Oïdium de la tomate : sous serre au Maroc, cette maladie peut commencer par quelques taches blanches poudreuses ou par des plages jaunes discrètes sur les feuilles basses. Lorsque le diagnostic est tardif, les colonies s’étendent, le feuillage se dessèche et les fruits deviennent plus exposés aux brûlures solaires.

Deux agents principaux peuvent être impliqués. Pseudoidium neolycopersici, anciennement appelé Oidium neolycopersici, produit un feutrage blanc visible surtout sur la face supérieure des feuilles. Leveillula taurica, appelé oïdium interne, se développe en partie dans les tissus et provoque d’abord des taches chlorotiques, avec une sporulation plus discrète au revers.
Cette distinction est essentielle pour choisir les feuilles à observer, orienter le prélèvement et vérifier la qualité de la couverture lorsque l’utilisation d’un produit autorisé devient nécessaire.
Un dépôt blanc ne confirme cependant pas automatiquement l’oïdium. Des résidus de pulvérisation, des sels séchés, de la poussière, une fumagine claire, des acariens ou certaines moisissures saprophytes peuvent donner un aspect comparable.
Ce guide complète notre article consacré aux maladies de la tomate au Maroc, notre méthode de diagnostic phytosanitaire, notre dossier sur le mildiou de la tomate et la page centrale des traitements phytosanitaires au Maroc.
Avant de traiter
Examinez les deux faces des feuilles, comparez les feuilles basses et supérieures et vérifiez si le dépôt blanc est réellement constitué d’un feutrage vivant.
Marquez les premières plantes, photographiez les symptômes et conservez une feuille récemment atteinte avant toute intervention susceptible de modifier la sporulation.
Oïdium de la tomate : comment reconnaître les premiers symptômes ?
Les premiers signes varient selon l’agent responsable.
L’oïdium externe produit généralement une colonie blanche visible avant l’apparition d’une nécrose importante. L’oïdium interne provoque d’abord une décoloration des tissus, parfois plusieurs jours avant que le duvet soit facilement observable.
| Critère | Oïdium externe | Oïdium interne |
|---|---|---|
| Agent principal | Pseudoidium neolycopersici | Leveillula taurica |
| Premières feuilles touchées | Feuilles de différents étages, selon le foyer | Souvent feuilles basses ou intermédiaires |
| Face supérieure | Plages blanches poudreuses immédiatement visibles | Taches vert pâle puis jaunes, arrondies ou angulaires |
| Face inférieure | Feutrage possible, mais généralement moins abondant | Duvet blanc discret en vis-à-vis des taches jaunes |
| Évolution | Extension poudreuse, chlorose puis nécrose | Jaunissement, microtaches brunes puis nécrose |
| Tiges | Plages blanches possibles | Généralement non atteintes |
| Fruits | Habituellement non infectés directement | Habituellement non infectés directement |
Reconnaître l’oïdium externe de la tomate
Pseudoidium neolycopersici colonise principalement la surface des folioles.
Plages blanches poudreuses
Les premières colonies peuvent être :
- petites et circulaires ;
- irrégulières ;
- blanches à blanc grisâtre ;
- semblables à une fine poudre ;
- localisées sur la face supérieure ;
- présentes sur une seule foliole au début.
Le feutrage correspond au mycélium et aux structures de reproduction du champignon. Contrairement à un simple dépôt minéral, il se développe et s’étend progressivement dans les jours suivants.
Extension des colonies
Lorsque les conditions restent favorables, les taches :
- augmentent de diamètre ;
- se rejoignent ;
- recouvrent une grande partie du limbe ;
- gagnent les feuilles voisines ;
- peuvent apparaître sur certaines portions de tige.
Une feuille fortement touchée peut donner l’impression d’avoir été saupoudrée de farine ou de talc.
Jaunissement et nécrose
Sous les colonies, les tissus deviennent progressivement :
- vert pâle ;
- jaunes ;
- brun clair ;
- nécrosés ;
- secs et fragiles.
Une attaque sévère réduit la surface photosynthétique et accélère le vieillissement du feuillage.
Reconnaître l’oïdium interne à Leveillula taurica
L’oïdium interne est plus difficile à identifier précocement, car une grande partie du champignon se développe dans les tissus foliaires.
