Botrytis de la tomate au Maroc : pourriture grise et gestion de l’humidité

Botrytis de la tomate : au Maroc, la pourriture grise se développe principalement lorsque l’humidité reste élevée autour des plantes, que la condensation mouille les organes et que des pétales, feuilles vieillissantes ou plaies de taille offrent une porte d’entrée à Botrytis cinerea.

Botrytis de la tomate avec pourriture grise sur une plaie de taille sous serre
Botrytis de la tomate : les plaies d’effeuillage, les pétales morts et la condensation favorisent l’apparition de la pourriture grise.

La maladie peut atteindre les feuilles, les pétioles, les tiges, les fleurs et les fruits. Les premières lésions sont souvent humides, beige clair à brunes. Elles peuvent ensuite se couvrir d’une moisissure grise abondante, constituée des structures de reproduction du champignon.

Sous serre, les chancres de tige apparaissent fréquemment à partir des blessures laissées par l’ébourgeonnage, l’effeuillage ou le retrait des bouquets. Les pétales sénescents qui restent collés sur les jeunes fruits peuvent également être colonisés et servir de point de départ à une pourriture.

La prévention ne repose pas uniquement sur un fongicide. Elle associe la ventilation, la gestion de la condensation, une irrigation correctement programmée, une taille soignée, l’élimination des tissus infectés, une fertilisation équilibrée et, lorsque le risque le justifie, une protection autorisée dont les modes d’action sont alternés.

Ce guide complète notre dossier sur les maladies de la tomate au Maroc, notre méthode de diagnostic phytosanitaire, nos guides consacrés au mildiou de la tomate et à l’oïdium de la tomate, ainsi que la page centrale sur les traitements phytosanitaires au Maroc.

Conduite immédiate devant une moisissure grise

Marquez le foyer, examinez l’origine de la lésion et recherchez les facteurs favorisants : condensation, plaie d’effeuillage, pétale mort, fruit fissuré, feuille sénescente ou végétation trop dense.

Ne secouez pas les tissus fortement sporulants dans la serre. Placez-les directement dans un contenant fermé afin de limiter la dispersion des spores vers les plantes encore saines.

Botrytis de la tomate : comment reconnaître les premiers symptômes ?

Botrytis cinerea peut coloniser tous les organes aériens de la tomate. L’aspect des premiers symptômes dépend de l’organe atteint et de la porte d’entrée utilisée par le champignon.

Les premiers signes à rechercher sont notamment :

  • une tache humide beige à brun clair sur une feuille ;
  • un pétale brun restant collé sur une fleur ou un jeune fruit ;
  • une plaie d’effeuillage qui brunit au lieu de sécher ;
  • un chancre beige ou brun qui s’allonge sur la tige ;
  • une pourriture molle près du pédoncule d’un fruit ;
  • une moisissure gris brun produisant une poussière de spores ;
  • de petits anneaux blanchâtres sur les fruits verts.

La moisissure grise caractéristique apparaît souvent après l’installation de la lésion. Son absence au premier jour ne permet donc pas d’écarter le diagnostic.

Symptômes du Botrytis sur les feuilles

Les lésions foliaires sont fréquemment :

  • humides au début ;
  • beige clair à brun clair ;
  • circulaires ou irrégulières ;
  • parfois entourées d’une zone chlorotique ;
  • parcheminées lorsqu’elles vieillissent ;
  • marquées de motifs ou d’arabesques concentriques.

La partie atteinte se nécrose progressivement. Lorsque plusieurs lésions fusionnent, une grande portion du limbe peut se dessécher.

Dans une atmosphère humide, les tissus morts peuvent se couvrir d’un feutrage gris caractéristique. En touchant ou en déplaçant la feuille, ce feutrage peut libérer un nuage de spores.

Cette manipulation doit être évitée dans la culture. Les feuilles suspectes doivent être examinées avec précaution puis retirées directement dans un sac ou un contenant fermé lorsqu’un assainissement est décidé.

Chancres de Botrytis sur la tige

Les chancres représentent l’une des formes les plus préoccupantes sous serre, car ils peuvent ceinturer la tige et interrompre l’alimentation de toute la partie supérieure de la plante.

Ils commencent souvent au niveau :

  • d’une plaie d’effeuillage ;
  • d’un bourgeon axillaire retiré ;
  • d’une hampe de bouquet coupée ou arrachée ;
  • d’une blessure de palissage ;
  • d’un tissu déjà nécrosé ;
  • d’une tige frottant contre une ficelle ou un équipement.

