Acariens de la tomate au Maroc : symptômes et lutte intégrée

Acariens de la tomate : au Maroc, plusieurs espèces microscopiques peuvent provoquer des ponctuations jaunes, un bronzage du feuillage, un dessèchement progressif, de fines toiles et des plages liégeuses sur les fruits. Les premiers foyers passent souvent inaperçus parce que les ravageurs restent sous les feuilles, près des nervures ou sur les parties basses de la plante.

Acariens de la tomate avec ponctuations, toiles et bronzage diagnostiqués sous serre
Acariens de la tomate : les tétranyques provoquent des ponctuations et des toiles, tandis qu’Aculops lycopersici entraîne un bronzage progressif des tiges et des feuilles.

Deux groupes doivent être distingués. Les tétranyques, parfois appelés araignées rouges, comprennent notamment des espèces du genre Tetranychus. Ils sont visibles avec une bonne loupe et peuvent produire des toiles. Aculops lycopersici, responsable de l’acariose bronzée, est beaucoup plus petit : son identification exige généralement un fort grossissement ou un examen spécialisé.

Les dégâts ne doivent pas être confondus avec ceux des thrips, une phytotoxicité, une carence, une virose ou un stress hydrique. La forme des décolorations, la présence éventuelle de toiles, la localisation sur la plante et l’observation directe des acariens permettent d’orienter le diagnostic.

La lutte intégrée repose sur les plants inspectés, une surveillance régulière à la loupe, la détection précoce des foyers, la gestion des adventices, la limitation des poussières et du stress hydrique, l’introduction raisonnée d’auxiliaires et la préservation de leur activité. Un acaricide ne doit être envisagé qu’après vérification de l’usage autorisé au Maroc.

Ce guide complète notre dossier sur les maladies de la tomate au Maroc, notre méthode de diagnostic phytosanitaire, notre article consacré aux thrips de la tomate et la page centrale sur les traitements phytosanitaires au Maroc.

Conduite immédiate devant un feuillage ponctué ou bronzé

Examinez le revers des feuilles avec une loupe, en priorité près des nervures et à la limite entre la zone saine et le foyer. Recherchez les œufs, les formes mobiles et les fines toiles.

Si aucun acarien n’est visible malgré un bronzage progressif de la tige et des pétioles, prélevez des tissus récemment atteints : l’acariose bronzée à Aculops lycopersici nécessite un grossissement beaucoup plus important.

Acariens de la tomate : quels symptômes faut-il reconnaître ?

Les symptômes dépendent de l’espèce présente, de la densité de population, du stade de la culture et de la durée de l’infestation.

Les principaux signes d’alerte sont :

  • de minuscules ponctuations jaunes ou blanchâtres sur les folioles ;
  • un aspect terne ou grisâtre du feuillage ;
  • un jaunissement progressif depuis les feuilles basses ;
  • un roussissement ou un bronzage des feuilles ;
  • de fines toiles sous les feuilles ou entre les folioles ;
  • un bronzage des pétioles et de la tige ;
  • un dessèchement prématuré du feuillage ;
  • des fruits présentant des zones rugueuses ou liégeuses ;
  • des foyers apparaissant près des portes, des bordures ou des zones poussiéreuses.

Deux formes principales d’acariose sur tomate

CritèreTétranyquesAculops lycopersici
AspectPetits acariens ovales, jaunes, verdâtres, orangés ou rougeâtresAcarien vermiforme, blanchâtre à jaunâtre, presque invisible avec une loupe ordinaire
Localisation initialeRevers des feuilles, près des nervuresPartie basse de la tige, pétioles et feuilles proches
Premier dégâtPonctuations chlorotiques disperséesAspect terne puis bronze de la tige et du feuillage
ToilesPossibles, surtout lorsque la population augmenteAbsentes
FruitsDégâts variables, parfois ponctuations ou bronzage superficielPlages liégeuses, rugueuses ou crevassées
Grossissement nécessaireLoupe de terrain suffisamment puissanteMicroscope portatif puissant, loupe binoculaire ou laboratoire

Reconnaître les tétranyques sur la tomate

Les tétranyques se nourrissent en perforant les cellules végétales puis en aspirant leur contenu. Les cellules vidées deviennent plus claires et forment de minuscules ponctuations.