Taches vert pâle sur les feuilles basses
Les premiers symptômes apparaissent souvent sous forme de taches :
- vert pâle ;
- jaune clair ;
- arrondies ;
- angulaires lorsqu’elles sont limitées par les nervures ;
- localisées sur les feuilles anciennes ou intermédiaires.
Ces taches peuvent être confondues avec une carence, une cladosporiose, une brûlure ou un début de sénescence.
Duvet discret au revers
En retournant la feuille, on peut observer en correspondance avec la tache :
- un duvet blanc très fin ;
- des ponctuations poudreuses dispersées ;
- un tissu légèrement jaunâtre ;
- de petites altérations brunes.
Le duvet peut rester peu visible, notamment lorsque l’air est sec au moment de l’observation.
Nécrose progressive
Les taches jaunissent, brunissent au centre et peuvent former des motifs partiellement concentriques.
Lorsque plusieurs taches se rejoignent :
- le limbe jaunit entièrement ;
- la feuille perd sa fonction photosynthétique ;
- elle se dessèche ;
- elle peut rester attachée à la plante ;
- les fruits deviennent plus exposés au soleil.
L’oïdium attaque-t-il les tomates et les tiges ?
Les fruits ne sont généralement pas colonisés directement par les deux principaux agents d’oïdium de la tomate.
Les conséquences sur les fruits sont surtout indirectes :
- réduction de l’alimentation de la plante ;
- baisse du calibre ;
- maturation irrégulière ;
- surexposition au rayonnement ;
- brûlures solaires après la perte du feuillage ;
- affaiblissement général de la production.
Pseudoidium neolycopersici peut produire des colonies blanches sur certaines tiges. Cette présence doit être distinguée d’un dépôt de pulvérisation ou d’une moisissure installée sur un tissu blessé.
Leveillula taurica reste principalement foliaire et ne produit normalement pas de symptômes caractéristiques sur les tiges, les pétioles ou les fruits.
Oïdium ou mildiou : comment les distinguer ?
| Critère | Oïdium | Mildiou |
|---|---|---|
| Aspect initial | Poudre blanche ou tache jaune sèche | Tache vert sombre, humide et irrégulière |
| Sporulation | Feutrage poudreux blanc | Fin duvet humide à la marge des lésions |
| Humectation nécessaire | Eau libre généralement non indispensable | Longue humidité du feuillage très favorable |
| Tiges et fruits | Peu ou pas atteints directement | Lésions possibles sur tiges et fruits |
| Vitesse sous forte humidité | Progressive à rapide selon l’agent | Potentiellement très rapide |
Notre guide détaillé sur le mildiou de la tomate explique les taches humides, le duvet au revers et les lésions sur fruits.
Oïdium interne ou cladosporiose ?
La cladosporiose de la tomate peut également produire des taches jaunes sur la face supérieure et un feutrage au revers.
Les différences à rechercher sont :
- la couleur du feutrage ;
- la forme des taches ;
- l’humidité de la serre ;
- la progression sur les feuilles basses ;
- l’aspect microscopique des spores.
La cladosporiose produit généralement un feutrage plus olive, brun ou vert foncé au revers. Celui de l’oïdium interne reste plutôt blanc à blanc grisâtre.
Lorsque la couleur est intermédiaire ou que plusieurs maladies coexistent, une analyse spécialisée est recommandée.
Oïdium ou résidu de pulvérisation ?
Un produit séché peut laisser des traces blanches sur les feuilles.
Le dépôt est plus probablement lié à une application lorsqu’il :
- apparaît immédiatement après un traitement ;
- est présent uniformément sur plusieurs plantes ;
- suit les zones de passage et les chevauchements ;
- forme des gouttelettes séchées ;
- reste identique plusieurs jours ;
- ne provoque pas de progression du jaunissement sous-jacent.
L’oïdium présente au contraire des colonies qui grandissent, produisent une nouvelle poudre et finissent par altérer les tissus.
Une phytotoxicité pesticide peut également provoquer des taches jaunes ou brunes associées à des résidus visibles.
Oïdium, fumagine ou poussière ?
Fumagine
La fumagine se développe sur le miellat produit par les aleurodes, pucerons ou cochenilles. Elle est généralement noire à brun foncé et reste superficielle.
Poussière
La poussière se dépose surtout :
- près des chemins ;
- sur les bordures de serre ;
- sur les surfaces exposées aux courants d’air ;
- sur les feuilles horizontales.
Elle ne provoque normalement pas de tache chlorotique active sous le dépôt.