Aspect du jeune chancre

Au début, la zone peut être :

  • humide ;
  • gris verdâtre ;
  • beige ;
  • brun clair ;
  • légèrement déprimée ;
  • nettement séparée du tissu encore sain.

La lésion s’allonge ensuite sur plusieurs centimètres. Elle devient plus sèche et peut produire une moisissure grise, particulièrement lorsque l’humidité remonte.

Conséquences d’un ceinturage

Lorsque le chancre entoure une grande partie de la tige :

  • les feuilles situées au-dessus jaunissent ;
  • le sommet perd sa turgescence ;
  • les bouquets supérieurs flétrissent ;
  • les fruits cessent de grossir normalement ;
  • la partie distale peut se dessécher complètement.

Un flétrissement limité à la partie située au-dessus d’une lésion externe doit donc conduire à examiner attentivement toute la circonférence de la tige.

Botrytis sur les fleurs et les bouquets

Les pétales vieillissants constituent une base nutritive particulièrement favorable à Botrytis cinerea.

Le champignon peut d’abord coloniser :

  • un pétale brun ;
  • une fleur avortée ;
  • un sépale nécrosé ;
  • une hampe florale blessée ;
  • un bouquet restant humide après une condensation.

La pourriture peut ensuite progresser vers :

  • le pédoncule ;
  • le jeune fruit ;
  • le bouquet entier ;
  • la tige lorsque les tissus restent en contact.

Les pétales morts collés aux jeunes fruits doivent être particulièrement surveillés pendant les périodes humides.

Pourriture grise sur les fruits

Les fruits peuvent être atteints à partir :

  • de la cicatrice pédonculaire ;
  • d’un pétale contaminé ;
  • d’une fissure ;
  • d’une blessure de récolte ;
  • d’un contact prolongé avec un tissu malade ;
  • d’une zone de condensation.

La lésion commence généralement par une zone :

  • humide ;
  • blanchâtre à brun pâle ;
  • circulaire ou irrégulière ;
  • légèrement molle ;
  • progressivement déprimée.

Les tissus s’effondrent ensuite et peuvent se couvrir d’une moisissure gris brun. Le fruit peut finir par se momifier et rester attaché à la plante, devenant ainsi une source durable de spores.

Que sont les taches fantômes du Botrytis ?

Les « taches fantômes » ou ghost spots correspondent à des infections précoces qui n’ont pas poursuivi leur développement dans le fruit.

Elles apparaissent généralement sous forme :

  • d’un petit point nécrotique central ;
  • entouré d’un anneau blanchâtre sur un fruit vert ;
  • ou d’un anneau plus jaunâtre sur un fruit mûr ;
  • mesurant souvent seulement quelques millimètres.

Ces marques restent superficielles, mais peuvent entraîner un déclassement commercial.

Elles doivent être distinguées :

  • des piqûres d’insectes ;
  • des petites lésions bactériennes ;
  • des brûlures de traitement ;
  • des cicatrices mécaniques ;
  • des taches liées aux projections de sable ou de terre.

Tableau des symptômes selon l’organe

OrganePremier symptômeÉvolution possible
Jeune plantCotylédon nécrosé ou lésion au colletFonte, chancre et dépérissement
FeuilleTache humide beige à brun clairDessèchement et moisissure grise
TigeLésion à partir d’une plaie de tailleChancre allongé, ceinturage et flétrissement
FleurPétale ou sépale brunPourriture du bouquet et du jeune fruit
FruitZone humide près du pédonculePourriture molle, sporulation et momification
Jeune fruitPetit point central entouré d’un anneau clairTache fantôme persistante et déclassement

Quelles conditions favorisent la pourriture grise ?

Botrytis cinerea apprécie particulièrement les ambiances fraîches à modérées et très humides.

Le risque augmente avec :

  • une humidité relative proche de la saturation ;
  • des températures modérées, souvent comprises autour de 17 à 23 °C ;
  • la condensation sur les feuilles et les tiges ;
  • les nuits fraîches suivies d’un réchauffement rapide ;
  • le brouillard ou les périodes pluvieuses ;
  • l’aspersion tardive ;
  • une serre restant fermée après le lever du soleil ;
  • une végétation dense et peu ventilée ;
  • des tissus tendres et très riches en eau ;
  • la présence de fleurs, feuilles et fruits sénescents.