Ponctuations chlorotiques

Les premiers symptômes apparaissent généralement sous forme :

  • de minuscules points jaunes dispersés ;
  • de plages finement mouchetées ;
  • d’un aspect grisâtre ou poussiéreux ;
  • d’un jaunissement limité entre les nervures ;
  • d’une perte progressive de brillance du limbe.

Lorsque de nombreuses cellules sont détruites, les ponctuations se rejoignent et la feuille devient jaune, bronze ou brunâtre.

Présence de fines toiles

Les toiles sont surtout visibles :

  • au revers des folioles ;
  • entre deux nervures ;
  • entre les folioles proches ;
  • autour des pétioles ;
  • sur les parties supérieures lors d’une infestation importante.

Elles retiennent parfois de la poussière, des œufs, des exuvies et des individus mobiles.

L’absence de toile ne permet pas d’écarter les tétranyques lorsque le foyer débute.

Jaunissement et dessèchement

Lorsque la population continue à se multiplier :

  • les feuilles perdent leur couleur verte ;
  • le limbe se bronze ;
  • les bords se dessèchent ;
  • les folioles deviennent cassantes ;
  • la surface photosynthétique diminue ;
  • les feuilles peuvent tomber prématurément.

Quels tétranyques peuvent être rencontrés ?

Plusieurs espèces peuvent produire des dégâts voisins sur tomate.

Tetranychus urticae

Tetranychus urticae est un tétranyque très polyphage. Sa coloration varie selon le stade, la plante hôte et les conditions climatiques.

Les femelles peuvent être :

  • verdâtres ;
  • jaunâtres ;
  • orangées ;
  • rougeâtres ;
  • marquées de deux taches sombres latérales.

Tetranychus evansi

Tetranychus evansi est particulièrement associé aux solanacées et sa présence est signalée au Maroc.

Il peut provoquer :

  • une multiplication rapide pendant les périodes chaudes ;
  • un jaunissement marqué du feuillage ;
  • une production importante de toiles ;
  • un dessèchement rapide des plantes fortement infestées ;
  • des foyers sur tomates et solanacées spontanées.

L’identification entre espèces de Tetranychus ne doit pas reposer uniquement sur la couleur. Un examen morphologique ou moléculaire peut être nécessaire.

Comment reconnaître les différents stades des tétranyques ?

Œufs

Les œufs sont :

  • presque sphériques ;
  • translucides à blanchâtres au début ;
  • jaunâtres ou légèrement ambrés avant l’éclosion ;
  • fixés au revers des feuilles ou dans les toiles.

Larves

La larve possède trois paires de pattes. Elle est très petite et généralement pâle.

Nymphes et adultes

Les nymphes et les adultes possèdent quatre paires de pattes. Les femelles adultes sont généralement plus larges et plus arrondies que les mâles.

La présence simultanée d’œufs, de larves, de nymphes et d’adultes indique un foyer actif capable de poursuivre rapidement sa croissance.

Reconnaître l’acariose bronzée à Aculops lycopersici

Aculops lycopersici est beaucoup plus petit qu’un tétranyque. Son corps est étroit, allongé et vermiforme. Il ne possède que deux paires de pattes situées près de la tête.

Brunissement de la partie basse

Les premiers symptômes apparaissent fréquemment sur :

  • la base de la tige ;
  • les pétioles inférieurs ;
  • les feuilles basses ;
  • les zones abritées proches du collet.

Les tissus deviennent progressivement :

  • ternes ;
  • gris verdâtre ;
  • jaune bronze ;
  • brun cuivré ;
  • secs et fragiles.

Progression vers le sommet

Le bronzage peut remonter le long de la plante et atteindre :

  • les pétioles intermédiaires ;
  • les nouvelles feuilles ;
  • les bouquets floraux ;
  • les jeunes fruits.

Les feuilles se recroquevillent légèrement, perdent leur souplesse puis se dessèchent.

Dégâts sur les fruits

Les fruits peuvent présenter :

  • des plages rugueuses ;
  • un épiderme brun ou bronzé ;
  • des zones liégeuses ;
  • des microfissures ;
  • une coloration irrégulière ;
  • un calibre réduit lors d’une attaque précoce.

Acariens ou thrips : comment les distinguer ?