Acariens
Les acariens peuvent produire :
- de fines ponctuations décolorées ;
- un bronzage ;
- un aspect poussiéreux ;
- des fils très fins ;
- un dessèchement progressif.
La loupe permet alors de retrouver les acariens, leurs œufs ou leurs exuvies.
Quelles conditions favorisent l’oïdium sous serre ?
L’oïdium ne répond pas exactement aux mêmes conditions que le mildiou ou le Botrytis.
Son développement peut être favorisé par :
- des températures chaudes mais non extrêmes ;
- une humidité intermédiaire ;
- des nuits plus fraîches ;
- des variations importantes entre le jour et la nuit ;
- un couvert végétal dense ;
- des feuilles âgées et ombragées ;
- une faible circulation d’air ;
- un excès d’azote ;
- la présence continue de plantes hôtes ;
- des spores provenant d’une serre voisine.
Conditions favorables à Leveillula taurica
Leveillula taurica est adapté aux zones chaudes et sèches, mais il bénéficie de nuits plus fraîches et humides.
Les situations particulièrement favorables associent :
- journées chaudes ;
- nuits plus fraîches ;
- humidité autour du feuillage ;
- rosée ou condensation légère ;
- température voisine de 26 °C ;
- feuilles basses peu ventilées.
Conditions favorables à Pseudoidium neolycopersici
L’oïdium externe peut germer sans film d’eau durable sur la feuille. Une humidité extrêmement élevée n’est donc pas indispensable.
Il peut progresser dans :
- des serres chaudes ;
- un feuillage dense ;
- des ambiances insuffisamment renouvelées ;
- des cultures recevant beaucoup d’azote ;
- des cycles longs maintenant continuellement des feuilles sensibles.
Ne pas augmenter volontairement l’humidité
Une hygrométrie très élevée peut ralentir certains oïdiums externes, mais elle favorise le Botrytis, la cladosporiose, les maladies bactériennes et la condensation.
Le climat de la serre doit être équilibré pour éviter à la fois l’air stagnant, les excès de sécheresse et les longues périodes de condensation.
Comment l’oïdium se conserve-t-il et se disperse-t-il ?
Les oïdiums sont des parasites obligatoires : ils ont besoin de tissus végétaux vivants pour se multiplier activement.
Ils peuvent se maintenir sur :
- les tomates encore en culture ;
- les jeunes plants ;
- les repousses ;
- certaines cultures voisines ;
- des plantes ornementales ;
- des adventices sensibles.
Les spores sont principalement dispersées par :
- le vent ;
- les courants d’air sous serre ;
- les mouvements du feuillage ;
- les ouvriers lors de l’effeuillage ;
- les caisses et équipements passant entre les rangs ;
- les plants provenant d’une zone déjà contaminée.
Une feuille retirée puis secouée dans l’allée peut libérer de nombreuses spores.
Comment surveiller une serre de tomate ?
La surveillance doit commencer avant l’apparition d’un feutrage généralisé.
Définir un parcours fixe
Inspectez régulièrement :
- les entrées ;
- les bordures ;
- les zones ombragées ;
- les rangs les plus denses ;
- les feuilles basses ;
- les zones proches d’une ancienne culture ;
- les blocs de variétés différentes.
Examiner plusieurs niveaux foliaires
Sur chaque plante sélectionnée, observez :
- les feuilles basses pour l’oïdium interne ;
- les feuilles intermédiaires ;
- les jeunes feuilles ;
- les deux faces du limbe ;
- les tiges pour l’oïdium externe ;
- la présence de brûlures solaires sur les fruits exposés.
Utiliser une loupe
Une loupe aide à distinguer :
- les filaments fongiques ;
- la poudre produite par le champignon ;
- les acariens ;
- les résidus cristallisés ;
- la sporulation olive d’une cladosporiose.
Noter l’évolution
Inscrivez :
- la date de la première tache ;
- la serre et le rang ;
- la face de la feuille atteinte ;
- le nombre de plantes concernées ;
- la progression depuis le contrôle précédent ;
- les températures de jour et de nuit ;
- la ventilation ;
- les traitements récents ;
- la variété et le porte-greffe.
Comment confirmer le diagnostic ?
Une confirmation devient utile lorsque :
- les taches ne présentent pas un aspect typique ;
- le feutrage est discret ;
- l’oïdium interne et la cladosporiose sont possibles ;
- plusieurs maladies coexistent ;
- la culture est destinée à l’exportation ;
- le programme précédent semble inefficace ;
- le choix d’un traitement engage une surface importante.