Des températures supérieures à 30 °C et un air sec freinent généralement la germination et la sporulation. Ils ne suppriment cependant pas les chancres et les tissus déjà colonisés.

Pourquoi la condensation est-elle dangereuse sous serre ?

Pendant la nuit, les plantes et la couverture de la serre peuvent se refroidir. Lorsque l’air humide entre en contact avec une surface plus froide, l’eau se condense.

La condensation peut apparaître :

  • sur la face interne du plastique ;
  • sur les tiges ;
  • sur les feuilles basses ;
  • autour des plaies de taille ;
  • sur les fleurs et les fruits ;
  • dans les zones où l’air circule mal.

Les gouttes tombant de la couverture prolongent l’humectation et peuvent transporter des spores vers les plantes situées en dessous.

Le risque ne dépend donc pas uniquement de l’humidité moyenne affichée par un capteur. Il dépend aussi :

  • de la température des organes ;
  • du point de rosée ;
  • de la durée de condensation ;
  • de la vitesse de séchage après le lever du soleil ;
  • des différences climatiques entre les zones de la serre.

Les plaies de taille comme portes d’entrée

Les opérations culturales créent régulièrement des blessures :

  • ébourgeonnage ;
  • effeuillage ;
  • suppression des bouquets ;
  • couchage des plantes ;
  • palissage ;
  • récolte ;
  • prélèvement d’échantillons.

Une coupe irrégulière ou un long chicot retient davantage l’humidité et constitue un support plus facilement colonisé.

Bonne méthode de taille

  • intervenir sur une végétation sèche ;
  • utiliser un outil propre et bien affûté lorsque l’outil est nécessaire ;
  • réaliser une coupe nette ;
  • éviter de déchirer la tige ;
  • retirer les bourgeons avant qu’ils deviennent trop gros ;
  • ne pas laisser de long chicot ;
  • effectuer l’opération assez tôt pour permettre le séchage pendant la journée ;
  • éviter les journées couvertes et durablement humides.

Après l’effeuillage, les plaies doivent être surveillées pendant plusieurs jours, car une apparence sèche en surface ne garantit pas une cicatrisation complète.

Botrytis ou Sclerotinia : comment les distinguer ?

La sclérotiniose peut également provoquer des chancres sur la tige.

CritèreBotrytisSclerotinia
MoisissureGrise à gris brunBlanche, cotonneuse et dense
ChancreBeige à brun, souvent depuis une plaiePâle, humide puis blanchâtre
SclérotesPetits et rarement évidentsNoirs, plus gros et souvent visibles dans la tige
Point de départPlaie, pétale ou tissu sénescentCollet, tige ou contact avec un organe contaminé

Une analyse peut devenir nécessaire lorsque la sporulation est absente ou lorsque la lésion est déjà ancienne.

Botrytis ou mildiou de la tomate ?

Le mildiou de la tomate provoque principalement :

  • des taches foliaires vert sombre et humides ;
  • un fin duvet blanc au revers ;
  • des lésions brun noirâtre sur les tiges ;
  • des plages fermes sur les fruits.

Le Botrytis est davantage associé :

  • aux blessures ;
  • aux tissus vieillissants ;
  • aux pétales morts ;
  • aux chancres beige clair ;
  • à une moisissure grise abondante ;
  • aux pourritures molles des fruits.

Les deux maladies peuvent être favorisées par une forte humidité et peuvent coexister dans une même serre.

Botrytis ou alternariose ?

L’alternariose peut produire des lésions concentriques sur les feuilles et des chancres sombres sur les tiges.

Les indices orientant vers le Botrytis sont :

  • le départ au niveau d’une plaie ou d’un pétale mort ;
  • la texture humide puis molle ;
  • la moisissure grise ;
  • la pourriture pédonculaire des fruits ;
  • les taches fantômes.

L’alternariose provoque généralement des lésions plus sèches, plus foncées et marquées de cercles concentriques réguliers.

Botrytis ou phytotoxicité ?

Une phytotoxicité pesticide peut provoquer des brûlures beige à brunes sur les feuilles et les fruits.

Elle est plus probable lorsque les symptômes :

  • apparaissent peu après une application ;
  • suivent les bandes de passage ;
  • sont plus sévères dans les chevauchements ;
  • affectent simultanément de nombreuses plantes ;
  • ne produisent aucune moisissure grise ;
  • cessent de progresser après l’exposition initiale.