CritèreAcariensThrips
FormeCorps ovale ou vermiforme, sans ailesInsecte allongé, adulte portant des ailes frangées
Dégâts foliairesPonctuations fines, bronzage ou roussissementPlages argentées irrégulières
Points noirsPeu caractéristiquesDéjections noires fréquemment visibles
ToilesPossibles avec les tétranyquesAbsentes
FleursColonisation moins caractéristiqueAdultes et larves souvent cachés dans les fleurs

Notre guide sur les thrips de la tomate détaille les plages argentées, les points noirs et le contrôle des fleurs.

Acariens ou phytotoxicité ?

Une phytotoxicité pesticide peut provoquer un jaunissement, un bronzage ou une déformation du feuillage.

Elle devient plus probable lorsque les symptômes :

  • apparaissent peu après une application ;
  • suivent les passages du pulvérisateur ;
  • sont plus marqués dans les chevauchements ;
  • touchent simultanément de nombreuses plantes ;
  • ne sont associés à aucun œuf, acarien ou toile ;
  • cessent d’évoluer après l’exposition initiale.

Les dégâts d’acariens progressent avec la population et commencent généralement par des foyers localisés.

Acariens ou carence nutritionnelle ?

Une carence provoque souvent une répartition plus régulière des symptômes selon l’âge des feuilles.

Les acariens produisent davantage :

  • des ponctuations très fines ;
  • des foyers irréguliers ;
  • une concentration des dégâts au revers ;
  • des œufs et formes mobiles ;
  • des toiles lorsque des tétranyques sont nombreux.

Une analyse agronomique peut être nécessaire lorsque les deux problèmes coexistent.

Quelles conditions favorisent les acariens ?

Les tétranyques et l’acariose bronzée progressent souvent rapidement pendant les périodes chaudes et relativement sèches.

Le risque augmente avec :

  • les températures élevées ;
  • une faible humidité relative ;
  • les plantes soumises à un stress hydrique ;
  • les bordures poussiéreuses ;
  • les serres très ventilées mais insuffisamment surveillées ;
  • une forte présence de solanacées spontanées ;
  • des plants déjà infestés ;
  • l’utilisation répétée d’insecticides éliminant les auxiliaires ;
  • la continuité des cultures hôtes.

Une forte humidité n’est toutefois pas une méthode de lutte recommandée. Elle peut favoriser le Botrytis, le mildiou et d’autres maladies sous serre.

Comment les acariens se dispersent-ils ?

Ils peuvent être transportés par :

  • les plants infestés ;
  • le contact entre les feuilles ;
  • les vêtements et les mains ;
  • les outils et caisses ;
  • les chariots ;
  • les courants d’air ;
  • le vent à l’extérieur ;
  • les fils de toile produits par les tétranyques ;
  • les adventices et cultures voisines.

Les opérations doivent donc commencer dans les zones les plus saines et se terminer dans les foyers infestés.

Comment surveiller une culture de tomate ?

Construire un parcours régulier

Inspectez en priorité :

  • les portes et aérations ;
  • les bordures de serre ;
  • les rangs proches des chemins poussiéreux ;
  • les zones chaudes ;
  • les secteurs historiquement infestés ;
  • les plantes voisines d’adventices solanacées ;
  • les parties basses de la culture.

Observer plusieurs étages

Sur chaque plante sélectionnée, examinez :

  • une feuille basse ;
  • une feuille intermédiaire ;
  • une jeune feuille ;
  • le revers du limbe ;
  • les pétioles ;
  • la tige près du sol ;
  • les fruits proches du foyer.

Utiliser une loupe

Une loupe de terrain permet généralement de repérer les tétranyques et leurs œufs.

Pour rechercher Aculops lycopersici, il peut être nécessaire d’utiliser :

  • un microscope portatif à fort grossissement ;
  • une loupe binoculaire ;
  • une lame ou un ruban de prélèvement ;
  • un laboratoire d’entomologie ou d’acarologie.

Marquer les foyers

Chaque foyer doit être identifié afin de suivre :

  • le nombre de plantes atteintes ;
  • la progression entre deux observations ;
  • les auxiliaires présents ;
  • les nouvelles feuilles endommagées ;
  • la réponse aux mesures appliquées.

Les panneaux englués détectent-ils les acariens ?

Les panneaux jaunes ou bleus ne constituent pas un outil fiable pour suivre les acariens, car ceux-ci ne sont pas des insectes ailés.