L’identification peut utiliser :
- l’examen microscopique du mycélium ;
- la forme des conidiophores ;
- la forme et l’organisation des conidies ;
- la position du champignon dans les tissus ;
- une méthode moléculaire si nécessaire.
Quels tissus prélever ?
Prélevez de préférence :
- une feuille présentant une jeune colonie blanche ;
- une feuille basse portant une tache jaune active ;
- la zone de transition entre tissu sain et atteint ;
- plusieurs feuilles de plantes différentes ;
- une feuille apparemment saine du même bloc pour comparaison.
Évitez les feuilles totalement sèches et décomposées.
Transportez les échantillons selon les recommandations du laboratoire, sans les laisser chauffer au soleil.
Prévenir l’oïdium par le choix des plants
Avant l’introduction des plants :
- inspectez les deux faces des feuilles ;
- recherchez les premières plages blanches ;
- contrôlez les feuilles basses jaunissantes ;
- vérifiez l’origine de la pépinière ;
- séparez les lots ;
- conservez la traçabilité ;
- isolez les plateaux suspects.
Un plant faiblement contaminé peut introduire l’oïdium dans une serre encore saine.
Ventilation et climat de la serre
La ventilation doit réduire les zones d’air stagnant sans créer un stress excessif pour la tomate.
Les mesures utiles comprennent :
- ouvrir progressivement les aérations ;
- éviter les différences extrêmes entre le jour et la nuit ;
- surveiller plusieurs points de la serre ;
- maintenir les allées dégagées ;
- réparer les écrans et ouvertures ;
- limiter les poches d’humidité dans la partie basse ;
- éviter la condensation durable sur le feuillage.
Un seul capteur placé près d’une porte ne représente pas nécessairement le climat présent au centre du couvert.
Densité, palissage et effeuillage
Une végétation dense crée des feuilles ombragées et peu ventilées.
Pour améliorer le microclimat :
- respectez la densité adaptée à la variété ;
- maintenez un palissage régulier ;
- évitez l’entrecroisement des plantes ;
- retirez progressivement les feuilles basses sénescentes ;
- conservez une protection suffisante des fruits contre le soleil ;
- évitez un effeuillage brutal.
Un effeuillage excessif peut exposer les fruits aux brûlures solaires, particulièrement lorsque l’oïdium a déjà réduit le couvert végétal.
Équilibrer la fertilisation azotée
Un excès d’azote favorise un feuillage tendre, dense et plus difficile à ventiler.
Avant d’augmenter les apports, vérifiez :
- l’analyse du sol ou du substrat ;
- la qualité de l’eau ;
- la conductivité de la solution ;
- la vigueur réelle de la culture ;
- le nombre de feuilles ;
- la charge en fruits ;
- l’historique de fertigation.
Une plante affaiblie par l’oïdium ne doit pas recevoir automatiquement une dose supplémentaire d’azote.
Irrigation et humidité
Le goutte-à-goutte limite le mouillage direct du feuillage.
Pour réduire les risques :
- réparez les fuites ;
- évitez l’aspersion sur les feuilles ;
- adaptez les horaires d’irrigation ;
- limitez les excès d’eau augmentant la densité végétative ;
- évitez le stress hydrique répété ;
- surveillez la conductivité du sol ou du substrat.
Un stress hydrique sévère n’est pas une méthode de lutte. Il réduit la vigueur, favorise les brûlures et diminue la capacité de récupération de la tomate.
Gestion des adventices et plantes relais
Plusieurs plantes cultivées et adventices peuvent héberger des oïdiums proches ou servir de relais entre deux cultures.
La surveillance doit couvrir :
- l’intérieur de la serre ;
- les bordures ;
- les fossés ;
- les zones de déchets ;
- les repousses de tomate ;
- les solanacées spontanées ;
- les cultures voisines présentant un feutrage blanc.
La destruction des plantes relais doit être organisée sans secouer des végétaux fortement sporulants à proximité de la serre.
Que faire dès les premières feuilles atteintes ?
Lorsque l’attaque reste localisée :
- Marquez le foyer.
- Commencez les opérations par les zones saines.
- Retirez délicatement les premières feuilles.
- Placez-les immédiatement dans un sac ou contenant fermé.
