduction importante de nombreux ions | Coût, rendement, entretien des membranes et gestion du rejet |
| Mélange de deux eaux | Amélioration possible de la qualité à moindre coût | Proportions constantes et analyse du mélange final |
Comment prélever correctement un échantillon d’eau ?
Un mauvais prélèvement peut rendre une analyse difficile à interpréter. Avant de prélever :
- demandez au laboratoire le flacon, le volume et les conditions de conservation nécessaires ;
- identifiez clairement la source et le point de prélèvement ;
- laissez couler suffisamment l’eau d’un forage ou d’une canalisation afin d’obtenir un échantillon représentatif ;
- utilisez un récipient propre fourni ou accepté par le laboratoire ;
- évitez de toucher l’intérieur du bouchon et du flacon ;
- notez la date, l’heure, la température et les conditions de fonctionnement ;
- conservez l’échantillon selon les instructions du laboratoire ;
- envoyez-le rapidement, surtout pour une analyse microbiologique.
L’échantillon d’eau brute doit être prélevé avant l’injection des engrais et de l’acide. Un second prélèvement peut être réalisé après le traitement pour vérifier son efficacité.
Quelles analyses demander au laboratoire ?
Pour un projet hydroponique, le bulletin de base devrait idéalement comprendre :
- pH ;
- conductivité électrique ;
- solides dissous totaux lorsque le laboratoire les fournit ;
- alcalinité totale ;
- bicarbonates et carbonates ;
- calcium ;
- magnésium ;
- sodium ;
- potassium ;
- chlorures ;
- sulfates ;
- nitrates ;
- fer ;
- manganèse ;
- bore.
Selon la source et l’usage, il peut être nécessaire d’ajouter :
- une analyse microbiologique ;
- la turbidité et les matières en suspension ;
- des éléments traces particuliers ;
- les résidus de produits susceptibles d’être présents dans l’environnement ;
- une analyse spécifique demandée par un client ou un cahier des charges.
Analyse de laboratoire ou appareils portatifs ?
Les deux sont complémentaires.
Le laboratoire
Il identifie et quantifie les ions présents dans l’eau. Il est indispensable pour connaître le sodium, les chlorures, les bicarbonates, le calcium, le magnésium, le bore ou les nitrates.
Le pH-mètre
Il sert au contrôle fréquent de l’eau et de la solution nutritive. Il doit être étalonné avec des solutions tampons adaptées et conservé selon les instructions du fabricant.
Le conductimètre
Il suit la concentration ionique globale. Il ne remplace pas l’analyse détaillée et ne permet pas de distinguer un élément nutritif d’un sel indésirable.
Le thermomètre
Il permet d’interpréter les mesures, de suivre la température du réservoir et de repérer une surchauffe de la solution.
L’oxymètre
Il devient utile dans les systèmes où les racines sont directement immergées ou lorsque des problèmes d’oxygénation sont suspectés.
À quelle fréquence contrôler la qualité de l’eau ?
Une analyse complète doit être effectuée avant la conception de l’installation et avant la formulation définitive de la solution nutritive.
Elle doit être renouvelée lorsque :
- la source d’eau change ;
- le niveau du forage varie fortement ;
- la salinité évolue selon la saison ;
- un nouveau système de traitement est installé ;
- des dépôts ou colmatages apparaissent ;
- les cultures manifestent des symptômes inexpliqués ;
- la solution devient difficile à stabiliser ;
- les exigences du marché imposent un contrôle régulier.
Le pH, l’EC et la température doivent être suivis beaucoup plus fréquemment dans le réservoir et aux points représentatifs de l’installation. Dans les systèmes très automatisés, des sondes peuvent enregistrer les données en continu.
Comment interpréter l’analyse sans commettre d’erreur ?
Un paramètre ne doit jamais être interprété isolément.
Une conductivité élevée impose de rechercher les ions qui la composent. Une alcalinité élevée doit être reliée aux bicarbonates et à la quantité d’acide nécessaire. Un calcium élevé doit être pris en compte dans la formulation et dans le risque de précipitation.
L’interprétation doit également considérer :
- la culture et sa sensibilité aux sels ;
- son stade de croissance ;
- le système hydroponique ;
- le substrat utilisé ;
- la fraction de drainage ;
- le recyclage ou non de la solution ;
- la température sous serre ;
- le rendement attendu ;
- la qualité exigée pour la récolte.