La surveillance doit reposer principalement sur :

  • l’observation directe des feuilles ;
  • les prélèvements ;
  • le marquage des foyers ;
  • le comptage des formes mobiles et des œufs ;
  • le suivi des auxiliaires.

Existe-t-il un seuil d’intervention universel ?

Non. La décision dépend :

  • de l’espèce identifiée ;
  • du nombre de foyers ;
  • de la vitesse de progression ;
  • du stade de la culture ;
  • du nombre de feuilles encore fonctionnelles ;
  • de la présence d’auxiliaires ;
  • de la température prévue ;
  • de la destination commerciale des fruits ;
  • des interventions précédentes.

Un seuil provenant d’une autre culture ou obtenu avec une autre méthode de comptage ne doit pas être transposé automatiquement.

Prévenir l’introduction par les plants

À la réception d’un lot :

  • inspectez le revers de plusieurs feuilles ;
  • recherchez les ponctuations chlorotiques ;
  • examinez les tiges basses pour détecter un bronzage ;
  • utilisez une loupe ;
  • isolez les plateaux suspects ;
  • conservez la traçabilité ;
  • évitez de placer les plants directement près d’une vieille culture infestée.

Gestion des adventices et plantes réservoirs

Plusieurs solanacées cultivées ou spontanées peuvent maintenir les acariens entre deux cultures.

Surveillez notamment :

  • les repousses de tomate ;
  • les morelles ;
  • les daturas ;
  • les aubergines abandonnées ;
  • les bordures et fossés ;
  • les zones de déchets ;
  • les cultures voisines.

La suppression d’une végétation fortement infestée doit être préparée afin d’éviter une migration massive vers les tomates voisines.

Limiter les poussières et le stress hydrique

Les foyers de tétranyques apparaissent fréquemment dans les secteurs poussiéreux et chauds.

Les mesures utiles comprennent :

  • maintenir les allées dans un état limitant les envols de poussière ;
  • réduire la vitesse des véhicules près des serres ;
  • nettoyer les filets très encrassés sans disperser les ravageurs ;
  • maintenir une irrigation régulière ;
  • réparer les goutteurs défectueux ;
  • éviter les alternances entre dessèchement sévère et excès d’eau.

Une irrigation excessive destinée à augmenter artificiellement l’humidité peut favoriser les maladies et ne constitue pas une solution durable.

Auxiliaires contre les tétranyques

Plusieurs prédateurs peuvent être utilisés selon l’espèce d’acarien, le climat, la densité du foyer et la compatibilité avec les traitements antérieurs.

Phytoseiulus persimilis

Phytoseiulus persimilis est un acarien prédateur spécialisé des tétranyques.

Il peut consommer :

  • des œufs ;
  • des larves ;
  • des nymphes ;
  • des adultes.

Son efficacité dépend notamment :

  • de l’identification du tétranyque ;
  • de la température ;
  • de l’humidité ;
  • de la densité de proies ;
  • de la rapidité d’introduction ;
  • des résidus acaricides présents.

Neoseiulus californicus et autres phytoséiides

Des acariens prédateurs plus généralistes peuvent être utilisés dans certains programmes préventifs ou lorsque les conditions sont moins favorables à un prédateur spécialisé.

Le choix doit tenir compte :

  • de l’espèce de tétranyque ;
  • du climat de la serre ;
  • des poils glandulaires de la tomate ;
  • de la répartition du foyer ;
  • des produits déjà appliqués.

Prédateurs complémentaires

Certains programmes peuvent intégrer :

  • des cécidomyies prédatrices ;
  • des coléoptères du genre Stethorus ;
  • des punaises prédatrices ;
  • des acariens prédateurs adaptés au système de culture.

Leur disponibilité et leur efficacité sur tomate au Maroc doivent être confirmées avec le fournisseur technique.

Ne pas extrapoler l’efficacité d’un auxiliaire

Un auxiliaire efficace contre Tetranychus urticae ne contrôle pas nécessairement Tetranychus evansi ou Aculops lycopersici avec la même efficacité.

Le protocole doit préciser l’espèce ciblée, la densité de lâcher, la température, la fréquence et la compatibilité avec les produits déjà employés.

Biocontrôle de l’acariose bronzée

Le biocontrôle d’Aculops lycopersici reste plus délicat que celui de certains tétranyques.