- Ne les déposez pas dans l’allée.
- Nettoyez les outils et les mains.
- Contrôlez les plantes voisines.
- Réévaluez le foyer après quelques jours.
Lorsque de nombreuses feuilles sont déjà atteintes, un effeuillage massif peut affaiblir la culture et exposer les fruits. Il faut alors construire une stratégie globale plutôt que retirer tout le feuillage.
Biocontrôle et solutions non conventionnelles
Plusieurs micro-organismes, substances minérales ou extraits végétaux ont été étudiés contre les oïdiums.
Ils peuvent notamment agir par :
- antagonisme direct ;
- parasitisme du champignon ;
- modification de la surface foliaire ;
- stimulation des défenses ;
- action préventive sur la germination des spores.
Des recherches ont notamment porté sur :
- Ampelomyces quisqualis ;
- certaines souches de Trichoderma ;
- le bicarbonate de potassium ;
- des phosphates ;
- certains extraits végétaux ;
- des sels minéraux.
Une substance étudiée n’est pas automatiquement autorisée
La publication d’un résultat expérimental ne signifie pas qu’un produit commercial correspondant est homologué sur tomate au Maroc.
Vérifiez le produit, sa formulation, sa souche éventuelle, son usage exact, sa dose et sa validité dans l’Index ONSSA.
Les solutions biologiques sont généralement plus efficaces :
- au début de l’attaque ;
- sur des colonies peu développées ;
- avec une bonne couverture ;
- dans des conditions climatiques adaptées ;
- lorsqu’elles sont compatibles avec les autres interventions.
Quand envisager une intervention phytopharmaceutique ?
La décision doit tenir compte :
- de l’agent probablement responsable ;
- du nombre de plantes atteintes ;
- de la progression ;
- du stade de la culture ;
- des conditions climatiques ;
- de la présence de fruits proches de la récolte ;
- de l’historique des groupes FRAC ;
- des produits autorisés au Maroc.
Une application tardive ne restaure pas les tissus nécrosés et ne reconstitue pas les feuilles détruites.
Les produits protecteurs ou préventifs sont généralement plus efficaces lorsqu’ils sont appliqués avant la généralisation de la sporulation.
Comment vérifier les produits autorisés au Maroc ?
Consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.
Vérifiez simultanément :
- le nom commercial exact ;
- la culture « tomate » ;
- l’usage contre l’oïdium ;
- la formulation ;
- la dose autorisée ;
- le mode d’application ;
- le nombre maximal d’applications ;
- le délai avant récolte ;
- le délai de rentrée ;
- les précautions environnementales ;
- la date de validité de l’autorisation.
Produit homologué ne signifie pas produit disponible
L’Index peut contenir des produits homologués qui ne sont pas commercialisés.
En cas de doute, l’attestation d’homologation ou l’autorisation de vente en vigueur constitue la référence pour le produit commercial exact.
Résistance aux fongicides et groupes FRAC
Les oïdiums présentent un risque de développement de résistance à plusieurs familles de fongicides à site d’action spécifique.
Changer de marque commerciale ne signifie pas nécessairement changer de mode d’action.
Deux produits différents peuvent appartenir au même groupe FRAC et sélectionner les mêmes mécanismes de résistance.
La prévention repose sur les principes suivants :
- identifier le groupe FRAC de chaque produit ;
- respecter le nombre maximal d’applications ;
- éviter les répétitions prolongées du même groupe ;
- alterner avec des modes d’action différents et autorisés ;
- utiliser les doses homologuées ;
- intervenir suffisamment tôt ;
- maintenir les mesures agronomiques ;
- enregistrer les résultats.
Certains groupes, notamment les QoI, sont considérés comme présentant un risque élevé de résistance chez plusieurs champignons. Les inhibiteurs de la biosynthèse des stérols et d’autres groupes exigent également une gestion raisonnée.
La classification FRAC doit être utilisée comme outil de rotation, mais elle ne remplace pas l’étiquette et l’autorisation marocaine.
Qualité de couverture du feuillage
La localisation des symptômes détermine les zones à couvrir.
Pour l’oïdium externe, la face supérieure doit recevoir une couverture régulière. Pour l’oïdium interne, les feuilles basses et le revers du limbe deviennent particulièrement importants.