Les seuils généraux publiés par différents organismes donnent une orientation, mais ne remplacent pas la formulation réalisée pour une culture et un système précis.
La composition de l’eau influence directement la stabilité de la solution nutritive. Après avoir identifié l’alcalinité, les bicarbonates, le sodium et les chlorures, il faut assurer un suivi régulier du pH et de l’EC en hydroponie afin de détecter rapidement toute dérive.
Que faire lorsque l’eau n’est pas adaptée ?
Mélanger deux ressources
Une eau saline peut parfois être mélangée à une eau de meilleure qualité. Le mélange doit rester constant et être analysé après préparation.
Utiliser l’osmose inverse
L’osmose inverse peut réduire la concentration de nombreux ions dissous. Elle entraîne toutefois des coûts d’investissement, d’énergie, d’entretien et de remplacement des membranes. Elle produit également un rejet concentré qui doit être géré.
Acidifier l’eau
L’acidification neutralise une partie de l’alcalinité. La dose dépend des bicarbonates, de l’acide choisi, de sa concentration et du pH final recherché.
Cette opération doit être réalisée avec une pompe d’injection, une ventilation, des équipements de protection et une procédure professionnelle. L’acide doit toujours être manipulé conformément à sa fiche de sécurité.
Filtrer et oxyder le fer
Une eau riche en fer peut nécessiter une aération ou une oxydation suivie d’une décantation et d’une filtration. Le système doit être dimensionné selon le débit réel et les résultats analytiques.
Désinfecter la ressource ou le circuit
La désinfection peut faire appel à plusieurs technologies selon le volume, la qualité de l’eau et l’objectif sanitaire. Elle ne remplace pas le nettoyage des réservoirs, des filtres et des canalisations.
Adapter la formule nutritive
Lorsque l’eau contient déjà du calcium, du magnésium, des nitrates ou des sulfates, ces apports doivent être déduits des quantités fournies par les engrais.
Une eau déséquilibrée peut affaiblir les racines, perturber l’absorption des éléments minéraux et favoriser le développement de biofilms. Lorsque les racines brunissent ou dégagent une odeur anormale, consultez le guide consacré aux maladies racinaires en hydroponie.
Le cas particulier des systèmes hydroponiques fermés
Dans un circuit fermé, la solution de drainage est récupérée et réutilisée. Ce fonctionnement économise de l’eau et des engrais, mais exige un contrôle plus précis.
Les plantes n’absorbent pas tous les ions dans les mêmes proportions. Certains éléments diminuent rapidement, tandis que le sodium, les chlorures ou d’autres ions peu absorbés peuvent s’accumuler.
Oklahoma State University souligne que l’ajout répété d’eau et d’engrais peut conduire à l’accumulation du chlorure de sodium et à des toxicités.
Dans un système fermé, il faut donc suivre :
- l’EC de la solution distribuée ;
- l’EC de la solution de retour ;
- le pH ;
- le volume consommé ;
- la composition ionique à intervalles définis ;
- la qualité sanitaire du circuit ;
- la température et l’oxygénation ;
- les dépôts et biofilms.
Symptômes pouvant être liés à une mauvaise qualité d’eau
| Symptôme | Paramètres à vérifier |
|---|---|
| Brûlure du bord des feuilles | EC, sodium, chlorures et bore |
| Chlorose des jeunes feuilles | pH, alcalinité, fer et bicarbonates |
| Croissance ralentie | Salinité, température, oxygène et équilibre nutritif |
| pH qui remonte rapidement | Alcalinité et bicarbonates |
| Dépôts blancs | Calcium, magnésium, bicarbonates et précipitations |
| Goutteurs colmatés | Fer, manganèse, carbonates, particules et biofilms |
| Racines brunes | Température, oxygène, agents pathogènes et salinité |
| EC du retour très élevée | Accumulation de sels, drainage insuffisant ou forte consommation d’eau |
Ces symptômes ne suffisent pas à établir un diagnostic. Une maladie racinaire, une température excessive, un défaut d’aération ou une erreur de formulation peuvent produire des signes similaires.
Consultez également notre guide sur l’excès d’irrigation et les maladies racinaires.