Le Botrytis progresse généralement à partir de foyers, de tissus morts ou de plaies et peut produire de nouvelles spores.

Comment confirmer le diagnostic ?

Une confirmation est utile lorsque :

  • la moisissure grise n’est pas visible ;
  • le chancre ressemble à une autre maladie ;
  • plusieurs agents peuvent coexister ;
  • la progression continue malgré les corrections climatiques ;
  • le programme de protection semble perdre son efficacité ;
  • la décision concerne une grande surface.

Le laboratoire peut utiliser :

  • l’observation microscopique des conidiophores et conidies ;
  • l’isolement sur milieu de culture ;
  • des méthodes moléculaires ;
  • des tests complémentaires de sensibilité lorsqu’ils sont disponibles.

Quels tissus prélever ?

Selon les instructions du laboratoire, prélevez :

  • une feuille portant une lésion récente ;
  • la limite entre tissu sain et malade ;
  • une portion de tige comprenant le bord actif du chancre ;
  • une fleur récemment atteinte ;
  • un fruit montrant le début de la pourriture ;
  • plusieurs plantes du même foyer.

Évitez d’envoyer uniquement un fruit totalement décomposé, car plusieurs organismes secondaires peuvent déjà l’avoir colonisé.

Comment surveiller l’humidité sous serre ?

Un seul hygromètre placé près de la porte ne représente pas toujours le climat de toute la serre.

Placez les capteurs ou effectuez les contrôles dans plusieurs zones :

  • près des portes ;
  • au centre de la serre ;
  • dans la partie basse du couvert ;
  • près des zones très végétatives ;
  • sous un écran thermique ;
  • près des secteurs où la condensation persiste.

Enregistrez notamment :

  • la température de nuit ;
  • la température au lever du soleil ;
  • l’humidité relative maximale ;
  • la durée des valeurs très élevées ;
  • la présence de condensation ;
  • l’heure d’ouverture des aérations ;
  • l’heure d’irrigation ;
  • la vitesse de séchage des plantes.

L’objectif n’est pas seulement de réduire un chiffre moyen, mais de raccourcir les périodes pendant lesquelles les tissus restent humides.

Ventilation et gestion de la condensation

La ventilation doit être anticipée et progressive.

Les mesures utiles comprennent :

  • ouvrir les aérations dès que les conditions extérieures le permettent ;
  • éviter une fermeture complète pendant toute la nuit lorsque le système autorise une autre gestion ;
  • limiter les écarts brutaux de température ;
  • évacuer l’humidité avant qu’elle se condense sur les plantes ;
  • réparer les zones où l’eau goutte depuis la couverture ;
  • maintenir une circulation d’air dans la partie basse ;
  • adapter l’usage des écrans thermiques ;
  • surveiller les zones éloignées des ouvertures.

Dans les serres chauffées, la combinaison d’un apport thermique raisonné et d’une ventilation contrôlée peut réduire le risque de condensation. La stratégie dépend toutefois de la structure, du climat extérieur et du coût énergétique.

Irrigation et risque de pourriture grise

L’irrigation doit apporter l’eau nécessaire sans maintenir une végétation saturée pendant la nuit.

Pour limiter le risque :

  • privilégiez le goutte-à-goutte ;
  • réparez les fuites ;
  • évitez le mouillage du feuillage ;
  • programmez les apports lorsque les plantes peuvent transpirer ;
  • réduisez les irrigations tardives non justifiées ;
  • contrôlez le drainage ;
  • évitez les alternances brutales entre excès d’eau et dessèchement.

Une végétation excessivement riche en eau produit des tissus tendres et succulents, plus facilement colonisés.

Densité, palissage et effeuillage

Une forte densité prolonge le temps de séchage et crée des zones d’air stagnant.

La conduite doit permettre :

  • une circulation d’air entre les rangs ;
  • une séparation suffisante entre les plantes ;
  • un palissage régulier ;
  • un retrait progressif des feuilles basses ;
  • des allées dégagées ;
  • une lumière suffisante dans la partie basse ;
  • une protection des fruits contre les brûlures solaires.

L’effeuillage doit rester progressif. Un retrait massif affaiblit la plante, crée de nombreuses plaies simultanées et expose les fruits.