Avant une intervention, contrôlez :
- le calibrage pulvérisateur agricole ;
- le débit de chaque buse pulvérisateur agricole ;
- la pression ;
- la vitesse d’avancement ;
- la pénétration dans les feuilles basses ;
- la couverture des deux faces ;
- les chevauchements ;
- le ruissellement.
Le réglage doit être réalisé avec de l’eau propre avant la préparation de la bouillie.
Éviter les phytotoxicités
Plusieurs produits utilisés contre les oïdiums peuvent devenir phytotoxiques lorsque :
- la température est trop élevée ;
- la plante est stressée ;
- la dose est dépassée ;
- le mélange est incompatible ;
- le délai entre deux produits n’est pas respecté ;
- la pulvérisation se concentre sur certaines feuilles ;
- le volume provoque un ruissellement.
Consultez l’étiquette, la fiche de données de sécurité et les restrictions concernant la température, les mélanges et les cultures sous serre.
Après une intervention, toute brûlure doit être comparée avec notre guide sur la phytotoxicité pesticide.
Sécurité, DAR et registre
Lorsqu’une application est justifiée :
- portez l’équipement protection pesticide exigé ;
- respectez le délai avant récolte ;
- respectez le délai de rentrée ;
- protégez les travailleurs et les pollinisateurs ;
- évitez les applications sous chaleur excessive ;
- nettoyez le matériel selon le protocole prévu.
Inscrivez dans le registre traitement phytosanitaire :
- la serre et le rang ;
- le diagnostic retenu ;
- la forme d’oïdium suspectée ;
- la surface atteinte ;
- le produit commercial ;
- la dose ;
- le volume ;
- le groupe FRAC ;
- le DAR ;
- le délai de rentrée ;
- le résultat du contrôle suivant.
Plan de prévention en 10 mesures
- Introduire uniquement des plants inspectés et traçables.
- Surveiller les deux faces des feuilles dès le début de la culture.
- Comparer les feuilles basses, intermédiaires et supérieures.
- Maintenir une ventilation régulière et éviter l’air stagnant.
- Équilibrer l’azote et éviter une végétation excessivement dense.
- Retirer précocement les premières feuilles atteintes dans un sac fermé.
- Supprimer les adventices et plantes relais autour des serres.
- Éliminer rapidement les résidus après l’effeuillage et la fin de culture.
- Vérifier chaque produit commercial dans l’Index ONSSA.
- Alterner réellement les groupes FRAC et contrôler l’efficacité.
Plan d’action selon la situation observée
| Situation | Actions prioritaires |
|---|---|
| Aucun symptôme | Maintenir l’observation, l’aération et une fertilisation équilibrée |
| Une plage blanche isolée | Marquer, photographier, examiner à la loupe et vérifier les traitements récents |
| Taches jaunes sur feuilles basses | Examiner le revers et différencier Leveillula, cladosporiose et carence |
| Quelques plantes confirmées | Retirer les premières feuilles, assainir le foyer et appliquer le programme autorisé adapté |
| Plusieurs rangs atteints | Cartographier, contrôler le climat, vérifier la couverture et réévaluer les groupes FRAC |
| Échec répété du programme | Confirmer l’agent, vérifier le calibrage, la résistance, la dose et les sources de recontamination |
Erreurs fréquentes face à l’oïdium
| Erreur | Conséquence | Correction |
|---|---|---|
| Confondre les deux formes d’oïdium | Mauvaise zone d’observation et couverture insuffisante | Examiner la face supérieure et le revers |
| Attendre que toutes les feuilles blanchissent | Intervention tardive | Surveiller les premières colonies |
| Confondre un résidu et une colonie | Traitement inutile | Comparer avec le calendrier des pulvérisations |
| Laisser les feuilles atteintes dans l’allée | Dissémination des spores | Utiliser immédiatement un contenant fermé |
| Augmenter fortement l’humidité | Risque de Botrytis et de condensation | Maintenir un climat équilibré |
| Répéter le même groupe FRAC | Sélection de résistance | Alterner réellement les modes d’action |
| Pulvériser sans atteindre les feuilles basses | Oïdium interne insuffisamment couvert | Contrôler la couverture avec de l’eau propre |
| Utiliser une substance non homologuée | Risque légal, phytotoxicité et résidus | Vérifier le produit commercial exact dans l’Index ONSSA |
Questions fréquentes sur l’oïdium de la tomate
Comment débute l’oïdium sur une tomate ?