Le matériel utile pour le suivi de l’eau
- pH-mètre adapté à un usage agricole ;
- conductimètre avec compensation de température ;
- solutions d’étalonnage du pH ;
- solution d’étalonnage de la conductivité ;
- thermomètre étanche ;
- oxymètre pour les systèmes concernés ;
- flacons propres pour les prélèvements ;
- filtres adaptés au débit et à la qualité de l’eau ;
- manomètres avant et après filtration ;
- débitmètre ;
- carnet ou application de suivi ;
- équipements de protection pour les produits de correction.
Un appareil coûteux mais mal étalonné peut produire des décisions moins fiables qu’un appareil simple correctement entretenu.
Les erreurs fréquentes à éviter
- juger l’eau uniquement à sa transparence ;
- mesurer seulement le pH sans connaître l’alcalinité ;
- utiliser la valeur TDS sans savoir comment l’appareil la calcule ;
- confondre l’EC de l’eau brute avec celle de la solution nutritive ;
- préparer la même formule avec deux eaux différentes ;
- oublier le calcium, le magnésium ou les nitrates déjà présents ;
- corriger brutalement le pH avec un acide concentré ;
- utiliser un pH-mètre non étalonné ;
- laisser sécher la sonde lorsque le fabricant l’interdit ;
- prélever l’eau après l’injection des engrais pour caractériser le forage ;
- ignorer les variations saisonnières ;
- recycler indéfiniment une solution sans analyse ionique ;
- rejeter une solution nutritive concentrée sans prévoir sa gestion.
FAQ sur la qualité de l’eau en hydroponie
L’eau potable convient-elle automatiquement à l’hydroponie ?
Non. Une eau conforme à son usage domestique peut présenter une alcalinité, une dureté ou une concentration en sodium qui complique la culture hors-sol. Elle doit être analysée pour son usage agronomique.
Peut-on utiliser directement une eau de forage ?
Oui, lorsque sa composition est compatible avec la culture et la solution nutritive. Il faut d’abord vérifier sa salinité, son alcalinité, ses ions majeurs, son fer, son bore et sa qualité microbiologique selon l’usage.
Le pH suffit-il pour connaître la qualité de l’eau ?
Non. Le pH est une mesure instantanée. L’alcalinité indique la résistance de l’eau à la correction, tandis que l’EC estime la quantité globale de sels dissous.
Quelle différence existe-t-il entre EC et TDS ?
L’EC mesure la capacité de l’eau à conduire le courant. Le TDS estime la quantité totale de solides dissous. De nombreux appareils convertissent l’EC en TDS avec un facteur qui varie selon leur réglage.
L’osmose inverse est-elle toujours nécessaire ?
Non. Elle devient pertinente lorsque la composition de l’eau ne peut pas être gérée par la formulation, le mélange de ressources ou une autre correction plus simple.
Une EC faible garantit-elle une bonne eau ?
Non. Une EC faible indique seulement une faible quantité globale d’ions. Elle ne garantit ni la qualité microbiologique ni l’absence d’un élément problématique présent à faible concentration.
Quand faut-il refaire l’analyse du forage ?
Elle doit être renouvelée lorsque le niveau de la nappe, la saison, le pompage ou l’environnement peuvent modifier la ressource, et chaque fois qu’une évolution inhabituelle apparaît dans le système.
Peut-on corriger l’eau uniquement avec un produit pH moins ?
Non. Une correction durable dépend de l’alcalinité et de la composition de l’eau. Ajouter un produit jusqu’à obtenir une valeur instantanée ne garantit pas la stabilité de la solution.
Conclusion : l’analyse de l’eau précède l’achat du matériel hydroponique
Qualité eau hydroponie : la réussite commence par la connaissance précise de la ressource disponible. Le pH, l’alcalinité, les bicarbonates, la conductivité, le sodium, les chlorures, le calcium, le magnésium, le fer et le bore influencent directement la solution nutritive.
Une analyse réalisée avant l’installation permet de choisir la culture, le système, les engrais et le traitement de l’eau avec davantage de précision. Elle évite d’essayer de corriger plus tard une ressource incompatible avec le projet.
La surveillance doit ensuite associer les analyses périodiques du laboratoire aux mesures régulières du pH, de l’EC, de la température et, lorsque cela est pertinent, de l’oxygène dissous.
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La FAO présente les principes fondamentaux de l’hydroponie et rappelle l’importance de disposer d’une eau fiable et adaptée au système de culture.
La concentration de la solution nutritive varie également avec la température, l’évaporation et la consommation d’eau par les plantes. Une bonne gestion de la ventilation et de l’humidité sous serre aide à limiter les variations rapides de concentration.