Équilibrer la fertilisation

Un excès d’azote favorise :

  • une végétation luxuriante ;
  • des tissus tendres ;
  • des feuilles nombreuses ;
  • une hygrométrie plus élevée dans le couvert ;
  • un séchage plus lent après la condensation.

Une carence sévère n’est pas souhaitable non plus, car les feuilles chlorotiques et sénescentes deviennent des supports favorables à la colonisation.

La fertilisation doit être adaptée à :

  • l’analyse du sol ou du substrat ;
  • la qualité de l’eau ;
  • la charge en fruits ;
  • la vigueur réelle ;
  • la saison ;
  • le type de serre ;
  • le drainage.

Retirer les foyers sans disperser les spores

Lorsqu’un foyer reste limité :

  1. Travaillez d’abord dans les zones saines.
  2. Marquez les plantes atteintes.
  3. Préparez un sac ou contenant fermé avant la manipulation.
  4. Évitez de secouer les feuilles et les fruits sporulants.
  5. Retirez l’organe avec une coupe nette lorsque cela est possible.
  6. Fermez immédiatement le contenant.
  7. Nettoyez l’outil et les mains avant de passer à une autre zone.
  8. Contrôlez les plantes voisines pendant les jours suivants.

Les fruits pourris et les tiges mortes ne doivent pas rester suspendus dans la culture ni être déposés dans les allées humides.

Biocontrôle du Botrytis

Plusieurs micro-organismes antagonistes ou substances naturelles ont été étudiés contre Botrytis cinerea, notamment pour protéger les plaies, occuper les tissus sénescents ou limiter la germination des spores.

Les solutions étudiées peuvent notamment appartenir aux groupes suivants :

  • certaines souches de Trichoderma ;
  • certaines bactéries du genre Bacillus ;
  • Clonostachys et autres champignons antagonistes ;
  • levures antagonistes ;
  • substances stimulant les défenses de la plante ;
  • produits de biocontrôle destinés aux plaies ou aux organes aériens.

Leur efficacité dépend :

  • de la souche et de la formulation ;
  • de la température ;
  • de l’humidité ;
  • du moment d’application ;
  • de la pression initiale ;
  • de la qualité de couverture ;
  • des résidus de fongicides incompatibles ;
  • des conditions de stockage.

Vérifier le produit commercial

Un micro-organisme mentionné dans une étude ne signifie pas que tous les produits portant un nom voisin sont efficaces ou autorisés sur tomate au Maroc.

Vérifiez la souche, la formulation, la culture, l’usage, la dose et la validité de l’autorisation dans l’Index phytosanitaire de l’ONSSA.

Quand envisager une intervention phytopharmaceutique ?

La décision doit intégrer :

  • la présence de foyers actifs ;
  • le niveau d’humidité ;
  • les prévisions météorologiques ;
  • la fréquence des opérations de taille ;
  • le nombre de plaies récentes ;
  • la densité du couvert ;
  • le stade de la culture ;
  • la proximité de la récolte ;
  • l’historique des groupes FRAC ;
  • les produits autorisés au Maroc.

Les interventions sont généralement plus efficaces lorsqu’elles protègent les tissus avant la généralisation des chancres et de la sporulation.

Un traitement ne restaure pas une tige ceinturée, une feuille nécrosée ou un fruit déjà pourri.

Comment vérifier les produits autorisés au Maroc ?

Consultez l’Index phytosanitaire officiel de l’ONSSA.

Vérifiez simultanément :

  • le nom commercial exact ;
  • la culture « tomate » ;
  • l’usage contre Botrytis ou la pourriture grise ;
  • la formulation ;
  • la dose homologuée ;
  • le mode d’application ;
  • le nombre maximal d’applications ;
  • le délai avant récolte ;
  • le délai de rentrée ;
  • les restrictions sous serre ;
  • la date de validité de l’autorisation.

L’Index contient des produits homologués indépendamment de leur disponibilité commerciale. En cas de doute, l’attestation d’homologation ou l’autorisation de vente en vigueur constitue la référence.

Résistance aux fongicides et groupes FRAC

Botrytis cinerea est considéré comme un pathogène présentant une forte capacité d’adaptation aux fongicides.

Des résistances ou sensibilités réduites ont été observées internationalement dans plusieurs groupes utilisés contre la pourriture grise.