Des acariens prédateurs et d’autres auxiliaires font l’objet de recherches ou d’utilisations dans des systèmes particuliers, mais leur installation sur tomate peut être limitée par :

  • la très petite taille du ravageur ;
  • sa localisation sur la tige et les pétioles ;
  • les poils glandulaires de la tomate ;
  • une détection trop tardive ;
  • des résidus incompatibles ;
  • une forte chaleur sèche.

Avant tout achat, exigez un protocole précisant explicitement l’efficacité attendue contre Aculops lycopersici.

Comment vérifier l’installation des auxiliaires ?

Après le lâcher, contrôlez :

  • la présence d’auxiliaires vivants dans plusieurs rangs ;
  • leur proximité avec les foyers ;
  • le rapport entre prédateurs et ravageurs ;
  • la diminution des œufs et formes mobiles ;
  • l’absence de nouvelles feuilles fortement atteintes ;
  • la stabilisation des foyers.

Un lâcher peut échouer en raison :

  • d’une introduction trop tardive ;
  • d’une température inadaptée ;
  • d’une humidité insuffisante ;
  • de résidus toxiques ;
  • d’une mauvaise répartition ;
  • d’une espèce prédatrice inadaptée ;
  • d’une infestation initiale trop élevée.

Quand envisager une intervention phytopharmaceutique ?

La décision doit intégrer :

  • l’espèce d’acarien ;
  • le nombre de foyers ;
  • la progression des dégâts ;
  • les stades présents ;
  • les auxiliaires observés ou introduits ;
  • le stade de la culture ;
  • le délai avant récolte ;
  • les groupes IRAC précédemment utilisés ;
  • les produits autorisés au Maroc.

Une intervention généralisée sur un foyer limité peut détruire les prédateurs naturels et favoriser une recrudescence ultérieure.

Comment vérifier les produits autorisés au Maroc ?

Consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.

Vérifiez simultanément :

  • le nom commercial exact ;
  • la culture « tomate » ;
  • l’usage contre les acariens ou l’espèce indiquée ;
  • la formulation ;
  • la dose homologuée ;
  • le stade ciblé ;
  • le nombre maximal d’applications ;
  • le délai avant récolte ;
  • le délai de rentrée ;
  • les effets sur les auxiliaires et pollinisateurs ;
  • la validité de l’autorisation.

Vérifier l’usage exact

Un produit autorisé contre un acarien d’une autre culture n’est pas automatiquement autorisé contre les acariens de la tomate.

L’Index recense des produits homologués indépendamment de leur disponibilité commerciale. En cas de doute, l’attestation d’homologation ou l’autorisation de vente en vigueur constitue la référence.

Pourquoi les traitements échouent-ils ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une efficacité insuffisante :

  • mauvaise identification de l’espèce ;
  • intervention trop tardive ;
  • œufs peu sensibles au produit choisi ;
  • revers des feuilles insuffisamment couvert ;
  • forte densité du couvert végétal ;
  • pression ou débit mal réglés ;
  • réinfestation depuis les bordures ;
  • résistance au mode d’action ;
  • température incompatible avec les conditions d’emploi ;
  • présence continue de plantes réservoirs.

Résistance aux acaricides et groupes IRAC

Les tétranyques possèdent un cycle court et peuvent développer rapidement une résistance lorsque plusieurs générations sont exposées au même mode d’action.

Changer de marque commerciale ne signifie pas toujours changer de groupe IRAC.

Une stratégie responsable consiste à :

  • identifier le groupe IRAC de chaque produit ;
  • éviter plusieurs applications successives du même groupe ;
  • alterner des modes d’action réellement différents ;
  • respecter le nombre maximal d’applications ;
  • utiliser la dose homologuée ;
  • intervenir suffisamment tôt ;
  • préserver les auxiliaires ;
  • réduire les sources de réinfestation ;
  • enregistrer le résultat de chaque intervention.

Une baisse d’efficacité ne prouve pas automatiquement une résistance. Le diagnostic, la couverture et le stade ciblé doivent d’abord être vérifiés.

Qualité de couverture du feuillage

Les tétranyques et leurs œufs se trouvent principalement au revers des feuilles. Une couverture limitée à la face supérieure sera donc insuffisante.

Avant de préparer la bouillie, contrôlez avec de l’eau propre :

Le choix du volume et de la buse doit rester conforme à l’étiquette du produit commercial.