L’oïdium externe débute généralement par une petite plage blanche poudreuse. L’oïdium interne commence plutôt par une tache vert pâle ou jaune sur une feuille basse, avec un duvet discret au revers.
Pourquoi certaines feuilles sont jaunes sans poudre blanche ?
Il peut s’agir de l’oïdium interne, d’une carence, d’une cladosporiose, d’une salinité ou du vieillissement normal. Examinez le revers et comparez plusieurs plantes.
Peut-on essuyer l’oïdium avec les doigts ?
Une partie du feutrage superficiel peut se détacher, mais la colonie reste vivante et peut poursuivre sa croissance. Le test ne suffit pas pour confirmer la maladie.
L’oïdium a-t-il besoin de pluie ?
Non. Les oïdiums peuvent se développer sans film d’eau durable. Une humidité intermédiaire et un couvert végétal dense peuvent suffire.
La serre protège-t-elle contre l’oïdium ?
Non. Les cultures sous serre peuvent être fortement touchées en raison de la durée du cycle, de la densité du feuillage et des courants d’air dispersant les spores.
L’oïdium atteint-il directement les fruits ?
Les principaux agents de l’oïdium de la tomate attaquent surtout les feuilles. Les fruits subissent principalement des effets indirects, notamment les brûlures solaires après la perte du feuillage.
Comment distinguer l’oïdium du mildiou ?
L’oïdium produit une poudre blanche ou des taches jaunes plutôt sèches. Le mildiou commence souvent par des lésions humides, irrégulières, et peut atteindre les tiges et les fruits.
Faut-il retirer les feuilles atteintes ?
Oui lorsque les foyers sont encore limités. Placez immédiatement les feuilles dans un sac fermé pour éviter de disperser les spores.
Un produit biologique suffit-il toujours ?
Non. Son efficacité dépend du produit commercial, de la souche, de la date d’application, du climat et du niveau d’infestation. Il doit également être autorisé au Maroc.
Pourquoi un traitement peut-il échouer ?
L’échec peut résulter d’un mauvais diagnostic, d’une intervention tardive, d’une couverture insuffisante, d’un groupe FRAC répété, d’une dose incorrecte ou d’une recontamination continue.
Peut-on utiliser le même fongicide plusieurs fois ?
Uniquement dans les limites de l’étiquette et du programme de gestion de la résistance. Il faut éviter d’exposer plusieurs cycles successifs au même mode d’action.
Une variété résistante est-elle totalement protégée ?
Non. La résistance peut concerner un agent ou une souche particulière et ne remplace pas l’observation, l’aération et la prophylaxie.
Oïdium de la tomate : diagnostiquer la bonne forme avant de traiter
L’oïdium de la tomate ne se présente pas toujours comme une feuille entièrement couverte de poudre blanche.
Pseudoidium neolycopersici produit principalement un feutrage externe visible sur la face supérieure. Leveillula taurica commence souvent par des taches jaunes sur les feuilles basses et un duvet discret au revers.
La bonne méthode consiste à observer les deux faces du limbe, comparer les étages foliaires, vérifier le climat de la serre et distinguer l’oïdium du mildiou, de la cladosporiose, des acariens et des résidus de traitement.
La prévention repose sur des plants sains, une ventilation régulière, une densité maîtrisée, une fertilisation équilibrée, le retrait des premières feuilles atteintes et la suppression des plantes relais.
Lorsque l’intervention devient nécessaire, le produit doit être autorisé sur tomate au Maroc, appliqué suffisamment tôt et intégré à une véritable alternance des groupes FRAC.
Une tache blanche ou jaune doit être examinée sur les deux faces
Comparez l’oïdium externe et l’oïdium interne avant de sélectionner une mesure de protection.
Reconnaître l’oïdium externe Reconnaître l’oïdium interne Vérifier les produits autorisés
Sources officielles et techniques
- INRAE — Pseudoidium neolycopersici, oïdium externe de la tomate
- INRAE — Symptômes de l’oïdium externe
- INRAE — Biologie et conditions favorables à Pseudoidium neolycopersici
- INRAE — Protection contre l’oïdium externe
- INRAE — Leveillula taurica, oïdium interne
- INRAE — Symptômes de l’oïdium interne
- INRAE — Biologie de Leveillula taurica
- INRAE — Méthodes de protection contre l’oïdium interne
- ONSSA — Index phytosanitaire officiel
- FRAC — Classification des modes d’action fongicides