Changer de marque commerciale ne signifie pas nécessairement changer de mode d’action. Deux produits de marques différentes peuvent appartenir au même groupe FRAC.

Principes de gestion de la résistance

  • identifier le groupe FRAC de chaque produit ;
  • respecter strictement le nombre maximal d’applications ;
  • éviter de répéter le même groupe sur plusieurs interventions successives ;
  • alterner avec des modes d’action sans résistance croisée ;
  • utiliser uniquement la dose homologuée ;
  • limiter les traitements aux situations réellement justifiées ;
  • réduire l’humidité et les foyers afin de diminuer la pression de sélection ;
  • enregistrer les résultats après chaque intervention.

Une baisse d’efficacité ne prouve pas automatiquement une résistance. Elle peut aussi résulter :

  • d’un diagnostic erroné ;
  • d’une intervention trop tardive ;
  • d’une couverture insuffisante ;
  • d’une hygrométrie non maîtrisée ;
  • d’une recontamination continue par les résidus ;
  • d’un mauvais calibrage ;
  • d’une dose ou d’un mélange non conforme.

Qualité de pulvérisation et couverture

Lorsque l’intervention est justifiée, la protection doit atteindre :

  • les plaies récentes ;
  • la partie basse des tiges ;
  • les bouquets floraux ;
  • les feuilles internes ;
  • les zones où la condensation persiste.

Avant de préparer le produit, contrôlez avec de l’eau propre :

Un volume excessif peut prolonger l’humidité des plantes. Un volume trop faible peut laisser des plaies et des zones internes non protégées.

Sécurité, DAR et traçabilité

Avant toute application :

  • portez l’équipement protection pesticide exigé ;
  • respectez le délai avant récolte ;
  • respectez le délai de rentrée ;
  • évitez l’application pendant les périodes trop chaudes ou inadaptées ;
  • protégez les travailleurs et les cultures voisines ;
  • respectez les conditions propres aux serres.

Inscrivez dans le registre traitement phytosanitaire :

  • la date ;
  • la serre et le rang ;
  • le diagnostic ;
  • le nombre de plantes atteintes ;
  • les conditions d’humidité ;
  • le produit commercial ;
  • la dose ;
  • le volume ;
  • le groupe FRAC ;
  • le DAR ;
  • le délai de rentrée ;
  • le résultat du contrôle suivant.

Plan de prévention en 12 mesures

  1. Introduire uniquement des plants sains et traçables.
  2. Surveiller la condensation et le point de rosée.
  3. Ventiler la serre suffisamment tôt.
  4. Programmer l’irrigation lorsque les plantes peuvent transpirer.
  5. Éviter une végétation excessivement dense.
  6. Équilibrer la fertilisation azotée.
  7. Réaliser des coupes nettes et limiter les blessures.
  8. Retirer les pétales, feuilles et fruits sénescents ou pourris.
  9. Enfermer les organes sporulants avant leur transport.
  10. Contrôler les plaies après chaque effeuillage.
  11. Vérifier chaque produit commercial dans l’Index ONSSA.
  12. Alterner les groupes FRAC et enregistrer les résultats.

Plan d’action selon la situation observée

SituationActions prioritaires
Aucun symptôme, humidité maîtriséeMaintenir la surveillance, une taille propre et une bonne aération
Condensation répétée sans symptômeCorriger ventilation, irrigation et gestion thermique avant l’apparition des foyers
Première feuille ou fleur suspecteMarquer, examiner, retirer dans un contenant fermé et contrôler les plantes voisines
Jeune chancre sur une plaieLimiter les manipulations, confirmer le diagnostic et empêcher l’extension sur la tige
Plusieurs foyers sporulantsAssainir par zones, réduire immédiatement l’humidité et appliquer un programme autorisé adapté
Échecs répétés des interventionsVérifier le diagnostic, les groupes FRAC, le calibrage, la couverture et les sources permanentes de spores

Erreurs fréquentes face au Botrytis

ErreurConséquenceCorrection
Attendre une moisissure grise abondanteDétection tardiveSurveiller les plaies, pétales et lésions humides
Tailler pendant une période humidePlaies restant réceptives plus longtempsIntervenir sur des plantes sèches avec séchage possible dans la journée
Laisser de longs chicotsRétention d’humidité et colonisationRéaliser une coupe nette au bon stade
Secouer une feuille sporulanteDispersion massive de sporesEnfermer l’organe avant son transport
Irriguer tardivement sans nécessitéHumidité élevée pendant la nuitProgrammer l’irrigation selon la transpiration et le drainage
Surfertiliser en azoteTissus succulents et couvert trop denseAdapter la nutrition aux analyses et à la charge
Répéter le même groupe FRACSélection de populations résistantesAlterner réellement les modes d’action
Négliger la gestion climatiqueRecontamination malgré les traitementsRéduire la condensation et la durée d’humectation

Questions fréquentes sur le Botrytis de la tomate

Comment commence le Botrytis sur une tomate ?