Protéger les auxiliaires

Avant toute intervention, vérifiez :

  • la toxicité pour les phytoséiides ;
  • la durée des effets résiduels ;
  • le délai avant un nouveau lâcher ;
  • la compatibilité avec les bourdons ;
  • la possibilité d’une intervention localisée ;
  • les restrictions propres aux cultures sous serre.

Un acaricide non sélectif peut éliminer les prédateurs et favoriser une reprise plus rapide du ravageur.

Gestion de la fin de culture

Avant l’arrachage d’une culture infestée :

  1. évaluez la population restante ;
  2. protégez les jeunes cultures voisines ;
  3. commencez le travail par les zones saines ;
  4. retirez rapidement les plantes infestées ;
  5. placez les résidus dans un dispositif empêchant leur dispersion ;
  6. nettoyez les outils, caisses et chariots ;
  7. supprimez les adventices et repousses ;
  8. maintenez une période sans plante hôte lorsque le calendrier le permet.

Le transport de plantes fortement infestées à travers une exploitation peut disséminer les acariens vers les unités encore saines.

Plan de lutte intégrée en 12 leviers

  1. Introduire uniquement des plants inspectés et traçables.
  2. Observer régulièrement le revers des feuilles avec une loupe.
  3. Distinguer les tétranyques de l’acariose bronzée.
  4. Marquer immédiatement les premiers foyers.
  5. Commencer les opérations par les zones saines.
  6. Maîtriser les poussières et les stress hydriques.
  7. Supprimer les adventices et solanacées réservoirs.
  8. Introduire précocement des auxiliaires adaptés à l’espèce.
  9. Contrôler leur installation après chaque lâcher.
  10. Vérifier chaque produit commercial dans l’Index ONSSA.
  11. Alterner réellement les groupes IRAC.
  12. Assainir la serre et le matériel en fin de culture.

Plan d’action selon la situation observée

SituationActions prioritaires
Aucun symptômeInspecter régulièrement les feuilles basses et maintenir les auxiliaires préventifs
Quelques ponctuations sans toileExaminer le revers à la loupe et marquer les plantes suspectes
Œufs et formes mobiles dans un foyer limitéIdentifier l’espèce, renforcer les auxiliaires et contrôler les plantes voisines
Bronzage de la tige sans acarien visiblePrélever pour rechercher Aculops lycopersici avec un fort grossissement
Toiles et jaunissement sur plusieurs plantesCartographier le foyer, évaluer les auxiliaires et appliquer une stratégie autorisée adaptée
Échec répété des interventionsVérifier l’espèce, les groupes IRAC, la couverture, le stade ciblé et les sources extérieures

Que faut-il inscrire dans le registre ?

Le suivi peut être intégré au registre de traitement phytosanitaire.

  • date de l’observation ;
  • serre, bloc et rang ;
  • étage foliaire inspecté ;
  • type de symptôme ;
  • présence d’œufs ;
  • nombre approximatif de formes mobiles ;
  • présence de toiles ;
  • bronzage de la tige ou des pétioles ;
  • espèce identifiée ou suspectée ;
  • auxiliaires présents ou introduits ;
  • produit commercial éventuellement utilisé ;
  • groupe IRAC ;
  • DAR et délai de rentrée ;
  • évolution lors du contrôle suivant.

Matériel utile pour la surveillance

  • loupe de terrain ;
  • microscope portatif à fort grossissement ;
  • loupe binoculaire lorsque disponible ;
  • ruban adhésif transparent pour certains prélèvements ;
  • sachets ou tubes propres ;
  • marqueurs de foyers ;
  • fiche ou application de comptage ;
  • thermomètre et hygromètre ;
  • matériel de contrôle du débit des goutteurs ;
  • contenants de lâcher des auxiliaires.

Erreurs fréquentes face aux acariens

ErreurConséquenceCorrection
Observer uniquement la face supérieureDétection tardive des tétranyquesExaminer systématiquement le revers
Attendre l’apparition des toilesPopulation déjà importanteRechercher les premières ponctuations et les œufs
Confondre acariens et thripsMesures et auxiliaires inadaptésComparer les insectes, les déjections et les toiles
Écarter Aculops faute d’individus visiblesAcariose bronzée non diagnostiquéeUtiliser un fort grossissement
Introduire les auxiliaires trop tardFoyer difficile à contenirIntervenir dès les premières détections
Utiliser un auxiliaire sans identifier l’espèceEfficacité insuffisanteDemander un protocole spécifique au ravageur
Répéter le même groupe IRACSélection rapide de résistanceAlterner réellement les modes d’action
Traiter sans atteindre le reversŒufs et formes mobiles insuffisamment touchésContrôler la couverture avec de l’eau propre

Questions fréquentes sur les acariens de la tomate

Comment commence une attaque de tétranyques ?