Il commence souvent par une petite lésion humide beige à brune sur une feuille, une plaie, un pétale ou un fruit. La moisissure grise apparaît ensuite lorsque l’humidité reste élevée.

Pourquoi la tige pourrit-elle après l’effeuillage ?

La plaie créée par l’effeuillage reste temporairement réceptive. Une forte humidité, une coupe irrégulière ou un long chicot facilitent l’installation de Botrytis.

Le Botrytis peut-il tuer toute la plante ?

Oui. Un chancre qui ceinture la tige peut provoquer le flétrissement puis la mort de toute la partie située au-dessus de la lésion.

Que sont les taches fantômes sur les tomates ?

Ce sont de petits anneaux clairs autour d’un point central, résultant d’une infection précoce avortée par Botrytis. Elles restent superficielles mais peuvent déclasser le fruit.

La moisissure grise apparaît-elle uniquement sur les fruits ?

Non. Elle peut couvrir les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits lorsque les tissus colonisés restent humides.

Le Botrytis a-t-il besoin d’eau libre ?

Une humidité très élevée et l’humectation des tissus favorisent fortement la germination et l’infection. La condensation constitue donc un risque important sous serre.

Peut-on laisser les feuilles malades dans l’allée ?

Il vaut mieux retirer les tissus sporulants dans un contenant fermé. Une feuille humide laissée dans l’allée peut continuer à produire des spores.

Une ventilation forte suffit-elle à arrêter la maladie ?

Elle réduit l’humidité et le risque de nouvelles infections, mais elle ne guérit pas les chancres ou fruits déjà atteints. Elle doit être associée à l’assainissement des foyers.

Le Botrytis et le mildiou peuvent-ils coexister ?

Oui. Les deux maladies sont favorisées par l’humidité et peuvent apparaître simultanément. Leur sporulation, leurs lésions et leurs organes préférentiels doivent être comparés.

Pourquoi un fongicide peut-il perdre son efficacité ?

Une mauvaise couverture, une intervention tardive, une recontamination continue ou une résistance au mode d’action peuvent expliquer la baisse d’efficacité.

Peut-on traiter uniquement les chancres ?

La conduite dépend du produit autorisé, du protocole technique et de l’étendue de la maladie. Une intervention localisée ne remplace pas la réduction de l’humidité et l’assainissement des sources de spores.

Comment prévenir le Botrytis après la taille ?

Taillez sur des plantes sèches, réalisez des coupes nettes, évitez les chicots, permettez aux plaies de sécher et surveillez-les pendant les jours suivants.

Botrytis de la tomate : réduire l’humidité avant la généralisation des chancres

Le Botrytis de la tomate profite d’une combinaison fréquente sous serre : humidité élevée, condensation, tissus sénescents et nombreuses blessures culturales.

Les premières lésions peuvent rester discrètes. Une plaie qui brunit, un pétale mort collé à un fruit ou une petite tache humide doivent être examinés avant l’apparition de la moisissure grise.

La prévention repose principalement sur la maîtrise du climat : ventilation précoce, irrigation adaptée, végétation aérée, nutrition équilibrée et séchage rapide des plaies.

Les feuilles, fruits et tiges sporulants doivent être retirés sans secouer les spores dans la culture. Lorsque la protection phytopharmaceutique est justifiée, le produit commercial doit être autorisé sur tomate au Maroc et intégré à une véritable alternance des groupes FRAC.

Cette combinaison permet de réduire les pourritures, protéger les plaies de taille et limiter la sélection de populations moins sensibles.

La première mesure contre la pourriture grise est de raccourcir la durée d’humidité

Contrôlez chaque matin la condensation, les plaies d’effeuillage, les pétales morts et les fruits situés dans les zones peu ventilées.

Reconnaître le Botrytis Vérifier les produits autorisés

Sources officielles et techniques

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