Elle commence généralement par de minuscules ponctuations jaunes sur les feuilles, accompagnées d’œufs et de petits acariens au revers. Les toiles apparaissent souvent plus tard.

Les araignées rouges sont-elles réellement des araignées ?

Non. Ce sont des acariens. Les adultes possèdent quatre paires de pattes, mais leur taille est bien inférieure à celle des araignées ordinaires.

Pourquoi les feuilles deviennent-elles bronzées ?

Les cellules végétales sont détruites par les prises alimentaires. Lorsque les lésions deviennent nombreuses, le feuillage prend une coloration jaune, cuivrée ou brune.

Comment reconnaître Aculops lycopersici ?

Recherchez un bronzage progressif commençant souvent sur la partie basse de la tige et les pétioles. L’acarien lui-même exige généralement un fort grossissement.

Les panneaux jaunes détectent-ils les acariens ?

Non. Les acariens ne sont pas ailés. L’observation directe des feuilles et les prélèvements sont plus fiables.

Les acariens attaquent-ils les fruits ?

Oui. L’acariose bronzée peut provoquer des plages liégeuses et des crevasses. Certains tétranyques peuvent aussi altérer superficiellement les jeunes fruits.

Une forte humidité élimine-t-elle les acariens ?

Non. Elle peut ralentir certaines populations, mais elle augmente le risque de maladies sous serre. La gestion climatique doit rester équilibrée.

Quel auxiliaire utiliser contre les tétranyques ?

Phytoseiulus persimilis et certains autres phytoséiides peuvent être utilisés selon l’espèce, le climat et la pression. Le protocole doit être adapté à la tomate.

Le même auxiliaire agit-il contre Aculops ?

Pas nécessairement. L’efficacité contre les tétranyques ne peut pas être transposée automatiquement à l’acariose bronzée.

Pourquoi un acaricide peut-il échouer ?

L’espèce peut être mal identifiée, les œufs peuvent être peu sensibles, le revers insuffisamment couvert ou la population résistante au mode d’action.

Peut-on traiter seulement le foyer ?

Une intervention localisée peut parfois préserver davantage d’auxiliaires, mais elle doit couvrir la zone atteinte et sa périphérie selon le produit autorisé et le protocole retenu.

Quand faut-il demander une identification spécialisée ?

Lorsqu’aucun acarien n’est visible malgré un bronzage actif, lorsque les auxiliaires échouent ou lorsque plusieurs espèces de tétranyques sont possibles.

Acariens de la tomate : détecter les foyers avant le dessèchement

Les acariens de la tomate peuvent se multiplier rapidement pendant les périodes chaudes, particulièrement lorsque les plants sont stressés et que les auxiliaires ont été perturbés.

Les tétranyques provoquent surtout des ponctuations chlorotiques, un bronzage et de fines toiles au revers du feuillage. Aculops lycopersici entraîne plutôt un bronzage de la tige, des pétioles et des feuilles, ainsi que des plages liégeuses sur les fruits.

La surveillance doit donc associer l’examen des deux faces des feuilles, l’observation de la partie basse de la plante et un fort grossissement lorsque l’acariose bronzée est suspectée.

La lutte intégrée commence par les plants inspectés, l’assainissement des bordures, la limitation des poussières et des stress hydriques, puis l’introduction précoce d’auxiliaires adaptés à l’espèce.

Lorsqu’un acaricide devient nécessaire, le produit commercial doit être autorisé sur tomate au Maroc, compatible avec les auxiliaires et intégré à une véritable alternance des groupes IRAC.

Ne pas attendre les toiles ou le dessèchement généralisé

Examinez chaque semaine le revers des feuilles et la base des tiges avec un grossissement adapté.

Reconnaître les acariens Identifier l’acariose bronzée Vérifier les produits autorisés

Sources officielles et techniques

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